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CHAPITRE PREMIER

Généralités sur l'équilibre de Ralliement. Principes déduits du

Ralliement d'amitié.

Il est deux procédés à employer en opérations de ralliement passionnel : le négatif ou art de lever les entraves qui s'opposent à l'accord ; et le positif ou art de créer des illusions sympathiques entre gens antipathiques.

Les divers accords dont je vais traiter sous le nom de Ralliement , ne procéderont que par l'une ou l'autre de ces deux méthodes, la négative, Entrave levée; la positive, Illusion créée, ou par la réunion de l'une ou de l'autre.

Distinguons les ralliements en directs et inverses. L'art d'affectionner les pauvres aux riches sera procédé ascendant ou direct, puisque l'essor amical s'élèvera • des inférieurs aux supérieurs , de la basse condition à la haute.

L'art d'affectionner les riches aux pauvres sera procédé d'ordre descendant ou inverse ; l'essor de la passion descendra de la haute classe aux inférieures.

Passons aux exemples, et d'abord a l'essor ascendant d'amitié , qui est dû principalement au service charilablo exercé par les Petites Hordes (4e. section, 3e. notice).

Dans un état de choses où le peuple jouit d'un minimum

social ou honnête nécessaire , sans obligation au travail , il refuserait les travaux immondes, pour peu qu'on y attachât quelque mépris. On serait réduit à les faire exercer par une classe avilie, par des esclaves, des nègres, des parias.

Mais l'existence d'une classe avilie suffirait à troubler tout le mécanisme sociétaire : en effet, il doit se composer, dans chaque Phalange , de 810 caractères de franc litre et sociables entre eux ; puis de supplémentaires ou faibles titres, qui étant analogues aux 84 0 de grand clavier, et devant les remplacer en cas d'absence ou maladie, sont également gens honorables et sociables avec la masse.

Une classe méprisée ne serait plus sociable avec les autres : on ne déciderait pas aujourd'hui une compagnie de ducs et pairs à fréquenter habituellement une troupe de savetiers. Cependant la Série de savetiers d'une Phalange, faisant partie de 810 caractères actifs et des supplémentaires, doit être sociable avec la masse. Il faut que ses fonctions soient honorables et considérées, et que les savetiers soient gens d'aussi bon ton que les marquis, pour que les marquis se décident à fréquenter les savetiers. Il faut enfin créer double lien d'amitié ; l'ascendant , des plébéiens aux grands , et le descendant , des grands aux plébéiens.

C'est à quoi l'ordre sociétaire procède par quatre moyens.

Ralliements d'amitié. Mode.

E L Par « e'ducation unitaire : » . Ascendant Nég. I C Par les intrigues de Série : \ Entrave levée.

E L Par division sériaire. t Descendant Pos.

I C Par la domesticité passionnée. I Illusion créée.

1°. V Éducation unitaire et les Petites Hordes sont

le moyen principal de rapprochement, en ce quelles préviennent la scission du riche au pauvre ; elle naîtrait des fonctions avilissantes; il n'en existe plus d'après l'entremise de celte corporation nécessairement chère à toute la classe populaire, à qui elle ouvre les voies à la considération. Elle passionne le peuple pour les riches dont il voit les enfants intervenir pour lui épargner des travaux humiliants , et rendre honorables toutes les fonctions industrielles. L'éducalion unitaire est le vrai moyen de préparer la sociabilité générale , et faire naître chez le pauvre l'amitié pour le riche, le ralliement ascendant.

2°. La division sériaire. On a vu (III, 521) comment elle entraîne Mondor à s'associer au groupe des cultivateurs de pêchers. S'il faut, comme en civilisation, qu'un riche surveille toutes les fonctions sous peine d'être dopé , friponné sans cesse et de voir péricliter toute branche où il n'intervient pas, le travail lui devient odieux; ceux qui l'exercent lui sont suspects ; il les traite en ennemis. Mais si par les charmes de division sériaire (décrite III, 521 ), Mondor est excité à celte culture ; s'il s'y empare d'une branche telle que l'èmondage, il devient bienveillant pour ces industrieux qu'il dédaignait; eux, de leur côté , s'attachent vivement à Mondor qu'ils voient coopérer à leurs travaux favoris , et les aider de son crédit. La distribution sériaire est donc 2e. voie de ralliement ascendant ou direct , qui excite l'affection des pauvres pour les riches.

5°. Les intrigues de série. L'obstacle d'amitié causé par l'inégalité des fortunes et des rangs, disparaît du moment ou l'esprit cabalistique peut intervenir, cl où la garantie de minimum rassure le riche contre le danger de sollicitations, pièges et friponneries. On a vu, en affaires de révolution, les grands s'abaisser à des cajoleries avec

les derniers plébéiens. Caton et Scipion , en an jour d'élection, serrent la main aux petits électeurs de campagne : il est donc évident que le riche ne craint pas d'entrer en commerce avec la classe inférieure , quand le levier de l'intrigue est mis en jeu, et quand celte classe est à l'abri du besoin ; ce qui a lieu en Harmonie.

