‹ Théorie de l'unité universelle (volume 4)Chapitre 30 sur 90 · id, de id, simple · texte numérisé non relu

id, de id, simple

X 1 et i/jt. Parcours [en soirée], mode mineur [ou amour, £un.] 8

Journée du riche, moi^en terme, 52 séances et les pivots.

Une particularité à remarquer dans ce tableau, c'est que le plaisir simple n'est point banni de l'Harmonie , mais il n'y figure qu'en relais du composé. Celui-ci , par son intensité, sa véhémence, userait les corps et les ftmes> s'il n'était relayé de temps en temps par de courtes séances en mode simple , comme une lecture de gazettes et nouveautés : c'est plaisir simple et propre à fournir une [heure ou] demi-heure de diversion utile entre des séances de vive jouissance , comme la sur-composée , la bi-composée et le parcours.

Ainsi la simple nature n'est point exclue des plaisirs d'Harmonie ; mais elle n'y figure qu'en accessoire , qu'en entr'acte ou relais du composé; le plaisir simple étant un étal imparfait, un repOs passionnel, qui est en exercice général ce qu'est le sommeil à l'état de veille.

Ces charmes de la simple nature sont encore une des

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sornettes qu'il faodra disséquer en plein. Ses amants , en l'exaltant premier rang, ont réussi à la faire haïr; je veux la faire aimer ainsi que la vérité , en les mettant toutes deux à leur place. La nature composée et l'intérêt au i^^. rang; la nature simple et la « paix de la vertu » au 2°^®. Hérésie apparente! mais quand on connaîtra le mouvement social , on verra que cette décision est sans appel.

(Au tableau de ces plaisirs qui nous'sonl garantis en Association, je pourrais ajouter en contraste plusieurs analyses de malheurs sociaux » inhérents à l'état civilisé , entre-autres celle des 28 conflits des sens contre les vœux de l'ftme, et conflits de l'âme contre les vœux des sens. Le tableau serait digne d'exercer les subtils analystes ; mais j'ai résolu d'abréger, dans ces premiers volumes, sur tout ce qui touche à la théorie.)

APPENDICE sur c l'engouffrement social, i

l'ai resserré, dans un cadre fort étroit, cette défini-^ lion des faux systèmes de bonheur. On vient de voir que nous ne savons pas même classer l'échelle des jouissances, en distinguer les degrés depuis le simple jusqu'à l'oronicomposé.

Le VRAI BONHEUR cousistc dans la jouissance la plus étendue de ces divers degrés de plaisir où figurent com^ binément les douze passions, dont cinq sensitives et quatre affectives (II, 259), ces neuf, dirigéiespar les trois distributives.

Disons plus succinctement que le vrai bonheur est y essor intégreU et continu des douze passions radicales.

Cette déQnition renvoie bien loin les sophismes qi|i

placent le boDheur dans des priyatîoDs pénibles ou des compensations imaginaires. Il exbte bien quelques voies de compensation, mais elles ne sont ouvertes qu'aux riches. Si Clèopfttre a la migraine, tonte l'Egypte est en émoi ; les secours de la médecine, les distractions du luxe et des arts , tout lui est prodigué pour adoucir une sauf-' france légère. Mais si , à quelques pas de son palais , cent pauvres ou cent esclaves sont accablés à la fois par les privations et les maladies^ on ne verra personne s'intriguer pour leur porter secours ou consolation : il n'y aura point pour eux de compensations; elles sont donc pour le riche exclusivement.

Rien n'est plus juste en système de progrès social ; car si la pauvreté n'amenait pas redoublement de maux et privation de soulagements; si, au contraire, elle était compensée par des secours physiques et moraux, on s'habituerait à croire que l'étal civilisé est un état de justice et de sage destinée ; rien ne stimulerait à en chercher un meilleur; le génie social serait frappé d'apathie et i'immobiiiême , par le seul vice de compensations appliquées aux misères civilisées.

La Providence doit les aggraver chez la multitude malheureuse, pour lui prouver par des faits que Tordre civilisé n'est ni règne de justice , ni destinée assortie au génie d'un Dieu juste. Cet ordre n'est compensatif que sous le rapport de contrepoids méthodique de destinée ; enfer social, frappant l'humanité d'une somme de maux égale au torrent de biens qu'elle obtiendrait sous le régime de la loi divine ou Harmonie sociétaire , laquelle loi doit régner sept fois plus longtemps que la loi des hommes ou état subversif. (Yoye2 le tableau, II, 271.)

