CHAPITRE IX
Lacune dé 'RalfienMAts d'anxmr.
LacuQfS forcée» par. te. préjugé qui m'oblige; à supprimer la partie; gracieuse du calcul des ralliements, le quadrille,d'équilibre ^iDoureux.
A^ffiemeoU d'amoar. Ifods.
• Kajr le Fcat : . | Asccndaui ,
Par rÂDgélicat : J de Tinf. au sup.
. . Par ie Faquirai : i PeiceDdaiu,
Par le Piyotat.. i du sup. )k Tinf.
La suppression de ces quatre articles est d'autant plus géo^lHe pour moi , qu'ils auraient désappoinlé les malins , po.rté9 à supposer qu'une théorie de libre amour est une tbéiarie d'obscénité,
A coup 3.âr toute liberté de ce genre serait, chez les civilisés» UDQ source d'impudicité et de dévergondage; mais, ^R HarynQuie , les q^ati^e ralliements d'amour sont des gage$ de ^ublim^s vertus sociales , correspondant selon la table suivante :
Au fM, l'Hospitalité composée [féade . ]
Al'Aii^éJiçat, le Civisme composé.
Au Faquirat, la Charité composée.
Au Pivotat« la. Constance composée [muséade,] Les quatre ralliements d'amQur, conduisent au but que se proposent le^ moralistes et même les romanciers; à faire prédoipinér eq amour le principe spirituel nommé affection sentimentale» céladonie (579), illusion de l'esprit et du co^ur; 4 prévenir l'influence exclusive du prin-
46S A880CUTION COMPOSis.
cjpe matériel ou lobricité (379), qûr» tèrsqoMI est seot dominant en amour, dégrade fespéee humaine', k rarûk au niveau des brutes.
Ce vice est trés-fréquent dans les amours civilisés, surtout dans ceur de mariage , dont la plupart , au bout de quelques mois et peut-être dés le second jour, ne sont souvent que brutalité pure, accouplement d'occasion, provoqué par îa chatbe domestique, sans aucune illusion ni d'esprit, ni de cœur : effet trés-ordinaire chez la niasse du peuple, où les époux affadis, bourrus, et se querelTant pendant le jour, se réconcilient forcément au chevet, parce qu'ils n'ont pas Je quoi acheter deux lits, et que le contact, le brut aiguillon des sens, triomphe un instant de la satiété conjugafe. &ï c'est \k de Tamour, cl^t du plus matériel et du plus trivial.
Tel est pourtant le piège sur lequel spécule la philosophie, pour transformer la plus gracieuse des passions en source de duperies politiques, exciter la pullulation de la
populace > et stimuler de pauvres gens au travail» par
l'aspect de leur progéniture en haillons. Quel noble rdie donné à l'amour, en échange de la liberté qu'on lui ravit! On fait de lui, chez les civilisés, un fournisseur de viande à canon; et chez les Barbares^ un persécuteur de la moitié faible du genre humain : voilà , sous les noms de sérail et mariage, les honorables fonctions qu'assignenté l'amour nos prétendus amants de la liberté !
Confus des vices de leur politique amoureuse , ils repoussent toute idée de calcul sur leâ propriétés de Tamour libre. Ignorants et trompeurs sur les emplois opportuns de la liberté , ils la veulent illimitée dans le commerce , dont les crimes (II, 219) et les fourberies (III, 124) appellent de toute part le frein des lois; et ils privent de
UVkE IV. SEC t ION Vil. 465
loQte liberlA l'amour, dont le yftste esisror en Série pass. ^ondairait à tontes les yertas , à toutes les merveilles en politique sociale. Quelle science malencontreuse que ces théories de libertés civilisées; quel instinct d'opposition à tous les VŒUX de la nature et dc^ la vérité !
Brisant sur l'impéritie philosophique , raisonnons abstractivement sur les emplois du libre amour.
Les équilibres cardinaux dont nous traitons sont comparables à un char qui , pour marcher, a besoin de ses quatre roues. Il est perclu du moment, où' l'une de^ quatre est brisée ou enlevée : c'est ce^ qui arrive de 'la théorie des ralliements. Le préjugé enlève au ehar une de ses quatre roues, en excluant la théorie des ralliements d'amour, qui doivent donner à la passion hs plus vastes développements en accords dé tous degrés (III , 3S6).
Ce n'est qu'à ce prix qù'^ en fait oattte lés sublimes accords iè^r'M soiis lé ttotn ié ralKemenls , et dont la propriété est d'abs&rier Tégàtsme et les discordes indivis duettes dans les accords des niasses ; propriété dont j'ai souvent expliqué les emplois spéciaux en régime sociétaire : voyez (III, 57B), application aux subsislances (III, 509); application aux grandes réunions dbme(stiques , etc., etc^
Sur l'obstacle dont je me plains, dès ergoteurs me répondront : c Donnez votre théorie d'équilibres sociaux, 1 en supprimant ce qui touche à l'amotfr ; elle sera un peu > moins étendue ; on jugera également de ces applications 9 utiles. > A les en croire, il semble que la théorie, tronquée d'une de ses quatre branchés , doive conserver les 3/4 de sa valeur. C'est raisonner co^mc s'ils prétendaient que le char dont on aura enlevé une roue, fera encore les 3/4 du chemin qu'il jurait fait avec les quatre roues. Il sera perclus à ne pouvoir pas avancer de quatre pas.
464 ASftOCUTHHI covofic*
Tel est FëUt oé roo réduit la belle théorie |le r«fBÎlibre paiMonoely si, poor complaire ao préjogè, Toa en relrascbe le ralliemeat d'amour qui e»tf parmi les qoalre, le plB»tbrt absorbaBi de Tiiitèrèt, le plus puivant refsort d'aoioD entre les ioig$nx*
J'ai décrit des eoDcerts sociaox bîe» sublimes daoa les trois antres eardinales, et snrtoat dans Tambitioi»; mais ils ne sont pas de nature à remplacer ceux qai naissent de ramoor. C'est» parmi les quatre passons cardinaks, celle qui fournit le plus de lietts : les beam accords décrits aux chapitres de l'ambition, régularisent la aiarehe de l'intérêt ; ceux d'amour ( notés 461 ) ont un autre emploi t qui est d'absorber l'intérêt : sons ce rapport, aucune autre des trois payions cardinales ne peut suppléer aux lacmies en ralliement d'amour*
PréToyaat que je serais arrêté à ee chapitre» par les convenances morales» et que cette lacune paralyserait tout l'exposé de la théorie» )'ai de tongne main préparé le lecteur é cet incident; je l'en ai ayerti dés l'avantpropos.
