‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 161 sur 163 · Les sceptiques. , · texte numérisé non relu

Les sceptiques. ,

iS8. Les impies.

Y Les EFFàBoacnÉs: \ Les EiiTiAiNÉs.

3'ayaîs joint à cette table une note explicative de chacune des 46 espèces ; mais le comment^re eût paru offensant à la nation française qui n'aime pas les vérités : aussi ai-je réduit & 18 défauts au lieu de 36, rUIter-Logue (57t). Ici je réduis de 16 à 4, expliquant seulement les pivots Y et transitions K (0.

(i) K. Les Calembour geois. Dans tout autre pays, ils ne seraient rien moins qu'une puissance ; ils en sont une en France. Le moindre calembour sur l'attraction passionnée intimidera vingt académies et jettera dans rbésitation celles qui inclineraient à une o{Hnion farorable. En vain leur dirait-on que les calembours sont le talent du petit peuple , des compagnons du gavot ; raison insignifiante aux yeux d'une nation qui n'estime que les jeux de mots et Tabus du bel esprit. Il en résulte que les Galembourgeois, sans être tout- a-fait en France les arbitres de l'opinion, exercent par initiative une haute influence; et il suffirait d'eux seuls pour faire tomber toute la nation française dans le vice indiqué (II, 55), le tort de confondre les vraies nouveautés avec les fausses; de se laisser gagner de vitesse par d'autres qui pourront opiner a agir, tandis que les Français perdront le temps ^ parler, et manqueront, pour un jeu de mots, le remboursement de leur dette de 12 milliards.

'S. Sur la ligne des Calembour geois figurent les Impossibles, gens qui font encore moins de frais d'esprit, et obtiennent en France de l'influence \ bon marché, car leur science tout entière consiste dans le seul mot IMPOSSIBLE. Ces deux classes vicient

594 A8S0CUTI0H C0VP08&.

Toute règle est sujette à exception : je ne doute pas qu'3 ne se trouve parmi les grands dignitaires de Franee, des hommes plus clainroyants que leur nation, et qui, en dépit du scepticisme, apprécieront la dëcouyerte, et reconnaîtront quelle duperie ce serait à la France de n'en pas prendre TinitialiTe.

Parmi les candidats, on peut porter en liste les sociétés qui ont un but philanthropique ou industriel : en Angleterre, celle de l'abolition de la traite, et celle des décou- Tertes dans l'ÀTrique intérieure : en France , celle d'encouragement de l'industrie nationale, et autres à qui la théorie d'Association devient indispensable pour les conduire à leur but , d'où les éloigne de plus en plus le régime ciyilisé.

Topinion sur tout ce qai tooche aux découvertes ; accueillant les mauvaises, comme le sucre de lait et le café de chicorée, et rge* tant les bonnes, entre autres la vaccine qui a lutté vingt ans contre' les détracteurs avant d*être admise.

Je place en transition lesdites coteries, sous-directrices de Topinion française que régissent en pivot les deux suivantes.

Y. Les Effarouchés, La peur ne raisonne pas : une fièvre de peur a gagné FEurope ; elle a désorienté certaines puissances , ^ tel point qu^on a vu la Russie perdre, en six mois, le fruit des travaux de Pierre et de Catherine, et manquer le moyen de mettre un terme aux révolutions civilisées, aux brigandages ottomans et barbaresques : V effarouchement ou frayeur outrée de Tesprit révolutionnaire empêchera les cabinets européens d^apprécier la seule invention qui puisse servir leurs intérêts politiques et fiscaux. La découverte de TÂssociation aurait été, il y a 40 ans, accueillie d*eux avec transport : k cette époque j'aurais compté pour candidats tous les souverains d^Europe : aujour4*hui la défiance les a gagnés, et sans vouloir distinguer entre la fausse et la vraie nouveauté (II, 55), ils dédaigneront le calcul de l'Harmonie par cela seul que c^est une nouveauté. Au- reste , une puissance plus.

£PI-SfeCT10N. SOS

Au nombre des corporations à compter pour candidats, on doit placer le clergé de France. Aucune classe n est plus intéressée k réparer promptement ses pertes : sans trop d'attachements aux biens temporels, on regrette nécessairement ceux dont on a été dépouillé. L'état sociétaire assurerait d'emblée au clergé une compensation plus que suflisante ; la place de curé élevant au rang de magnat de Phalange» devient en Harmonie un poste équiyalent, pour le temporel, au sort d'un archevêque de France. Le bien-être des vicaires sera en proportion^ ce qui me donne lieu de remarquer qu'aucune classe n'est plus vivement intéressée que le clergé français , sous les

clairvoyante fera sagement d'entretenir leur défiance pour les gagner de vitesse.

J^. Les Entraînée; entre autres les journalistes , corporation obligée k une pleine déférence pour l'opinion. A Rome, le cri du peuple était , Panem et eircenses; en France le cri public est, Panem et derisores. Le Français veut des railleries li tort ou a raison ; elles sufiisent k Tindemniser de la perte d'une bataille , d'une province, d'un musée.

Tout journaliste est dans lapasse du négociant obligé d'approvi&ionner son magasin des denrées que lui demande le consommateur. Une gazette, en France, est donc (obligée de railler les découvertes provenant des Français , et se prêter k Tesprit de la nation qui aime \ ravaler les siens , selon la doctrine du R. P. Franchi : V amour du mépris de êoùmâme.

Par suite de ces travers on ne peut espérer en France que des candidats hésitants , des Traînards qui arriveront après le gain de la bataille. Je souhaite au reste que les exceptions soient assez nombreuses pour démentir Taugure ; mais il suffirait déjk de ces 4 sortes d'antagonistes pour frustrer la France : que sera-ce en yt ajoutant les 12 autres dont je supprime Tanalyse, de peur qu'on ne considère comme diatribe malveillante ce tableau très-impartial du zoïUsme français ?

rapports de ta efaarké ebrètîeDne et de l'intérêt eorporatir, à accélérer Tépreuve de FAssocietloo.

La mort a enleyé « dmrs » canéUdats sar lesqaeis on poonrait raisonnablement asseoir des espérances.

Le 1^. étant le prince de la Paix. Possesseur d'une fortune gigantesx^ et tombé dans la disgrâce , il aurait goûté l'idée de devenir subitement te premier homme du monde, sans aucun risque pécuniaire, et il aurait fondé la Phalange d'épreuve en Italie , local éminemment convenable par la douceur du ciinrrat et la longue diH^ des cultures.

Le 9». était le feu duc de Bedford qui, à une fortune colossale , joignait le goût des grandes améliorations agricoles, et semblait appeler une méthode ultra-civilisée. D'après la protection et les secours effectifs qu*il accordait à l'utile industrie , il est hors de doute qu'il aurait ambitionné le titre de fondateur de l'Association, et le sceptre du globe.

Le 3^. candidat défunt était Bonaparte, qui aurait envahi ce rôle non par générosité, mais par voracité de puissance, par impatience de monarchie universelle, et crainte d'être devancé en Angleterre. L'entreprise convenait merveilleusement à son caractère ; il n'eût pas tenu un quart d'heure contre la chance de s'élever au trône du monde, et opérer l'unité universelle par une petite entreprise qu'il pouvait exécuter en 6 mois à côté de son palais de St.-Gloud, et sans aucun risque ni pécuniaire ni politique. Il aurait employé dix mille ouvriers à accélérer la fondation^ transporter des arbres à fruit avec leur terre enlevée en cylindre.

Dans cette occasion, Bonaparte, par égolsme outré, aurait fait l'acte le plus philanthropique y le bien de l'hu*

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