‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 124 sur 163 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

QuadHlIe des ralUemeiito de fn&illisiiie.

Si je d' eusse été gèfiè par le préjugé » dans cel abrégé des ralIiemeDts, j^aofaîs ditisè la section en 3 notices : une pour les majeurs, amitié, ambition; une pour les mineurs, amour et famillisme. Cette division aurait facilité des parallèles et autres moyens propres à familiariser l'étudiant.

Mais, sur cette matière, l'entrave du préjugé est telle, que je serai obligé de franchir en eittier l'exposé des ralliements d'amour, et de recourir pour ceux de famillisme à l'innocent subterRige déjà employé , Thypothèse d'un récit des mœurs de la planète HerscheL

Avant de donner en tableau le quadrille des ralliements de famillisme , il est à propos d'y préluder par une description de quelques emplois des 3 éléments ; ce sont (579) la consanguinité et î' adoption; nous commencerons par l'adoption , coutume déjà connue sur notre globe , et qui n'exigera pas, comme les ralliements de consanguinité, une excursion dans d'autres planètes.

i . Adoption continuatrice. Cette coutume reposant sur des affections très-généreuses va paraître peu croyable aux riches civilisés. Redisons-leur que fes 16 raHrements naissent les uns des autres, sont liés en tnécanisme général, et qu'il ne faut pas se hâter de les juger isolément, avant de connaître et les 16 cardinaux et les 3 pivotaux.

Tout civilisé opulent regarderait comme insensé celui qui lui tiendrait le langage suivant : t Vous possédez trois millions et avez 3 enfants; vous comptez leur léguer un

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million à chacoD : faites de votre bien un plus noble partage ; distribuez un million seulement à vos enfouis , puis le S®, à Tos parents pauvres, et le 3®. million aux enfants du lieu qui vous ont aidé dans vos travaux. >

Un tel avis exciterait la risée des pères civilisés : ils auraient raison, à ne considérer que les dangers de ruine qui menacent leurs lignées , dangers qui n'existent pas dans l'Harmonie. Un père n'y craint pas que ses enfants manquent jamais de l'utile ni de l'agréable : n'auront-iis pas pour pis-aller le minimum social, tables de 3®. classe, mieux servies que celles de nos grands , avances de vêtement et logement , voilures et spectacles gratuits , faculté de prendre part à tous les travaux, et tant d'autres avantages inhérents au lot de minimum sociétaire?

Cette perspective suffirait à prévenir l'inquiétude paternelle d'un civilisé; mais connaissant l'étendue des pièges sociaux dans l'état actuel, il craint que ses enfants ne mendient à la porte des palais de leurs aïeux. Ces terreurs disparaissent en Harmonie , et le testateur , assuré que ses enfants auront toujours le superflu, adopte dans sa distribution d'hoirie des régies dont je vais rendre compte.

Un père, «TiHannonie, étant passionné pour une c quarantaine, cinquantaine » de travaux, se passionne par suite pour ses coopéraleurs les plus inteltigents, et surtout pour les erfants pauvres qu'il voit exceller dans ses occupations Atv/yrites où son fils ne s'entremet point. De là naissent les adoptions de ligue industrielle , adoptions de continuateurs ; elles ne sauraient avoir lieu en civilisation , où le riche ne se passionne pas pour le travail; ou bien, lorsqu'il s'y adonne , il rencontre par toute compagnie des intrigants et des fripons, et jamais des enfants intelligents.

enthousiastes , et dignes du rang de continuateurs titulaires.

Entouré de collaborateurs astucieux > le riche (civilise) considère la masse de ses concitoyens comme autant d'ennemis à surveiller : il se livre tout entier au lien familial , et l'hoirie passe exclusivement à ses enfants.