Sans cette contrariété » je n'aurais pas en besoin de tant de précautions ni de si longs prolégaaiéttea » poor former l'opiniob du lecteur ; il a dft s'étonner souvent de trouver dans le cours de l'ouvrage 4es détails qu'on pourrait juger bori-d'cauvre » comme l'analyse du lieu conjugal» aux Inter-Liminaires» et de la duperie des savants (kiteriA.» U, 548).
Au premier coup d'œil on traite les accessoires de diatribes superflues, de chevilles et redondances qui relatfdent l'exposé de la théorie; il n'en est rien : ee* sont des digressions nécessaires pour rappeler sans cesse- que le siècle n'est pas en état d'entendre la vérité en étude
de la iiaimre , «t qo'H faudra par cet(e raison le priver des plus belles portions d'une ibàefie Am\ pourtant j'annonce la décûoyertei^lèg^ale•
Pour convaincre le lecteur de la Tauseetô de ses jugements «A étude de la nalure » je Tat remontré , dés Fintroduction, sur ee qui touche aux. doslioées matérielles climatériqttear^Di i'ai traité dans la grande Itole A, Elle traite de Kimpéritia des nooderne» m oaleul d'harmonies pbysîqaes du globe* Lorsqu'on voit les esprits faussés à ce poî^ti..sur des branches d'étude que le préjugé n'entraTeraît pas , comnient augurer quelque bon sens relativement ans étedes réprouvées» cQiume oelle des emplois du libre amour ?
En vain les présenteraiVje oomme taMeam des mœurs établies dans Saturne et Herschal; mœurs toutes favorables aux quatre vertus d'hospiAftHté* civispse, charité et conatanee ; on n'amènerait pas la philosophie Intoléf ante à capituler sur le obafitire de )a libeirté amoureuse et des combinaisons qu'elle produit en tons degrés d# gamme (III» .357). Il est donc forée de nwtiler la théorie, la réduire â des i^rçus partiels noa susceptibles de lien généraU ni de preuves complétas sur l'art d'équilibrer en plein les passions de tous degrés,
le contkMieirai , néanmoins r car il est dea branches en régime sociétaire, entre autres celle de l'industrie journalière., où l'on a peu besoin du seaonrs que prêteraient les ralliea^enlsd'anioiftr. Mais en oateul d'équilibre passionnel g<teèraiéLda répafittioQ satisfaisante pour les trois (iacultâs,nQa^itàl,l .travail et taleai» c'est celui qu'il aurait été urgent de décrire avant de passer au grand problème de la.rèparttiton.
Il est aisé de reconnattre que Tamour est la passion la
466 ÀâSOCIATIOlf COMPOfifer
plas puissante en tnècanisme de rallieniento : déjà , parmi nous , il sait créer subitement des liens entre un roi et une bergère, entre une princesse et un- simple soldat: les trois antres affectives peuvent bien , par fois , opérer des rapprochements entre inégaux ; mais non des raHîeraents aussi forts, aussi subits.
C'est donc Tamour qui possède par excellence la propriété de ralliement, et c'est de lui qu'on tirera les plus puissants leviers, soit pour le rapprochement et Taffeetion entre inégaux , soit pour l'art de concilier les antipathies naturelles qu accidentelles. Mais le préjugé si complaisant sur les obscènes peintures d'un sérail turc » sur les mœurs immondes ou atroces des Barbares , ne veut pas admettre le tableau des amours d'un peuple libre et décent, d'un régime satisfaii^nt pour tous les âges , où la vieillesse trouverait Fart de s'affranchir des vils moyens de séduction pécuniaire ; où la jeunesse trouverait dans le calcul de sympathie occasionnelle > des mittiers de charmes inconnus en civilisation.
Ces mœurs honorables sont réprouvées par l'ombrageuse philosophie : je lui cède le pas, en supprimant la théorie des ralliements sur laquelle je n'ai fait que préluder. Je ne doute pas que les auteurs de cette lacune ne soient les premiers à se plaindre de mon extrême circonspection .
Entretemps : on peut les remontrer sur la marche vraiment illibérale qu'ils ont donnée aux amours civilisés : on n'en voit nattre que des liens d'égoïsme suivis d'un oubli complet. Tel couple s'est adoré avec grand étalage de passion , et peu de temps après les deux individus ei^gès en d'autres liens, soit de mariage, soit d'amour, sont aussi indifférents , aussi étrangers l'un à l'autre , que s'ils
UYRE IT. SBCTIOK ¥U« 467
ne s'èlaieni jamais connus. Ingratitude provoquée par la morale , qui déclare ohampions de vertu ceux qui oublient , pour une épouse ^ tout lien antérieur. Même dépravation dans r<^ioion. Elle prôtie ceux qui, oubliant toutes les maltresses passées» leur refusent tout secours, et. ne considèrent que la dernière en d^te.
Cet égolsme sanctionné par la philosophie conjugale est. Topposé du but de la nature , qui v«ut créer des liens nombreux et stables dans les 4 branches d'affection. Que l'amour soit tout entier pour la dernière venue, cela n'importe; mats l'équilibre social exigera qu'on maintienne des liens entre amants qui se seront quittés. L'usage sera de se titrer en héritage , lorsque les amours auront eu quelqu'éelat , soit en passion, soit en durée. Aussi les hoiries d'amour joueront-elles un grand rôle dans la 3^. portion de 1/4 ou 1/3 , donnée aux affections autres que celles de consanguinité ou d'adoption.
