IV
57S ASsociATioH composIe.
le meillear choti , ils seroDt toDJours déponrras des eonnaissances et habitudes qui seraient le trait de TédocatioD barmonienne. Us ne pourront pas opérer àiec régularité, comme feraient des enfants éleyés dans le nouvel ordre.
Ce vice deviendra plus sensible encore chez les pères ou hommes faits, qui, plus habitués que leurs enfants aux méthodes civilisées» seront d'autant plus inhabiles aux procédés barmoniens. II faudra pourtant surmonter toutes ces entraves. Je ne les cite que pour prévenir les détracteurs et ergoteurs, et en induire que, si Ton a su prévoir tous les obstacles , on a su de même aviser ao remède.
SO» Abseuce de coop^bation externe • de liens vicinaux et secours de cohortes. La Phalange d'essai sera tout-à*fait dépourvue de cet appui et réduite à elle-même. Des emprunts de mercenaires civilisés ne Taideraient pas en liens passionnels ; ils ne pourraient pas intervenir en intrigues de Série et fausseraient le mécanisme. On les emploiera pourtant, mais sans se lier d'intrigues avec eux. Us fourniront un secours matériel, et non passionnel.
30. Rareté de Séries. La première Phalange, même en mode composé, en aura à peine le tiers de ce qu'en formerait une Phalange de 5®. génération. Et si Ton descend du mode composé au simple, on essuiera encore une réduction portée au tiers , c'est-à-dire que la première Phalange organisée en mode simple , n'aura guère que le 9^. des Séries qu'on peut former en pleine Harmonie.
Elle éprouvera dans son mécanisme, dans ses liens sociaux, un ralentissement proportionnel, et comparable à celui d'une usine qui , au lieu de recevoir de son bief neuf pieds cubes d'eau , en temps donné , n'en recevrait qu'un pied.
^ Vices de transition. Défaut d'essor passionnel
f, INTERNE ET EXTERNE.
En interne. Les civilisés habitués à un régime yicieux, coercitif » guindé » une fausseté continue , feront à chaque instant des démarches qui fausseront le mécanisme : ceux qui se croient les plus raffinés , seront souvent les plus gênants en manœuvre sociale. Par exemple, des philosophes qui veulent à chaque pas alambiquer les sensations de perceptions, des gens du monde prodiguant les formules polies, seront des caricatures mcommodes^ en se croyant des phénix d'atticisme.
On yoîl, en civilisation, foule de ces gens qui ne sauraient parler ni agir sans travestir leur intention. Mangent-ils, comme Tartuffe, deux perdrix aux choux, c'est, disent-ils , pour modérer leurs passions ; boivent-ils un flacon de Bordeaux , c'est pour la balance du commerce; courtisent-ils une femme, c'est pour l'équilibre des perceptions de sensations. Cette manie de distiller la perfectibilité et quintessencier les sensations, existe du plus au moins chez tous les civilisés, et même chez les classes inférieures ; car on voit des paysans qui , au moment de boire une rasade , diront au mattre de maison : Ce n*est pas pour boire, c'est pour avoir F honneur de vous saluer. Les philosophes ont cette manie ; farder chacun de leurs mouvements de quelque perfectibilité imaginaire. Ces manières guindées seront nuisibles en Harmonie , où il faut du laconisme en actions comme en paroles.
En externe. La Phalange d'essai souffirira du vice de contact avec les fourbes civilisés ; il sera force de communiquer avec eux, tant qu'il n'existera pas de Phalanges
580 ASSOGUTION COMPOSEE.
circonvoisinesy pas de négoce irèridique; et ces relations avec des civilisés feront, sur le moral des harmoniens, l'effet d'un commerce avec des pestiférés; on s'en isolera le plus que possible , mais sans pouvoir y renoncer toutà-fait.
