‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 49 sur 163 · LIVRE U. SfiCTION 1T · texte numérisé non relu

LIVRE U. SfiCTION 1T

principe absolumeDl incoonu dans rinstitnlion citilisëe qui , toujours « simple en méthode » veut diriger Jes élèves en marche simple, et pourtant les assujettir à différentes morales selon les castes, À différents systèmes selon les changements de ministère Jes éleveraujourd'bai selon Brulus, et demain selon César.

Loin de ces versalilés périodiques et de ce régime so- LiMODE, l'Harmonie emploie la direction contrastée oa dualisée, et déplus la méthode septenaîpe. en enseignement (chap. du corps sybillin). Qu'importe la voie préférée par l'enfant , pourvu qu'à l'âge de 19 à 20 ans, où l'éducation harmonienne est terminée , toute la jeunesse (l*un et d'autre sexe ail réussi du plus au moins à exercer sur le beau et le bon, sur l'utile et l'agréable ; succès impossible à Tinslitution actuelle ? En subordonnant la masse entière â un système solimode, eHe échoue néces^ sairement sur une moitié qui refuse l'instruction , et par suite sur l'autre moitié qui , dépourvue de concurrence » ne doit avancer qu'à pas de tortue , comparativement au progrès qu'elle eût fait à Taide de la méthode naturelle.

Entre-temps , le lecteur aura tiré grand fruit du parallèle de ces deux corporations enfantines. Argot et Chevalerie , s'il a réussi à comprendre et graver dans sa mémoire le théorème suivant :

Qu'en éducation harmonienne ou équilibrée le sy$ième,. pour être unitaire^ doit être composé et bi-composé dans sa marche; qu'il doit tendre à la fois âv bon et au BEAU, mais par des méthodes contrastées, concurremment employées , et laissées au libre choix de l'enfant , au vœu de l'Attraction,

Que toute dérogation à ce principe cause chez l'enfance E^GOViG^W^T passionnel; d'oit il résulte qu'au

i86 ASSOCIATIOR COltPOSfe.

lieu d'arriver au bien composé par eêsor et contre eaor (164) ^ elle n'arrive qu'au mal composé par non essor et faux essor, (Ibid.)

Doctrine bien neuve et bien incompatible arec Fesprit philosophique , tout encroûté de simplisme et toujours antipathique avec la nature , en éducation con^ne en toute branche de l'art social.

Et pour établir ce principe en mode composé ou unitaire, étendons^-le du passionnel au matériel, par nn^ digression qui sera le complément du cadre d*éducation tiltérieure.

If OTE G swr la^ Connivenee des Philosophes et des Français pour avilir le Sexe féminin.

Ce ne sera pas trop d'une note sur cette lîgue malicieuse qui pourrait fournir le sujet d'un ample cliapitre.

Je ne sais sur quoi se fonde la prétention des Français au renom de peuple galant ; elle me paraît aussi dennde de sens que les titres de Belle Franeeei Grands Nation, Mais brisons sur les béantes et grandenrs de la France ; il en sera parlé ^ rUterlogne.

D'ob vient qae les Français, empressés de changer de lois et de constitutions comme de parures , n'ont jamais été fidèles qu'à une seule loi , celle qui enlève le sceptre aux femmes ? La Loi Saligue s*est maintenue sous toutes les dynasties. Rien de plus constant , de plus unanime que les Français , quand il s'agit de rayafor « par le feit, ee sexe qu'ils feignent d'indemniser en famées o encens.

Aussi n'est-ii pas de nation ou les femmes soient mUewL diipées par les amants^ mieux mystifiées en promesses de mariage et délais prétextés, mieux délaissées lorsqu'elles sont enceintes , enfin mieux oubliées quand l'amour est passé. Aycc un tel caractère , les Français se disent galants ! Ils ne sont que roués et égoïstes en amour, bien coortob en Êdt de séduction, bien trompeurs aptes le succès.

àueiitne natieft n'a plus difiamé, sur la scène, les fermes qui ont

trmn. «BCTiOHiy. i87

legôui de Vêtait. Est-ce eonnalire la aaiore? Les feouBes oe seraient-elles pas destinées \ être , dans la littéraKore et les arts , ce quelles ont été sur les trônes, oh on a toujoers vu, depuis SéHf- KAKIS josqo'k GATBERiHBy $»pi grmndeê reines pour wne wU' iiêere, tandis qa*on roit censtamoicnt 9êptriU medicoreê pour un grand roif

Il en sera de même dans la litteratnre ei les arts : le sexe AfminÎD y enysAiira les palmes , quand rédvcaiion harmonienne raura rendue sanatnre, étoufiëepar un système social qoi absorbe les Ibmnes dans les fonctions compliquées de nos méiiages morcelés.