Les courtisanes^, par instinct , devinent le vœu de la nature ; elles se font doter et pensionner ; elles ont raison : si la flamme était si ardente » au dire de l'amant , n*est-il pas juste qu'il en reste quelque chose ^ ne fût-ce que pour l'honneur des serments tant prodigués ?
Le titre d'hoirie une fois concédé en Havmpi^e n^est plus révoqué. Une telle action serait infâme ; la maîtresse régnante s'en ombragerait, et craindrait, avec raison, d'essuyer le lendemain pareille avanierËn même temps, la cour d'amour notifierait à l'égoïste révocateu^ , qu'il n'est p|u» admissible à ses séances. Une quarantaine de Séries industrielles qu'il fréquente -^ lui notifieraient que son nom est voilé sur le tableau , et qu'entaché par un procédé civilisé , il ne sera admis aux séances de Série qu'avec un crêpe jaune au bras.
46& AASOGIATICIII conoBÉSi.
Les hcnûmeë étant titrés en hoirto par les lemmes^ l'ainoar éetient pour les deax sexes une balte cbanced'bèritsges ; il est même probable qo^ît figurera pour v» ^(è»ï en coneurrenee avec les deseendaiHis , les eoftait^aux el lesadoptîfs. On i/aura que très-peu d*amis à tîlrev en hoirie; les amis, s'ils sont jeunes^ ont les 4- chances- pré* citées, et, s'ils son! rieui, ils se trouvent d'ordinaire enrichis par lesdites hoiries et lec^ bénéfice» induslriels.
Les liens d^hoirie en amour d'Harnionie sont dé divers degrés, donc le principal est le Prfo^iT, o» lien de eo»isiance ewtifo^ëe, amour omnimodé >^ , qm s'amalyime avec tous les autres. On afipeHe pitotste, une afiéelion qui broche scét le tout , à laqnetle on retient périodiquenieM, et qui se soutient en eonenrrence avec d'antres amours plus noufteaux et ptus ardents.
Tout caractère de banf titre, bien équilibre, dort avoir en Harmonie des amantes pîvotales ou aniants pivotaux , non compris le courant, c.-è.-d. les amours de passions successives, et lé fretin ou amours de passade, qui sont trés-'brillants en Harmonie, vu les passages de légions et nu et d'autre sexe. Ils donnent lieu fi tous les couples d'amants de conclure des trêves de quelques jours , lesquelles trêves ne sont point réputées Infidélité, pojiirvu qu'elles soient h'ègùHères, consentiesrèciproquement après coup , et enregistrée» dès le lendemain de la variante , en chancellerie de la cour d'amour, afin de démentir rétention de fraude cachée.
Cetf eotttitthesj je le répète, sont celles de la planète HèHehel, qui, n'étant point honorée dès lumières delà pWlosOphié ni des maladies siphyliniijues, suit en amour des usagés fott oppoàés aux n^res : tel est fe pibotat cité plus haut, qui donne lieu à de tfés-lieaux ralKements, et
UTM rr. sseTidii vu. 469
qui est appÉi de la eonstaiiee «leple, seule connue parmi nous.
La efriiîsalion ne 8* est èle?ée k aucune étude sur le simple et le eomposè en amour , sur les beNes conbinaîsons sociales dont l'amour composé est susceptible quand il module en tous degrés de gamme ( III» 357 ). De cet oubli césulle une plaisante bi^rrerie; c'est d'ayoir ennobli la populace amoureuse, les titres bourgeois et solitones, et d'avoir avili les officiers passionnels (p. 439), les poIytoneSy qui sont seuls aptes aux régies de Séries amoureuses. Par suite de cette subversion hiérarcbiqoe, le système des amours en civilisation est le pur jacobinisme erotique y la souveraineté du peuple passionnel, c'est-à-dire de tous les bas titres caractériels^ et l'avilissement de tous les hauts titres ou Âmes susceptibles de liens grandioses, et d'aptitude à ta direction générale. C'est un mécanisme dont l'examen sera des plus curieux.
Un indice de celte subversion est l'opinion régnante sur les deux principes ou éléments d'amour (379). Lubricité et Céladonie. On feint de dégrader le premier, le matériel, qar pourtant domine exclusivement; puis on feint de considérer le 2®. , le spirituel , qui est non-seulement ridicule par le feit, mais inconnu, confondu avec des duperies sentimentales et visions comme celles de la taAte Auroae. ï*aute d'étude sur l'alément spirituel, on n'a pu ni découvrir les belles combinaisons qu'il peut pro-^ duire, comme VÀngélicat et le Faqmrat (461 ), ni constater l'état insocial et dépravé des amours civiKsés , où régne le plui vit êgolsme , la provocation légale à l'ingratitude. Mais brisons sur ce sujet, puisqu'il a été convenu de le passer sous silence.
(NotA). En lefnrinant sur les ralliements, observons
470 À^socunoN co»08&*
quTil eût falla traiter de celui de haute transition « donné par les propriétés politiques du veslalat. Négligeons ce sujet; il faudrait, dés cette 1'®. livraison , 4 volumes au lieu de 2, si je voulais entrer dans les détails méthodiquement nécessaires.
PosT-ALABLES. •*— Résumé SUT Us Ralliements.
Kègle trioaire en leTiers, et quaternaire (591) en mode.
La théorie des ralliements est, comme tout l'ensemble du calcul sociétaire , un nouveau monde social. En y introduisant des lecteurs novices, il faut leur ménager quelques points de direction et de reconnaissance.
La meilleure ^oussole pour eux sera de se défier de l'arbitraire, exiger des calculs réguliers. Les passions sont l'ouvrage de l'étemel géomètre ; il ne procède pas arbitrairement comme Platon et Sénéque, réprimant telle passion et proscrivant telle autre. Il ne les a pas créées inutilement : elles ont un emploi; il s'agit de le déterminer par des régies fixes.