X Vice» pivotaux. Défaut de corporations harmoniques. On manquera des plus influentes en mécanisme, telles que les corps de vestalat et damoisellat » et toutes les corporations d'âge pubère autres que celles d'industrie. On manquera de même de toutes les corporations externes, telles que Grandes Hordes» armées industrielles , congrès d'évaluation commerciale , dispositions de quarantaine générale sur les maladies pestilentielles, psoriques, siphyllitiques , etc. On manquera de toutes les dispositions unitaires en langage, poids et mesures, monnaies , et mille autres détails.
Ainsi, les entraves seront bien nombreuses pour la première Phalange. Quel sera le remède? Beau problème à proposer aux plagiaires qui pourraient se vanter d'intervention dans la découverte ! Je les attends à l'énigme de ce remède qu'il faudra appliquer à toutes les lacunes d'attraction collectivement.
II®. FORMATION, DISTRIBUTION ET INSTALLATION DUNE PHALAN6E d'hARMONI£ SIMPLE.
J'ai raillé et raillerai encore sut le dicton des Français, gniak Paris, gniak Taris : mais pour cette fois je serai obligé de faire chorus avec eux sur le gniak Paris ; car les habitants de Paris et le voisinage de cette ville sont ce qui convient le mieux ao monde pour I» foafialioo de la Phalange simple. C'est une entreprise M exoeHera toute population adonnée au plaisir, et distinguée par
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des manières polies. A oes^ titres od conçoit qae ladite fondation serait naturellement Tapanage des Parisiens, si lear esprit anti-national ou exiranéamanie ne les prévenait contre toute invention de leurs compatriotes.
J'ai cité le château de Meudon comme local de con-^ venance probable. Je pense qu'on trouverait» à 2 ou 3 lieues de rayon , beaucoup d'autres édifices qu'on pourrait adapter , sauf augmentation de bAtiments. Au reste , je n'apprécie ces châteaux que sous le rapport des plantations déjà faites , et du voisinage des forêts ; car pour le bien du mécanisme, il vaudra infiniment mieux construire en plein Fédifice , afin de jouir des rues*galeries et des distributions opportunes de Séristéres.
Il faut d'ailleurs porter en compte que le bénéfice des curieux payants serait plus fort autour de Paris que partout ailleurs ; et c'est une chance à faire valoir à des actionnaires, qui seront plus ou moins imbus de l'esprit mercantile du siècle. (Voyez les détails, III, 474.)
La Phalange simple est une société destinée à louvoyer pendant la i'®. année, où elle sera mal pourvue du nécessaire en manœuvre passionnelle. Il lui conviendra donc de ne pas enrôler d'emblée toute la masse à réunir, et de ne débuter qu'avec les 3/4 du nombre auquel on comptera la porter. Dés qu'elle sera installée, on aura assez d'option pour compléter et se pourvoir des titres caractériels dont le mécanisme paraîtra manquer.
Si le clavier d'Harmonie composée est de 8i0 (voyez III, 440 et 441 ), plus, les titres hors de ligne et les complémentaires, il faudrait en mode simple débuter avec 405 au moins, afin que les chœurs et les tribus ne fussent pas réduits au-dessous de moitié. La mécanique serait trop gênée si on ne s'élevait pas à moitié de la table (III , 440).
382 Associinoii cosposis.
Je suppose doue Qoe rèunioD de 90 bmilles à 5 infi' vidos ; c'est 450 persoDoes. Il Caadra choisir eofiroo 40 finniHes paa^res , 30 moyeniies , et 90 de richesse rdative ; car la Phalange simple n'a pas besoin de sectaires de grande fortme ; ils y sont moins nécessaires que dans la composée.
Estimons les 14 tribus actives à demi-nombre de la table (III« 440) ; soit 405 ; plus, les patriarches, bambins et poopons; total emriron 430.
Les enfants Mant plus aptes qae les pères actuels à la manoea? re passionnelle, il conTÎendra de forcer de nombre sur les chœurs en bas âge , et au lieu de suivre la demiproportion de page i9, qui serait 18, 21, 24, etc., préférer
2 s 4- V • 7 8 9 10 11 12 fS U 15
ai, fté, S7, 50) 95, 56, 59. — 55, 50, 27, 24, 21, 18, 15.
