CHAPITRE PREUIËR
Organisation des Petites Hordes.
Venez, piiilosophes rigoristes , vertueux citoyens , eiir namis des richesses perfides; vous allez être servis à souhait, par une confrérie qui méprisera eu action ces richesses que vous ne méprisez qu'en paboles» C'est chez les Petites Hordes que vous trouverez , de Tait, le dédam des richesses , la vertu qui entraîne un homme à sacrifier sa fortune individuelle pour le bien de la patrie , pour la masse des citoyens.
De bonne foi , auriez^vous cru qu'une telle vertu fait praticable ? Vous la prêchez, bons apôtres» mais vous n'y croyez guère , et ne vous presserez pas d'en donner l'exemple. Avouez que l'Harmonie fera prudemment de chercher parmi tes enfants» des champions d'une vertu dont la seule idée ferait reculer bien loin tous les pères civilises.
Parmi les corporations de haute enfance» il en est deux qui tiennent te rang suprême en Harmonie ; ce sont :
Les PefUeB Horiês;' moitié deS'4®. et 5«. tribus.
Le Corps Yestahque; moitié de la 6®. tribu. Deux autres figurent en sous-ordre ; ce sont
IsBPetUeifBunJâs; moitié de8 4s et 5*. tribus.
Le Corpê DamoiieH ; moitié de la 6*. tribu.
uTun. SBcnoiiiv. i4i
Ces quatre corporationa n'ont aoem aeetaire de ia 7*. triba ( les adolesoents ) » qui est déj& hors do eadra de reofance.
Nous allons dèerire en troisième Notice, les Petites Hordes et Petites Bandes» Age de 9 à 45 on i 6 ans au plus. Les denz antres corps , Vestalat et Damoiselat, qoi sont de l'Age d'environ 16 à 90 » ne seront décrits qoe dans la 4^. Notice.
Lesdites corporations ne sont pas, comme les nôtres» assojetties A des statuts capricieusement établis selon la manie du fondateur: celles-ci ont un emploi fixe enéqui-* libre passi<mnel. Or, comme nous ne commencerons A traiter de réqmKbre passionnel qu'aux 7®. et 9fi. sec- Uons, encore très-incomplétement , il iradra dUérer JQsqne-lè toute critique sur les emplois que f assigne A ces dirers corps; laisser décrire pièce A pièce les rouages d'Harmonie , avant de raisonner sur le mécanisme.
Traitons d'abord du matériel nécessaire A organiser les Petites Hordes etIPetites Bandes» qui comprennent les deux tribus de lycéens et de gymnasiens. Ces tribus doivent être pourvues d'un attirail fort. inconnu parmi nous , d'une collection de cbevaux nains comme ceux d'Islande et de Corse.
On ne pourra guère s'en procurer au début de THarroonie : on n'en' trouve que peu ou point en civilisation » où ils sont négligés et sans emploi spécial. Mais en Har-* menie ils sont de haute utilité pour moAter la cavalerie minime » les Petites Hordes et Petites Bandes, ressorts de baute influence en éducation.
c Qu'elles aillent A pied ; cela est plus économique , » dira quelque pbildso|rfie ami des raveset do brouet noir. On peut loi répondre dans le même sens : «r que vos mi-
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nistres et sénateurs civilisés quittent leurs carrosses et aillent à pied ; cela est plus économique. >
Il faut, répondront-ils, que les chefs de l'état imposent à la multitude par Téclat extérieur. Il en est de même en Harmonie, où la haute enfance doit imposer à la basse enfance en mode composé: en matériel par l'éclat des costumes , et en spirituel par l'éclat des actions nobles et utiles. Sans l'intervention de ce double charme, comment les tribus 6,3,4, pourraient - elles entraîner la bassç enfance, tribus 3, 2, 1, qu'il faut frapper du charme bi'Camposé{4S)f du prestige corporatif ascendant?
Le premier moyen d'imposer aux yeux (car il faut avec j'enfant parler aux yeux), c'est la différence de cavalier à piéton.
Les tribus de lycéens et gymnasiens sont à cheval ; Les tribus de chérubins et séraphins sont à pied.
Si à ce ressort d'imposance matérielle se joint l'éclat des vertus sociales, du dévouement à la patrie , à la cause de Dieu et de l'unité , les plus jeunes chœurs de 3 à 9 ans suivront frénétiquement l'impulsion donnée par les chœurs de 10 à 20 ans. C'est sur le Corps Yestalique et les Petites Hordes que repose tout ce mécanisme d'entraînement corporatif ascendant ( 46 ).
Si la phalange d'essai veut opérer avec un brillant succès, €|lle devra se procurer environ 200 chevaux nains ,, de taille graduée pour les âges 9 à 15 , afin de pouvoir donner l'éclat nécessaire aux Corporations de 9 à 15 , qui sont le plus puissant levier d'émulation industrielle pour toute la basse enfance, bambins ^ chérubins et séraphins.
Je répète qu'on n'aura pas besoin de ce levier dans un essai d'Harmonie hongrée, bornée aune modeste réunion
LITRE U. SECTION IT. i4S
de cdltiyateors. Mais il est entendu que nous spécolons sur la pleine Harmonie , pour déterminer ensuite les re* tranchements dont elle sera susceptible dans l'essai de méthode hongrée.
