‹ Théorie de l'ornementChapitre 6 sur 149 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

point attribuer à notre maître, M. Cournoi, les erreurs et les fautes qui sont nôtres; et si, frappé fortement des grandes clartés de son œuvre, nous nous sommes permis dy puiser largement, jusqu'à ce point même d'en transcrire littéralement des passages et de les insérer, au risque de leur faire tort^ dans nos phrases abruptes et malaisées, nous prions notre maître de nous le pardonner car nos intentions sont droites et notre bonne foi entière.

Qu'on nous permette encore quelques remarques relatives au ma-^ tériel de ce livre, c'est-à-dire au texte, aux bois intercalés et aux planches.

i^ Quant au style, nous sollicitons vivement toute l'indulgence du lecteur. Il est visible que ce n'est point notre métier d'écrire, et nous n'avons eu ni asse^ d'habileté, ni asse:{ de savoir-faire pour dissimuler l'absence de talent. Après cet aveu, il nous sera bien permis d'ajouter que cela au fond n'a guère d'importance; tout ce qui est contenu dans ce livre, si tant est que ce livre contienne quelque chose, n'en demeure pas moins, étant de sa nature, indépendant de la for me qui l'exprime. Et si, d'autre part, le lecteur reconnaît quelque justesse aux critiques disséminées çà et là dans ce livre, qu'il veuille bien prendre la peine de nous les rétourner; car si, dans notre for intérieur, nous avons su prendre le dessus de fiotre science, celle-ci a dû reparaître souvent sous notre plume qui, toujours sincère et libre, ne laisse pas que de trahir la première éducation reçue, éducation toute moderne, c'est-à-dire entachée de positivisme, et plus encombrée de science qu'embellie de littérature.

D'ailleurs, notre ambition n'est pas si déraisonnable que nous tendions à faire un livre définitif Bien au contraire, nous aurioîis atteint notre désir secret si ce livre devenait bientôt inutile et s'en allait rejoindre tant de systèmes scientifiques, si lourds et si compactes, et trop logiquement parfaits pour être vraiment humains.

Nous avons voulu, seulement, noter et signaler expressément un certain nombre de particularités déduites d'un examen comparatif des différentes œuvres d'art à nous connues. Telles sont les conditions de la civilisation moderne ou européenne, la dernière en date, qu'elle vit d'emprunts et sur l'héritage accumulé des civilisations antérieures et proprement historiques. Il s'ensuit naturellement qu'une étude approfondie des œuvres de ces civilisations peut accroître le fonds commun et augmenter cette part d'héritage. C'est en

INTRODUCTION. xi

ce sens que ce livre peut avoir une utilité réelle et même immédiate. Les notions nouvelles ou jusqu'à présent peu définies qui y sont con^ tenues pourront entrer dans la circulation et solliciter, par suite du heurt de ces notions avec celles que nous possédons couramment, des créations nouvelles.

^® — Si au lieu de rédiger laborieusement un livre nous avions la faculté de discourir devant un auditoire, nous appuierions nos explications défigures dessinées à la craie. La leçon finie, les figures disparaîtraient et seraient recueillies, sous une forme ou sous une autre, dans la mémoire ou dans les notes. C'est ainsi qu'il faut con^ sidérer les figures de ce livre : leur fixité typographique n'entraîne pas nécessairement V idée d' une importance inéluctable, et elles pour^ raient être en plus ou moins grand nombre et même sensiblement différentes de ce qu'elles sont. Il ne faut pas qu'en ces matières déjà si arides le lecteur aille tendre son intelligence et, par ainsi, rendre plus difficiles encore des choses qu'il a sûrement dans quelque recoin de son esprit, s'il veut se donner la peine d'y penser.

3^ — Les planches gravées en taille-douce contiennent le dessin essentiel des objets qui nous les ont fournis. Nous avons dû négliger une grande partie des particularités inhérentes à ces objets, ainsi le voulaient l'échelle du dessin et le plan suivi dans ces études. Ces des* sins sont le plus souvent très-abrégés, mais ils sont toujours exacts, au moins dans leur forme essentielle, celle qui demeure sous toutes les traductions plus ou moins intelligentes que le dessinateur et le graveur en peuvent faire. Nous avons dû nous résoudre à tous ces sacrifices, afin de donner le plus de choses possible dans un petit nombre de planches. Mais encore une fois, ceci n* est point un recueil d'images rassemblées pour le plaisir desyeux, mais bien un recueil de choses réunies pour la satisfaction de l'esprit.

Page 1