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politesse le rendra admiBSÎble? De tels souverains et magnats seront aussi aimés du peuple , qu'ils doifent i'èire peu quand il ne les connaît que par les gariiisaires , les rats de cave et les droits féodaux.
Pour mieux juger de Tinfluence des souverainetés graduées sur le peuple et de son enthousiasme pour cette foule de dignités , on peut eti étudier l'effet dans les deux degrés pivotaux, caractérismb Y et favoritisme x, qui prêtent bien davantage aux illusions paternelles et personnelles. Cet examen sera le sujet de la Note H, ( Voyez page 436).
<i Est-il probable , dira-t-on , que les souverains con- » sentent à la création de tpnt de sceptres nouveaux ? »
Question oiseuse! Toute disposition d'harmonie est réglée selon le vcbu collectif et individuel des souverains et des peuples. Autant vaudrait demander si le pouce ne doit pas être jaloux des neuf autres doigts , et s'il ne faut pas les Caire couper pour assurer la supériorité de Tun des pouces? Les dix couples de souverainetés, dont huit cardinales et deux pivotales, sont l'image des dix doigts qui se servent réciproquement, et dont aucun ne peut sans lésion se passer des neuf autres.
Ayant d'élever de tels arguments, il faut attendre de connaître l'influence combinée des seize ralliements, les avantages que leur emploi général assure aux souverains comnoç aux peuples : tant que cet exposé n'est pas terminé, il n'est pas temps de répoqdre aux objections.
Les monarques aujourd'hui ne peuvent pas même jouir en sûreté de leur couronne; ils spnt obligés de s'étayer de sbires, tribunaux, police et contre-police. Quand ils verront un ordre de choses où le sceptre d'apparat leiir sera garanti h perpétuité , sans commotion po- IV. ,19
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litîqae , ils ne seront pas plus jaloui des antres sceptres qn'iis ne le sont aujourd'hui de leurs ministres , Téritables rois amovibles, régnant souvent ptns que le Roi. D^ail* leurs , ne sera-t-il pas loisible à tout souverain héréditaire d'aspirer à l'un des trônes électifs, et cumuler quelque sceptre du monde ou de haut degré avec le sceptre d'apparat qu'il possède héréditairement ? Voyez à ce sujet la Note H.
Ces divers sceptres électifs (le familial seul est hérédrtaire), ouvrant à l'ambition tant de chances magnifiques, on devra inspirer aux enfants harmoniens une ambition sans bornes , ou pour mieux dire abandonner la passion à son cours naturel, l'essor illimité, ennemi des désirs modérés. Il conviendra que chacun aspire aux magnatures omniarcales du globe, afin d'arriver au moins à quelque degré inférieur; de même que dans les écoles il est louable de prétendre au premier prix , sauf à se contenter du 2®. , ou 3^. , ou 4®. , si on ne peut pas atteindre plus haut.
L'ambition, tant diffamée par les civilisés, n'a donc chez eux d'autre tort que son extrême faiblesse. On appelle ambitieux démesurés des êtres qui, comme Jules- César ou Bonaparte, convoitent le trône de l'Europe; tandis qu'en Harmonie le moindre enfant convoite plusieurs sceptres du monde entier. On verra par une plus ample connaissance de l'état sociétaire ou destinée humaine , qu'il en est de chacune des autres passions comme de l'ambition , et que , loin d'être excessives , elles ne s'élèvent pas, chez les hommes les plus outrés, au quart du développement et de l'intensité où elles doivent atteindre en Harmonie. .
A défaut de succès directs en ambition, chacun en
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aura d'indirects , car chacun régnera spéculatiYement sur le globe entier, par adhésion an bel ordre établi. C'est régner que de yoir dominer Tordre qu'on désire : le jour où je lus le traité de limites entre le Directoire exécutif et le Roi de Sardaigne, je me croyais Roi de France , en voyant les limites fixées comme si j'eusse dicté le traité. Nous sommes à moitié rois , quand nous voyons le Roi opérer conformément à nos désirs : c'est un charme dont on jouit constamment en Harmonie.
En effet» tout homme qui serait mattre absolu du globe entier, s'occuperait à tout pacifier, établir un régime qui assurât le calme présent et à venir, le bon ordre des cités et familles , des relations industrielles et administratives : tel sera le régime sociétaire : sa permanence et ses bienfaits seront garantis pour une période estimée septantecinq mille ans. Chacun régnera donc spéculativement sur le globe entier, en y voyant dominer l'ordre de choses qu'il préfère , celui qu'il établirait s'il était mattre absolu.
C'est une jouissance qu'aujourd'hui nul souverain ne peut se procurer , même dans son royaume ; il ne la goûte ai en matériel ni en politique. Tout souverain voudrait voir les dilapidations réprimées , les feintions éteintes , le trône bien garanti à sa dynastie, les sujets sincèrement affectionnés, l'empire bien à l'abri des conquêtes; aucun d'eux n'a sur ces divers points le quart des garantie^ qu'il peut souhaiter. Il en est de même en matériel : qu'un prince désire voir les forêts restaurées, les marécages desséchés, les montagnes reboisées, il rendra cent ordonnances qui n'aboutiront à rien. Et, dès la première année de l'Harmonie, il verra 900 millions d'hommes occupés à satisfaire tous ses vœux sur ces divers points.
D'après cela, est-il raisonnable de demander si les
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princes Toodrool coMenlir à la créaiioD de tels et tels foDCtioimaîres? Ils ToadroDt loat ce qui sera Déeessaire ao soutien du bel ordre social qai couteutera tons les désirs ; et coDYainois que la stabilité de cet ordre dépend du plein essor de chacune des douze passions ^ ils n'auront garde d'en Touloir entrayer aocone, sortoat l'ambition , qui est la rectrice principale, et Ton peut dire la plus magnifique des passions cardinales.
Aucune autre ne fournit des ralliements si grandioses, des liens si sublimes que ceux expliqués dans la note H et dans l'article protection fédérale inverse. L'amour et le famiilisme nous en donneront de plus gracieux ; mais c'est dans les ralliements d'ambition qu'éclate la grandeur des inepties sociales de la raison civilisée, dite philosophie. En outrageant les passions , le plus sayant œuyre de Dieu, n'est- elle pas l'écho de
Ces noirs habitants des déserts , Insultant par leurs cris saayages , L'astre éclatant de runtyers ?
NOTE H. Surjes Sceptres de mérite et de loterie.
On a souvent tèvé en morale que le bonheur des souverains consisterait )k rendre les peuples heureux ; c'est nn principe assez équivoque en civilisation , oh les peuples sont ingrats comme les individus. Louis XVI dut son malheur a une déférence imprudente au yœu de la nation, qui demandait les états généraux et la double représentation du tiers-état.
On voit que je ne me fais pas illusion sur les voies de bonheur que doivent suivre les souverains ; on en peut induire que je ne m'abuse pas non plus sur celles que leur ouvre , en Harmonie , Tinstitution des iO couples de sceptres cardinaux et pivotaux, moitié de mérite, moitié de loterie*