‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 12 sur 90 · SECONDE PARTIE. INTER-LIM IN AIRES · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. INTER-LIM IN AIRES

bannie qu'ils n'ont jamais songé aux moyens de l'y introduire; tant la difficulté leur a paru insurmontable.

Cet obstacle, comme tant d'autres, tombe devant les Séries passionnelles : mais fitons-nous & l'objet de cet Intermède, qui est purement négatif, n'ayant d'autre but que de constater le mal actuel, et amortir la fougue des sophistes qui s'écrient c que tout est perdu, si on s'é' » carte de leurs méthodes coërciliyes et fautrices de la 9 dissimulation et de la perOdie, sous le masque d'appui « de la vérité. »

C'est au sujet le plus frivole en apparence, aux amours , que va se rattacher le plus grave des problèmes, celui du règne de la vérité: préalablement, donnons, sur l'emploi de la vérité, une boussole fixe, comme j'en € donnerai * sur l'estimation du bonheur, au t 7®. > cha^ pitre des c Cis- » légomènes.

Nous allons passer, dès le livre suivant, au calcul le plus effrayant pour la politique humaine , celui des équilibres passionnels. Quelle serait notre déconvenue , en pareille étude, si nous n'avions pas de boussoles théo-^ riques et pratiques sur l'emploi de cette vérité , gage de tout équilibre, en matériel et en passionnel !

Quant à présent, quelle vérité trouver dans les deux branches principales du passionnel, dans les relations d'amour et d'ambition? Ce sont des abîmes de fausseté. On ne s'en est guère inquiété quant à l'amour, qu'on a cru hors du domaine de la politique sociale , et bon seu^ lement à occuper Colin et Colette.

Loin de U : cette passion nous présentera des pro^ blêmes d'équilibre plus difficiles encore que ceux d'ambition, parce qu'en mécanique passionnelle ainsi qu'en musique, l'ordre mineur à moins d'accords que le majeur.

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Cependant que deviendrait le calcul de rAttraction ou Harmonie spontanée, s'il ne s'étendait pas à Famoar comme à l'ambition , et si on ne parvenait pas à établir en amoor la pleine dominance de la vérité? Ce sera le plus compliqué de tous les équilibres , le plus étendu en ramifications et ressorts. Il faut donc y disposer de loin les esprits ; tel est l'objet de ces Inter-liminaires, affectés à quelques analyses de nos ridicules sociaux en mode mineur, des bévues du régime civilisé en relations d'amour et de (amille.

CIS. — Théorème de remploi intégrât de la Vérité , de sa connexion en modes majeur et mineur.

Titre bien glacial, début bien pédantesque dans un intermède consacré à l'amour! Qu'on se rassure; les roses pourront se trouver à la suite des épines , et il me serait facile de semer de fleurs le chemin de cette nouvelle doctrine ; mais il est force de débuter sur le ton sévère en attaquant des illusions scientifiques; /a pr^^enfton de créer un bonheur public et privé, isolé de la vérité et des garanties.

Je consens, puisqu'on l'exige, à donner quelques pages aux détails amusants; qu'on me permette un article préalable sur la violation des principes. Je serai bref sur ce sujet.

Signalons d'abord Taveuglemenlde ceux qui prétendent introduire la vérité dans le- monde social , sans y comprendre les retations d^amour. Ils semblent ignorer que Kamour étant une des quatre passions cardinales, et l'une des plus puissantes, il suffit que celle-là soit faussée, pour fausser par contact le mécanisme des trois autres^

SECONDE PARTIE. INTER-LlMJIfAIRES. h&

c'esl-à-dîre tout le système social ; il est compris implicitemeDl dans les quatre passions cardinales :

Ordre majeur, Âmbiiian^ Amitié;

Ordre mineur. Amour, Familtisme.

Car on voit dans toute relation sociale quelqu'une de ces 4 passions coïncider avec l'exercice des 8 autres. Il suffirait donc, pour généraliser la vérité, de l'établir dans le jeu de ces 4 passions.

