X. L'èducatioii MONDAINE ottr absorbante : il faut
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la placer en pi?ot» puisqu'elle broche sur les quatre autres , et en éliBÛne ou modifie tout ce qui s'est pas à sa guise. *
L'enfant, à 46 ans, lors de son entrée dans le moirie , reçoit une éducation tonte nouvelle ; on lui enseigne à se moquer des dogmes qui intimident et contiennent les écoliers , à se conformer aux mœurs de la classe galante, se rire comme elle des doctrines morales ennemies du plaisir, et se moquer bientôt après des visions de probité , lorsqu'il passera des amourettes aux affaires d'ambition ; enfin s'engager dans les folles dépenses , les emprunts usuraires, et communiquer sa dépravation à toutes les fillettes qu'il peut fréquenter.
Voilà un quadrille d'éducations bien distinctes, dont quatre sont en concurrence jusqu'à l'âge nubile , où la pivotale vient écKpser et absorber toutes les autres. Avant cet ftge, la 1'^. , celle des savants, n'a qu'une influence apparente : c'est entre les trois autres que la pomme est disputée; elles envahissent le cœur, l'esprit et les sens de Tétéve; et lorsqu'il atteint iS ans, à peine hii reste-t-il de l'éducation dogmatique un léger fonds de préceptes vertueux, la plupart dangereux s'ils sont suivis à la lettre , niais qui n'ont d'empire qu'autant qu'ils se concilient avec les impulsions mondaines. [L'éducation égoïste ou expérimentale appr^d bien vite qu'argent est tout et façonne d'abord à la fausseté. ]
Cette compKeaiioB d'instituteurs rivaux est assurément l'antipode de Tunité. Les moralistes feignent d'ignorer ce quadruple coniit ; îMeur convient de le cacher, pour foire valoir leurs services. Dans queHe dèi^vettr tonbe^ raient-ils, si l'on venait à reconnaître que tout cet échafaudage d^nstitution civilisée n'est qu'un choc d'élé-
Liras u. SBCTiomv. 90t^
menïB incoDcUiables, un assemblage oionsinieai de toutes les duplicités d'action ?
Sur ce , les sophistes ne manqueront pas de répliquer» car ib n'ont jamais tort en paroles, non plus que les aYocats : mais jugeons-les à l'épreuve i et sur quelqu'une de leurs tentatives récentes.
Je n'examinerai pas leurs prétentions à maîtriser l'ambilion, l'amour» etc. : ils sont si nuls en ce genre de laite , que leur reprocher leur impéritie , ce serait battre des gens à terre. Attaquons-les sur le point où ils croient avoir réussi, sur l'esprit libéral qu'ils se flattent d'avoir fait germer, et dont ils n'ont su créer que le fantôifie.
Jamais la philosophie n'a su former une âme philanthropique et libérale (Extroduclion); l'on n'a pas vu parmi ses élèves les plus marquants , tels que les princes, un millième de libéraux; et quant à ceux qui ont eu, comme Henri IV et Jules-César , quelque teinte de libéralisme , les uns , comme Henri , ont dû cet esprit à la bonne nature , et non pas aux pédagogues dont Henri ne fut point drconvenu; les autres, comme César, paraissent avoir dû beaucoup plus à la nature qu'aux leçons de la science. Du reste , les uns et les autres n'ont été que des avortons en Hbèralisme.
En effet. César n'eut pas la moindre idée neuve en pbilaothropie , et ne tenta rien , dans sa haute puissance , pour le bien-être du peuplQ, c'est-à-dire des esclaves , ni pour la garantie de minimum aux citoyens pauvres. Même reproche aux Antonin, aux Tilus, aux Marc- Auréle : auQUB d'eux ne tenta d'ialroduire cet affranchissement général qui s'opéra dans Rome.
Hemn lY eut quelques lueurs d'esprit libéral, sans aucunes vues quant 9tm voies d'exécution. L'on peut ad-
â06 Assocunoif composée.
mirer son yasa gënèreai de la pcule au pot qu'il souhaitait à tous ses laboureurs ; mais cette poule au pot , à supposer qu'elle deviot leur lot » ne serait encore qu'une chimère libérale; car il existe, sous un laboureur de grande ferme, vingt valets qui ne tAteraient pas de la poule. Ajoutons-y la femme et les enfants, qui, chez le villageois, sont considérés comme une valetaille, et nourris bien différemment du père.
