‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 13 sur 90 · La monotonie. la. V adultère dit cocuage · texte numérisé non relu

La monotonie. la. V adultère dit cocuage

Y la stérilité. \ LA fausse paternité.

i. Le malheur hasardé et l'inquiétude anticipée. Estil un jeu de hasard plus effrayant que celui d'un lien exclusif, indissoluble , dans lequel on joue aux dés le bonheur et le malheur de sa vie? On voit des hommes et des femmes s'en inquiéter plusieurs années à l'ayance ; et c'est à bon droit. Quelle impéritie en politique sociale

TO CIS-LéGOUÈNES.

de subordonner le sort de la vie à la plus incertaine de toutes les chances!

2. La disparate dégoûts et de caractères. Elle éclate souvent dés le lendemain du mariage , ne fût-ce que sur la cuisine , qui n'est pas de deux espèces dans les petits ménages; puis sur la parure , sur les fréquentations : la tendre épouse yeut introduire et fréquenter certains habitués et parents qu'elle dit trés-honnètes , vrais amis du commerce et de la charte ; l'époux n'a pas foi à leurs reliques. Bref, on ne va guère à la quinzaine sans découvrir de part et d'autre des goûts et des habitudes incompatibles. On trouve promptement du mécompte en bonheur de ménage , et l'illusion est dissipée du moment où elle va en déclinant.

3. Les incidents complicatifs. Il est rare qu'on aille à six mois sans qu'un événement quelconque ne vienne changer la face des choses. J'ai vu un jeune marié dont le beau-père au bout de deux m'ois fil une faillite et paya la dot par un bilan. Le pis était que le gendre ayant donné quittance en échange d'effets non payés» il se trouvait compromis de telle manière, que la masse pouvait le forcer à rapporter la dot qu'il n'avait pas reçue, 80,000 francs.

Ceci est un incident de mode majeur , d'ambition : d'autres sont de mode mineur, d'amour. Par exemple, un mari reconnaîtra, au bout d'un mois, que sa femme est une Hessaline, et que, s'il ne continue pas comme le premier inois, il court grand risque de voir intervenir la cour des aides.

On remplirait cent pages de ces incidents qui viennent bientôt dissiper le charme , et montrer à Tun ou à l'autre îles époux le piège où il est tombé : quelquefois c'est dès

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la première nuit qu'un mari est désappointé ^ en ne trouvant pas ce qu'jl espérait trouver. Les décomptes ou attrapes ne sont pas moindres pour les femmes.

4. La dépense. En- général ^ tout s'accorde à engager les jeunes mariés dans les dépenses. On en voit beaucoup se plaindre au bout de trois mois» et parler d'économie à la femme, qui en réponse tes accuse d'avarice. La vie de ménage est si coûteuse, qu'on en vient toujours à excéder le devis qu'on s'était fixé ; puis il faut en rabattre : l'amour s'envole, dès que Thymen cause de pareils débats; l'illusion tombe, la chaîne reste.

5. La vigilance. L'obligation de surveiller les détails d'un ménage sur lesquels il n'est pas prudent de s'en rapporter aveuglément à la ménagère. Si elle dispose tout à son gré, la table pâtira pour le service de la toilette. Combien d'autres dangers obligent le mari à une vigilance dont il était dispensé dans son état de liberté!

6. La monotonie. Il faut qu'elle soit grande dans les ménages, puisque les maris, malgré les distractions attachées à leurs travaux , courent en foule dans les lieux publics, cercles, cafés, spectacles, etc., pour se délasser de cette satiété qu'on trouve , dit le proverbe , à manger toujours du même plat. La monotonie est bien pire pour les femmes, si elles veulent être fidèles à leurs devoirs.

7. Le discord en éducation : source de mésintelligence quand le père, plus sage que l'épouse, ne veut pas consentir à ce qu'elle gâte les enfants. Un père s'ennuie de leurs criailleries , s'en plaint et déserte. La femme s'en console avec quelque voisin , et la discorde natt de ces enfants mêmes que la morale nous donne pour gage d'ineffables accords.

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8. Les placements et dotatùms. C*est k l'époque de ces corvées qu'un homme trouve & décompter sur lés douceurs du ménage. Cependant ses filles lui resteront sur les bras , s'il ne s'ingénie p^s & leur gagner une dot : comment faire? il n'a tout à point que le nécessaire : puis, il faut placer des garçons, subvenir aux frais d'éducation. Que de supplices dans cet état conjugal , dépeint comme un cbemin de fleurs I

9. La séparation des enfanta. Si l'on n*a que des filles, elles suivent leurs époux en divers pays, ou eu. ménage dans la même ville. D'ordinaire, l'hymen enlève celle qui faisait le charme des parents; ils demeurent tristement abandonnés à eux-mêmes. Le garçon trouve un bon parti dans quelque pays où il va se fixer. Combien de parents sont réduits ou à perdre en entier la compagnie de leurs enfants, ou à ne conserver que ceux qui leur plaisaient le moins, et les conserver de loin , en ménage séparé où la compagnie des pères devient parasite !

