‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 20 sur 90 · CIS-LÉG0MÈ]^ES · texte numérisé non relu

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ne commençât à désabuser les esprits sur le mérite de ces marchands si sottement révérés de notre siècle.

Supposons qu'à cette analyse de la banqueroute on ajoute celle de l'agiotage, distribuée de même en ordres, genres, espèces, variétés, etc.; puis celle d'autres caractères, comme l'accaparement , l'usure, les fourberies théoriques et pratiques du gros et du détail ; puis successivement les autres crimes du tableau (II, i80) : l'opinion à la fin serait tout à fait insurgée contre le commerce; elle en viendrait à l'accuser en masse, et reconnaître que ta société doit se précautionner contre lui , l'astreindre à une garantie solidaire , le contraindre à devenir assureur de lui-même. Celle réforme une fois introduite , le monde social échapperait par le fait à la civilisation et marcherait à grands pas au Garantisme.

Ces voies de progrès social sont manquées , si on attaque le vice mollement ^ confusément et partiellement , k ta manière des philosophes» Il faut dans l'attaque les trois conditions de vigueur, méthode, intégralité.

Loin de là; sur tant d'espèces de banqueroutes dont A sera facile de quadrupler le tableau , ta. littérature en dénonce à peine deux ou trois, sans méthode*, sans classement. Cependant , si l'on manque à désigner tes ordres, tes genres, les espèces, on ne peut donner aucune saillie aux tableaux du vice , et les faibles critiques ne servent qu'à familiariser l'opinion avec le règne du désordre : effet ordinaire des demi-mesures; eHes aggravent te mat! Nous allons mieux juger de leur insuffisance partes fautes que la morale a commises au sujet de t'adultère, dont je mets ici le tableau en parallèle.

Dans l'analyse de l'adultère comme dans celle de la banqueroute , les écrivains ont ù peine effleuré le sujet et

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n*en ont présenté qneles côtés plaisants. Molière, auteur qui en a traité di?ers genres , semble n'avoir écrit qu'en faveur des coupables. Telle est la dépravation de la littérature , qu^elle fait de tous les vices un objet de spéculalion mercantile, «t leur donne des forces en feignant de les corriger par une critique illusoire.

Son premier tort est de manquer de vigueur : elle en a mis si peu dans l'attaque de l'adultère , qu'aujourd'hui l'opinion l'a innocenté au point qu'il n'est pas même permis d'en prononcer le nom. Les mots d'adultère et cocuage sont réprouvés par la scène et la bonne compagnie : quel nom faut-il donc employer? Un nouveau mot, une néologie , comme les noms de coiffuage et coiffu , puisque celui de cocu semble trivial, et que celui d'adultère semble pédantesque.

Mais à quoi bon cette indulgence el ces capitulations avec le vice ? la disgrftce où est tombé le mot cocuage ne sert qu'à constater le progrès de la chose , et la mollesse des écrivains qui s'agenouillent devant le vice , au lieu de lui présenter courageusement un ample miroir , un tableau méthodique et intégral des ordres, genres, espèces et variétés de l'adultère.

L'un des journaux de Paris (Gazette de France), voulant un jour en donner une analyse méthodique , borna sa division à trois espèces, et $ans oser les désigner par un nom spécial. Il rappelait à peu près les personnages de Molière : le George Dandin, l'Arnolphe et l'Imaginaire. £st-ce définir un vice dont les variétés sont innombrables , que d'en présenter seulement trois? Il faut un tableau intégral , une grande série qui embrasse et distingue amplement les ramifications et degrés.

Je pourrais donner cette hiérarchie du cocuage en

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parallèle avec celle de la banqueroute. J'ai un tableau de 72 modèles bien distincts, en ordres , genres et espèces, par série mixte dont suit la distribution.

Cis. Afle ascead«. Centre. Aile descende. Trans.

Le K®. 1 doit être donné au coeu en herbe ou dupé antérieurement à la noce. Je fe désigne par le nom admis sur la scène française ,

Et ne l'être quVn herbe, est poiir lui pen de chose.

MOUEBE.

Par opposition, le N^. 72, qui termine la série, doit être le coeu posthumisè.

Deux ans encor après yaecouehaî d^un posthume.

Regrabd.

On admet en France des enfants posthumes d'^un a». Je pourrais citer lé tribunal qui a rendu l'arrêt.