Des milliers de théories sur la morale et l'équilibre social nous persuadent que la modération et la répression sont les voies de sagesse. Je viens de prouver, dans l'aperçu des ralliements cardinaux, qu'on n'arrive aux équilibres sociaux que par up vaste dévelopement des passions, un essor illimité, mais contre-balancé par quadruple impulsion.
J'ai démontré que. chaque passion doit,
10. Opérer far base eowfosée^ mettre en jeu ses deux éléments indiqués à la table (579); c'est la l^e. condition d'équilibre. Par exemple, en mécanisme d'ambition, si l'on ne fait intervenir que l'intérêt sans la gloire, ou la
IITRE lY. SECTION TH. 471
jhite sans Vintirêt\ on n*aiTi?era qu'aux discordesr sociales ; et ainsi des trois autres passions. Il faut, dans tout essor de passion, donner cours à ses deux éléments ou principes. Oiïa vu, dans les quadrilles (3S3, 4âl , 4S0), que si l'un des deux principes domine dans chaque impulsion-, Tautre y intenient, quoiqu'on moindre influence:
Cette première règle (combinaison des 2 éléments, 193 ) est tout-à-fait inconnue de nos politiques. Ils en ont donné, dans ce siècle, une prenVe assez notoire, en prônant le commerce qui déclare franchement qu'il ne traraille pas pour la gloire, mais pour rinlérèt seul. (Elément simple.)
On prouverait aussi aisément, sur les trois autres passions cardinales, que nos théories, toujours simplistes, ne mettent en jeu qu'un seul des deux éléments.
^. Développer ta passion en conire^poids composé. Deux essors ascendants en direct et inverse ; Deux contre-essors descendants en direct et inverse.
Cette règle a été observée dans les ralliements cardinaux ( 583 , 421 , 450 ) , où j'ai mis en jeu 2 impulsions ascendantes et 2 impulsions descendantes.
Ladite règle est tout-à-fait inconnue de nos équilibristes; ils veulent réprimer au lieu de contre-balancer. Les plus sages d'entre eux ne sont toujours que des oppresseurs, voulant comprimer et modérer les passions d'autrui, pour donner 'cours aux leurs (voyez l'Ultra- Pause) : un mécanicien social doit donner cours à toutes les passions, s&iuf à régulariser leur marche par des contre-poids qui ne peuvent avoir lieu que dans l'état sociétaire.
5^. Alimenter l'essor en tous degrés {\,d\Ae^ll\^ 357); opérer sur des matériaux assortis en tous échelons. C'est
la mélbode suivie dans les Phi^ajoge»; eltosr se form^oi on arsenal de naiériaux, un clavier k 810 catrac(ëres ( p. 439)» distribué par Séfies^ où ae ctassent les variétés et les gradaiioQS » de manière & farroqr. we ^betlQ complète, UD magasin où Vm ait la. (acuké de paJ3er das doses qaolcoQquea de ehd^ue titre ,; et pjçoçéder mèlbodiqaemenl à. la fovmaliw et A r^ngt^epegie des accords passionnels.
Ces 3 principes oni ét^ exposés daos te QQur^ ieïs^ 7^. section, il convieni de les rappeler aux éitAdianU > en les combinant arec la régie déjà pesée (591 )» ce qui donne une gamme de sept principes, savoir :
4 relatirs au mode ( 591 } :
5 relatifs aux leviers, cirhaut (471 } : . X Principe fondamental, les Séries pass.
Au lieq éd diseitter sur ces développements vastes et méthodiques, nos. théories civilisées veulent réduire chaque passion au plus fsâbje essor, borner l'ambition aux petits bénéfiees, au mépris des places lucratives; restreindre l'amour à une nvême femme pendant lai vie entière.
Il faut enfin s'entendre sur ees chimères de modération; elle» se trouvent confondues lorsqu'on les met en parall^ avec les vrai^ équilibres que je viens de décrire,, et qui se fondent sur des eootre*pQids et non sur des répressions.
Les accords passionqel^i p^wmés rellieixiente» nai^se^t de passions iounodMes , insiiitîable^ d^i^s Ieur4<déairs : on a vu quil faut, eD Harmonie d'an^i^ c^nveÀte^ des trésors immenses, aspirer aux divers sceptres du ipnonde • qu'il faut en Harmonie de famillisme, étendre le lien à rinfini, par la polygamie masculine et /Vmmine; absorber
ïégimBat familîal.» dans lea ramificÂlioi» noedbveusea ie kpi^entè el.dea héritage» ( sauf orgaovsatioD sociétaire par Séries pass. )
lies sophialea n'eoi adiiÎB le. principe de Vaste taaoR fwsuria seule amilié. Laphyosephie yeul faite de lout te gelire^ iManMD nne grande fiunille de frères et aads ; mais. QUe.oa ^uf tolérer que Fesur Im pbm médiocrû en ambition» en aomir, en famiUiaiDe*
Remanpions' ici leaca îocoosèquencea m. théorie et en praliqne; elé'aèord ctirtliéem. Qoe signifie cette pré*tdattoii de ddaner: pkm essor à teUe passion, et de réduire telle autre au plus faible dévet^pement? C'est aoonsar- Dieu d'impéritte j prétendre qu'il a eu tort de créek'leUes ou telles passions ;^ qu'il d^ait les sui^rimejr 00 les rédditaafiqBartrdeleiir blensitè, pour complaire à Platon elJSénèque.
{In pratique^ Aflalya<}i& Jes prouesses de la philosophie répiteasiVe : pdurnwdèsee.les passieiMi dans l'Age mor* deroe, oUe a nisL en jèutla douce fralerirfté et l'amoar du trafic.,
£n rësub'at on a «u la fraternité fouioir envahir et rév^ihstioooet loui le gbbe; préieniion cgai n'est rien moins que modérée. D'autre part, le ttafic, ave<^ ses monopoles^ a voulu .asservir et a dte fait asservi tçout le globe ; de tels effets sont loin de la modération.
