Composée postérieure
g (5. Collusoire :
2 Politiques | 6. Conflictive :
\ 7. Répercutée:
Y Déraison spéculative.
j^ Provocation a l'égoIsme.
* [ Scandale de &usse affection , perfidie recoonae , mariage ab irato.
Pères, affection feinsëe; filles sacrifiées au clottre, et
cadets.
lia. Privation de lien ,
Embarras de domesticité, marâtres* ]
98 <:is-l£gohènes.
^ Stagnation en échelle : tout languit sur ce globe ; nul progrès vers le bien, quoi qu'en disent les chantres de perfectibilité. Au lieu de progrès , c'est de la dègénération qu'on observe de toute part. On ne voit que subversion matérielle des climats, et subversion politique des sociétés* A l'heure où j'écris, l®*'. juin 1822, on en distingue deux effets bien frappants»
Subversion matérielle. Dernière semaine de mai 1821 , gelées qui enlèvent moitié de diverses récoltes, et saison hivernale prolongée et consécutive plusieurs se-maines avant et après cette époque. Dernière semaine de mai 1822, chaleurs de h canicule; thermomètre de Réaumur à 25 degrés , avec saison estivale consécutive depuis plusieurs semaines , quoiqu'en printemps.
Subversion SPIRITUELLE. Mai 1822, indifférence parmi la chrétienté sur ce que ses féroces amis, les Turcs, ont égorgé à Scio 40,000 chrétiens sans défense , la plu^ part faisant acte de soumission, et 20,000 femmes âgées; •mmené 20,000 jeunes femmes en esclavage, et 40,000 •nfants pour les élever dans la religion mahométane. Grands éloges à la Russie , sur ce qu'elle reste , avec ses 912,000 soldats, spectatrice indifférente du massacre d'une nation chrétienne dont elle est , par les traités de Kainardgi et Bucharest, protectrice obligée.
Sur tant d'horreurs, la mercantile Europe ne donne pas même signe d^émotion : ce bouleversement des mœurs, des saisons et des esprits, n'est-il pas un témoignage irrécusable de subversion physique et morale ?
Mais quel rapport entre ces événements et le mariage, sujet de l'article ? Un rapport très-intime ; l'article tend h prouver que le monde social tombe en marche rétrograde, s'il tarde à utiliser les essors du mouvement , tel^
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que mariage , commerce, [concentration actionnaire, 4^. phase ] et autres. Les conserrer arec lears yices , n'essayer ni ne chercher de remède , c'est une stagnation qui mène à l'empirisme, de même qu'une maladie négligée fait bientôt un progrès colossal.
On n'est pas impunément stationnaire en mourement social. L'immobilisme ranté par de petits esprits a déjà ta propriété notoire de détériorer forêts et climatures : il yient un temps où le mal matériel engendre le spirituel , et tous deux réunis ont bientôt miné un globe : le nôtre est arrivé à ce point de dégradation; il pèche par stagnation sociale et délai de transition , empirisme par commerce et mariage. C'est un caractère négatif, et par cette raison noté ^ inverse. Je passe aux caractères de gamme positive.
i^. Dépravation mteme masculine. Le monde se composant de dupes et de fripons, il semble que les institutions devraient favoriser la classe exposée aux duperies. Le mariage , au contraire , est tout au désavantage des gens confiants; il semble inventé pour récompenser les pervers. Plus un homme est astucieux et séducteur, plus il lui est facile d'arriver par le mariage à la fortune et à l'estime publique. Mettez en jeu les ressorts les plus infâmes poiir obtenir un riche parti, dès que vous étés parvenu à épouser, vous devenez un petit saint, un modèle de vertu. Acquérir tout à coup une grande fortune pour la peine de jouir d'une jeune personne , c'est un résultat si plaisant que l'opinion pardonne tout à l'intrigant qui sait faire ce coup de partie : il est déclaré de toutes voix bon mari , bon père , bon gendre , bon parent , bon ami , bon voisin , bon citoyen , bon républicain. Tel est aujourd'hui le style des apolo-
{ 00 gis-l£gohên£S .
gistes : ils ne sauraient louer un quidam , sans le déclarer bon de la tête aux pieds ^ en grw et en détail.
