‹ Théorie de l'unité universelle (volume 3)Chapitre 90 sur 163 · LIVRE 111. SECTION V · texte numérisé non relu

LIVRE 111. SECTION V

La série paissancielle mesurée devant opérer au moins en quatrième puissance, qui exige 135 groupes , il serait difficile^ dans une Phalange, et souvent impossible, de les former sur une même culture. S'agit'^il de la poire? il est certain qu'aucun terrain d'une lieue carrée ne possédera les variétés de terre, d'exposition et de climat, qui conviennent à 135 espèces de poires. On ne pourra donc former ladite série que de groupes stationnés dans divers cantons et y exerçant.

Sous ce rapport elle est lien naturel entre les régions diverses ; car il pourra se faire qu'une Série de poirisies qu*on voudrait former en Languedoc, ne puisse être complète qu'en s'adjoignant des groupes stationnés en Espagne, en Piémont, en Ligurie, en Auvergne, etc. Ainsi la série puissancielle^ mesurée ou non mesurée, établit des liens naturel» d'industrie entre les diverses nations ; et par suite , des liens passionneFs qui , tenant au mécanisme sériaire, sont inconnus dans l'état morcelé, où les relations industrielles n'établissent guère entre les peuples que des jalousies et non des liens.

Concluons superficiellement sur le parallèle des deux ordres libre et mesuré , dont j'ai distingué les genres dans la Ubie (315).

L'ordre libre y comprend les essors 1 et 2 qui correspondent à la prose. L'ordre mesuré y comprend les essors 5 et 4 qui correspondent à la poésie.

Je n'examine ici que l'instinct des nations pour Tordre mesuré et les indices de son excellence. Je ne veux point ravaler les deux ordres inférieurs , le libre et le mixte, mais prouver que les deux supérieurs sont à préféreF lorsque l'emploi en est possible.

D'où vient le goût universel des peuples pour tout ce

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qui tient à la medore matémlle, pour la poésie, la musique , la danse , qui sont des harmonies mesurées en langage, en son , en démarche? On troure ces trois harmonies même dans les régions d^oà l'ftpreté du elimat semble devoir bannir les illusions des beaux-arts. Dans les glaces du nord> on a tu les Bardes cultirer la poésie» la musique et la danse. Les grossiers Sautages de Sibérie ont aussi leurs maurais vers , leur ebétive musique ^ leurs danses grotesques; et ces harmonies mesurées se ratMent partout à la religion. Chez le sauvage comme chez le civilisé, la poésie et la musique font le luxe des solennités religieuses.

D'autre part , la poésie est proclamée langage des dieux : le chantre lyrique est à nos yeux un être qui entre en commerce avec la Divinité ; nous voulons qu'il traite en égal avec elle, qu'il sache émouvoir et entraîner même les Dieux infernaux.

Où serait Tûnité de l'univers, si nos passions étaient exclues de participer à cette harmonie mesurée, que nous considérons en matériel comme inspiration divine > et qui est à nos yeux te sceau dé la justice divine en matériel , notamment dans le plus vaste ouvrage de Dieu, dans les tourbillons de mondes planétaires si mesurés dans leur marche, qu'ils parcourent à minute nommée des milliards de lieues? Ces astres sont disposés en binoctave mesurée, comme celle dont je viens de donner le tableau. Ils fonctionnent de même en double octave dans leurs versements ou absorptions et résorptions d'arômes.

Tant que noUs ne savons pas reconnaître Tesprit divin dans les harmonies mesurées matérielles, nous ne sommes pas dignes de nous élever aux passionnelles, ni d'en pressentir le système. Gomment ces accords mesurés ne

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