Meyennant cet assortiment , les tribus 2, 3, 4, 8, 6, qui sont celles de fenfance active, seront plus aptes à la mancBUvre, mieux contrastées, mieux rivalisAes. Ce sont elles qui doivent entraîner les pores; elles seront harmonisées deux mois avant les pères : c'est donc sur ces tribus qa'il &ut spéculer en premier ordre.
On a vu , section 1'^., ce qui concerne l'estimation desvaleurs apportées en fonds sociétaire ; on procédera de même dans la Phalange simple.
Elle devra être installée en trois corps distincts et à trois époques différentes. On commencera par la classe pauvre, qui devra entrer en eiercice pendant l'automne, et passer l'hiver dans le Phalanstère en organisation demi-civilisée, c'est-à*dire soumise à une discipline, et eKereéC' seulement à quelques dispositions de Série, principalement pour les repas. On ne pourrait pas, avant la
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réunion des trois classes , riche, moyenne et pauvre, tenter les manœuvres d'attraction : c'est pourquoi il faudra installer ce premier corps en régime ambigu , et mi-parti de civilisation; les habituer aux localités, afin qu'ils soient déjà façonnés et experts lorsqu'on entrera définitivement en exercice. Ils auront pendant l'hiver appris à connaître les animaux, les ateliers, etc. Ce dégrossissement sera d'un grand secours au début de pleine manœuvre qui n'aura lieu qu'en avril , à l'entrée de la classe riche.
Une convention nécessaire avec ces familles de basse fortune et d'ouvriers , sera d'abonner pour la rétribution sociétaire ; stipuler l'avance de nourriture , vêtement et logement; plus, l'option d'une somme fixe au bout de l'an, si leur part de produit sociétaire se trouvait moindre. Ce traité plaira beaucoup à la classe pauvre ; et grâce aux notions qu'elle aura acquises pendant l'hiver sur le mécanisme sériaire , on la trouvera parfaitement disposée en février, lorsqu'on procédera à l'installation de la classe moyenne.
Celle-ci devra entrer en fonctions dès le mois de mars, pour s'exercer à la culture combinée dés les premiers beaux jours, alors commenceront les opérations de mécanisme sériaire , qui seront trés-faibles jusqu'à l'époque de pleine culture, en avril et mai, parce que la 2^ classe manquera d'habitude, et que la 3^ ne sera pas entrée, La cuisine, jusque-là, sera bornée à deux sortes, moyenne et basse.
La Phalange d'essai commettrait une erreur si elle en^ treprenait en petit les travaux d'une grande Phalange , comme le 1/4 ou le 1/5 de labour. Elle devra adopter moins de fonctions, et s'appliquer à y introduire une
584 ASSOdATIOR COMPOSiE.
sabdivisiiOii eomplète. Ce n'esi pas sar la quaBlHè de Séries» mais sar leur pleioessor et leur boone organisation qu'il faudra spéculer : qu'elfes soient peu nombreuses , peu importe , pourtn qu'on y voie naître le mécanisme des rif alités contrastées et des gradations de nuances : on ne Tobtiendrait pas d'une affluence de petites Séries imparfaitement distribuées : peucœ, sed bonœ.
En conséquence on deyra, dans cet essai, rejeter presqu'en entier les grands traTaux de champs et yignes , et les grandes manufactures, comme serait une fabrique de drap. Il faudra s'attacher aux fonctions romantiques et attrayantes ; jardins , troupeaux serres et ?ergers s'il se peut , fleurs en grande quantité , comme Tous les objets dont on peut jouir dés la 1*^. année; car il ne s'agira pas tant de bénéficier que de réussir â orffaniser U régime d*at(raction industrielle. La Phalange d'essai sera assez triomphante si elle peut, au bout de la belle saison, montrer le mécanisme d'attraction en pleine activité : il de- Tiendra évident qu'on peut l'appliquer à la grande culture, par l'extension des procédés qui Tauront introduit dans la petite culture. La civilisation sera déjà anéantie par ce résultat ; et une fois cette cause gagnée au bout de la campagne, tous les sociétaires seront assez riches; les actionnaires pourront vendre à trois et quatre cent pour cent de bénéfice ; ils s'en garderont, et ne céderont pas une action à mille pour cent dans le succès.