.Uesi évident^ .d'après ces preorea, qoe Tambition est incompatible avoeTetsaOr modéré^ el quaaoa éqniKbriâtes aoeiaux tombent en duplicité de système» lorsqu'ils yeirieot ddrefepper l'aiûitié et modérer Fambilion. Ce sont. les â sœorfi^ ks 2 oardinàlea majeUres.; elles intenrienneoi sans cesse l'une avec l'autre. Sll'on vent comprimer l'une des deux, on a'éboulit qu'à les fausser toutes deux. C'est ce
474 ÀSSOCUTlOlf COlBHMiK*
qui est érrifè : nous n'atoûs bq (Nrganiser que des anîtiès trotoipeQses, et des ambitions insatiables sous le masque de modération.
Bref, nos philosopha^, toat en raisonnant sans cesse d'èquiKbre et de balance « n'opt voala faire aocime Aude de la science des équilibres dont je tiens de poser les 5 règles. Ils n'ont pas même anaPysè les passions ni leorS' éléments, encore moins les ressorts et degrés d'éqailibre r ils ne connaissent pas les matériaux sur lesquels ils ▼eulent opérer; ils ne sui?ent d'autre boussole que Farbilraire , que les caprices de Sénéique et Platon^ auxquels ils ajoutent les leurs.
Par exemple» en AviTié, seule passion dont ils damnent autoriser le plein essor, la phffanihropie univerêeUe; à quels moyens recourenf4ls pour y panrenirlSi on leur propose d'organiser des accords philanthropiques^ ou omniphiles, titres Y et j(^ (III, 375), ik ne sauront pas construire la moindre pièce de cet accord;, ou n'obtiendra d'eux que des terbiages sur lés deu charmes dé l'amitié pure , les tendres plaisirs de la douce fraternité.
On ne trouve rien de ces langueurs dans l'amitié philanthropique : c'est une passion ardente et fougueuse , très-immodérée en degré Y ( III , 375 ) ; ou bien mir passion piquante, raflSnée, ennemie de la fadeur, en degré ji , décrit ( m , 379 et 380 ) , note C .
Môme ignorance en équilibre d'ambition. L'on veut modérer ^6 vil intérêt ^ l'un des éléments de la passion ( 379 ) : il n'a rien de vil quand il se combine avec la gloire y S^. élément d'ambition; mais pour opérer cette alliance de l'intérêt et de la gloire, quelle Voie suirent nos réformistes? Us mettent en jeu l'esprit mercantile, dont tous les agents ont pour devise, le mépris de la gloire, et
UTMIY. S/^CTIORnU 475
s'écrient en' cborup t Nous ne iravaiUmu fOê .jumr h ghire; e^est de l'argent quU nous fauU Singalière prè«taalion en mécanique sociale, que de vouloir modérei^ la soif de ¥or et d'exciter l'ameur du trafic ! On aura peine à croire', lorsque la ci?itisation sera finie , qu'elle mi pu , de pfopos délibéré, tomber dans des contradictions aussi risibies.
Si nos équiKbristes yeulent modérer Tarnoor des richesses, pourquoi proscrire et réduire au moindre essor la pas9Îon la plus puissante pour balancer l'iiitérét ? C'est l'amour, principal ressort de la lit>éralité. Harpagon, le plus tenace des hommes, laisse passer son diamant au doigt de la belle Marianne : si donc on veut établir dans les relations sociales une générosité universelle, il suflBra de donner aux amours la plus grande extension possible , sauf la régie de développer les deux ressorts ( 379 ) et éviter les amours simples , purement matériels ou faibles en illusion, ne laissant après eux aucun lien capable d'exciter la générosité.
Il résuite de ces aperçus, que Téquilibre passionnel dont on a tant raisonné dans notre siècle , n'est point une science arbitraire comme celle des Platon et des Sénèque : il repose sur des régies fixes, que j'ai dans ce résumé réduites au nombre de trois pour en faciliter le sou* venir.
Si ces régies ne sont pas observées, ainsi que la condition primordiale d'Association par Séries contrastées, les passions deviennent l'image d'un orchestre d'instruments discords qui fausseraient à qui mieux mieux , et dont les auditeurs s'écrieraient : Arrêtez les violons, réprimez les basses, modérez les flûtes, etc. Ce n'est pas ainsi qu'on procède pour atteindre à l'Harmonie ; il faut bien accor-
476 AssocunoM comptée.
der les ioitniiiitBls , et les diriger en je« combiné » eha* con selon ses empkns indiqués en paiiilîon ; après qodi il n'y aura rien à réprimer. •
Tel deît être lé jeo des passions : Dien n'a pas créé ces ressorts de rnouroment ponr les réprimer ; il yeat an contraire leur donner l'essor le plus actif» sauf les epoplois indiqués par synthèse de F Attraction, et sauf à en régulariser la marche, par les cooire- poids doni le théorie nous restait à décourrir» et dont je yiens de donner, sous le nom de ralliement , un aperçu qui relègue au rang des disions toutes les biileifesèés de modétation.
WtH DE Là SmilMS SBCnOK.
VLTRA-PÀVSE.
LA D^AISOM POUTIQUE ET MOftALE, OU LE nÈaE DES 0«YllAG€!i ËICN iCBItS.
« Qo^iqneMiet qa'M Irttte, on plaiBant on subUfoe, « Que tMijotm le tai «eni l'tMorde »? âo la rime. »
Si le lion Bem est eiâgé méine en poésie, à pin* forte Mison esl-il edgible en prose. Dès lors on ne toII pes à quel titte les moMlistes peovent se croire affHmeMs des règles dn bon sens et un sens conmtnn, daiM lears théories de modération.