Les déBances étant pleinement dissipées dans l'état sociétaire » l'homme riche n'y étant entouré que d'alliés cabalistiques» il s'abandonne sans réserve aux impressions amicales ; elles germent à chaque pas chez les harmoniens, par effet des travaux attrayants et cabalistiques. Tout homme riche y étant ardemment passionné pour ses travaux regarde comme un second fils l'enfant qui épouseses penchants rodustriels et s'en montre le continuateur présomptif.-

Dorimon aime beaucoup ses deux enfants; mais aucuo d'eux n'a pris parti aux Séries de serre chaude , moutonnerie et charronage, dont il est l'unies chefs. Ou bien ces deux enfanta ont choisi dans les susdits travawt quelque branche étrangère à celle qu'exerce Dorimon^ Il soigne les plantes grasses dont il préside le groupe; son fils ne s'occupe aux serres que de l'orangerie ; ce n'est pas là un continuateur, un kéritisrindustrieL Dorimon trouve ce successeur dans la jeune Pasithée , fille pauvre y fort empressée et intelligente pour le soin des plantes grasses, et promue au rang de bannerette du groupe. Il s^'attaehe induêirielkmentet cabalistiquement à cette jeune personne sur q^i il peut faire fonds pour la continuation de ses travaux favoris.

Dorimon forme pareil lien cabalistique avec une trentaine de jeunes gens d'un et d'autre sexe , qui sont les plus lèlés à l'aider dans les divers groupes industriels. Il coa-

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rére saccessivement à ces individus le titre d'ADOPTiFs m* DfTSTRiELS, titre qui leur donne part à une portion d'hoirie que tout harmonien fortuné laisse aux adoptifs cabaiisliques.,

' Cette sorte de fegs s'éléye d'ordinaire au e quart» de la fortune. L'industrie étant chez les hannoniens la chose la plus révérée, lé charme de la vie r la source de liens amicaux et émulatifs , un individu serait méprisé s*^!! manquait à titrer c bon nombre » d'adoptifs industriels, et leur léguer tiers ou quart de ses biens.

Les penchants industriels étant variables, itest rare qu'on reste, pendant la vie entière, sectaire d'un travail. Dorimon , après avoir exercé 30 ans dans le groupe de la tubéreuse , peut le négliger pour d'autres goûts industriels qui lui sont survenus; il n'est plus qu'auxiliaire de ce groupe, où il reparaît quelquefois à titre de consultant; il s'est fixé plus assidûment à d'autres Heurs, à d'autres fruits ; en dix ans il a quitté dix branches d'industrie pour en prendre dix autres, où il va titrer encore quelques adoptifs industriels.

Ces variantes en fonctions sont assez fréquentes pour les estimer à une par an, c'est-à-dire qu'un homme qui est sectaire habituel de 30 groupes , en aura parcouru 90 de plus dans le cours des 90 ans qui suivront : chacun commençant à titrer des adoptifs dès Fftge de 25- à 30 ans, tout homme riche aura, à la fin do set carrière, au moins une centaine de ces adoptifs, nombre nécessaire en accords « de longévité >doirt nous parlerons au chapitre suivant , et dont nous^ pouvons dés à présent poser le principe :

Etablir entre les testa leurs et les légataires quelconques^ soit adoptifs, soit consanguins, une amitié assez vioe

448 ASftOGUTIOH COVPOSiE.

pour que Vhêriiier désire froUmger la vie du teêtateur qu'il est aujourdhui si impatient de conduire au monument»

Il n'est guère, en civilisation, de côté plus dégoûtant que les sentiments secrets des légataires pour les bienfaiteurs. En dépit des simagrées de déférence filiale, il est avéré que les héritiers poussent le vieillard dans la tombe ; et sauf rares exceptions qui confirment la règle , toute la civilisation semble dire aux vieillards : « Hatez-vous de mourir; vous n'êtes bons à rien; vous n'êtes pour le monde social qu'un fardeau inutile. >

D'autre part , la civilisation habitue chaque père à oublier tout sentiment de philanthropie et de charité, pour ne songer qu aux intérêts de ses héritiers en ligne directe ou filiale.

On n'arriverait point à l'équilibre familial, si on ne parvenait pas à extirper cette double dépravation des enfants et des pères; égolsme des enfants et cdlatéraux qui souhaitent en secret la mort de celui dont ils attendent rhoirie; égolsme des pères qui ne voient le monde social que dans leur famille [et souvent dans un atné à qui ils immolent filles et cadets], n'étendant pas plus loin les bornes de leur libéralité testamentaire. Le problème d'absorption de ces deux égoïsmes sera résolu au chapitre suivant. Achevons sur les ralliements d'adoption.