Le régime civilisé opère comme un ministre qui , vou-' lanl former un cordon contre la peste et devant bloquer une frontière de 80 lieues , ne placerait les troupes que sur une longueur de 60 lieues, et laisserait ouvert un quart de la frontière, 20 lieues, en libre passage aux pestiférés. Cette disposition serait digne de risée, et n'opposerait à la contagion qu'une barrière illusoire.

Tel est le fait de notre politique : elle ouvre à la fausselé plein accès dans la passion de l'amour, qui régit au moins le quart des relations sociales. Une fois introduite sur ce point , la fausseté gagne nécessairement les rela^ tions de famille , et bientôt tout le système, comme ferait une contagion à qui on ouvrirait le quart de la frontière infectée.

• Je c tracerai * le plan d'une éducation qui , dès l'entrée en puberté, ferme les voies â la fausseté des amours, en laissant aux penchants contrastés un essor suffisant, et assurant des récompenses de divers degrés à ceux qui se distingueront dans l'une et l'autre carrière , soit dans la virginité prolongée , soit dans l'exercice décent des amours précoces et fidèles.

J'ai prévu que ces coutumes , décrites en 4®. Notice , section 4 , livre 2 , paraîtraient choquantes et inadmissibles. Je prendrai l'engagement de réfuter les objections

d*ineompatibililé avec nos principes sociaux, et de donner sar ce point les éclaircissements les plus satisfaisants.

Provisoirement j'ai eu recours à un moyen dilatoire , à r hypothèse d'un tableau des mœurs et usages de la planète Herschel, en premiers amours. Ce n'était point une fiction : ces coutumes sont réellement celles de toute planète cardinale où les passions sont en plein équilibre en 8®. période sociale, Il , 33.

Sur notre planète retardée et arrêtée en 4®. et 5«. périodes, l'amour, comme les autres passions, n'engendre qu'égolsme et duplicité. Ces résultats sont-ils le vœu de la politique, de la morale et de la religion? Non, sans doute , puisqu'elles s'en indignent sans cesse, adressant à ce sujet les reproches les plus amers aux nations civilisées, que Jésus-Christ appelle race de vipères. C'est vraiment leur nom.

Il y a donc erreur sur le choix des coutumes applicables à la vérité , et notamment sur celles qui régissent Famour dans les divers âges. Nos coutumes sont visiblement en état de guerre avec nos principes.

Si Ton désire le règne de la vérité , si on la veut en réalité et non en rêve, il faudra donc s'étayer de mœurs fort opposées aux nôtres , et modifier en plein les relations cardinales; celles d'^amour et de famillisme, aussi bien que celfes d'ambition et d^amitiè.

Le siècle transigerait aisément sur ce qui touche aux relations majeures , ambition , amitié. On convient sans peine que tout est faux dans les relations dMnlérêt, qu'elles auraient besoin d'une réforme complète. Mais on prétend améKorer les mœurs en laissant à la contagion,, moitié du domaine social , toutes les relations mineiures d'amour et de famillisme.

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Débrouillons ce chaos de préventions qui régnent au sujet de la vérité active, c'est-à-dire vérité praticable» compatible avec l'attraction, avec l'intérêt et le plaisir. Ce sont les grands mattres du monde ; ils le seront toujours, même en Harmonie. Si donc la vérité, après 3,000 ans de bannissement , veut passer du dernier rang au premier; si elle veut saisir le gouvernail du navire social , il faut qu'elle avise enfin aux moyens de se concilier avec l'intérêt et le plaisir; de s'appliquer intégra» lement à l'ensemble des relations : car il est certain que si on laisse une branche du système social ouverte à la Tausseté, ce sera imiter le général qui laisserait une partie du cordon ouverte aux pestiférés. Ainsi opère la Civilisation.

Beau sujet de réflexions pour dos controversistes qui avaient oublié de porter en compte l'amour , dans leurs spéculations de vérité et de régénération. Je vais leur décrire les effets de cette omission , et les disposer à comprendre que vouloir à demi le régne de la vérité; admettre un partage entre elle et le mensonge ; céder au mensonge tout le domaine des amours, et par suite beaucoup d'autres , c'est consacrer te triomphe absolu de la fausseté : aussi envahit-elle eu entier tout le système civilisé.

