LITRE II. SECTION UI
de peintres et décoralears,de mécaniciens» etc. : l'affaire ne coûtera donc en frais de façon » que le dividende réparti à la grande Série des constructeurs.
Ainsi, ce plaisir aujourd'hui résenré aux capitales et résidences royales deviendra celui des moindres cantons agricoles : chacun d'eux aura un opéra bien supérieur à ceux de Paris, Londres et Naples; car chaque Phalange , même avant de recourir aux cohortes vicinales et aux légions de passage , aura environ 1200 acteurs à fournir, soit en scène , soit à Torchestre et aux mécaniques ; chaque Harmonien étant élevé dés le bas-ftge sur ce théâtre, peut y tenir quelqu'emploi musical ou chorégraphique ; et sur ce point comme sur tout autre on verra se vérifier le principe déjà énoncé , c que le plus riche potentat ne 9 peut atteindre , en aucun genre, au degré de jouissances » où atteint le plus pauvre des hommes en Harmonie. »
Les fonctions théâtrales aujourd'hui si épineuses ne sont sujettes , en c Association » , à aucun des inconvénients actuels : on ne court le risque ni de sifflets, ni de critiques offensantes : la faculté de ne pas applaudir suffit à informer l'amateur du rang qu'il tient dans Topinion. Il n'y a que pen ou point de mauvais acteurs , parce que leur quantité immense oblige chacun à se restreindre à un pelit nombre de pièces où il excellé.
Les champions médiocres sont bornés à s'essayer devant leur Phalange , dans la petite salle , et aux jours où il n'y a ni rassemblement extérieur, ni passage de légions ou caravanes. Si un individu n'excelle que dans 2 ou 5 pièces, il ne paratt que 2 ou 3 fois par an sur le théâtre ; et en d'autres moments il s'entremet dans les chœurs , l'orchestre, les danses, la peinture, les machines, etc.
C«lté affluence de coopérateurs permet de varier tt
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rinfini les répertoires, et en même temps l'unité de Tangage procure une multitude infinie d'acteurs , car un passage d'armée donne à une contrée cent mille acteurs ou actrices ; les Harmoniens étant tous nés sur les planches (r), acteurs par enthousiasme, par habitude, et non par intérêt.
Il n'y a point de comédiens salariés dans IHarmonie. Les Séries de Topera et des beaux-arts y sont, comme toutes les autres, payées par un diridende sur le produit général. Les pères ainsi que le» enfants, figurant sur le théâtre et s'en Taisant une intrigue agréable, ne Tondraient pas que cette Tonction fât moins honorée que d'autres. Elle jouit, au contraire, d'un tustre immense, et devient une Yoie d'avancement & d'éminents emplois.
Envisagé quant à l'influence morale sur l'enfant , Topera est une école de morale en image : c'est là qu'on élève la jeunesse à Thorreur de tout ce qui blesse la vérité, la justesse et l'unité. Aucune faveur ne peut excuser, k Topera , celui qui est faux de la voix ou de la mesure ,
(i) Bans Tordre soeiétairCy on considérera comme estropié de naitf ance Tenfant qui , ^ Va^e de 4 ans 1/2 , n^aurait pas la justesse de voix, d'oreille et de mesure. Ce défaut ne pourra guère avoir lieu, parce que les enfants seront élevés dès le berceau dans les chœurs musicaux. Chaque groupe ayant ses cantates et hymnes de travail , les entonne en début et clôture de séance , comme le Benedieife et les Grdceê dans nos monastères. L*enfant habitué k ces concerts dès Tâge le plus tendre, ne peut manquer d'acquérir la justesse de voix et de mesure , et Taptitude à figurer i Topera. Quant k la comédie, comme « l'Association donne un plein développement \ ^ chacun des » 810 caractères, «tout Harmonien excelle nécessairement en quelque genre de comédie an tragédie qpi se rattache V son caractère.
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da geste oa da pas. L'enfant d'on prince, dans les figures et les chœurs » est obligé de souffrir la yérité » et les critiqaes motivées de la masse. C'est à l'opéra qu'il apprend à se subordonner en tout mouvement aux convenances unitaires , aux accords généraux. L'opéra est donc l'école MATÉRIELLE d'uuité, justico et vérité : il est» sous ces rapports, l'image de l'esprit divine le vrai sentier des « mœurs d'harmonie. »
C'est non-seulement en' tableaux , mais aussi en relations sociales que l'opéra est sentier d'unité. Par exemple, en fait de langage , quelle honte pour les civilisés, qu'avec leurs jactances de perfectibilité ils ne puissent pas se comprendre de voisins A voisins, ni régulariser le langage, pas môme de province à province d'un même empire , vivant depuis mille ans sous les mêmes lois !
C'est à l'habitude générale de la scène que les Harmoniens devront en grande partie l'unité de langage et même de prononciation réglée en congrès universel. Tout est lié dans le système des unités; le langage est le premier anneau de celle vaste chaîne : la duplicité actuelle du langage est le sceau de réprobation pour la sagesse philosophique. Où donc prétend-elle établir l'unité, si elle ne peut pas même l'introduire dans la première des relations sociales , celle du langage ?
Nous reviendrons sur l'excellence de l'opéra comme levier d'éducation et voie de lien amical entre tous les inégaux d'un canton. Avant d'insister sur ce sujet, il faut faire connaître plus amplement les Séries industrielles dont on retrouve Temblème dans les Séries musicales et chorégraphiques. Aussi TopérB sera-t-il chéri des Harmoniens , à titre d'image du régime social qui fera leur bonheur. Chez nous , il n'est qu'un tableau sans intérêt ,
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sans analogie : notre système social n'établissant que le régne de toutes les duplicités politiques et morales, quel charme peut nous offrir une image matérielle de toutes les unités , dont aucune , pas même celle de langage , ne nous est connue?