Nous supposons donc ici les chœurs de lycéens et ly* céennes, gymnasiens et gymnasiennes» montés sur cbe«- Yaax nains , et formant deux corps sous les noms de Hordes et Bandes.
Les Petites Hordes adoptent la manœuvre tartare perfectionnée ; elles marchent en blocs ou cercles , dont le centre TÎde ne contient que le porte-lion ou porteaigle.
Douze blocs . appelés nuées , forment un tourbillon. Toute Phalange a sa horde formée de trois nuées , deux masculines et une féminine.
Les Petites Bandes marchent en escadrons et pelotons alignés ; leur manœuvre est la même que celle de la cavalerie civilisée.
On trouve parmi les enfants au-dessous de la puberté , eaviron 2/3 de garçons qui inclinent à la saleté et h l'impudence. Ils aiment à se vautrer dans la fange» et se font un jeu du maniement des choses malpropres. Ils sont hargneux» mutins, orduriers, adoptant les locutions gros« siéres , le ton rogue.
Ces enfants,dans les cquatre tribus» de lycéens etgymnasiens, s'enrôlent aux Petites Hordes» dont l'emploi est d'exercer par point d'honneur et avec intrépidité tout travail répugnant. Cette corporation est une espèce de légion à « demi-sauvage , qui contraste avec la politesse » raffinée de l'Harmonie» seulement pour le ton et non pas pour les sentiments , car elle est la plus ardente en patriotisme.
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Les PetUe» Hordes oonliennent 2;3 de garçons et 1/5 de filles.
Les Petites Bandes , %3 de filles et IfS de gargons.
Chacune de ces deux corporations se sobdiyise en trois genres qu'il Cent dénommer. On doit adopter pour les Petites Hordes, trois noms de genre poissard, et pour les .Petites Bandes , trois noms de genre romantique I
Ainsi] les Petites Hordes seront divisées en Sacripmiu et ChmapaiM , Sacripaneê et Chenaponeê , qui forment la horde d'une Phalange. Elle a une résenre ou corps auxiliaire, tiré des tribus de supplément (HI, 440). Cette horde auxiliaire portera le nom de Gamementê et Gar^ neniiûfUeê,
Les Chenapans sont affectés aux fonctions inunondes ; les Sacripans, aux fonctions dangereuses, comme k poursuite des reptfles et antres emplois qui exigent de k dextérité. LesGaraements partioipentde Fun et de l'autre genre.
Les hordes féminines serrent la triperie dans les boucheries; eUes remplissent les fonctâons répugnantes dans les cuisines, appartements et boanderies.
Iiours parures doiyent être de genre grotesque et barbare. Par exemple, pour décoration de parade, les petites Hordes adopteront probablement le costume barbaresqoe on c Hongrois, » dolman et pantalon hige. Les zélateurs « Chenapans, » ornés du chatnon de fer concave en éeharpe et eeioiture avec flocons bruyants; les héroïques [Sacripans], omés^du même chatnon en cuivre. Les anneaux seront concaves , pour éviter la. pesanteur.
lEftme goût doit régner dans leurs autres décorations, chars et harnais, salle d'assemblée festonnée en chaînes de fer. Cet attirail barbare n'est qu'une rudesse
UtKE II. SECTION IV. iV\
appareoie , car les PeUtes Hordes sont très-serviables ; mais elles affectent un laconisme et un ton de supériorité, fort opposés au genre guindé que Féducation civiiiséi* doDoe aux enfants. On trouvera, par contraste, rextréine politesse chez les Petites Bandes.
Ces hordes enfantines ont leur langage corporatif ou Argot ; leur petite artillerie » Içurs généraux nommas Petits Rans et Petites Kantes ; noms tartares , parce qu'elles adoptent la manoeuvre tartare en évolutions.
Elles ont aussi leurs Bonzes ou c Druides; » ce sont des acolytes choisis parmi les personnes âgées qui ont conserve du goût pour le genre immonde, si commun chez les enfants. Ces acolytes , sous le titre de « Druides et Druîdesses » de l'Argot (ou Coëres, Coëresses, titre que les mendiants civilisés donnent à leur président ou chef des gueux ), se joignent aux Petites Hordes, les secondent et dirigent dans leurs travaux , et font trophée do braver comme elles tout travail répugnant.
Il faut avoir douze campagnes dans les armées industrielles pour être admis au rang de t Druide et Druldesse > des Petites Hordes. Il y a aussi des postulants pour ce rang, afin que les adolescents , qui inclinent à persévérer dans les travaux répugnants , puissent coopérer aux travaux des Petites Hordes.
L'ensemble de ces corporations afleclées par point d'honneur au travail répugnant, [peut] se nommer I'Argot, nom qui désigne les Petites Hordes et leurs dignitaires; puis leurs alliées, les Grandes Hordes d*aventuriers, dont nous traiterons en haute harmonie, tome V.
La plus belle parure des Petites Hordes consiste h avoir double couleur sur chaque individu, sans aucuno ressemblance. Par exemple :