‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 9 sur 163 · COMPOSÉE · texte numérisé non relu

COMPOSÉE

Composée^ formant à la fois le corps et l'âme ; elle ne remplit aujourd'hui aucune de ces deux conditions. Il sera prouvé , dans le cours de ces sections 3®. et 4^., que les méthodes civilisées négligent le corps et pervertissent l'âme.

Intégrale , c'est-à-dire embrassant tous les détails du corps et de l'âme , introduisant la perfection sur tous les points. Usera prouvé que nos systèmes civilisés ne tendent qu'à fausser pièce à pièce les développements du corps [ et de Tâme]^ et vicier [l'un et l'autre] par l'égoïsme et la duplicité.

uVun. SECTION m. 3

Dans un prèhide , ëyilons de parler da matériel qui BOUS conduirait trop loin, et bomons-noas i enfisager rèducation harmonienne en sens moral et politique» c'estànlire en sens unitaire; car il ne peut exister ni saine po* Htique , ni saine morale » hors des yoies d'unité ou Toies de Dieu.

L'éducation harmonienne, dans ses procédés» tend d'abord à faire éclore dés le pins bas âge les tocatiohs D'nisTUfCT, appliquer chaque individu aux diyerses fonctions auxquelles la nature le destine » et dont il est détourné par la méthode civilisée , qui, d'ordmaire et sauf rares exceptions, emploie chacun à contre-sens de sa vocation.

Si votre astre en naissant tous a forme poète,

les leçons de la morale et du devoir filial tendront à faire de vous comme de Métastase un portier au lieu d'un poète , et tout l'attirail de la sagesse philosophique sera mis en jeu pour Yous entraîner aux fonctions d'où la nature voulait vous écarter. Les 9/10"* des civilisés pourraient élever cette plainte.

Il n'est donc pas de question plus obscurcie parmi nous que celle de la vocation ou instinct de fonctions sociales. Ce problème va être pleinement éclairci par le mécanisme de l'éducation harmonienne. Elle ne développe jamais chez l'enfant une seule vocation, mais une trentaine de vocations graduées et dominantes en divers degrés.

Le but étant de conduire d'abord au luxe{i^^. foyer d'Attraction (II, 341 ), il faut que l'éducation entratneau travail productif; elle ne peut y réussir qu'en faisant disparaître une tache bien honteuse pour la civilisation, et qu'on ne trouve pas chez lesSauvages; c'est la grossièreté

ei la rudesse des classes inférieares, la doplieitë de langage et de manières. Ce vice peut être nécessaire parmi nous, où le peuple accablé de privations sentirait trop ?iyeœent sa misère s'il était poli et cultivé; mais dans l'état sociétaire où le peuple jouira d'un minimum supérieur au sort de nos bons bourgeois , il ne sera pas nécessaire de l'abrutir pour le façonner à des souffrances qui n'existeront plus , et pour l'enchatner à des travaux qui n'auront rien de pénible , puisque le mécanisme sériaire les rendra attrayants.

De cette chance d'Attraction industrielle dérive la nécessité de polir la classe plébéienne; car si l'industrie sociétaire doit amorcer les souverains comme les plébéiens , il suffirait de la seule grossièreté du peuple pour contre-balancer les amorces que le nouveau système industriel pourrait présenter aux grands. La classe riche ne se plairait jamais à exercer le travail avec des rustres , â se mêler à tontes leurs fonctions. Ainsi , par le double motif du bien-être du peuple et de l'accession des riches au travail , il devient, inutile que le peuple d'Harmonie reste grossier; il faut au contraire qu'il rivalise de politesse avec la classe riche» pour réunir attrait des personnes et attrait des fonctions dans les cultures et manufactures.

La politesse générale et l'unité de langage et de naanières ne peuvent s'établir que par une éducation collective , qui donne à l'enfant pauvre le ton de l'enfont riche. Si l'Harmonie avait, comme nous, des instituteurs de divers degrés, pour les trois classes, riche, moyenne et pauvre, des académiciens pour les grands, des pédagogues pour les moyens , des magisters pour les pauvres, elle arriverait au mèiQe but que nous , à l'incompatibilité

UTEBII. ICCTlONin. O

des claties et à la duplioHé de too» qai serait grossier chei les pauTres , mesquiD ehez les bourgeois , et raffiné chez les riches. Un tel eliet serait gage de discorde générale : c'est donc le premier rice que doit èTÎter la politique harmonienoe : elle s'en garantit par un système d'éducation (pi est im 4>our toute la Phalange et pour tout le globe , et qui établit partout l'unité de bon ton.