leneeontesCepas que, dans Tétat aetoel, il ne soit nécessaire d'ianortir ébcE les femmes le penchant li la gloire, TincUnation aux grandes choses , la cenyoitise des dignités. Une femme dyilisée n'étant destinée qu'a soigner le pot au feu et rcssardr ka culottes d*un époux , il est bien force que Téducation lui rapetisse l^esprit , et la dispose a» subalterne emploi d'écumer le pot et icssareîr les yieilles culottos. Ainsi , pour disposer TesclaTe à ridMiitissement , on lui interdit les études qui lui feraient ap-» ftéàet son atjecte Gondition : en outre , on lut défend les reitos, selda Ariscote, qoi ne roit pas qo^aucune vertu poisse confcnir à an esdanre. Il est une foule de vertus que la philosophie ne ji^ pas eenvenables au sexe.

Un mari opposera les besoins de son ménage, la nécessité de ixer réponse aux soins domestiques , tandis que Véponx raque aux affaires extérieures.

De tels aigoments ne sont pas applicables h Tétat sociétaire , oh le ménage simplifié par la combinaison générale des travaux^ n'emploie guère qu'un 8*. des femmes qn il absorbe aojonrd'hni. On pourra donc cesser d'avilir ce sexe par une éducation servile ; on pourra inspire? aux jeimes Mes le désir d'une gloire qui sera voie de fortune et d'illustration à la fois , car elles participeront aux magnifiques récompenses que l'Harmonie décerne anx sciences et aarx arts ( Interm. , Xi , M8 ) ; et les pères memes^ qui con* naissent le prix de l'argent , exciteront leur fiUe h courir cette carrière de bénéfices k millions, qu'on ne trouverait pas dans l'art éTéeumer lepoiei renaroir Us vieilles onloites.

S'aillears , si la rivalité dis» «excs (^. condilioo ) cal bien

i88 ASSOCIATION COMPOSÉE.

établie , les Séries féminines voudront , dans chacune de leur» fonctions, posséder les connaissances nécessaires; joindre la théorie à la pratique, même dans les ouvrages de pot et de cuve. S*agitil de buanderie P elles voudront que leur présidente ou autre officièrc connaisse chimiquement la qualité des savons et lessives , leurs effets dans le blanchiment : la Série se croirait dégradée si elle était exposée à mal opérer faute de ces notions , et obligé» d'appeler des hommes chaque fois quHl faudrait en disserter.

Le sexe masculin envahit parmi nous tous les travaux des femmes , et leur enlevé jusqu'à la couture. Cette monstruosité cessera quand le libre essor d'Attraction aura ramené chaque sexe à ses emplois naturels. On verra tomber à plat tous ces préjugés sur l'incapacité des femmes , et dans les écoles minimes d*Harmonie , on verra les filles en plus grande affluence que les garçons.

S^il était vrai, diaprés l'autorité de Mahomet et J.-J. Rousseau, que la femme ne fut destinée qu'aux plaisirs de l'homme ou au service du pot au feu , la loi de contraste émulatif , base du système d'équilibre passionnel , serait donc méconnue en relations domestiques et en éducation! Sur quoi s'établirait la rivalité, si les garçons ne se voyaient pas, à égalité d'âge, surpassés par les filles dans diverses carrières , beaux-arts et autres ? On n'obtiendrait pas du sexe masculin la politesse , la déférence pour les femmes. Il sera nécessaire qu'elle règne déjà chez une moitié de l'enfance, afin de lui^donner le change sur les motifs de cette courtoisie qu'elle verra générale chez les adolescents.

Les femmes devront mériter cette considération dès le bas-âge , par un mérite constaté. Eh! dans quel genre de supériorité? Dans l'art d'écumer le pot! Ce sera en Harmonie la tâche de gens ^gés^ plutôt que d'enfants. Il faudra beaucoup de force et d'expérience pour soigner les grandes bassines d'Haimonie , contenant chacune au moins un quintal de bœuf. Les jeunes filles pourront tout au plus s'occuper des pots de terre « ou seront les bouillis fins , qui exigeront des cuisinières fort exercées ; mais il faudra des hommes pour les bassines de terre encadrées en fer et mues par poulies.

L'enfance féminine de 9 à 15 ans ne bornera donc pas son ambition au philosophique talent de faire bouillir le pot : les jeunes

LITRE n. SECTION IV. 189

cbeyalières, loin de négliger ce travail, sauront faire de meilleurs potages que ceux des pcrfectibiliseurs de Paris; mais elles tireront Jeor lustre spécial de la culture des arts et des sciences, qu'elles sauront allier de bonne heure ayec les travaux minutieux de la culture , des fabriques , et du poi au feu , puisque pot il y a.