Un riche mariage est comparable au bapièiae par la promptitude avec laquelle il efface toute souillure anté-* rieure. Les pères et mères ne sauraient donc faire mieux que de stimuler leurs (ils à tenter , pour obtenir ua riche parti, toutes voies bonnes ou mauvaises , puisque le mariage, frai baptême civil ^ efface tous péchés aux yeux de Topinion. Elle n'a pas la môme indtdgatee pour les autres parvenus; elle leur rappelle longtemps iesturpi-tudes qui les ont conduits à la fortune.
D'autre part, quelle voie de succès en mariage peut trouver un innocent qui , docile aux lois civiles et reiir gieuses , déclare qu'il veut conserver sa virginké jusqu'à 30 ans pour l'apporter en dot à son épouse future , et que fidèle aux préceptes de l'excellent livre nommé Inr traduction à la vie dévote y il s'abstiendra jusqu'à 30 ans de boire dans le gobelet de la paillardise, du vin de la prostitution de Babylone ? S'il s'avise de faire cette dé-^ ciaration, quel pk les femmes li^i en sauront-elles? il sera badiné par les mères comme par les filles ; et à égalité de fortune , d'âge, de physique , etc., toutes prér féreront le jeune homme exercé au dadais qui garde sa virginité selon les ordres de la morale.
I^s avantages en recherche de mariage sont donc en* tiërement du côté des intrigants et des pervers : d'où il suit que ce nœud est une amorpe à la dépravation masr culine simple ou personnelle.
(«) 20. Dépravation simple féminine. Même récomr
(^) On lit en marge : [Hebelcment conjugal , ^
Communication de vices. ]
SECONDE t>A&TI£. INTER*L1M1MA1RES. 101
pense anx libertines el aax rouées ; le mariage n'a de belles chances que pour elles. Un riche et vieux garçon ne veut pas se marier; il a beaucoup de pareols pauvres; son hé* ritage leur est déTolu ajuste titre; mais une sirène» une servante maîtresse vient à la traverse, et fascine si adroite-^ ment le barbon, qu'elle lui fait sauter le pas, signer contrat et donation de biens, aux dépens des pauvres parents.
Que serait-il arrivé si la gouvernante eût voulu vivre moralement avec son maître , hn interdire toute privauté contraire à la morale douce et pure? Elle aurait manqué son bien-être ; le Cassandre Taurail éconduite pour en prendre une plus traitable. Qu'on passe en revue toutes les autres chances, et l'on verra que le succès pour les femmes n'est assuré qu'à celles qui savent cajoler un prétendant , ieune ou vieux.
Voilà le vice féminin en sens actif : observons*le en sens passif, en influence du mariage pour vicier subi* tement les femmes. Rien de plus général que la docilité d'une ^oose à adopter les défauts d'un mari, sans adopter ses bonnes qualités. Mariez une Agnès à un fripon, elle sera bientôt l'émule du mari en friponnerie , sa complice en recélement. Mariez cette Agnès à Robespierre , elle sera , le mois suivant , sinon égale en fôrocité , au moins complice ; elle le flattera dans tous ses crimes.
Si on la marie à un homme vertueux, loin d'adopter ses vertus, elle ne suivra que les impressions de quelque libertin qui la courtisera. Brillante propriété du mariage! il communique aux femmes les vices de l'homme, et jamais ses vertus. Or , comme il y a chez les maris civilisés 99/100"*. de vice pour l/lOO». de vertu, il faut estimer en même rapport le perfectionnement moral que le mariage produit chez le sexe féminin.
102 CIS-LÉGOHÈNES.
Les deux articles précédents ont traité de la dépravation individuelle y passons à la collective, et posons en principe que la coutume du mariage excite chacun des deux sexes à s'ingénier et se concerter cabalistiquement sur les moyens de tromper Fautre sexe : j'en vais donner les preuves de fait.
3^. Dépravation collective antérieure. Il est bien avéré que tous les hommes considèrent le mariage comme un piège qui leur serait tendu. Ce sont les pères mêmes qui excitent les fils à envisager ainsi le nœud conjugal ; et pourquoi? C'est que les pères, sachant par expérience que la duperie en ce genre est irréparable, s'efforcent de persuader à leurs enfants cette vérité , de les rendre cauteleux et cupides en négociation de mariage.
