LES 810 CARACTÈRES DOMESTIQUES OU INTERNES
Formant le clavier général d'une Phalange.
Ut. Solitones 576 1 Dominante quelconque,
dièz. bémol. Bimiœtes 80 2 Ralliantes.
Ré. Bitones 96 2 Dominantes animiques.
d. b. Trimixtes 16 5 Ralliantes.
Mi. Tritones 24 5 Dominantes animiques.
Fa. Tétratones S <4 id. id.
d. b. Têtramixtes 8 4 Ralliantes.
Sol. PENTATONES 2 5 Dominantes animiques.
Caractères universaux dits externes, Ou clavier général des hauts titres passionnels.
Même gamme que celle tablée (544) : on place le couple pen-
tatone en touche basse n°. 1 , couple donné sur environ 810 personnes ; et ainsi des degrés plus élevés : d'où il suit qu'on ne trouve sur à et 1/2 milliards, qu'un couple cf individus titres intégralement pour les fonctions d'omniarque du globe en régie caractérielle.
Sans étudier les caractères en si haut degré, observons-les seulement dans h gamme interne, dans les emplois d'une Phalange qui n'a Besoin que des caractères domestiques , bornës h 810 touches : il suffit d'en étudier tes deux extrêmes , $&lit&M$ et petit loties.
Les HÏGr solitones , gens qui n'ont qu'une passion dominante , sont assez constants , s'adonnent à peu de fonctions , et préfèrent volontiers celles qui exigent des réunions fréquente*. Les pentatones art contraire doivent, à eux deux, exercer en régie passionnelle dans foutes les Se>ies de la Phalange : si elles sont au nombre de 400 , ir faut que Fe pentatone et h pentatone en fréquentent chacun 200 a peu près, et qu'ils y fonctionnent en raffinement de 5'. degré. Il faut donc pour pentatones des êtres d'un esprit trèsactif, très-subtil , très-étendu, comme Voltaire , Fox , Leibnkz , hommes qui étaient peut-être de plus haut degré , mais au moins du 5*. (Ces notions , je l'avoue , sont bien peu* intelligibles tant que je diffère à donner une ample section sur les claviers de caractères en gammes interne et externe.)
Un caractère de haut degré est don de nature et non pas d'éducation. La nature en distribue la quantité nécessaire à la régie passionnelle d'une Phalange : elle sème au hasard , sur 811 enfants, les 810 titres de caractères internes. (Je dis 811 , parce qu'il en faut quelques-uns de titres plus élevés pour la régie externe, qui emploie à peu près 1 sur 2,000.
L'Harmonie ayant des méthodes fixes pour découvrir le degré de chacun , l'on est sûr qu'il n'y aura ni erreur ni faveur dans ce classement : dès lors toute femme enceinte peut se dire : Je suis peut-être enceinte d'un omniarque pivotai du globe, on d'un degré éminent dans les hautes régies (II, 576) , ou tout au moins d'un pentatone qui aura, par droit de nature, la régie passionnelle de sa Phalange; il en sera le premier personnage en hiérarchie harmonique, et jouira des dividendes et bénéfices attachés a ce rang.
Cette idée est pour le peuple une loterie d'autant plus charmante , qu'on y gagne sans y rien jouer. Nous raillons sur le théâtre un nigaud nommé Jocrisse qui, n'ayant rien mis à la loterie, Ta voir les numéros sortis , pour savoir s'il a gagné. On lui dit : « Imbécile , comment pourrais-tu y gagner, tu n'y as rien mis?» A quoi il répond : « Eh! que sait-on? l'hasard.
Chacun, en paternité harmonienne t jouira de la chance mira culeuse qu'entrevoit Jocrisse, gagner par effet du hasard , sans avoir rien joué. En effet, il faudra bien que ces nombreux officiers caractériels , dont les brevets sont distribués au hisard par la nature , soient engendrés de quelqu'un. Tout homme ou femme, en cas de paternité, aura des espérances bien fondées dans cette loterie qui ne coûtera rien à personne ; on risquera tout au plus de n'y rien gagner, et jamais d'y perdre une obole.
A ne spéculer que sur l'intérieur de sa Phalange , on voit déjà que, sur 810 naissances, il y a 234 lots d'officiers et sous-officiers caractériels, dont 176 sous-officiers et 58 officiers ; toutes fonctions qui rapportent un bénéfice en dividende caractériel. Que d'espoir pour une femme pauvre dans sa grossesse, que d'illusions fondées ! Pourrait-on imaginer une loterie plus séduisante pour la classe populaire , surtout quand on envisage la chance de procréer les hauts titres, des officiers de province , de région , de royaume , d'empire , enfin du globe entier P
Ainsi se trouvera utilisée la passion des loteries, si violente chez le peuple : elle interviendra en Harmonie, non pour le pousser traîtreusement à sa ruine, selon les suggestions de la fiscalité ; mais pour l'attacher à Tordre établi , aux grandeurs , aux souverainetés qu'il ne possédera pas , et dont il pourra espérer, pour sa progéniture , des omniarchies , duarchie6 , triarchies du globe. Plus un homme est pauvre en Harmonie, plus il tient à la conservation des nombreuses dignités qu'il espère pour ses enfants ou petits «enfants; la longévité des harmoniens leur garantissant l'avantage de voir peut-être 7 générations.
