‹ Théorie de l'unité universelle (volume 2)Chapitre 86 sur 105 · IV · texte numérisé non relu

IV

manières , par gestion active et versement de fonds, vent non-seulement un dividende proportionnel à sa masse d'actions, ce qui est fort juste ; mais il veut encore une levée ou traitement plus fort que celui des commis sans capitaux, à qui pourtant il laisse les plus pénibles fonctions.

II tend donc au bénéfice en raison directe de la masse de capitaux, et directe de la distance de capitaux; ce qui constitue l'absence de contre-poids, la subversion du principe d'équilibre c de générosité » en répartition.

De ce vice il résulte que le mécanisme civilisé ne peut produire que des monstruosités, que des fourmilières d'indigents à côté de quelques fortunes colossales; aussi, à la honle de nos verbiages économiques de balance, contre-poids, garantie, équilibre, ne voit-on partout qu'indigence, fourberie, égolsme et duplicité d'action (111,504).

Passons à la 5e. portion de genre. II reste à répartir le dividende neutre des 200 fr. affecté au talent. Ce lot est l'objet d'un scrutin particulier, dans lequel Hécube et Théophraste , Baucis et Philémon , gens très-âgés qui sont, quant à l'industrie active, aux 5*. et 6e. rangs, obtiendront nécessairement les premiers lots, à titre de sectaires expérimentés et les plus précieux dans la direction des travaux.

Cette portion forme un lot considérable pour ceux qui se la partagent, vu qu'elle n'est que peu applicable à la jeune moitié des sectaires ; ils ne peuvent « guère • avoir acquis de connaissances notables, ni figurer à litre de talents théoriques ou pratiques.

Ladite portion neutre dédommage amplement les 4 vieillards à fortune exiguë ou médiocre, de n'avoir obtenu que des 5e*. et 6e8. lots en industrie active, et peu eu

passive, en lots de capitaux. C'est donc la part neutre qui harmonise tout, le neutre ayant celte propriété dans tous les emplois du mouvement social ou matériel.

L'industrie [mixte ou] neutre, celle de talent, qui doit établir la balance entre les bénéfices de capital et de travail , n'est parmi nous qu'un marchepied pour l'injustice ; et lors même qu il y aurait dans notre système industriel et administratif des lots de bénéfice assignés spécialement aux talents, aux lumières, la mesure serait encore abusive et illusoire, parce que chaque agent ignorant s'attribuerait les connaissances qu'il emprunterait de son teinturier, d'un subalterne pauvre et salarié.

Achevons sur la répartition et la balance harmonique, pour laquelle il ne suffit pas de satisfaire les droits respec-, tifs ; c'est trop peu de la justice, elle ne serait que lèvier simple ; il faut encore que les répartitions excitent l'enthousiasme. Observons cet effet dans les lots de ricochet qui échoient aux enfants.

Sélima et Nisus, Hylas et Zélie sont les 4 enfants pauvres du groupe. Leur industrie, surtout chez ceux de six ans, n'est pas encore de grand prix; cependant ils obtiennent de fortes rétributions, d'après l'abandon de dividende fait par 4 sectaires opulents, qui se sont bornés au minimum de 8 fr. Le surplus est réparti, à titre d'encouragement, entre ces 4 enfants et 2 aspirants pauvres de même âge.

Ces gratifications jointesaux lots inférieurs qu'ont reçues les enfants pauvres, doivent élever très-haut leurs dividendes. Zélie et Hylas, rétribués à H et 8 fr. au tableau, verront ces lots accrus jusqu'à 24 et 20 fr. , somme double des lots de Clitie et Aslyanax, qui sont aes eniums riches et possesseurs d'actions. Sélima et Nisus, plus

âgés, auront des gratifications plus fortes encore, sur le produit des dividendes abandonnés.

Les 4 enfants pauvres atteignent donc au bénéfice en raison inverse [ des masses et directe ] des distances de capitaux ; car plus ils sont éloignés de la fortune , plus ils gagnent dans le lot affecté & l'industrie active.

L'acte de générosité qu'on vient de lire peut se répéter pour ces enfants dans vingt autres groupes, où les riches sectaires abandonneront de même le surplus du minimum (et non pas le minimum que chacun accepte par bienséance, pour ne pas s'isoler d'association; tout homme opulent étant dans l'usage, ou de demander le dernier lot, ou d'accepter le sien pour le rétribuer aux enfants pauvres dont il se trouve toujours quelques-uns dans chaque Série industrielle ).

Ces dons ne s'étendent pas aux sectaires adultes : ils 4>nt assez de moyens de bénéfice , et entrent dans un âge où il ne serait plus décent de recevoir ces gratifications. Elles ne s'étendent qu'aux impubères, aux chœurs de chérubins, séraphins, lycéens et gymnasiens.

Il en résulte qu'au jour de répartition, chacun de ces enfants pauvres se trouve gratifié d'une forte somme ; car si l'enfant a obtenu 15 fr. dans une vingtaine de groupes qu'il fréquente, c'est pour lui 500 fr. en sus des bénéfices alloués pour son industrie. Dissertons sur les résultats de cette répartition, si différente des ladreries et extorsions civilisées.

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