Convaincus et confus des malheurs qui pèsent sur le

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civilisé , et craignant qu'on ne les somme de cbercbcfr te remède par rintention d'un nouvel ordre social , nos sages escobardent le problème, et nous abusent par des sophismes de compensation générale , qm sont , en théorie de mouvement civilisé, une monstrueuse bérésie; car ils supposent la Providence consentante à perpétuer la civilisation, cbercbant à nous engrouffer dans l'abtme, par des illusions d'une indemnité qui n'a lieu que pour les ricbes.

A spéculer ainsi , Dieu voudrait donc nous frapper d'apathie , nous fataliser, nous détourner de toute exploration sur une destinée autre que l'état civilisé, barbare et sauvage : car, qu'y a-t-il à chercher, si on nous persuade que tout est au mieux , que l'assujettissement de GOOmillions d'hommes à des pachas coupe-têtes est la perfectibilité perfectible ; que les maux les plus insoutenables ne sont pas maux réels ; qu'il existe partout des indemnités suffisantes; que le dénûment et la faim sont compensés par la lecture d'un chapitre de Sénéque?

Ainsi dans la pièce du Médecin malgré lui, Sganarelle compense tout avec quelques verbiages. Sa femme lui dit : c J'ai cinq enfants sur les bras, qui me demandent du > pain ; » il répond : « Donne-leur le fouet ; quand j'ai bien » dtné, je veux que personne n'ait faim chez moi. » Sganarelle entend fort bien la théorie des compensations. Les siennes sont moins ingénieuses, moins fardées de style ^ mais aussi réelles que toutes celles dent on^nous berce.

En admettant l'es compensaliens , il y aurait donc dans la destinée de Khomme conflit d'éléments ; le mal y interviendrait en dose égale k celle du bien et combinément avec le bien. La destination de l'homme serait une guerre permanente du mal et du bien ; cette doctrine tombe devant celle du bonheur composé et bi-composé ( 183) au

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tableau duquel chacun s'écrie : « Voilà le bien^trequeje » désire; je ne veux pas un bien qui compense un mal,

> qui soit neutralisé par un mal; je Veux 2,3,4 biens à » la fois, se soutenant , se rehaussant l'un par l'autre, se *» succédant sans excès, et élevant mon bonheur au de-

> gré d'enthousiasme continu. > Telle est l'opinion que nous dicte la nature dans ces controverses de bonheur.

On était bien plus docile à sa voix au siècle passé : écoutons là-dessus des écrivains défunts qui , en vers et en prose , valent encore les vivants. La Fontaine avoue qu'il n'y a point de compensation dans les souffrances du pauvre ; il nous dépeint ainsi le bûcheron :

Qael plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ? En est- il un plus pauvre en la machine ronde ? Point de pain quelquefois, et jamais de repos : Sa femme , ses en&nts , les soldats , les impôts ,

Le créancier et la corvée , Lui font d*un malheureux la peinture achevée. 11 appelle la mort, etc.

A l'opinion du poète, accolons celle d'un prosateur, Bem. de Saint-*Pierre : il réfute les sophismes de compensation , en apostrophant ainsi les Sénéque , les Marc- Aurèle et autres optimistes qui , dans un bel hôtel , compensent à leur aise les souffrances du pauvre. Il leur répond :

€ Pour me soutenir dans le malheur, vous m'appujez sur le bâton de la philosophie , et vous me dites : t Mar- » chez ferme ; courez le monde en mendiant votre pain ; t vous voilà tout aussi heureux que nous dans nos châ- » teaux , avec nos femmes et la considération de nos voi- » sins. I Mais la première chose qui me manque , c'est M cette raison sur laquelle vous voulez que je m'appuie ;

200 as LÉGOMÊIIES.

> loutes Yos belles dîalecliqoes disparaissent précisément

> quand j'en ai besoin; elles ne sont qu'un roseau entre

> les mains d'un makde. »

Qu'importe, au reste, le mérite des écrivains» sur une question si bien décidée par l'expérience et la nature ? Suffit- il donc de bien écrire pour faire autorité en politique et en morale, pour in6rmer tous les témoignages de Texpérience? Comment un siècle qui Tante à tout propos son perfectionnement de raison , en yient-ii à ne croire qu'au bel esprit, à donner sur toute question indécise ta palme au bel esprit?

