‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 129 sur 163 · ULTRA-PAUSE · texte numérisé non relu

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II, 23); mais semblable à tous les phitosophes, il yeut détruire sans saToir édifier. Démontrons par des citations. ÉducaMon des Cretois : « On ne leur propose jamais d'autre plaisir

> que celni d'être invincibles par la yertu. » Quelques-uns penseront qa'aTec la yertu il faut de l'artillerie; encore n'est-on pas sûr d'être invincible avec des yertus et des canons. Si je ne craignais les longueurs, je voudrais analyser au moins vingt balourdises dans cette proposition de plmsir moral, où il est impossible de trouver un sens. Allons plus loin.

« En Crète « on met le coarage à fouler aux pieds les trop grandes • ricbesses. » Encore une vingtaine de bidourdises dans ce gonre de eonrage , comme dans le plaisir précédent. Tous les riches Cretois sont donc occupés à fouler aui pieds des sacs d'argent l S'ils le méprisent tant, pourquoi ont*ils pris la peine de le gagner? La belle chose que les idées morales , quand on les met en parallèle avec le bon sens.

■ En Crète, on pimît trois Tîces qui sont impunis chez les autres

> peuples, l'ingratitude, la dissimulation et rayarice. » Eh l ce sont les cotonnes de la civilisation. EgoUme, fausseté, cupidité. Si Fénélon ne yeot pas de ces trois yioes , il ne veut pas de la civilisation.

« En Crète, tout le monde trayaOle et personne ne songe à s'enrichir. » De plus fort en plus fort ! Comment se fait-il donc qu'il y ait tant de gens trop rtches, mettant leur courage à fouler aux pieds les trop grandes richesses ? Ile fortunée ! on s'y enrichit à l'excès , sans songer à rien gagner ! Le seigneur Fénélon a rêyé ici un effet de l'Harmonie sociétaire ; il ne lui restait qu'à eu inyenter la théorie.

« On n'y souffre ni meubles précieux, ni festins délicieux, ni habits » magnifiques, etc., etc. On y boit peu de vin (c'est dommage, dans le » pays de malvoisie). Tout au plus y mange-t-on de grosses viandes, » sans ragoûts. » Encore la guerre aux ragoûts et au yin I mais les Hahométans qui ne boivent pas de vin , sont-ils meilleurs que nous ? Voyez les massacreurs de Scio , les bourreaux ottomans occupés à faire périr une nation entière dans les supplices ! Sont-Us donc moins vicieux que les bnyeurs anglais qui lenr aident à exterminer les Grecs? [ 1822.)

Parlant du roi de Crète, il dit: « Les lois peuyent tout sur lui : il a » LIS uAiRS LiÉBs dès qu'U veut faire le mal ( yoici les principes jacobites » dans un traité de morale douce et pure et d'éducation vertueuse ]. Les » lois, en Crète, ne veulent pas que tant d'hommes servent par leur » misère et leur lâche seryitude, à flatter l'orgueil et la mollesse d'un » seul homme. Lb boi nb doit bien àvoib ad-dessus ubs àotbes; il doit

> être plus sobre, plus exempt de faste qu'aucun autre; il ne doit pas » ayoir plus de richesses et de plaisirs (la sainte égalité) : ce n'est

» point poar Id-méme que les Dieax ]*ont feit Roi , il ne Test que ponr • étrerhomme des peuples. Quelle horrible inhumanité de leur arra- » cher les doux flruits de la terre qu'ils ne tiennent que de la natore » libérale et de la sueur de leur front ! t

En substance , il Teut qu'on supprime les impôts , qu'on rédiroe la Kste cirile , qu'on lie les mains ou Roi , et que l'autorité passe an peuple, voilà en propres termes l'argot de la jacobiniëre , le pendant de la loi agraire conseillée plus haut. Cependant c'est Fénélon qui parle; c'est le livre sans pareil, la boussole d'éducation, la quintessence de morale douce et pure. Eh I trouve-t-on dans la morale autre chose que l'esprit démagogique allié aux rèreries de folles vertus? Tel est le piège des oa- T rages bien écrits : déral8(m politique et morale; pas une phrase où l'oo puisse concilier l'auteur avec lui-même; pas un précepte compatible avec le sens commun I Tout à l'heure Mentor a retranché (478) la musique molle et efféminée qui corrompt toute la jeunesse, eipXaê loin il met ses bergers en quéto pour aller chercher des chansonnettes t