Aussi les trenlenaires ou candidats, avant de franchir ce pas, s'épuisent-ils en calculs. Rien de plus plaisant que les instructions qu'ils se donnent sur la manière de façonner l'épouse au joug, et de l'ensorceler de préjugés. Rien de plus curieux que ces conciliabules de garçons , où l'on fait l'analyse critique des demoiselles à marier, et des embûches tendues par les pères qui cherchent à se défaire de leurs filles. Après tous ces débats, on les entend conclure qu'il faut s'attachera l'argent; que si Ton risque d'être dupe de la femme , il faut au moins n'être pas dupe sur la dot, et s'assurer, en prenant femme , une indemnité qui compense les inconvénients du mariage , en termes de l'art, les attrapes.
Ainsi raisonnent entre eux les hommes à marier : telles sont les dispositions qu'ils apportent à ces nœuds de i'hyménée, à ces douceurs philosophiques du ménage. Les femmes sont-elles moins perverses dans leurs comités consultatifs sur le mariage , sur la conduite à tenir
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pour ensorceler et maîtriser un homme , en faire un de ces niais quon appelle bans marU , Toyant tout ayec les yeux de la foi ?
En politique spéculatif e » quelle considération mérite un lien dont les incoofénients notoires excitent les deux sexes à se défier l'un de l'autre ayant de le contracter ; s'endoctriner sur les moyens d'échapper au trébuchet, et d'y prendre ses concurrents! Comment un nœud perpétuel auquel on prélude par ces yîles spéculations , n'at-il pas été suspecté par des écrirains qai se disent amis de l'auguste vérité !
N'omettons pas, en dépravation antérieure, les incestes et fornications spéculatives. Tel préfère» à égalité de dot, la famille qui a beaucoup de filles, parce qu'une fois installé chez elle à titre de beau-frère, il se formera aisément un sérail des belles-sœurs el de leurs amies : calcul aussi fréquent chez les hommes à marier que Test chez les mères celui de fixer un amant auprès d'elles, en lui donnant leur fille 1 Combien ces spéculations antérieures au mariage fourniront de belles pages dans Jes fastes de T auguste vérité civilisée I
40. Dëprayation collective postérieure. L'infidélité n'est que dépravation simple ou personnelle; ce même vice devient composé quand il est d'accord entre les deux époux (68), et collectif, quand il est soutenu par les deux sexes, à l'unanimité publique ou secrète.
La violation des lois conjugales est d'unanimité publique en divers pays, par le fait ou le droit, et quelquefois par l'un et l'autre , comme en Italie. L'adultère y jouit d'une protection légale ; on le stipule en contrat de mariage; l'acte mentionne l'admission de tel individu è titre de sizIsbèe de madame , et conservant malgré le
lOi CIS-LÉGOMÈRES.
mariage un droit de privautés avec elle. C'est une bigamie contractuelle.
En d^autres pays les usages ont autorisé l'adultère mystique : en Espagne, au iO^. siècle, tout prêtre, tout moine , avait ie droib d'entrer chez une femme , et , en laissant ses sandales à la porte, il interdisait l'accès de rappartement au mari même , qui ne devait pas franchir cette barrière. Un toi usage avait presque force de loi ; si quelque» maris y rèsistaieni , beaucoup s'y soumettaient. L'abus devenait dépravation collective , puisqu'il était appuyé de la majorité en opinion.
^ Dans ce 4^. caractère est comprise l'inSdéfitè combinée, dont j'ai déjà parlé sous le nom de matronage composé (68), mœurs de certains ménages où la concorde naît de €6 qu'on s'y passe rèetproquement la rhubarbe et le séné. Cet accord est positif quand* les époux sont de concert pour spéculer sur le double adultère : il est négatif quand les époux , sans convention verbale^ ferment les yeux sur leurs inGdèlités respectives. Ce vice très-fréquent dans les ménages doit obtenir le suffinage de nos économistes , car il est le meilleur gage de balanàe, eonifre-poids , garantie, équilibre. La paix est assurée dans le ménage, quand madame » son. amant et monsieur sa maîtresse : mais c'est une paix par voie passive et scissioimaire ; elle est de voie active et combinée dans le matronage composé.