Saorprls de Tapostropiie , Ils yoaft é^pliqnerciae rien if est plus sensé qtte la monde donce et pnre, étayée de la froide raison. Quanta moi, j'y cherche vainement une lueur de raison , et )e n'y tranve i chaque page qu^ni tissu de iOUea.dMlsiesoiw pour preuve quelque iHigment d'one de eee mentes qid voirr vt toub du hondb (note, III, 420); la nH»raledn divin Fénélon, ami des iMmmes et des dieux, oracle des saines doctrines de la simple nature. Voyons, dans cette courte analyse , à quei deçré de fefte (es iogmet de modération peuvent conduire letprtt nUHUun»
Aprèaavoir décrété de quelles couleurs les 7 classes de dtoyens seront habillées à Salente, et avoir assigné aux dernières classes lesiCoideQrs rose, jaune -et blanolK; d'aii il si^ que lescbarbottnier8,'cordoBnierB et fabricants d'encre seront en habit rose , jaune et blanc. Mentor continue "par le décret suivant, -qui serait assea mal accueilli -dans notre sièele mercantile,
« On ne soolMrt jamais aucun changement, ni pour la nature, ni n pour te forme des habtts ; car il est indigne que des hommes dsitioés > à une vie sérieuse et noble s'ttmisent à inventer des parure» affectées » (voilà le congé de réforme pour les fabricants et ouvriersde mode] ; » ni qu'ils permettent que leurs femmes, à qui ces amusements seraient » moiBs hoHteux, tombent jamais dans cet meès. »
Le décret est galant: ainsi. Mesdames, quand vous songes è vons parer d'un colifichet, votre époni. s'il est ami des saines doctrines, doit vous défcBdre'tout changement dans les parures et vêlements/ jamsÉi ni 8eball;ni bonnet dendoveau goût; ainsi l'exige la morai^-donce et pure du divin Fénélon.
« Il défendit tontes les marchandises des pays étrang^srs , qui peuvent
» introduire le laie et la moll^ife. » Qu'il se garde bien de prêcher celte morale aux fabricants de Paris et de Lyon, ainsi qu'à ceux d'Angleterre, tons gens fort jaloux de' vendre leurs coquilles à l'étranger.
« Il régla de même la nourriture des citoyens lit» Ceci détient intéressant : le sieur Mentor va nous prescrire et limiter nos mets à perpétuité. Quelques-uns se pUâgn^^^J^ ^ carême» qaà établU cette gêne pendant six semaines : ici la phllosoi^iie ?a plus loin; elle ?eiit régler la nourriture pendant tout le cours de l'année. Mais voyons ses statuts en cuisine.
« Quelle iMmte , dâsait-U, que les borames les pInsâeTée fassent oon- » sister leur grandeur dans les ragoûts par lesquels ils amoUîssent leor » âme et ruiaent incessamment la santé de leur corps l U faut donc, » ajoute Mentor, borner tos repas aux viandes apprêtées sans aucna » ragoût; c'est un art pour empoisonner les hommes. • Tout doux, seigneur Mentor ; on vous citera tels individaa qui nepenvent set nourrir que de ragoût, mêaie à déjeûné. Voilà bien les moralistes : ils veutenl non-seulement soumettre à leurs caprices tous les esprits, loaisi qui pis est, tous les estomacs.
« Le roi Idoménée («i vrai amide» saiius doetrioes) retraa^donc
• tous les ragoûts , et Mentor retranche ensuite la musique molle et
• eSéminée qui corrompait toute la jeunesse. Il borne la muslqoeaux
• fêtes, dans les temples, pour y chanter les louanges des dieux et dei
• héros. » V<rilà de saines doetrineic musicales : défendons tous ces chants efléminés des Grétry, des Saccbini : n'admettons qœles musiques mâles, comme la Carmagnole et le Tragala, si nous voulons èfara au ton de la morale douce et pure.
« Il défendit très-sévèrement la magnificeoee des maisons, et voulut » que chaque maison un peu grande eûl un péristyle* » Y pensei-vous, seigneur Fénéloiif an péristyle est une magnificence très-oontense. Voilà bien les moralistes : coûte qui coûte , ils veulent que chacun se oonfonne à leurs goûts, et un philosofdie qui aura bâti un péristyle, ordonnera. à tout citoyen d'en bâthr autant. Gelui-â veut « que tiiaqne ». maison ait de petites chambres pour ies personnes libres.» Pourquoi, dans un pays très-chaud comme Salente (état de Naples), ne pas permettre les grandes chambres salubres et bien aérées? Mais notre moraliste aime les petites chambres; il faudra que chacun se confine comme lui dans un réduit, tout en faisant l'énorme dépense d'un péristyle, qui suppose colonnes ou pilastres .
it^article d'où j'extrais ces sornettes ne s'étend qu'à une huitaine de pages,>ce qui rend les contradictions d'antant plus {riiaitfaates, qu'elles ne sont sonv^t qu'à un feuillet de distance, comme les suivantes, fort .dignes de l'attenlion des commerçants et économistes.
/iïi.v]iA*MasB. .479
« Il faut régler retendue de terre qo» cbaiiae fanille pourra posséder; » il De Isnt permettre à cKacune^ dons chaque classe, qw retendue » de terre ^JISCMiUMEKJ NÉCESSAIRE pour Dqm>rir le imoûam de > personnes dont. ellejesi'coilipoiéft.^».* >► (Ciest la loi agraire, Tarinèresecretde la oiorale douée et pure,)
« Si L'on a pianté trop de Tignes^âl laoi jpk'on les arraciie ; le vin est
* la source dos pins grands ;Biaiu. parmi les peqples. Que le nu soit » donc conserré comme nnerespèee de reqiède» oa qooinie nne liqaeor
* farès*rare, qm n'est employés .queipour les saeriftçes. » (Et aUleors il dit ) « qu'on n'admette qtiie le vin da paf s. »
Ne garder da via qne pour: les bureMeslil YoUà qn m(»raUste him endiablé contre les ragoûts «t le vin : commant .s'aeQordera-l*il avÀc iloraceet Anaoréon, et même avec les sacrifi^tenrs ob prêtres, qid ne sont point d'avis qu'on limite aux bnreites l'usage du vip; ils aiment asses -avoir du vin sur taUe i mais procédons. au . recueil des contradifi- Hons ^e notre moraliste va artieuler» dès les pages suivantes «^oonijoe son précepte de loi agraire et destroction 4es vignes.