2. Linsiructùm sollicitée. jElle établit dans l'ordre sociétaire une affection vraiment filiale des élèves aux maîtres. €'est le fruit de l'esprit cabalistique régnant dans les travaux des Séries pass. L'enfant y est si fortement intrigué, si désireux de faire des progrès, qu'il regarde comme autant d'amis , autant de sauveurs, tous ces vieillards qui veulent bien le former & l'industrie ou & l'étude.

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La civilisation a toujours pensé qa'ii devrait exister on lien de gratitude entre relève et Finstitotenr : mais en vain fait-elle valoir le bienfait de l'institution; il existe parmi nous des intérêts et des principes inconciliables entre les âges opposés. Aussi un vieillard est-il rebuté , raillé partout où il s'entrennet avec la jeunesse ; elle raille jusqu'au professeur qui lui donne des leçons.

L'instruction étant désirée et sollicitée en Harmonie , chaque vieillard devient par son expérience un compagnon précieux pour les Séries où il a longtemps exercé, et dont il peut , par ses conseils , soutenir les prétentions de supériorité. Il est pour elles ce que serait un vieux pilote dans une tempête où les jeunes marins sentiraient leur insuffisance , et le conjureraient de les aider.

Cette affection cabalistique des jeunes gens pour les vieillards ne saurait s'établir dans Tétat actuel , où on ne travaille que par besoin , par contrainte et non par attraction. Le jeune ouvrier qui gagne un modique salaire , s'inquiète fort peu des revers du maître instructeur, il s'en réjouit , par vengeance d'un refus essuyé sur l'augmentation de solde ou sur l'avancement. L'enfant qui va aux écoles par ordre de parents, n'aime pas un régent dont il voudrait déserter les leçons.

Ainsi, la vieillesse aujourd'hui devient odieuse à la jeunesse, par influence du travail et de l'étude qui, dans les Séries pass., établissent, des élèves aux maîtres, une affection plus qu'amicale, un lien de paternité idéale, un véritable amour filial. Il s'étend des individus à la masse , et fait naître chez toute la jeunesse un enthousiasme collectif pour les vieillards ; véritable ralliement familial des inférieurs aux supérieurs , effet de gratitude par lequel Tenfant adopte pour second père celui qui ne

450 ASSOCUTION COMPOSÉE^

Test pas; le lien est d*autaDt plus brillant, qu'il devieiït esprit de corps chez l'enfance toute entière : ceci est adoption en essor inverse; la précédente, nommée continuatrice, est adoption en essor directe

Après ces détails sur les emplois sociétaires de I'adop- TioN, il convient de classer en quadrille ses deux procédés . Je représente par initiales G , Â , les éléments du lien familial , adoption et consanguinité.

Ralliements de famillisme. Mode*

G. Les hoiries disse'roinées. ) . . a

. TV u'j i Ascendant Po&.

^ A. L instruction sollicitée. ;

A. La continuation industrielle. | tv :i i^t^ r, T t' ^ . ' » i Descendant NÉG-.

G. La lignée en majorité. )

D'après les motifs exposés précédemment, je ne mentionne pas les effets d'entrave levée et illmion créée ,< qui se trouvent à peu prés en égale dose dans les 4 ralliements.

Les deux qui précédent sont les moins puissants do quadrille, et pourtant on en sent vivement l'absence : il n'est pas un instituteur qui ne s'indigne de l'ingratitude de la jeunesse. Quant à l'absence d'héritiers continuateurs^ c'est un sujet de jérémiades chez tous les pères. Leurs entreprises, leurs collections, seront abandonnées ironiquement par des enfants; le beau cabinet d'antiques, la bibliothèque péniblement rassemblée , prendront le chemin de là friperie, deviendront la proie du bouquiniste et de l'antiquaire. Les pères, dans leurs passions industrielles , sont vraiment assassinés par leurs enfants. Que de lacunes dans les prétendus charmes du lien de famille, que d'indices accusant la civilisation, et soufBant à l'oreille de l'homme qu'il a manqué la voie des destinées heureuses, et que l'état actuel de ce monde n'est qu une

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lymbe sociale^ dont quelque découverte inespérée nous ouvrira l'issue !

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