LES COMBINAISONS
170. L'idée abstraite de combinaison, très-générale et trèssimple, envisagée dans sa pureté abstraite, donne lieu à une théorie purement rationnelle, qui a des connexions avec les sciences mathématiques et avec les sciences logiques et des applications particulières dans la grammaire générale, dans la partie morphologique des sciences naturelles, etc. En particulier, cette théorie se lie étroitement à toute la partie logique ou purement rationnelle de Tarchitectonique.
A ridée générale et indépendante de combinaison correspondent les signes, les notations et les formules de la science des nombres. Ces formules n'expriment rien autre que des faits de nombre, indépendamment de la nature des objets combi-
3i2 THÉORIE DE L^ORNEMENT.
nés et indépendamment aussi de la manière dont ils sont combinés.
Alors qu'il s'agit de combiner des figures ou des formes, immédiatement la nature de ces objets, leur construction, leur symétrie, etc., prédominent, et les faits généraux de la théorie des combinaisons n'entrent plus pour rien dans les faits particuliers et localisés ; ils n'y sont plus d'aucun secours, et, au vrai, appartiennent à une autre sphère de la spéculation.
En associant à l'idée pure de combinaison les idées spéciales et locales, d'ordre, de situation, de régularité, de symétrie, de disposition, etc., et en rattachant toutes ces idées à des figures rudimentaires, on peut engendrer un nombre indéfini de figures ou de dispositions. Ce mode de génération, pour ainsi dire mécanique, et où l'intuition, l'invention, l'imagination créatrice n'entrent plus pour rien, offre cependant quelque intérêt. Cette théorie nous a été d'un grand secours, et c'est par elle que nous croyons être arrivé à démêler une grande partie des notions fondamentales qui font l'objet de ce livre.
Le lecteur ainsi averti pourra se dispenser de recommencer à nouveau un travail laborieux et qui n'est point sans danger. La pauvreté du point de départ, la médiocrité des résultats, et par-dessus tout cela la perverse influence d'une procréation qui marche pour ainsi dire d'elle-même, ne laissent pas que de causer quelque trouble dans l'imagination. Il faut passer rapidement sur toutes ces choses et rentrer au plus vite dans les formes et les ornementations vraies, là où s'épanouissent toutes les grandeurs et toutes les séductions de l'art.
171. Toutes les délinéations se réduisent à trois éléments linéaires : la droite à symétrie écartelée, l'arc à symétrie paire, et la recourbée asymétrique ou impaire. Un motif écartelé occupant quatre positions principales, la droite sera posée horizontale, verticale, oblique à droite et oblique à gauche ; un motif pair occupant huit positions principales, l'arc sera posé par son axe suivant la croix et le sautoir de position; enfin
DÉVELOPPEMENTS ET RÉFÉRENCES. 3i3
un motif pair occupant seize positions principales, la recourbée donnera lieu à seize positions, dont huit principales.
Adoptant comme motif Tare et Tenroulement, et en fixant les positions par rapport à la diagonale du carré qui les inscrit, on aura pour les quatre positions de Tare la fig. 245, et pour les huit positions de Tenroulement la fig. 246. Le diagramme littéral de ces figures donne les quatre lettres a, b, c, dà, combiner pour Tare, et les huit lettres a, b, c, d, e^f, g, h à combiner pour Tenroulement.
Fig. 245. Fig. 246.