Voilà de graves principes à propos de cet amour qu'on ne croyait bon qu'à occuper les romanciers : ainsi l'avaient persuadé nos subtils politiques, pour se dispenser de recherches sur le plus épineux des problèmes, celui du règne de la vérité en amours. Cependant, où sera l'unité d'action en mécanique sociale , si on admet que la fausseté doive dominer dans l'ordre mineur, dans les relations d'amour, et par suite dans celles de famillisme?

58 CIS-LÉGOMÈNES^.

Od n'admet point la fausseté, rèpliquent-i!s; on défend l'adultéré en mariage , et la fornication hors de mariage : puissant moyen , quand il est prouvé par le fait que les amours illicites sont sept feis plus nombreux que les conjugaux r On défend aussi de préférer les richesses à la Térité : le beau succès qu oni obtenu toutes ces prohibitions morales !

Résumons et déterminons Tes bonssotes en fait de Térité sociale ou praticable*

Boussole concrète ou pratique: elle est dans l'emploi des Séries pass. ; hors de ce mécanisme , tout est faux. De là* vient que l'ordre civilisé est aussi faux en relations majeures, astuces d'ambition, amitiés trompeuses, etc., qu'en relations mineures, amours ilKcites ti vénaux, familles discordantes et paternité incertaine.

Boussole abstraite ou théorique : elle est dans l'unité £T L'iNTÉGRALiTé de systèmo 9 qui exigent que toute mesure tendant à l'établissement de là vérité soit applicable aux relations majeures et mineures. U y a duplicité d'action, si on ne spécule que sur un seul des deux ordres, si on veut établir la vérité dans les relations sociales d'intérêt, sans Fétablirdans celles d'amour. Cette prétention simpliste engendre la fausseté générale : i\ faut y substituer le système composé^ une théorie applicable simultanément aux relations d'intérêt et d'amour.

La vérité une fois compatible avec l'ambition et Tamour s'étendra par suite aux relations d'amitié et de famille ; car il est , parmi les quatre passions cardinales , deux rectrices qui dirigent les deux autres.

Hyper -ntajeure , L'AiCBiTioir ; Hypo-maj. , l'amitié; Hyper -mineurs , l'amoob. Hypo-min, , le famillism e.

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Voilà , en théorie abstraite de vérité » le principe auquel deyait se rallier la science ; unité d'action et inté-graUté tf emploi. Si tout est lié dans le système de la nature , comme le disent nos oracles civilisés, ils doivent en conclure que tout est lié dans le système des passions, et que les relations d'amour doivent être comprises dans un système de vérité sociale. Or, comment y établir la vérité sans la liberté.

Mais cette liberté en amour n'est pas compatible avec Tordre civilisé et barbare : qu'en conclure , sinon que , pour arriver à la liberté et fa vérité, il faut découvrir une société autre que l'état civilisé et barbare, et que , pour la découvrir , il faut la chercher ?

Ainsi la boussole abstraite, règle d'uhité et h' mit-* GRALiTÉ de système que tout savant pouvait déterminer et proposer, aurait bien vite conduit à inventer la bous-^ sole concrète; car, en cherchant un état social différeni du civilisé ou morcelé, on se serait nécessairement occupé du sociétaire , dont l'étude aurait acheminé au calcul des Séries pass.

La philosophie n'a pas daigné spéculer sur l'unité eê ^intégralité en majeur et mineur. Toute préoccupée dechimères en liberté majeure ou licence ambitieuse , elle n'a point songé aux libertée mmeuree ou amoureuses. Elle a déelaré l'ordte mineur bon dans son organisation, actuelle. Sanctionnant ainsi la fausseté et la contrainte dans une moitié du mécanisme social, elle a dû s'attendre à voir la fausseté et la contrainte dominer dans l'autre moitié , dans l'ordre majeur , où il ne peut exister ni liberté ni vérité en Civilisation.