10. L'alliance trompeuse : les désagréments à éprouver de la part des familles é qui on s'est allié. Dans leur conduite postérieure, elles ne réalisent que rareaient les espérances qu'on fondait sur leur parenlé , et souvent elles engagent dans maintes duperies. Leur inconduite oblige à une rupture , à des discordes , qui remplacent les doux plaisirs de famille, promis par la morale.

11. Les informations fautives ou renseignements inexacts sur ce qui s'e^t passé avant la noce, en deçà du mariage , et sur le compte de l'épouse ou de ses parents. Combien de maris croyant avoir épousé une Agnès, combien de pères , après le mariage conclu , s'écrient : Si j'avais su telle chose, je ne serais pas entré dans cette fa-

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mille, ou je ne lui aurais pas donné ma flilel Les informations sont si inexactes, qu'on voit les 3/4 des individus faire entendre pareilles plaintes.

12. L'adultère, qu'on nomme cocuage sur les thëAtres de France. Il faut que ce soit un fÂcheux accident , puisqu'on s'épuise en précautions pour y échapper, malgré la certitude qu'a l'époux, ayant le mariage, de subir le sort commdn qu'il a fait subir à tant d'autres. L'analyse de cette 12^. disgrÂce exigerait seule un article aussi étendu que cet Intermède. Voyez Tran$^

Y— LA STÉRILITÉ. Elle menace de déjouer tous les projets de bonheur, et suffirait seule à épouvanter quiconque prend femme dans l'espoir de progéniture. Le pauvre a toujours des légions d'enfiints : aux gueux la besace. II pleut des enfants chez celui qui n'a pas de quoi les nourrir; mais la stérilité semble frapper spécialement les familles riches : elle vient déconcerter époux et aïeux, livrer leur patrimoine aux collatéraux, dont l'avidité cl l'ingratitude connues ou déguisées font le désespoir des testateurs, et leur inspirent de l'aversion pour une compagne stérile , pour ce nœud conjugal qui a déçu toutes leurs espérances ; vrai piège social , souverainement impolitique sous ce rapport et encore plus sous le suivant.

A— LA FAUSSE PATERNITÉ. C'est la plus odieuse des perfidies qu'engendre le système conjugal ; et pourtant elle est en France un sujet de facétie publique, même sur les théâtres , où Ton en badine en vers et en prose ; plaisanterie bien digne d'un ordre social où tout est faux, et oà il n'y a de voies de succès que pour la fausseté. Aussi la loi et l'opinion s'unissent-elles pour interdire à un mari toute réclamation à cet égard , ou neutraliser les plaintes qu'il peut porter. La justice lui répond, cela n est pas 111. 4

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prouvé; elle reconduit comme Guillaume réclamaut ses moutons yolés par Agnelet. L'opinion lui dit, quand an ne le sait pas, ce n'est rien; quand on le sait, c'est peu de chose. Le voilà chargé des enfants d'autrui, et berné pour s'en être aperçu. Injustice composée, essence de la eivi* lisalion, qui ne fait jamais le mal en mode simple.

K — Le Yeuyage. Il réduit le père de fanûlle au rAie de forçat , disgr&ce bien pire que les faibles ennuis do célibat! Un pér^e, à moins de grande fortune, est transformé en galérien s'il reste veuf avec plusieurs enfants , et qu'il veuille les élever aux bonnes mœurs, à l'industrie ; et si le père décède avant leur majorité , l'inquiétude pour des enfants livrés à des mains mercenaires, la perspective des désastres qui vont fondre sur celte jeune famille , l'abreuveront de fiel à ses derniers moments.

yi — L'oRPHELHiAGE COMPOSÉ. La garantie du bonheur des enfants «st jouissance principale pour les père et mère : fétat conjugal ne garantit en aucun eas ce bienélre des orphelins. Les précautions de tutelle et curatelle ne suffisent nullement à préserver l'orphelin de lésion et spoliation.