Remarquons, à la honte du siècle et pour la confusion de ses sciences politiques el morales ,. que l'opinion condamnerait cette analyse de l'adultère comine trop juste ,. trop exacte et trop complète ; chacun se reconnaîtrait dans Tune des f 44 espèces de cocuage ( 72 en hommes et 72 en femmes, dont le cocuage est de titres différents de ceux des hommes).

Rien ne constate mieux ta dèprayation et Ta chariatanerie morales que ce refus d'entendre les tableaux d'un yice, de ses degrés et ramifications. Je n'ose pas même les donner nominafement, comme celui de la banqueroute, qui est admissible parce qu'il ne déplatt qu'à une portion du corps social , qu'à une moitié de ds^tse; tandis que sur le tableau du cocuage on pourrait trop aisément disceraer le rang occupé par chaque citoyen ou citoyenne , les

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femmes n'étant pas moins cocues que les hommes. Le théâtre n'a glosé jusqu'ici que sur les hommes : j'estime que l'analyse des cocuages féminins serait aussi digne d'attention que celle des masculins ; le sujet serait des plus neufs ; il est tout à fait oublié.

J'avais promis (54) que les roses pourraient succéder aux épines , et qu'il serait aisé de semer le chemin de fleurs : ce n'est pas moi qui m'y refuse ; je supprime à regret les deux analyses dont je ?iens de parler : elles auraient fourni deux articles amusants , plus longs que le Citer et l'Ulter, et réunissant l'utile à l'agréable; car ils auraient démontré la justesse des deux théorèmes (Cis 34 et Trans 42i ) sur lesquels je rais conclure.

POST. — Ralliement des 2 théorieê Cis et Taans.

C'est ici le décompte des ycrbiages sur l'auguste vé-^ rite. J'ai examiné, dans ces Liminaires , en quel sens elle peut être utile aux nations policées, notamment en amour, Pr^.

Jusqu'à présent la vérité , en affaires sociales, n'a que trois emplois connus : i^. ridiculiser un homme, S9. le ruiner, 5^. le faire pendre. Je parle ici des relations majeures , celles d'ambition et d'amitié collective.

On a vu que la pauvre vérité n'est pas moins malencontreuse en relations mineures d'amour et de famillisme. Quel emploi peut-elle donc trouver en civilisation?

J'ai démontré qu'elle n'y peut être utilisée que par emploi INTÉGRAL^ par tableaux du vice méthodiquement et complètement classés, avec détail d'ordres, genres, espèces, variétés, elc.

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Ces analyses intégrales, par série graduée en ordres , genres, espèces , variétés, etc., ont le don d'exciter facilement l'intérêt. Elles sont la voie que Dieu a choisie pour répandre les lumières sociales et dissiper les illusions sophistiques. Il a dû y attacher un charme d'attraction qui s'augmentera lorsqu'on saura disposer les tableaux par séries mesurées , bien plus saillantes que les libres ei les mixtes.

Mais à ne classer qu'en mode libre, comme celui-ci, la vérité en acquiert déjà un relief suffisant à démasquer le vice. Qu'on juge de l'effet que produirait un traité de ces analyses appliquées à tous les crimes du commerce (II, 219), puis aux subdivisions; cardans le 46®. caractère. Parasitisme, on trouve une catégorie, celle des courtiers, susceptible d'une analyse de crimes d'espèce aussi nombreux que ceux des banqueroutiers.

Ces branches de critique sont absolument négligées. La philosophie habitue le siècle à révérer, sous le nom d'opérations, tous les brigandages mercantiles, même ceux des courtiers. Leurs menées spoliatrices de l'industrie, telles que le ricochet, la poussette, le soubresaut, la bascule et tant d'autres, sont des sublimités, au dire de cette philosophie qui pourtant censure avec virulence les fautes des souverains, et en compose des collections sous le titre de crimes des Rois et des Papes.

C'était aux crimes du commerce qu'il fallait s'attaquer. Uii traité sur les crimes des banqueroutiers , des courtiers, des agioteurs , des usuriers, aurait désabusé le siècle de ses préventions pour l'anarchie commerciale ou libre mensonge; mais sauf la condition d'attaque intégrale, classant les vices par genres, ordres, espèces, etc. La vérité ainsi employée devient voie de progrès en

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èicbelle sociale, et d'acheminement aux inventions de garantisme. Si elle est employée mollement, sans le secours des méthodes intégrales qui lui donnent du nerf, elle échoue et n'aboutit qu'à favoriser le vice.