Un monarque du titre familial qui est le seul héréditaire, ne pourra pas plus jalouser les neuf autres souverainetés , qu'il ne jalouse aujourd'hui ses propres ministres , chargés de fonctions dont il ne veut pas se charger lui-même. Ces neuf classes de sou-
verains, dont huit électives et une naturelle , seront , par le fart , les ministres du souverain d'apparat, titre familial &*. Il se pourra que l'omniarque de ce litre soit un solitone en degré de caractère; il serait bien ennuyé, bien désorienté, s'il lui fallait faire tes fonctions de pentatone ; intervenir avec 200 Séries quand il n'en veut fréquenter que 50;«xerccr des fonctions de 3*. degré, quand son inclination le fixe à celle de 1". Il en sera de même de tous les autres titres et degrés de souveraineté; un monarque d'apparat ou hérédité , loin d'en être jaloux , les aimera par concours de service , et d'autant mieux que les neuf carrières lui seront ouvertes , si la nature lui donne les moyens et le goût d'y figurer.
D'ailleurs, les souverains familials en tous degrés, depuis l'u> narque (II, 576), ou baron héréditaire de canton, jusqift l'omniarque héréditaire, n'ont-ils pas sur les autres classes un avantage assez marqué dans l'hérédité dont ne jouissent pas les neuf classes de collègues ? Un prince familial pourra obtenir et cumuler ces grades; être avant 15 ans roitelet , en même temps que roi familial ; être à vingt ans père d'omniarque ou de césar, par un hymen vestalique avec une omniarque ou une césarine ; être à 50 ans hyper-faquir du globe, en même temps que roi familial d'une heptarchie ; obtenir ainsi en quelque degré les autres titrcs,tommc cet empereur d'Allemagne qui devint coadjuteur du pape , sans pour cela quitter le trône germanique.
C'est donc une objection mal fondée que celte hypothèse de jalousie : elle n'ej.t applicable qu'aux périodes lymbiques, oîi les grands princes cherchent a se spolier et se supplanter ; encore en voit-on vivre en fort bon accord , si leurs fondions sont distribuées de manière à éviter les conflits. Un roi de France ne s'ombrage pas de ce que le pape exerce une juridiction religieuse en pays français. Il en est de même des 10 classes de souveraineté harmonienne ; elles sont homogènes par convenance réciproque aussi intime que celle des dix doigts enire eux.
Il est donc vrai (414) que les discordes principales entre civilisés naissent du molif le plus propre a établir l'union entre Harmoniens,de la soif des grandeurs, voie des ralliements les plu* brillants en!rc classes extrêmes : tant il esl certain que le méca-
nisme civilisé ne sait que changer l'or en cuivre , et faire naître du faux essor des passions autant d'éléments de discorde que Dieu y avait ménage' de voies d'unité.
Voilà sur la question qui nous occupe, sur l'accord passionné entre peuples et souverains , des solutions déjà suffisantes, avec lesquelles concourront beaucoup d'autres à tirer des ralliements mineurs. J ai donné en sens d ambition 2 liens analogues aux ressorts de la passion, intérêt et gloire : j'ai prouvé que les souverainetés décuplées et graduées satisfont tout le peuple sous ces deux rapports.
Eh ! comment le peuple aimerait- il ses maîtres dans l'état actuel ou les sceptres et magnatures , loin d'ouvrir aucune carrière de gloire à la multitude, ne la servent pas même sur le nécessaire, sur l'intérêt !
C'est pourtant le premier besoin qui se fait sentir chez le peuple : il n'aime les grands que sous la condition de bénéfice. Lorsque Néron jeta de l'or et des diamants à la populace de Rome, il s'en faisait aimer, parce qu'il donnait au lieu de prendre. Lorsqu'on introduisit chez les Tyroliens des droits-réunis, portes et fenêtres, octrois , centimes additionnels , et tout l'attirail de perfectibilité moderne, les Tyroliens maudirent leur nouveau maître; ils crièrent à bas Maaimilien ! vive François!
Ainsi , le peuple civilisé n'a pas d'amour positif pour les souverains; il ne les aime que négativement; il préfère celui qui prend le moins. Un roi civilisé est tout au plus aimé du courtisan gorgé de sinécures et de pensions : nous aimons celui qui nous enrichit et non pas celui qui nous dépouille. Organisez en ce sens toutes les souverainetés ; faites que le peuple y voie des carrières de gloire et d'intérêt pour lui et les siens , et vous aurez établi la stabilité des trônes , fondée sur l'intérêt et l'amour des peuples. Quel appât pour tout monarque, de hâter la fondation de l'Harmonie sociétaire.