Eritons ici de confondre VunUéavee fégalûé. La classe opulente « loin d'être lésée par la politesse des inférieurs» y trouye une foule d'avantages incontestables. Aussi tout homme riche préfére*t-4l des domestiques polis et intelligentSt conune ceux de PariSi aui rustres de proTioce, par qui on est fort mal serri et grossièrement traité.

D'ailleurs, le service u'étant pas engagement individuel en Harmonie, oA il est au contraire lien d'affection individuelle, c'est pour l'homme riche un double charme que de trouver dans ses nombreux pages des amis intimes et des gens polis comme lui. On croit déj favoriser les monarques en leur procurant on seul de ces agréments , celui d'avoir pour pages des jeunes gens d'une éducation trèssoignée. Si un Harmooien peut ajouter à cet avantage celui de trouver des amis dans tous ses serviteurs , s'ensuifra-t-il que ce régime ait quelque rapport avec l'égalité?

Usons d'une comparaison : prétendra-t-on que, pour éviter l'égalité , il faille que le peuple soit de plus petite stature et de plus faible corpulence que les gens riches? Non, sans doute. L'unité matérielle veut que les corps soient de même taille dans toutes les classes. Il n'y a jusque-là qu'unît^ stmf/tf^ bornée au matériel ou physique de l'homme.

L'unité composée qui doit être matérielle et passionnelle^ et qui ne peut s'établir qu'en Harmonie , exige que

6 ASSOCIATION COMPOSéE.

les homaÎDS soient identiques en ce qai toache aax essors de l'Ame comme en dèyeloppemenls da corps, qu'ils soient bomogënes par le langage et les manières^ quoique trèsinégaux en fortune .

Du moment où le trayail sera derenu attrayant , il uj aura nul inconrënient à ce que le pauvre soit poli et instruit. Il y aurait au contraire lésion pour le riche et pour l'industrie générale, si le pauvre conservait les mœurs grossières de la civilisation; il doit se rencontrer sans cesse avec les riches dans les travaux attrayante des Séries pass. Il faut f pour charmer et intriguer ces réunions, que les manières soient unitaires, généralement polies. Les Harmoniens s'aiment entre eux autant que les civilisés se détestent ; la Phalange se considère comme une seule famille bien unie; or, il ne peut convenir à une famille opulente qu'un de ses membres soit dépourvu de Téducation qu'ont reçue les autres.

Pour élever à l'unité de manières toute la masse des enfants , le plus puissant ressort sera I'opéra, dont la fréquentation est pour tous les enfants d'Harmonie un exercice demi-religieux , emblème de l'esprit de Dieu , de l'unité que Dieu fait régner dans le mécanisme de l'Univers. L'opéra est l'assemblage de toutes les unités matérielles : aussi tous les enfants Harmoniens 6gurent-ils, dés le plus bas âge , aux exercices d'opéra, pour s'y façonner aux unités maté., acheminant auxpass.

J'ai déjà observé qu'une salle d'opéra est aussi nécessaire à une Phalange que ses charrues et ses troupeaux. Ce n'est pas seulement pour l'avantage de se donner dans le moindre canton un spectacle aussi brillant que ceux de Paris, Londres et Naples; c'est pouréduquer Tenfance, la former au matériel d'Harmonie.

uvMsm SECTION m* 7

Ce speclâele sera à k fois yœa d'AUraeUoD et de raison. Il sera ?œa d'Aitraclion , en ce qa'on terra les enfants entraînés passionnément à y figurer dés l'âge de 4 ans; yœa de raison, en ce que les pères y yerront le rudiment industriel de Tenfance » l'initiation figurative aux principes de THarmonie sociale.

L'éducation unitaire doit éleyer les hommes aux perfections du corps et de Tàme. Nos instituteurs armés de fouet, de palettes et d'abstractions métaphysiques, sayent former des Nérons et des Tibéres : laissons-leur ce honteux talent, firuit de l'éducation partielle simple, et étudions le système de l'éducation intéjprale campoeée, qui saura d'un Tibère et d'un Néron pris au berceau, pris à trois ans, former un monarque plus yertueux que les Anlonins et les Titus^

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