Quelle versatilité dans les opinionsf L'on prétend avoir fait des progrès en raison et en raisonnement , et l'on met en crédit des sopbismes tendant à paralyser Tesprit investigateur , étouffer toute recherche d'un nouvel ordre social; sopbismes décrédités de fait, par l'apostasie de leurs auteurs et fauteurs , dont les actions dénotent que rien à leurs yeux ne' compenserait le défaut de cette riehesse dont ils font leur idole t

Aux grands maux les grands remèdes : plus notre siècle est engouffré dans les malheurs , révolutions , dettes , agiotage, mooopoîe, intempérie, quadruple peste, etc., plus il est urgent de reconnaftre qu'on s'est' totalement fourvoyé dans la recherche du bonheur. Point de palliatifs, point d'accommodement pour sauver, les 400^000 tomes ! Il faut franchement avouer l'ignorance politique , la nécessité de s'ouvrir quelque nouvelle voie, et reconnaître dans le progrès de nos misères un fanal que nous fournit la Providence : en effet ,

Si Dieu agit avec nous en père éclairé , impatient de nous voir arriver aux biens de l'Harmonie , il doit écarter de nous tout indice qui pourrait nous prévenir en. (aveur

SlECOAlifi PARTIE. NOTICE t. 20f

de Félal sobyersif. C'est pour cela qu'il donne à noire politique la propriété d'aggrayer tout mal dont elle veut tenter la cure. Si elle ayait l'art d'adoucir et diminuer les neuf fléaux lymbiques (II, ISO), nous nous habituerions à espérer quelque bien de ses lois, et négliger toute inyesli^ gation du code social de Dieu, Le génie social tomberait dans l'apathie, dans l'immobilisme chinois, dans l'optimisme compensatif ; il cesserait de chercher le bien où il se croirait paryenu.

Pour nons préserver de cette erreur, Dieu a dû nous assujettir au redoublement de maux , tant que nous nous confierons aux lumières philosophiques. Aussi n'aboutis-^ sent-elles qu'à cribler de révolutions le monde entier* accroître partout les impôts et ravages de guerre, l'indigence et la fourberie , envenimer rapidement la gangrène physique ou intempérie, et lagrangréne moral ou esprit mercantile.

En nous frappant de cet accroissement de fléaux , la Providence imite le chirurgien qui, par une opération judicieuse , redouble la souffrance du malade, pour le sau-^ ver plus vite : ainsi a spéculé la divinité en aggravant nos infortunes, pour nous amener à nous défier des sciences incertaines , chercher une voie de bonheur moins trompeuse , une boussole fixe que nous donne enfin la théorie de l'Attraction;, boussole d'autant plus nécessaire, que loin d'avoir fait aucun progrès en bonheur effectif, nous ne savons pas même analyser nos désirs en ce genre : je l'ai prouvé dans le cours du 7®. chapitre.

Là finissent les instructions préparatoires jugées inutiles par les présomptueux; mais sont-îls en état de juger du nécessaire ou du superflu en pareille étude? Si l'on* veut mettre à l'épreuve leur haute science, qu'on essaie

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de leur proposer quelques-uns des moindres problèmes en mécanique sociale, un d'analyse, un de synthèse en régime cÎYilisè.

En synthèse. Le problème du changement de phase , indiqué comme très-prochain (II, 242). Qu'on leur propose de construire en théorie la 4®. phase do cirilisation, déterminer la marche qu'y suivront les diverses classes du corps politique , et surtout l'espèce d'influence qu'y exercera le commerce, ressort pivotai de 4®. phase.

On verra sur celte question les politiques eseobarder, se relranchcrr dans leurs batteries d'abstractions métaphysiques et de perfectibilité , se borner à faire du bel esprit sur les progrès de l'hydre commercial qui déjà enveloppe la civilisation, asservit monarques et sujets, par les progrès du monopole et de l'agiotage.

La politique est-elle plus exercée sur les problèmes d'analyse? Posons-en quelqu'un des plus à portée de tout le mondé ; la différence de propriétés entre l'industrie combinée ou sociétaire , et l'industrie morcelée ou individuelle. Aucun discoureur ne saura donner un tableau régulier de celte différence , comme serait l'ébauche suivante :

Vices de rindnstrie individnelle*

i. Mort accidentelle du fonctionnaire.

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