<* D'ailleurs, la Hbertedcf 4MlBme«tDe était entière à Satente : lûen loiu » >de le gêner par des in^8».,on promettait une récompense à tout « marchand qui pourrait attirer à Saleide le commerce de quelque noih t veiie nation. •
Ehl sur quoi commercera-tHm dans oa pays qui, ne cultivant que la quantité de terre ABSOLiunurr ascassiisi poor nourrir son peuple, u'a pas de superflu à exporter?UjB pays qui, arrachant les vignes et n'admettaot que les vins du cru, ne peut achèterai vins étrangers, ni liqueurs, également pn^^ibées» et qui défend t0tiiee marcham^ises ée painfi étnangers, pouvant introduire ie luxe et la mollesse; un pays oli ]fs savant politique .Mentor « aBraincai un UjMubre prodigi^u de mstr
* chaods qui vendaient des étotJEss Iteçomées de pays âoigoés ; d^ » brodsies, des tases d'or et d'argent» atec des figures de dieux, » d'hommes et d'animaux; des parAuas^ de beaux meubtes, ete* » (Mentor a ordonné plus haut ê^ éa^sembler tous tes meuU^ somptoaozetde les vendre jtsax Peuoètes, pour éviter la joturruptipu et la reDTOyer charitaMement cbexIes.VQiains^)
Après tant de proldbitions, je ne v(hs pas sur quoi on pourra Qomnoieerdans une contrée qui ne visiid fim acheter de l'étranger^ et qui, n'ayant que tes cultures absolumeiiU tUce»saires» u'a rien à donnor en édiange , rien à livrer au commerce exterie«ar 4
Gatobstaete n'embarrasse pas notre moraliste» J9t il. va d'un trait de plume créer dans Sidealto. un commerce plus immense que celui de Londres : écoutons*
n Ainsi les penptes y aecoimurent btentôt en foule de toutes. pfurts.:
480 ÂSSOGrAVlON C0«pos£e.
» le ooimnef«e de «ette ?ilitt'ét«tt teBÉMMe au fliix.«t «dta de la » mer : lei trésors y eatraient •oeniiae les flots yieniMMit fvn -sar ^mvÊte : • la fronchUe» la hmne /bi|4o canânâ- sembtaieot, â« bmit^leces 0 superbes tours, appeler les marcliands dès payslei plut^éteiflués; » chacun d'eux TivaitpaisiM^ et en #ti»M>danS'SBlei]t». »'
Holà , SeigMtir Fënéioii 1 vous aves dit plm iiaot^qs'oo rOMnchaH, c.-à-d. qu'on exoloaît et ponniliassait Ions «euiquirreiidiiettt'IeB éMies de pays éloignés, les tIbs, liqnears> parftrauy'Tases^/meables «étrangers : que pouvaient donc faire à Salente<ses mardbanda qui upfHwMeaf les trésors comme les flots viêtmni l'Wk'Sitrtiiiuitin? LesonardtauidsiK viennent pas pour la promenade, >ef nelitreut iMirsivéaiirs qoCàAmum enseignes* Us ne pouvaiettl pas tendre «uk Saleutins des-snbsisttUMss, pdisque Mentor ayait fns 4es ^écmAHom pacir)qoe dtaqne AmâHe eo produisit le nécessait^ .*>onipûinuÉi enoorvvndna vendre ans Salentios des' étoffes même d'utilité, puisqfae, Mentor éirait. employé ans arts nécessaires, cornue draperie et tollerfé; 4oos les «itvlen qui aarfaunt aux arts pernicieux : ces navigateurs-no Vendaient pas de» épiœ^ dans ■un pays qui prosorlvatt les ragi^s, ainsi ^oeioiites leaptodiÉrfloos tointaitMS et rickss : le pays -ne buvait iqnedu-vlo^u cm t sur>qooi donc commerçaient ces légfonside niaircbaods quiappotUiMi^'^^résors comme les flots viennent Vun sur l'autre? Venaient41s faire iesiqikftte de vertus? 01 u vaiucBij», ui aouiiBVMyKAHiiRDna, que MendoriiiaGe au Jiaut des tours de Salentçt <;;esdearées4noFries n'ont rien igai ppise tenter lesmarobauds: ilfàotlat^serila franoMao, la bonne lol«t Ja candeur au-dessus des toursisupenbea; si'cHesu» désoendaientpqiii! venir à la bourse, elles se trouveraient fariensement ^ièpayséea.
Sfngulièfie science quelaimaralè i Quai <étvaiigé privUége-qoe oetoi d'enseigner i^vemeot des inepties/ des oontMdictiôns stupideiqn'nn eofout de 10 ans rougirait ^t'ar^ih* écrites MIoraoe dM; que les peintres et les poètes peuvent tout lS8e^t•Ul nie semble que les moraKatea naent largement de ce dvofl. Q«el:4aaiBa4gej|yu'.aa'ineiiiaiwoiiti«iptindi&>ce8 nais doeaes, «onMoa Idaménée, â qfui.'Wt' momlialeqNMimit'idiie : ' « change tes passions, i«édbne ta tabler poinlide ragoûits, iis'junolfiaient » l'âme; point de vins étrangers ^ ils ^ruinent «le loétfpfei; point deran- » creriea, ni café, ni liqueurs; poinlide beauraneubles. ni da«beaux » appaitements: bome40ià>une petiteicéllule, aaloa le saga^tfaHar: » peint de couverts d'argent ni de vaîsselle ^iaàti mange, dans nne » cuiller de bois, selon la morale doaee etpuiw de Salante, qui défend » les vases et meubles d'argent ; «béfis aveuglément eus orires-dea phit> losophes ; réprime tous tes désirs s fiais arrac^erles vignes ; bouleverse » les cultures et les propriétés; établis la loi agraire, et tu seraa digne » du beau nom de Roi philosophe. « ¥odù eu résumé la mmide que
tLTRA-PACSE. 481
Mentor fait adopter au bon prince Idoméaée : bonne pâte de roi; oo n'en fait plus de cette trempe I
■ Aussitôt Idoménce régla sa table, où il n'admit que du pain ex- » cellent (pourquoi si bon? le pain bis serait plus moral), du yin
> do pays, qui est (igrèàble et fort, ayec des Tiandes simples. Personne » n'osa se plaindre d'une REGLE que le roi s'imposait lui>méme ; et » chacun se corrigea ainsi de la profusion et de la délicatesse où l'on
> commençait à se plonger par les repas. *
Ladite règle prescrite et pratiquée par le roi ne s'accorde guère avec la règle précédente, qui fent qu'on réserve le vin ponr les sacrifices et les médicaments ; qu'on n'en cultive que le nécessaire pour ces deux emplois. Voilà les Salentins réduits, selon l'usage moral, à opter entre plusieurs règles contradictoires ; celle de Mentor, qui ne veut point de vin à table, et celle du roi qui se fait servir sur table du vin agrèahle et fort» comme exemple à suivre. Ici les Salentins se rangeront à l'avis du roi, et avec d'autant plus de raison que Mentor, après avoir ^t d'une part qu'il faut arracher les vignes, parce que le vin est la source des plus grands maux, dit, aux précédentes pages, qu'il faut en cultiver beaucoup : voici le texte.