J'ai constaté l'absence de principes dans les théories actuelles sur Tamour ; c'était la première réponse à faire

60 ClS-LÉGOHÈSEff.

aux dèlracteurs qui criiiqaeront mes dispositions sur Tâge de puberté) 4*. Notiee , c Liyre 2, > où l'on Teira plein essor assuré à la liberté et à ta yérilé. Quel en sera Teffet? C'est de quoi je traiterai au Liyre 4. Continuons à modérer les critiques. par l'analyse des résultats de leur ouyrage. Disséquons ce beau système de contrainte et fausseté en amour, et yoyons s'il serait possible à l'esprit humain d'en imaginer un plus stupide.

CITER. — Etat de la Vérité sociale en relations mineures d'amour et de famUlisme.

La question doit être enyisagée en sens politique, moral et religieux, selon l'engagement pris de satisfaire à la fois les trois autorités.

L'examen des eonyenances religieuses est placé à la fin de l'article , yu la nécessité de traiter le fond ayant la forme : or , le fond comprend les débats du ressort de la politique et de la morale.

Au reste, les trois intérêts se compliqueront plus ou moins dans le cours de la discussion. L'on se rappellera que sous ie nom de vérité sociale, je désigne la yérité praticable et pratiquée, les réalités, et non les illusions.

§i 1 . -^ Politique, Son imt est de fonder le bonheur domestique sur les bonnes mœurs et l'anion des familles, et par conséquent sur la pratique.de la yérité ; car l'emploi des astuces, des perfidies, ne pewt engeiidrer que la discorde.

En principe général, on ne peut pas introduire la yérilé dans les relations de famille, sr elle ne régne pas en relations d'amour : analysons dans les unes^ et les autres l'état de la yérité.

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Déjà j'ai démontré , an Traos-Lude , que la politique établit qnadnipiicité d'action dans le système d'éducation, branche primordiale du famillisme.

La politique d'amour est de même faussée dans tout son système , et organisée en. quadrapiicité d'action et de conflit que je yais analyser.

QaadrUle du eonllis erotique»

K SéRAILS COMPOSÉS.

i . Amours vénaux; 3. Mœurs du petit monde; 2. Amours secrets ; 4. Maursdugrand mande. X Amours comprimés ou légaux.

L'examen détaillé de ces TÎces ya prouver la justesse du principe : c que le bonheur domestique ou familial est 1 inséparable de la yérité en régime d'amours : que si la

> politique manque l'équilibre en relations d'amour , elle 9 le manque par contre-coup en relations de famille; et

> que si la fausseté régne dans les amours, elle doit régner

> par suite dans le mécanisme domestique ou iamiliaK > Procédons à l'examen des faussetés et conflits du régime d'amours civilisés.

K Sérails composés. II existe de véritables sérails dans tous les pays civilisés où régne l'esclavage. Les Colons se font un sérail de leurs Négresses \ les graves Hollandais ont à Batavia des sérails de trois couleurs, assortis en femmes blaqches, mulâtresses ^t noires. C'est un engrenage en coutumes barbares, un caractère de transition; j*ai dû le noter du signe K.

Les sérails existent, quoiqu'on petit nombre, dans les pays exempts d'esclavage. On en a vu, à Versailles, ud sous le nom de Parc aux Cerfs. Combien demaisons aflioi* blées d'un masque décent et d'un titre pompeux ont été

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de jolis sérails , ouverts en secret à quelque haut et puissant seigneur! Au reste, un civilisé opulent na-^t-il pas pleine licence de se former, soit dans son domestique , soit ailleurs , un petit sérail , mettre en campagne des matrones ititelligentes, qui savent bien lui procurer femmes et filles de haut parage, la nombreuse famille

d'ÂRGENCOUR?

Jusqu'ici l'abus n'est que simple, qu'imitation des coutumes barbares que proscrivent la religion et la morale. Mais l'ordre civilisé, je l'ai fait remarquer plus d'une fois , a la propriété d'élever au mode composé tout vice que la barbarie exerce au mode simple. Celle-ci ne connaît que le sérail fixe et forcé: la civilisation en établit de pareils, comme on vientde le voir; en outre, elle y ajoute le sérail vague ou libre.

Qu'est-ce que le sérail vague? C'est Fapanage de tous les jeunes gens bien favorisés de la nature , et un peu de la fortune. Comment le sérail vague est-il organisé? On peut s'en informer vers le chevalier Joconde, qui vient sur les théâtres nous faire le récit de son genre de vie en séraU vague.