La Phalange d'essai devra spéculer sur des attractions de travail indirect, comme la fruiterie. Elle n'aura que peu de fruits de son cru à conserver, car ses plantations en seront à leur première année, et ses vergers prodnctiis seront bornés à peu de chose. Mais si elle est placée à côté d'une riche capitale pourvue de beaux fruits, comme
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Paris, elle en achètera une énorme quantité en guperbes espèces, dont elle meublera un immense fruitiep* Ce travail entretiendra une gra&de et attrayante série ; le soin des fruits étant de goût glanerai chez les savants comme chez les femmes et les enfants.
Employant à son fruitier les procédés que fournit la physique , elle pourra Tannée suivante , en avril et mai , prodiguer les richesses de l'automne. Ce sera industrie indirecte, puiisque l'objet en sera de production eitérieure. Il faudra se ménager plusieurs séries en ce genre; la Phalange d'essai ét^nt obligée de s'écarter des méthodes régulières, et de chercher en industrie externe les ressorts qu'elle ne pourra pas trouver en indo&trie interne» par suite des lacunes d'attraction.
Ladite Phalange devant avoir au moins trois manufactures, elle adoptera la confiserie, tant par convenance avec la fruiterie que par affinité avec les gaûts des femmes et des enfants dont il faut étudier les fantaisies pour les amener promptement aux harmonies de série. Les trois manufactures qui me paraissent préférables , sont : pour les enfants, la confiserie ; pour les femmes, la braderie ; pour les hommes, la fabrique de meubles ; ce choix sauf meilleur avis.
Ce sera dans le courant d'avril qu'elle introduira sa 3®. ou 1'^. classe, composée d'une vingtaine de familles riches. On pourra eu choisir la majeure partie p^rmi les propriétaires ou rentiers qui ont un état de maison audessus de leurs moyens, et qui, pour compter les frais du séjour d'hiver à la ville» emploient économiquement la beHe saison à savourer ^ avec une âme pure et tme bourse légèrcy la touchant volupté du doux plaisir des champs (Delille).
586 A8S0€IATI0ff COHPOSÊE.
Souyent ces familles louent une maison de campagne; elles troayeront fort bien leor compte à entrer dans la Phalange , parce qu'elles y jouiront à peu de frais d'un luxe bien supérieur à celui qu elles avaient dans la capitale, soit pour les Toitures soit pour la table. Dés que ces vingt familles riches seront installées, on organisera les cuisines en chère de trois classes; plus, la commande et les animaux.
La Phalange simple ne pouvant pas établir en plein la domesticité passionnée , faute de Petites Hordes , elle y suppléera par une corporation externe composée de domesticité salariée et non sociétaire, affectée aux corvées qui seraient provisoirement hors de mécanisme et hors d'attraction ; mais non plus à celles qui, comme le service des cuisines, conviennent de prime abord au régime sériaire. Ainsi les employés des cuisines et des é tables seront sociétaires et non pas salariés.
L'instaflation sera terminée une quinzaine après l'entrée de la 1'^. classe qui, en moins d'un mois, sera pleinement habituée au mécanisme de Série. L'initiative commence par les repas qui sont gais, économiques et somptueux en état sociétaire; des repas on s'initie aux fonctions du parterre et du potcger, puis à celles des étables et des ateliers; mais toujours spontanément, par attraction, et sans statuts obligatoires.
Dans le cours de juillet, on admettra quelques sectaires dont le besoin aura été reconnu. La dernière admission, composée d'ouvriers les plus convenables pour obvier aux calmes passionnels de l'hirer, n'aura lieu qu'en septembre.
Je termine là cet aperçu qui deviendrait trop yagoe et exigerait trop de détails, tant qu'on ignore le local et les
Rioyens qui seront affectés à cette fondation : il suffit d'assurer que tous les obstacles sont prévus , et seront surmontés sans efforts.