• Mettez des taxes, des amendes, sur ceux qui négligent leurs cul- » tares; et Bacchus, foulant sous ses pieds les raisins, fera couler du » penchant des montagnes des ruisseaux de vin plus doux que le » Nectar; et les creux vallons retentiront des concerts des bergers. »
I<(ul doute que les bergers et paysans ne chantent miracle, quand ils verront les ruisseaux changés en vin aussi bon que du Nectar. La joie sera la même qu'aux noces de Gana. Mais il faudra bien leur permettre de boire de cet excellent vin , puisqu'on les punit par des taxes et amendes, s'ils en négligent lacultiu*e.
Un célèbre fabuliste blâme les médecins , Tant pis et Tant mieux , d'onvrir deux avis contradictoires dont le malade est victime. Ges médecins ont au moins l'excuse de la dualité d'individus. Ici le moraliste étant seul ne devrait avoir qu'une opinion, et il en a non pas deux, nuds trois hien distinctes : en efTet,
i^^H yeut d'abord faire arracher les vignes, source des plus grands maux ; n'en laisser que pour les sacrifices religieux , contre l'avis des prêtres mêmes, qui ne sont pas fâchés de voir du vin sur table.
2°. Après avoir condanmé l'usage du vin, il excite le roi à donner l'exemple de t>oire chaque jour, à l'ordinaire, du vin agréable et fort : c'est Tonloir que le roi invite à l'ioaraoralité , puisque le vin et les ragoûts sont la source des plus grands maux.
5"*. Oubliant ses diatribes contre le vin, il finit par changer les ruis- IV. 21
482 AssociAnoN covposiE.
•etox ea tio dëUdeax comme do Neefanr, dont lei ptyiaos ne manqueront ptf de fe gorger ao point de tomber morlf-frm et le firrer dans riftognftie è tons let déportementf •
Tootef cet eontradlefions lont applaodiêi moyennant le pnaaeiiort de morale douce et pnre« Un écriTain tenté et non phflotoplie anrait adopté une tenle opinion, on parti raitonnaMe, comme de pemièBre qn'on bftt modérément do Tin, cbote attez néeeataire ao odHhralcar, toot on climat brûlant comme celoi de Ifaplet.
Fénélon, dant un antre cbant de ton livre, fait l'éloge des âomx prtêents de Barclwf pour charmer les saïuU des hommes : poorqnoi voiiloir en prirer le enltîTatenr qof en a betof n , non poor te ebarmer, maif poor prérenir det maladiet et réparer weà foreet époitéet parlet ftai de la eanknler Un pauvre moittonnenr bràlé pendant nne joomée par le tolell de Ilaplet anrait betoto d'nn pen de vin ponr te tooteoff : U n'en anra point; cela ne eonvient pat è bi morale : il faot qnelot moîttonneort derienoent pbflotopbet , qn'ilt t'expotent à nne bonne fiérre, pintdtqne de te rettaorer par on verre de vin i riswn temeaUs.
Le TitioMToa ett ranté comme orade det tainet docirînet de l'éducation pbilotopbiqoe : je n'y voit , atntl qne dant toot let livret de morale , qo'on titto de fadaltet faitet ppor Cantter l'etprit det jenoet gens, let conduire à la perdition t'ilt tnivent tenlement le quart de cet préceptet , qoe toot père a bien raiton de démentir par ifittituffon cupide, ^ 202). Un enfant imbu de iéi§ principet ne teratt qu'nn pédant bébété : arrivant i la table de ton père, il y verrait, comme dant tons let ménaget , un ragoût det rettet de la veille : U faudrait donc qu'U tortit de table en disant an père : • Jene veux pas am/ollir mon âme ni fairt » consister ma grandeur dans les ragoûts. » Si c'ett un prince élevé teiOD le Télémaque, il faudra qu'en montant au trône de France, il dite à tes peuplet : « Habitantt de Bordeaux et Cognac, de Languedoc et Provence, » de Bourgogne et Champagne, arrachez trmtet vos vignes; n'en gardez " que de quoi dire la mette; le vin ett la tonrce des plus grands maui. » Quand il n'y aura plut ni vint ni eaux-de-vie à vendre dans Bordeaux • et la Rochelle, dans Marseille et Cette, vous verrez les vaisseaux y " accourir de toutes parts, et les trésort y entrer comme let flots » viennent l'un tur l'autre, t
• C'ett mal interpréter, répUque-t-on : Fénélon disait cela an flguré. • Non vraiment: d'ailleurs, à quoi servent des préceptet qu'il ne faot prendre qu'au figuré? Il ordonne trèt-positivement, avec des augurée linisf ret contre ceux qui n'obéiront pat : foutefols, si Von doute du ridicule de ses doctrinet, examinont-en pièce à pièce quelques-unes, d'ou il tera évident que l'auteur veut anéantir la civilisation; ce qui serait fort sage s'il indiquait une meilleure tociété (Garantisme, n\ 6,