« Le berger revient avec sa flûte , et chante à sa famiile assemblée les » nouvelles chansons qu'il a apprises dans les hameaux voisins. » Quoi , seigneur Fénélon I vous voulez (477) qu'on mène une vie sérieuse et uoble, sanf^iucune musique m4>Ue et efféminée ; et vous conseillez de perdre le temps à s'occuper de chansons, en changer tous les jours! A telle page vous n'admettez que la gravité et la constance, puis au feuillet suivant vous prêchez la frivolité et la nouveauté à ces misérablec Salentins. Vous dites : « Ils n'auront que du pain et des fruits de leur » propre terre , gagnés à la sueur de leur visage. I/époux avec lescbers >• enfants doivent revenir fatigués ; tous les maux du travail finissent » avec la journée. * Les voilà donc harassés, ne songeant qu'à trouver leur soupe aux choux^et leur châlit, n'ayant pas le temps de courir les villages voisins, pour s'y meubler l'esprit de chansons efféminées, et interdites selon vos dogmes, qui (478) « bornent la musique aui fêtes » des temples, aux louanges des Dieux et des Héros. »

Pour en finir de ces billevesées morales, voici le vertueux Narbal prouvant qu'il vaut mieux mourir que de mentir; soutenant que Téléniaque et lui doivent aller à l'échafaud plutôt que de dire un petit mensonge qui leur sauverait la vie. Mais si nous avions raisonné de la sorftc en 95 et 94, où en serions-nous? Chacun, pour sauver sa vie, a dit foroe mensonges aux comités révolutionnaires; pour mon compte, j'ai trompé trois fois en un jour le comité et la visite domiciliaire : daos ce seul jour j'id trois fois échappé à la guillotine par de bons mensonges, et je crois avoir bien fait, n'en déplaise aux moralistes. Je pense même qu'un bon civilisé doit (202) exercer ses enfants au mensonge et à la dissimulation. Le beau galimatias qu'on verrait, si les diplomates et

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lés courtiers prenaient tont à coap fantaisie de dire la vérité. De bonne foi, est-«lle faite pour la mercantile ciTilisatton?

Eh 1 si ces docteurs moraux sont si amoureux de la vérité , pourquoi aT(4r tardé 3000 ans à faire le calcul de la vérité supposée , 5«. issue de civilisation ( II, \ 42) ? Je n'ai pas employé d'autre procédé pour découvrir le mécanisme des Séries pass. Ils y seraient parvenus de même en spéculant sur la vérité collective, combinée avec l'industrie interne et externe ; tandis qu'en préchant la vérité individuelle, isolée des emplois industriels , lis n'ont pu aboutir qu'à enraciner la civilisation , engouffrer le genre humain dans les sept fléaux lymbiques ( II, 98) et dans la ûérmson poliiv^e et morale.

Je Tiens d'aj^uyer la thèse par un aperçu des sottises dogmatiques du Télémaque; le bon homme Fénélon ne se doutait ^ère des résultats qu'aurait, en 1789, sa doctrine essayée en France. Fénélon n'est pourtant pas suspect de perversité : qu'est-ce donc des auteurs écrivant bien comme lui et n'usant de ce talent que pour exciter le désordre , s'élever aux ^Mictions publiques en bouleversant le système social ? Ne suffirait-il pas de cette considération, pour apprendre enfin aux modernes qu'il faut, en politique sociale, se défier des ouvrages bien écrits, recourir aux inventions bien raisonnées, reconnaître enfin à quels travers systânatiqueflf, à quel degré de folie les dogmes de modération et les jongleries oratoires peuvent conduire la politique, lorsqu'elle se confie aux systèmes des philosophes qui , en feignant de vouloir modérer les passions", ne veulent que se âvrer à leur» fantaisies et y asservir tout ce qui existe?

Jfr r^rendrai ce sujet au Post-Logue , où je traiterai d'une erreur capitale des modernes , qui pensent que le bel esprit , les charmes du style sont le seul guide à suivre en politique sociale, sans aucun accès pour le bon esprit et le sens commun.

486 ASSOCIATlOll COMPOSÉE,

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