CHAPITRE X
Échelle des Attractions spéciales en correspondance aux périodes
sociales.
i\c négligeons rien de ce qui peut initier le lecteur à la théorie des équilibres passionnels, si neuve pour des civilisés. Mettons à profit leurs préjugés de modération, pour les familiariser avec la nouvelle science.
La plupart accuseront d'exagération mes tableaux d'Harmonie, table à 36 mets variés par tiers d'un jour à l'autre, et journées à 12 séances de plaisir en majorité de composite. Ces labiaux soulèveront des esprits rapetissés par les privations : pourquoi , diront-ils, nous promettre, dans l'Harmonie, cet océan de délices ? Pourquoi faire de ces raffinements une condition essentielle du bonheur, quand chacun de nous déclare qu'il se trouverait assez heureux de goûter le quart de ces plaisirs ? Quelle manie de vouloir donner plus qu'on ne demande; imiter les charlatans qui promettent monts et merveilles, et veulent guérir vingt maladies, quand on ne leur demande que d'en guérir une ! Si tel homme borne son ambition à 10,000 fr. de rente, n'est-il pas ridicule de lui insinuer qu'il sera malheureux tant qu'il n'en possédera pas 100,000? Il faudrait commencer par lui donner l'objet de ses désirs, les 10,000 fr.
Réfutons bien cette objection, qui, sous des couleurs très-plausibles, est souverainement erronée. J'y réplique par l'échelle des prétentions, qui va montrer les côtés faibles de cette apparente modération, et le vice où l'on tomberait en la prenant pour voie de raison.
Chaque société désire les biens de la supérieure, non
pas en échelle simple consécutive, mais en échelle conjuguée en retour, telle que la suivante, dont l'étude peut dissiper bien des préjugés.