Il y a plus : l'enfant est souvent orphelin négatif, dans les cas très-fréquents où des père et mère inhabiles dissipent le patrimoine qui devait lui échoir. Il est aussi malheureux et peut-être plus que s'il était orphelin po^ sidf par leur décès prématuré ; d'où il suit que l'état conjugal expose les enfants à deux orphelinages , sans garantie contre les lésions qui en doivent résulter. Aucun de ces vices ne peut se reproduire dans l'état sociétaire « qui pourtant ne spécule pas sur le lien conjugal.

Corollaire. — S'il est vrai que cette union maritale soit un gage de bonheur, d'où vient qu'une jeune veuve,

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qui jouit de quelque aisauce, est répulèe Irès-heureuse, plus qu'elle oe pourait Tôlre du vivant de sou mari, et que Topinion chez les deux sexes proclame le bonheur des jeunes veuves y surtout quand elles savent conserver leur liberté, ne pas tomber de Garjbde en Scjlla, du joug d'un mari sous le joug d'un hâbleur sentimental, mais se réserver l'indépendance en amours et le droit de changer d'amants?

Telle est la classe de femmes civilisées dont chacun vante le bonheur. Il n'en existe donc ni pour les fenmies ni pour les hommes dans le lien conjugal. En effet, la jeune femme n'est réputée heureuse que lorsqu'elle est Yeuve , ou lorsqu'elle a un mari assez débonnaire pour se départir des droits conjugaux , ne voir dans les alentours de l'épouse aucune liaison suspecte , l'élever au rang de ucENCiÉE en mariage, libre sous la tutelle d'un mattre Gctif. Telles sont les deux sortes de jeunes femmes citées comme heureuses ; mais , dans l'une ou l'autre condition de veuve ou lieeneiée, le bonheur de la jeune femme consiste à échapper au joug conjugal. Ce lien constitue donc le malheur et non le bonheur des femmes , dans le cas où les statuts en sont strictement observés.

Quant aux hommes , si on recueille leurs votes , on en trouvera les T/S"* en jérémiades sur les tribulations du mariage , surtout chez le pauvre , qui ne connaît du ménage que les misères. Mais à consulter les riches mêmes , qui n'ont à se plaindre ni d'inconduite, ni de lésion sur la dot , ni de mauvais caractère d'une épouse , on en voit encore la granie majorité s'écrier: « Quelle folie, quelle ) galère que ce mariage : ahl si c'était à refaire, on ne » m'y prendrait pas ! »

Ce lien perpétuel fut donc imaginé pour le malheur

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des hommes et des femmes; les rares exceptions conGrment le principe général. Il faut le redire sans cesse à tant d'ergotears qui allèguent des exceptions pour des rëgks.

Résumant sur cette analyse» je demanderai quel mari peut se flatter d'échapper à ces 16 disgrâces, dont souvent une seule suffit k faire le malheur de sa vie? Sur 100 individus mariés depuis 10 ans, n'en trouvera-t-on pas 99 qui auront à se plaindre, non pas d'une seule, mais de deux ou trois de ces disgrâces? Quelle source de leurre, en fait de bonheur, que ce lien de mariage, à moins de grande fortune! Quelle pauvreté de génie dans cette politique et cette morale , qui , en opposition au sérail vexatoire pour les femmes, n'ont su imaginer qu'un lien vexaloire pour les femmes et les hommes à la fois! tant il est vrai que la civilisation reproduit en mode composé tous les vices qu'on voit en mode simple dans l'état barbare t

En indemnité de ces misères conjugales dont on pourrait doubler et tripler le tableau, la morale promet aux époux des jouissances paternelles. Quelle garantie en offre-t-ello ? et â supposer une famille en plein accroissement , voyons de combien de mécomptes est menacé un père civilisé.

On en va juger par une table synoptique des levains de discorde que la jcivilisation crée entre les enfants et les pères, dans les régions les plus vantées pour leur morale et leur saine doctrine, conune l'Europe moderne, la Grèce antique et la Chine, tant prônée par l'abbé Raynal.

C'est ici de ces vérités qu'il faudrait taire , si l'on n'ap^ portait le remède au mal ; mais la découverte de l'antidote n'étant pas douteuse , les pères devront lire avec

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plaisir le tableau de leurs mécomptes et de leurs torts , soit pour se couvaincre de la déraison qui règne dans les calculs et devoirs d'affection réciproque entre enfants et pères » soit pour reconnaître combien Ton avait besoin d'one science autre que la philosophie , et d'une société autre que la civilisation, pour arriver à un équilibre passionnel en relations de Tamille.

des fieraies dm discorde entre Féi et EBteBto dvUisés.

K Incompatibilité de Caractères et de Goûts.

Vices d* autorité abunve,

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