Ajoutons que le riche, éprouvant comme d'autres le désir de rivalités cabalistiques (essor de la 10*. passion), s'affectionne aux réunions où il jouit de ce plaisir qui est porté au plus haut degré dans toutes les Séries pass. : dés lors tout homme riche en épouse les intrigues , en aime les sociétaires, dont un tiers au moins est de classe inférieure.

En s'assoctant aux cabales industrielles de 30 Séries, le riche en vient donc à aimer la classe pauvre de la Phalange. Ces cabales sont voie de ralliement descendant, qui affectionne les riches aux pauvres. (Observons que le nom de pauvre , appliqué à l'Harmonie , équivaut à celui déclasse bourgeoise, qui n'est jamais pauvre, puisque son minimum lui assure le train de vie de nos riches bourgeois).

4°. La domesticité passionnée. On en a lu les tableaux, sect. 2, chap. 2. Le salaire transforme les inférieurs en mercenaires mécontents et jaloux des supérieurs : ceux- * ci , par contre-coup , haïssent la classe qui les sert , ouvrière ou domestique. Tai prouvé (IH, 526, 527) que le service harmonien dégagé de salaire, est passionné, affectueux de la part des inférieurs; c'est une voie de liens descendants, du riche au pauvre. Une gouvernante, qui veut maîtriser un vieux garçon , lui persuade toujours qu'elle le sert par amitié. Cela est quelquefois vrai , et, malgré que l'intérêt soit fréquemment le mobile des gouvernantes, iv. 17

38(i ASSOCIATION COMPOSÉE.

on voit beaucoup de célibataires pris au piège , épouser ou doter celle qui les sert.

L'affection du riche naîtra bien mieux pour les serviteurs, quand il sera prouvé que leur entremise est une préférence affectueuse , puisqu'ils ne seront point payés par celui qu'ils serviront. Chacun se livrera à l'impulsion de la nature, à l'amitié pour des êtres de qui on reçoit des soins gratuits.

Or, à examiner le mécanisme sociétaire , on reconnaît que toute la classe pauvre y est affectée au service du riche. Dans les appartements, les écuries, les jardins, les caves, les cuisines, etc., le riche ne saurait faire un pas sans voir les pauvres travaillant avec ardeur à satisfaire quelqu'une de ses fantaisies, faisant passionnément un service qu'il serait obligé de salarier en civilisation. Il aimera ces classes inférieures, par influence de la domesticité passionnée ; elle est donc en amitié 2e. ralliement descendant. [Inde inférieur bien plus affectueux pour supérieur qui le sert.]

J'ai défini le ralliement d'amitié en ressort quadruple ou bi-composé, pour en venir à poser le principe,

Que les ralliements sont une mécanique à seize rouages, où chaque équilibre d'amitié, d'amour, d'ambition , de famUlisme , dépend du concours interne de ses quatre ressorts, et du concours externe des trois autres ralliements , équilibrés de même à quadruple ressort.

L'intervention combinée de ces 4 quadrilles d'accords produit l'équilibre pivotai X ou unitaire, but collectif de l'Association (sujet de la 8e. section).

A examiner isolément chacune des quatre voies de ralliement, on la trouvera faible, insuffisante, soit en amitié, soit en ambition : il a donc fallu poser d'abord en prin-

cipe la nécessilé de leur jeu combiné, en mécanisme sociétaire.

Le ralliement a pour base les Séries passionnelles , Et pour colonnes , 4 propriétés inhérentes aux Séries pass.

COLONNES DB BALUEMENT.

Attraction industrielle. Éducation unitaire.

Minimum intégral. Population proportionnelle.

C'est sur l'ensemble de ces quatre facultés que repose tout le mécanisme des ralliements et équilibres. Comment espérer de rallier riches et pauvres, les amener à une affection réciproque , si le pauvre est exposé à tomber dans l'indigence qui est l'épouvantai! du riche? Comment * assurer au pauvre un minimum intégral, comprenant subsistance, vêtement et logement décents, si on ne sait pas créer l'attraction industrielle, à défaut de laquelle il abandonnerait le travail dès qu'il serait pourvu d'un ample minimum.

D'autre part, comment réunir amicalement le riche et le pauvre, si celui-ci n'a pas reçu une éducation propre à lui donner le ton et les manières du riche? Enfin , que serviraient les trois propriétés précédentes, si le régime sériaire avait , comme le familial , la propriété de population illimitée, produisant des fourmilières sans balance numérique, sans proportion avec les moyens d'aisance générale ?

Ces quatre propriétés sont donc le gage essentiel des ralliements et de l'équilibre social : j'aurai souvent lieu de le rappeler, et je me bornerai à citer les deux premières, attract. indust. et minim. intég., ainsi que je l'ai déjà fait.

Que de conditions pour arriver à cet équilibre des pas-

sions! Mais pourquoi s'effrayer de l'étude, quand tout se borne à connaître le mécanisme des Séries d'où naissent, comme par enchantement, tous les accords sociaux (III, 547), ainsi qu'on a déjà pu en juger par le court exposé sur le ralliement d'amitié?

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