Sans me piquer d'être fidèle, C'était plutôt de la prudence;

Je courais d'amour en amour. Car des femmes , en vérité.

Je n'aimais jamais qu'une belle ; Je connais la légèreté ,

Je ne l'aimais guère qu'un jour. Et je ne les quittais d'avance.

Ce n'était pas de l'inconstance; Que pour n'en pas être quitté.

Joconde en avait donc 365 par an ! Réduisons et abonnons pour une cinquantaine. C'est à peu prés le train de vie de la plupart des jeunes gens riches ; du moins de la classe nombreuse dont les caractères inclinent au genre volage. On verra, au traité des caractères, que cette classe est en majorité des 3/4; et ce qui le prouve, c'est

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que Joconde est Tort applaudi des femmes comme des hommes y quand il fait trophée de pareilles moeurs.

c Applaudi! Eh, de queUe classe? dira-t*oii, d'une » tourbe de débauchés qui fréquentent les spectacles? » Mais, si d'autres ne les imitent pas, c'est souyeni parce qu'ils ne peuvent pas. La crainte des maladies siphyllitiques en raméme quelques-uns à la constance; l'intérêt, l'esprit de corps, le titre de caractère, en contiennent d*autres; mais supposez la bride lâchée, les humains abandonnés à la bonne nature, yous en verrez le plus grand nombre imiter Salomon et Joconde. Quoi de plus moral que les Hollandais, dans leur pays? Voyez ces mêmes hommes à Batavia.

Quoi qu'il en soit , l'analyse dépose que les civilisés élèvent au mode composé le vice de plurigamie, qui n'est que simple chez les Barbares; ceux-ci n'ayant que des sérails fixes , tandis que les civilisés en ont de fixes et de vagues. Tout jeune citadin un peu avantagé de la nature et de la fortune sait se former un sérail vague, assortien femmes de tous rangs, et sans être comme les Barbares, astreint à faire les frais de leur entretien. Loin de là, il en est bon nombre qui grugent et spolient les femmes.

J'ai parlé du vice de transition; examinons plus brièvement les vices du quadrille de conflit.

10. Les amours vénaux. Il en est de beaucoup d'espèces : la vénalité en amour ne se borne pas aux Glles du bazar. Combien d'hommes et femmes de haut parage sont enclins à ce genre de corruption I Sanchez est d'avis qu'une femme a le droit de se vêtir d'un fichu clair quand elle va solliciter un procès : dans ce cas, la solliciteuse et te juge qui s'y laisse prendre ne sont-ils pas deux cham-

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pions d'amour vénal? On pourrait leur accoler beaucoup d'autres classes et des plus huppées ; mais soyons discrets en parlant de la bonne compagnie.

Quant au peuple, sa vénalité en amour n'est pas un mystère : on en connaît même les tarifs, comme ceux des prix courants de la bourse : et faut-il s'en étoimer, quand on voit des tarifs établis sur des vertus de plus fort calibre, comme celles des représentants d'une nation? Walpôle ne disait-il pas qu'il avait dans son portefeuille le tarif de toutes les probités du parlement d'Angleterre?

Sous le règne de teHes moeurs, comment la politique , la morale et la religion atteindront-elles à leur but , an bonheur domestique fondé sur la fidélité conjugale des épouses, la continence des filles, et le règne de l'auguste vérité dans les relations domestiques?

20. La amours secrets. C'est encore une kyrielle des plus volumineuses. J'en abandonne le compte aux statisticiens; ils en rempliront pour la seule ville de Paris dix tomes aussi épais que l'almanach royal. Tout ce manège pourtant est violation des lois morales, civiles et religieuses : quelle insubordination dans ce monde galant, quelle rébellion à la morale douce et pure! et comment, à l'aspect de tant d'infractions notoires ou secrètes, peuton tarder à reconnaître

Ou que le régime des amours est oi^anisé à contresens des convenances de la vérité et de la morale ;

Ou que si un tel régime est inséparable de la civilisation, cette société est Tanlipode de la morale et de la vérité?

