‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 123 sur 163 · LIVRE IV. SECTION VU · texte numérisé non relu

LIVRE IV. SECTION VU

Cette idée est pour le peuple une loterie d^aulant plus charmante , qu'on y gagne sama y rien jouer. Nous raillons sur le théâtre an nigaud nommé Jocrisse qui, n^ayant rien mis à la loterie, Ta voir les numéros sortis , pour savoir s'il a gagné. On lui dit : « Imbécile , comment pourrais-tu y gagner, tu n'y as rien mis?» A quoi il répond : *Eh! que sait- on f l'hasàbd.

Chacun, eo paternité harmonienne , jouira de la chance miraculeuse qu'entrcToit Jocrisse, gagner par effet du hasard , sans avoir rien joué» En effet , il faudra bien que ces nombreux officiers caractériels , dont les brevets sont distribués au hasabd par la nature , soient engeodrés de quelqu'un. Tout homme ou femme^ en cas de paternité, aura des espérances bien fondées dans cette loterie qui ne coûtera rien à personne ; on risquera tout au plus de n'y rien gagner, et jamais d'y perdre une obole.

A ne spéculer que sur l'intérieur de sa Phalange , on voit déjà que , sur 810 naissances, il y a 254 lots d'ofBciers et sous-officiers caractériels, dont 176 sous- officiers et 58 officiers ; toutes fonctions qui rapportent un bénéfice en dividende caractériel. Que d'espoir pour une femme pauvre dans sa grossesse, que d'illusions fondées ! Pourrait-on imaginer une loterie plus séduisante pour la classe populaire , surtout quand on envisage la chance de procréer les hauts titres, des officiers de province , de région , de royaume , d'«mpire , enfin du globe entier P

Ainsi se trouvera utilisée la passion des loteries, si violente chez le peuple : elle interviendra en Harmonie, non pour le pousser traîtreusement à sa ruine, selon les suggestions de la fiscalité; niais pour l'attacher à l'ordre âabli, aux grandeurs , aux souyeraiiietés qu'il ne possédera pas , et dont il pourra espérer, pour sa progéniture , des omniarchies , duarchies , triarchies du globe. Plus un homme est pauvre en Harmonie, plus il tient à la conservation des nombreuses dignités qu'il «spère pour ses enfants ou petits-en&nts; b longévité des harmoiiiens leur garantissant l'avantage de voir peut-être 7 générations.

Un monarque du titro familial qui est le seul héréditaire^ ne pourra pas plus jalouser les neuf autres souverainetés , qu'il ne jalouse ai^ourd'hui ses propres ministres , chargés de fonctions dont il ne veut pas se charger lui-même. Ces neuf classes de sou-

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TerainSy dont huit électives et ane naturelle , seront , par le &h , les ministres du souverain d*apparat, titre familial 5*. Il se pourra que Tomniarque de ce litre soit un aoiUone en degré de caractère; il serait bien ennuyé, bien désorienté, s*il lui fallait faire les fonctions de penlatone ; intervenir avec 200 Séries quand il n'en veut fréquenter que 50 ; exercer des fonctions de 5*. degré, quand son inclination le fixe a celle de i*'. Il en sera de même de tous les autres titres et degrés de souveraineté; on monarque d'apparat ou hérédité , loin d'en être jaloux, les aimera par concours de service , et d'autant mieux que les neuf carrières lui seront ouvertes , si la nature lui donne les moyens et le goût d'y figurer.

D'ailleurs , tes souverains familials en tous degrés , depuis Tirnarque (II, 576), ou baron héréditaire de canton, jusqu'il l'omniarque héréditaire, n'ont-ils pas sur les autres classes un avantage assez marqué dans l'hérédité dont ne jouissent pas k» neuf classes de collègues P Un prince familial pourra obtenir et cumuler ces grades ; être avant iS ans roitelet , en même temps que roi ùmiliai ; être k vingt ans père d'omniarque ou de césar, par un hymen vestalique avec une omniarque ou une çésarine ; être k 50 ans hyper-faquir du globe , en même temps que roi familial d'une heptarchie ; obtenir ainsi en quelque degré les autres titres,'tommc cet empereur d'Allemagne qui devint coa^piteur du pape , sans pour cela quitter le trône gcimanique.

G^est donc une objection mal fondée que cette hypothèse de jalousie : elle n'est applicable qu'aux périodes lymbiques, ou les grands princes cherchent k se spolier et se supplanter ; encore en voit-on vivre en fort bon accord , si leurs fonctions sont distribuées de manière k éviter les conflits. Un rot de France ne s'ombrage pas de ce que le pape exerce une juridiction religieuse en pays français. Il en est de même des 10 classes de souveraineté harmonienne ; elles sont homogènes par convenance réciproque aussi intime que celle des dix doigts entre eux.

Il est donc vrai (414) que les discordes principales entre civilisés naissent du motif le plus propre k établir l'union entre HarmonienSfdela êoifdes grandeurs, voie des ralliements les plus brillants entre classes extrêmes : tant il est certain que le méca-

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nisme civilisiS ne sait que changer Tor en cuivre , et faire naître du £siux essor des passions autant d*dements de discorde que Dieu y avait mënagé de voies d^unitë.

Yoiûi sur la question qui nous occupe , sur l'accord passionne entre peuples et souverains , des solutions déjà suffisantes , avec lesquelles concourront beaucoup d'autres à tirer des ralliements mineurs. J'ai donné en sens d'ambition 2 liens analogues aux ressorts de la passion, intérêt et gloire : j'ai prouvé que les sou- Terainetés décuplées et graduées satisfont tout le peuple sous ces deux rapports.

Eh î comment le peuple aiôserait-il ses maîtres dans l'étar actuel où les sceptres et magnatures , loin d'ouvrir aucune carrière de gloire à la multitude^ ne la servent pas même sur le nécessaire, sur l'intérêt!

C'est pourtant le premier besoin qui se fait sentir chez le peuple : il n'aime les grands que sous la condition de bénéfice. Lorsque Néron jeta de l'or et des diamants \ la populace de Rome, il s'en faisait aimer, parce qu'il donnait au lieu de prendre. Lorsqu'on introduisit chez les Tyroliens des droits-réunb, portes et fenêtres, octrois , centimes additionneb , et tout l'attirail de perfectibilité moderne, les Tyroliens maudirent leur nouveau maître; ils crièrent à bas Masimilien / vive Françoiê !

Ainsi , le peuple civilisé n'a pas d'amour positif pour les souverains ; il ne les aime que négativement ; il préfère celui qui prend lé moins. Un roi civilisé est tout au phis aimé du courtisan gorgé de sinécures et de pensions : nous aimons celui qui nous enrichit et non pas celui qui - nous dépooiHe. Organisez en ce sens toutes les souviierainetés ; faites que le peuple y voie des carrières de gloire et d'intérêt pour lui et les siens ^et vous aurez établi la stabilité des trônes , fondée sur l'intérêt et l'amour des peuples. Quel appât pour tout monarque y de hiter la fondation de l'Harmonie sociétaire.

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