Telles sont les 4 dépravations cardinales qu'engendre l'état conjugal. Je ne les ai analysées que sous le rapport de Tamour: il faudrait y ajouter la corruption en sens de famillisme. Par exemple , en titre descendant ou paternel on citerait la bassesse obligée des pères , les démarches auxquelles ils s'abaissent pour le placement des enfants ,
ÀEÉONDE PARTIE. intER-LIlUNAIRES. 105
et surtout pour le mariage de leurs filles, même des bieD dotées.
Je conçois que l'amour paternel puisse les aveugler sur l'infamie des eajoleries auxquelles ils sont réduits pour amoreer les épouseurs ; au moins oonfesscront^ils que ce rôle est pmir eux un océan d'humiliations. Combien ceux qui sont chargés de fiHes doivenMIs désirer qu'on in* yente un nouyel ordre domestique où le mariage n'existe plus , et crà les pères soient déKvrés du souci de procurer à leurs fiHes des dots et des époux! combien doiyent-ils d'actions de grâces à celui qui leur apporte cette invention.
5<>. Dépravation collusoire. Un effet bbarre du mariage (effet dont on indiquera les causes) est que les diverses classes de la société, qvoique suffisamment éclairées sur le piège, s'y poussent à l'envi.
ÂNTÉRieuREMENT , tout coospirc à y entraîner les sages comme les fous. La momie prend l'initiative en prônant les charmes ineffables du doux ménage; et si on lui objecte les ennuis du ménage sans argent, elle répond en style fataliste que nous sommes destinés en cette vie aux tribulations, et qu'il faut savoir se résigner.
La politique l'excite parce qu'elle sait que le célibataire incline à l'insouciance, et qu'il ne deviendra soucieux qu'à l'aspect d'enfants talomiès par la famine.
L'économisme prouve qu'une fMirmilIière de populace est l'enseigne de la sagesse administrative. Le gouvernement adhère à ces fausses doctrines qui légitiment les spéculations ambitieuses d'un conquérant sur l'affluence de soldats.
Ainsi tout concourt à couvrir le piège de fleurs : ceux mêmes qui y sont tombés et qui s'en désolent en secret y entraînent le célibatmre , soit pour placer une de leurs
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filles 9 soit par jalousie de le voir à Tabri des ennuis conjugaux.
PosTéRiECREMfiNT» tout conspire à jeter le père dans un autre piège, celui de la fourmilliëre d'enfants. Il y est poussé d'abord par la pauvreté et le désespoir. Le peuple fabrique des enfants par douzaines , en disant : Ils ne seront pas plus malheureux que nous.
Dans la classe aisée , un mari est incité par de perfides ToisinSy complices de l'accroissement de sa famille » ils lui disent que c*est Dieu qui les envoie > et qu'il n'y a jamais trop d'honnêtes gens. Dieu n'en enverrait pas tant , si les Toisins et amis ne s'y entremettaient pas.
D'Butre part » les dogmes religieux , plus sévères que dans l'antiquité, interdisent au mari certaines précautions que dicte la prudence : Interdictio semen effundendi extra vas delitum. La femme l'exige par masque de piété ; son vrai motif est de légitimer les œuvres d'un amant.
Ainsi tout s'accorde à pousser dans l'abtme un chef de iamille , joncher d'enfants son pauvre ménage, et le conduire par cette pullulation à la pauvreté , source de tous les vices.
6^^. Dépravation de conflit : la protection qu'accordent l'opinion et la loi aux classes de contrevenants les plus audacieux. Examinons cet effet en masculin et en féminin.
Masculin. L'adultère est déclaré crime, et pourtant un homme jouit dans la bonne société d'une considération proportionnée au nombre de ses adultères connus , affichés et protégés de fait par la loi qui tolère , d'après le motif, cela nestpas prouvé. On admire un Alcibiade , un Richelieu y qui ont suborné une infinité de femmes ma-