3<>. Les mesure du petit monde, el surloot de la catégorie nommée petites boui^eoises, bouttqwères, griscttes, etc. Elles sont, ayant le mariage, une classe àm

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femmes enlièfement libres , sarloot dans les grandes Tilles. Elles ont des amants affichés , à la barbe de père et mère ; elles en ont à rechange en toute occasion , tant connus qu'inconnus ; enfin elles jouissent à profusion de ce qui est refusé aux demoiselles d'un rang supérieur. Elles passent leur jeunesse h yolliger d'homme en homme. Vraies jogondines , elles n'en sont que plus intelligentes au trarail , et plus habiles à empaumer quelqu'innocent » qui les épouse quand elles sont sur le retour.

Cetle classe est par le fait ÉvAifcipés, aussi bien que s'il existait pleine liberté en amour. Et pourtant ladite classe» ouyertement dégagée du frein des lois cifiles, religieuses et morales, forme moitié de la population féminine des grandes villes , où les saines doctrines de la morale douce et pure sont prodiguées au peuple.

En fait de petit monde ^ je m'abstiens de citer les soubrettes et chambrières, qui sont censées n'avoir pas connaissance des lois de continence; du moins agissent-elles comme si elles n'en avaient jamais oui parler, bien qu'elles soient , comme les petites bourgeoises , assidues au prône,, où on leur enseigne ces préceptes. Que penser, après cela , des mesures prises par la politique, la religion et la morale, pour mettre un frein aux amours? Ne doit-on pas soupçonner un trio d'erreurs dans les trois systèmes répressifs?

i^. Lei mosun du grand monde, ou classe des gens comme il faut , qui se dispensent des lois morales , tout en les protégeant comme bonnes à contenir le petit peuple. Chez des gens comme il faut, le mari a ses mattresses connues, et la dame ses amants connus. Cela concourt à l'harmonie du ménage. C'est ce qu'on appelle savoir vivre.

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Un pelîl inconvénient de ces mœurs dites ccmme U faiU est qu'on ne sait trop de quel père sont les enfants : mais la loi is pater est , etc. , y a pourvu , et ne laisse aucune équivoque, en dépit de certaines ressemblances qui pourraient jeter du louche sur Torigine des tendres enfants.

La médecine yient à l'appui de la loi » en déclarant que ces ressemblances peuvent provenir de regards que la femme enceinte aura jetés sur quelqu'honoune dont la physionomie l'aura frappée. A-t-elle regardé un nègre , c'en est assez pour qu*elle accouche d'un mulâtre ! Or, si l'affaire ne tient qu'à des regards, un mari aurait bien mau^ yaise grâce à concevoir des doutes , contre le témoignage de la loi et de la médecine, aussi infaillibles l'une que l'autre.

D'autre part, des voisins et amis bien endoctrinés garantissent au père que cet enfant lui ressemble beaucoup. Les gens qui n'en croient rien se bornent au silence ; dès-lors tout s'accorde à favoriser et légitimer la fraude sur pareil article.

D'ailleurs, n'est-il pas de fort mauvais ton d'être jaloux de sa femme? Si l'on veut mériter le titre de bon mari, il faut avoir une foi vive et croire quU ne peut rien $e passer entre gens de bonne compagnie. Voilà le précepte moral , quant aux bourgeois.

Mais les maris du grand monde y regardent-ils de si près? La plupart ont spéculé sur une dot ou une alliance utile; ils ne sont peut-être pas trompés sur ce point. Souvent encore ils ont une spéculation accessoire et fort commode, qui est d'attirer chez eux, à titre d'amies de madame, force jeunes femmes et demoiselles, les courtiser du gré même de la dame qui ferme les yeux, selon la règle, passe-mot la rhubarbe , je te passe le séné^

Seconde partie, inter-limik aires. 67

Dans le cas de oe concert anti-moral d'une jeune femoM et d'un mari rusé qui s'entend avec elle pour faire du ma* riage un masque d'intrigues , la maison devient une arène de haut tripotage où l'on dirige l'opinion, où l'on fait et défait les réputations. Une telle coterie est en grand crédit; elle eierce le matronage composé, qui est une des belles ordures de civilisation , un des trophées de l'auguste vérité. Ladite maison a plein accès vers les puissances; elle obtient les grâces, les sinécures; elle fait des colonels, de l'aveu même de Bonaparte, qui reprochait à pareilles dames de s'en être vantées. Si elles en faisaient sous lui, sous quel règne n'en feront-elles pas?