Sans ce contraste de mtfrite entre les filles et garçons en basâge , il nVxisterait pas de contre- poids à la rudesse naturelle du sexe mâle , an penchant des petits garçons \ mépriser Taulrt sexe. Les filles seraient pleinement découragées, et les garçons sans e'miilation , si Ton ne ménageait pas à chaque sexe en basâge , des carrières d'illustration spéciale et des titres au respect de Fautre.

Cette concurrence est la yéritable destination du sexe féminin. Le tableau des Petites Bandes est Thoroscope de son lustre futur, et du rôle important qu'il jouera dès Tcnfance, quand il sera rendu à la nature. Je ne parle pas encore de son rôle dans Tâge adulte , mais seulement de ses relations.

Loin de soupçonner que les femmes fussent réservées h briller dès le jeune âge dans l'industrie , les arts, les sciences et les vertus sociales , on ne sait que les disposer à subir le joug marital d\m inconnu qui les marchandera. J'admets que Tordre civilisé ait besoin de cette abjecte politique ; il n'est pas moins certain que les philosophes et les Français s'y prêtent d'intention , et y coopèrent plus malicieusement que d'autres par les sophismes (|u'ils prodiguent iK>ur détourner les femmes du chemin de la gloire , les en exclure de vive force.

Dans l'enfance on en fait des esclaves moraux ; dans i'adoles* cence on les pousse ^ Tintrigue, au sot orgueil, en ne cessant de leur vanter le pouvoir passager de leurs charmes : on les excite a l'astuce , au talent d'asservir Thommc ; on vante leur frivolité, en disant avec Diderot , que , pour leur écrire , il faut « tremper ia plume dans Varo-en-ciel, et saupoudrer atec lapoussière des ailes du papillon. »

Quel est le fruit de ces fadeurs d'arc-en-ciel et de papillon ? Les deux sexes en sont dupes; car si on ne découvre pas la destinée sociale des femmes , on manque par contre coup celle des hommes. Si l'issue de civilisation est fermée a l'un des sexes , elle

190 AftSOCUTION COMPOSÉS.

Teat ^abment k Tautre. Or , il était trois issnes \ àécmwm par cakok dd politique sociale fëmioine » voyez II, 142 , les n^. d , 7, 9, du tableau.

En rendant ici justice au sexe faible , je ne songe nullement à quêter son suffrage. On ne gagne rien \ prôner un esclave ; il ne considère que ceux qui le maîtrisent; et tel est le caractère des femmes ciyilisto , indifférentes sur leur asservissement , n'estimant que Tart de tromper le sexe qui les opprime , et les confine aux travaux du ménage.

Lés Turcs enseignent aux femmes qu'elles n'ont point d'dme, et rié sont pas dignes d'entrer en paradis. Les Français leur persuadent qu'elles n'ont point de génie , et ne sont pas faites pour prétendre aux fonctions éminentes , aux palmes scientifiques*

C'est la même doctrine , sauf la différence des formes , grossières en Orient , polies en Occident y et s'affublant chez nous de galanterie pour masquer l'égmsme du sexe £9rt , aon monopole de génie et de pouvoir , pour le biea duquel il faut rapetisser lef femmes , leur persuader que la nature veut les reléguer aux fonctions subalternes du ménage, fonctions auxquelles sufiira l'en- £ince dans l'état sociétaire.

LesSévignéet les Staël n'étaient pas deséoum«tise« de pot, non plus que les Elisabeth et les Catheriae. Voil^ les femmes en qui on peut entrevoir la destination du sexe faible , et la concurrence du génie qu'il exercera avec plein succès , dès qu'il sera rendu k sa nature , qui est, non pas de sbrvib, mais de rivali8£B rbomme;«non pas de ressarcir les vieilles culottes des philosophes , mais de confondre en Harmonie sociétaire leur €uras de 400,000 bouquins , prêchant le morcellemeat industriel et l'avilissement des femmes.

Pour prix de ce ramas de fadaisâs politiques , le sexe qu'ik ne jugent bon qu*k éoumer le pot, jugera* dans l'Harmonie» qnW doit leur vereer eomme à DoM Japhet , le pot sur la téts^ pour avoir manqué 5000 ans l'étude de l'homme, dégradé et perverti la femme , entravé et faussé l'enfant, el finalement , bouleversé le monde social par des visions de liberté qui n'aboutissent e^ opprimer le sexe féminin tout entier , et Timmense majorité du masculin.

UTUnU SKCTtOHIT« 191

Page 1