‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 31 sur 90 · Fraude et larcin · texte numérisé non relu

Fraude et larcin

j^ Coritrariélé de l'intérêt individuel avec le collectif. Y Absence d'unité dans les plans et rexècution.

$ECONI>E PARTIE. NOTICE V. 203

Be ces yices réunis découlent tous les désordres industriels. C'est un sujet qui exigerait encore des instructions. Je n'y ai pas touché , non plus qu'à une foule d'autres, parce qu*il eût fallu porter les prolégomènes à 38 chap. au lieu de i9. Mais pour Conclure sur cette table qui n'est qu'un sommaire de la matière , comment se fait-il qu'elle n'ait jamais été traitée ni proposée , que les académies n'aient ni remarqué ces neuf vices de l'industrie civilisée, ni provoqué la rechel*che du remède qui serait l'Association? Quelle nullité dans la politique!

J'ai (irancbi beaucoup de leçons nécessaires comme celle-ci ; ce n'est donc pas prolixité que 600 pages de prolégomènes : après les avoir lus plutôt deux fois qu'une, l'on ne sera pas encore bien affermi contre l'effort des préjugés, contre la duperie de chercher les voies du bien dans des sciences qui donnent toujours des effets opposés aux promesses.

Tel est l'argument qu'il faut reproduire sans cesse aux détracteurs, aux présomptueux, aux sceptiques :

Ignorance de la philosophie en mécanique sociale ;■ Refus d'en étudier (II, 447 ) aucun des problèmes ; Empirisme des fiéaux qu'elle essaie de traiter.

On ne lui demande pas de répandre les lumières par torrents, comme elle s'en flatte; on désire seulement quelques antidotes spéciaux contre des calamités qui s'accroissent , lors même que les souverains interviennent avec les savants pour y porter remède. Jugeons-en par le quadrille suivant :

En matériel y En polùique ,

Pestes et Déboisements. — Agiotage etTrajte des nègres.

Matériel. Tous les souverains sont d'accord avec les savants pour obvier à la peste; elle fait pourtant des pro-

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grès chaque année (voy. Ayant-Propos , citer,) : même concours des uns et des autres pour la conservation des Torêts. Les souverains rendent force décrets, les philosophes prodiguent les traités de restauration forestière ; cependant Tun et l'autre mal vont croissant , parce qu'en ne sait y opposer que le remède philosophique , la civilisation perfectibilisée ou industrie morcelée.

Politique. Souverains et savants seraient d'accord sur la répression de Tagiotage qui spolie les peuples, et compromet le fisc par des entraves de discrédit. Les princes opinent de môme contre la traite des nègres , et en ont signé l'abolition au congrès de Vienne. Cependant l'agiotage redouble de ravages ; la traite est continuée effrontément et avec des raffinements de cruauté.

D'où vient cette résistance de tous les vices aux efforts combinés des souverains et des sciences? Elle vient, il faut le redire , de ce qu'on n'oppose au mal d'autre remède que le mal sous une autre forme ; toujours l'industrie morcelée , qu'on accompagne d'innovations politiques^ vrais péjoratifs qui aggravent les calamités existantes.

Que penserions^nous d'un médecin qui, pour remédier à la fièvre tierce, ferait naître la fièvre quarte avec redoublements, et la nommerait fièvre perfectibilisée! Ce serait toujours la fièvre avec renfort de malignité : ce n'est pas guérir que de modifier et empirer le mal.

Tel est le talent de notre politique : elle opère sur une civilisation de 3®. phase (II, 207), qu'elle trouve encroûtée de vices; et pour tout remède, elle crée une civilisation qui court en 4®. phase par Tesprit mercantile. N'est-ce pas nous jeter de fièvre tierce en fièvre quarte? On lui demande un moyen d'eitirper, et non pas diversifier les vices ; un moyen de sortir du labyrinthe^ et non

SECONDE PARTIE. NOTICE T. SOo

d'en parcourir les détours, qui ne sont toujours que cercle vicieux, comme toutes les théories de civilisation perfectible et de travail morcelé.

Organisez une région selon les vues de Montesquieu 00 de Rousseau, vous y verrez dominer toujours les 9 fléaux lymbiques. Ces fameux publicistes sont donc des empirisies; ils ne savent qu'engouffrer le mouvement dans l'abîme : ils ne sont point inventeurs , et c'est de l'invention qu'il faut pour nous sortir du bourbier civilisé : il faut abjurer cette science <r engouffrement social y cette philosophie à l'esprit noueux , incapable de s'élever à aucune découverte. On devait d'autant plus s'en dëGer qu'elle ne sait pas analyser la civilisation , en classer les phases (II, 207)^ en déterminer la marche (II, 211), en disséquer les ressorts.

Notre docte 19®. siècle est donc un ignorant en mécanique sociale, puisqu'il ne connaît pas môme la civilisation; encore moins les périodes les plus élevées en échelle. Et quand on saurait s'élever à cette analyse, il ne serait pas moins avéré que la civilisation contrarie le vœu des souverains et des peuples : je viens d'en donner une quadruple preuve.

Bref, il faut au monde policé une nouvelle science qui puisse lui ouvrir quelque issue de civilisation; et cette science ne peut être que celte de l'Association , puisque nous n'avons à opter qu'entre deux régimes industriels , qui sont l'état morcelé et Tétai sociétaire.

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