Une matrone simple se fait tancer et rançonner par la police ; une matrone composée , opérant sous Tégide du mariage et du mari, marche à la haute fortune , distribue des sinécures. Tant il est vrai qu'en vice comme en vertu , la nature n'attache le bonheur qu'au mouvement composé.

Ainsi va le- monde civilisé , il n'y a que dupes et rieurs. Faites de la morale et du mariage un masque d'orgie , et tout vous réussira. Critiques rebattues, si l'on veut, mais nécessaires dans une réplique aux partisans de la contrainte : il faut les confondre par le tableau des fruits de leur système.

Voilà ^ en cinq articles^ un exposé du rôle que joue l'auguste vérité dans le monde erotique. Voilà le quadrille de conflit bien établi en amour comme on le verra en famillisme, branche de l'éducation, Trans-Lude. Singulier effet des dispositions de cette politique , dont tous les régulateurs prétendent à l'unité d'action , et ne jurent que par l'unité et la vérité. On ne saurait voir la fausseté et la quadruplicité d'action mieux établies dans l'ordre

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mineur : peuvent-elles manquer d'envahir les relations majeures, ambition et amitié?

>^ Il reste à parler du pivot en monde erotique : c'est la classe contenue et légalement vertueuse. Il est quelques jeunes personnes si bien surveillées par des pères et maris, qu'elles sont obligées, les unes à la continence, les autres à la fidélité. Leur nombre , bien plus petit qu'il ne paraît, accuse là loi qui rallie si peu de monde à son drapeau, et qui n'a guère de soldats que ceux qu'elle enchaîne. Si l'on distingue la classe des épouses fidèles en libres et forcées, pourrait-on garantir qu'après dix ans de mariage, il en restât

Un millionième de fidèles spontanément ;

Un centième de fidèles force'ment?

[La Bruybhk.]

Lorsqu'une législation est parveaue à de tels résultats, on peut la sommer de se juger elle-même. Une loi n'estelle pas une œuvre de démence, quand elle ne compte pas un centième d'observateurs parmi ceux qu'elle doit régir ; quand elle créa parmi les 99/100*** quatre classes dont chacune opère à contre-sens du vœu de la loi , de la vérité et de l'unité, et ajoute à l'infraction quelque vice choquant, comme vénalité , fraude en lignée, etc., etc. ? Comment se fait-il qu'en voyant de telles bizarreries , un tel conflit de faussetés , la philosophie dite Politique ait tardé 3000 ans à mettre en question , s'il n'y a pas aberration du génie social dans cette législation répressive des amours , si elle est le ressort à employer pour conduire les nations dans les voies de la vérité ?

§.2. — Morale. Examinons si, en spéculant sur le système répressif, la morale aura mieux réussi que la politique à établir le règne de la vérité dans les relations

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mineures. Je les ai analysées politiquement en sens d'amour; nous les envisagerons ici en sens de famillisme.

La morale considérant l'amour comme un léger accessoire » et ne plaçant le bonheur de l'homme que dans les plaisirs de lamille, l'union des ménages et les yerlus champêtres, il faut,, pour ahonder dans son sens, traiter spécialement la branche familiale des relations mineures. Distinguons-la 'en plaisirs conjugaux et plaisirs paternes.

Dans les tableaux que j'en vais donner, on se rappellera que je parle de la classe immensément nombreuse qui n'a que le nécessaire de fortune. La classe riche n'étant qu'en très-petite exception ne saurait entrer en compte dans les analyses générales , où l'exception, comme partout, confirme la règle.

csanume des dlsyrAees «le l*état eonjusal.

K Le teuyage. -yi L'orphelinage composé.

i . Le malheur hasardé. 7. Le disoord en éducation,

3. La disparate de goûts, - 8.* Les placements et dots, 3 . Les in cidents complicatifs, 9 . La séparation des en fan ts.

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