Dans les deux articles Cis et Tràns, j'ai établi ce principe ; il est posé en sens abitrait dans Cis , en sens con-rret dans leTRANS, et en applications dans les articles Citer , Inter , Ulter.

Après avoir disposé les esprits par ces éclaircissements j'étais en mesure d'essayer contre deux vices, l'un majeur, la banqueroute, l'autre mineur, V adultère, une attaque méthodique et intégrale. Mais on a vu par le tableau nominal de la banqueroute et l'aperçu du tableau nominal de l'adultère, que les esprits sont pervertis au point de repousser même les aperçus de vérité intégrale, et que cette méthode est indigeste pour des civilisés.

Ce refus est un indice de Ténorme succès qu'aurait obtenu ladite méthode : elle aurait dissipé du premier choc les illusions de la politique civilisée; et montrant la fausseté sociale dans toute son étendue, elle aurait fait suspecter les sciences et fait conclure à la recherche des garanties dont l'ordre civilisé est dépourvu; on les aurait peu à peu découvertes , du moment où on les aurait cher^ chées.

La victoire aurait donc été gagnée et l'avènement t n garantisme assuré , si les savants eussent consenti à faire les analyses intégrales de chaque vice, des commerciaux^ des conjugaux, etc. , selon l'invitation que Bacon leur en avait faite.

Mais tout en prônant le discernement de Bacon , ils ont , selon leur usage, suivi la route opposée à celle qu'il indiquait; ils ont innocenté toutes les institutions yi-

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cieuses ; et qai pis est, il$ en ont fait l'apologie indirecte, par une mollesse d'attaque tendant à renforcer le vice et lui donner du lustre.

Souvent Thomme troprusé esidape de lui-même. C'est le fak de notre siècle qui , à force de jongleries sur l'auguste vérité , a fini par manepier tous les bénéfices qu'il aurait obtenus de calculs sur l'emploi de la vérité. On peut , au sujet de cette maladresse , appliquer à l'âge moderne ce distique de La Fontaine :

Tel , coiomc dit Merlin , cuide engeigner autrui , Qui souvent s'cngeigne lui-même.

Ainsi a fait la philosophie , en se jouant de la vérité dont elle pouvait tirer si grand parti. Redisons pour la vingtième fois que cette vérité , dont on a voulu faire une vertu stérile , est au contraire la source des richesses, puisqu'elle est lien de l'Association et voie des découvertes qui mènent à celle de l'Association.

Aussi , dans ce vers trop fameux ,

Uargent, Targent ; sans lui tout est stérile.

on pourrait changer le mot d'argent en celui de vérité ^ car il est certain qu'çn Association l'argent ou richesse no naît que de la vérité mise en pratique.

Mais elle ne comporte pas de demi-emplois. J'ai prouvé qu'on doit l'introduire en relations mineures comme en majeures; qu'on ne pouvait arriver aux inventions en mécanique sociale, que par des emplois intégraux de la vérité et par des attaques intégrales du mensonge : en suivant cette méthode , on aurait marché à grands pas au garantisme.

Il eût fallu d'abord procéder par étude négative, comme je l'ai fait dans ces Liminaires, où je me borne à signaler

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les erreurs. J'inyile les leeteurs studieux à se pénétrer de ces doctrines nëgatîired dont fourmille rintemiède, et dont la récapitulation nous conduirait trop loin. Les principales sont :

K Les propriétés subversives (97) qui font do ma* riage une voie de dépravation générale et de déraison spéculative, transition ou échelon de vices pour toutes les classes.

l^. La lacune d'oRORE en emploi partiel de la vérité ; emploi qu'on veut borner aux relations majeures, d'amitié et d'ambition, sans l'étendre aux relations mineures d'amour et de famîllisme.

S9, La lacune de genre ; tort de vouloir introduire la vérité en affaires de famille , sans l'introduire en affaires d*amour, intimement liées à celles de famille.

3<>. L'échelle de fausseté du mineur au majeur, ou le régime qui façonne les adolescents à la fausseté en amour, et par suite en ambition dans un âge plus avancé.

4^. Le quadruple conflit des amours contre la vérité (64).

5^. Les disgrâces innombrables de cet état conjugal où on entraîne le peuple en le lui peignant comme voie de bonheur (69) et spéculant sur ses craintes de famine.

6^. Les mécomptes sur les jouissances paternelles (77); article en suspens, où je me borne à l'indication des 12 vices de gamme.

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