En général, parmi les princes qui ont fait de grandes choses, les uns, conmie Pierre l^^. et Frédéric II, n'avaient rieçu de leurs vandales parents qu'une mince éducation; les aiitres , comme Louis XIV et Alexandre , n'ont étonné le monde qu'en secouant le joug des doctrines scolastiques, en prodiguant les hommes et l'argent; ces monarques peuvent se dire :
«« ie ne dois qu'à moi seul toute ma renommée , > et rien à la science qui s'en arroge l'honneur. > La nullité des instituteurs éclate dans la plus soignée des éducations; elle a formé Néron. C'était pourtant de Irés-habiles personnages et fameux libéraux que Séné^e et Burrhus : leurs talents réunis produisirent Néron. Qa'estwse que nos philosophes modernes ont ajouté aux systèmes d'éducation ? Quelques subtilités idéologiques et mercantiles l Si on eût renforcé les leçons de Sènèque et Burrhus par le patbos métaphysique et économique des théories actuelles, Néron aurait perdu patience un an plus tôt, et aurait donné dans le crime un an plus tôt. Au résumé , les instituteurs qui professent le libéralisme, loin de savoir rallier les élèves royaux à leur doctrine, les engagent involontairement dans les travers et les crimes. Ils ne savent former que des masques moraux , donnant dans tous les excès dès que le frein
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est enloTè. Aussi la science confuse de ses débites» cliercbe-t-elie chaque jour de nouveaux systèmes. N'estce pas s'avouer égaré , que dé changer de route à chaque instant ?
Toutefois» ih ne sont en éducation que ce qu'ils sont en toute branche de leurs théories; car, quel est le côté le plus ridicule de notre société civilisée? est-ce Téducation qui forme les Tibère et les Néron ? est-ce la jurisprudenccavec son dédale de lois contradictoires? est-ce la finance avec ses raffinements qui n'enseignent que Tart de doubler les impôts? est-ce le commerce avec son grimoire d'agiotage et ses 56 crimes sociaux (II, 219)?
On ne saurait décider entre tant de perfectibilités.
Non nostrum inter vob ianioê oomponere lites.
Chaque branche du mécanisme civilisé semble être la plus vicieuse, et réclamer la palme du ridicule. On pourrait les comparer aux villes de Rouen , Troyes , Angers et Poitiers, disputant en France la palme de laideur, que le voyageur adjuge à toutes quatre, accompagnées de plusieurs autres; car il n'est rien d'abominable comme les villes de la belle France , hormis celles de Flandre bftties par les Belges , ou Nancy bâti par Stanislas. Mais la bâtisse purement française, petites rues d'Orléans^ petites rues de Lyon , est ce qu'il y a de plus sale et de plus affreux en civilisation. Tout pétris de petitesse , les Français ont la manie de resserrer leurs maisons, comme si Tespace leur manquait ; ils semblent craindre que le monde ne soit pas assez grand : ne serait-ce pas leurs esprits qui sont trop petits pour le monde, bien que chacun de leurs savan^ prétende en concevoir les harmonies et nous -expliquer funtï^ de l'univers?
306 ASSOCIATIOH c<nposiE.
Od a Yu , aa Pivot Inverse, ulter , combien ils sont intrus en pareil débat, ignorant même l'alphabet de la théorie » la condition d'nnité.
Trinaire en application aux trois principes , Quaternaire en liens de chacun des trois.
Nos savants sont de fort habiles gens» sans contredit : mais quelle est leur inconséipience de s'immiscer dans les questions d'unité, tont-à-fait étrangères à leur domaine ! On pourrait dans cette prétention les comparer à Bonaparte, qui, ayant assez d'états, et même trop pour un civilisé , pour un politique simpliste , voulut encore y ajouter la Russie , et finit par y échouer misérablement.
Telle est la démence des savants modernes , quand ils s'aventurent à deviser sur l'unité , grimoire impénétrable à quiconque envisage la civilisation comme destinée du monde social. Ils ne connaissent pas même les lois de la première unité , celle de l'homme avec lui-même , avec ses passions ; sujet dont Voltaire dit : mats quelle épaisse nuit ! A plus forte raison peut-on le dire de leurs ^nébreuses doctrines sur les deux autres unités, celles de rhooune avec Dieu et avec Tunivers. En s'obstinant sur ce sujet , ik commettent double faute; nonirer leur côté faible , et compromettre leur mérite réel.
TotUefois , s'ils ont quelque prétention à l'unité de système , ce ne sera pas en éducation, dont je viens de disséquer t édifice et mettre en évidence le savoir faire. Il n^est aucun pays au les quatre impulsions données à r enfant soient plus distinctes , plus hétérogènes , plus coUmoireSy qu'en France y el où lapivotale dite esprit de société , soit plus pervertissante , plus opposée aux pré-, ceptesmotawc.
Convaincus, je peme, de leur dupliciié et quadru-
LnrmE u. sbctiou it. 909
plxeité JC action dans celte branche importante du mécanisme social , les philosophes s'hakitueroni peu à peu à goûter la recommandation de leur dhnn CondiUac , le conseil de refaire lear entendement /ei oublier toat ce qu'ils ont appris dans cent mille systèmes.
Ils apprécieront mieux encore la sagesse de cet avis, dans le tableau harmonien de la quatrième phase éP enfance, âge de transition en puberté , partie la plus critique de V éducation , et où la philosophie va se montrer ce qu'elle est partout^ un colosse de duplicité , d^obscurontisme et d'antipathie avec la nature.
210 AS&OeUTION COMPOSEE.