Cribler une nation de dettes et de chaînes qui appau
vrissent le peuple et le fisc à la fois* X Enfin , opérer en duplieité d'action sans nulle intégralité d'application.
Tel est l'effet de tontes le» théories de faux libéralisoie. Elles MBS bereent de garanties iHnsoires , qui peut^tre sont cherchées de bonne foi par quelques-uns des sophistes. Loin qu'ils em aient trouvé la voie » leur systénie représentatif imaginé pour dimimier les impOts, n'abcfotit
EXTBOOOCTIOH • 27 (
qu'à aeenrfire les impôls et les dettes eo tous pays soumis h eette forme de gouvernemeiit.
Lorsque j'ai donné dans le cours de ce folume des aperçus du bonheur de T Asaocialioo, cbaeuo a été fondé à me répondre que» d'après les habitudes civilisées, on n'a pas pu songer à pareilles spéculations ; qu'on a dû placer l'esprit libéral dans les mesures les plus utiles é la masse d'un peuple organisé en ménages isolé», en morcellement agffioole, tet qu'on Fayujusqa'^à présent.
Je vais partir de cette base et spéculer en civilisé sur des ménages non associés; examiner les ressources que ce régime incohérent pouvait fournir à de vrais libéraux , s'il en eût existé chez les anciens ou les modernes.
Ce serait jouer un rôle méprisable et donner le coup de pied de l'âne, que d'attaquer malignement le parti libéral au moment où il a perdu son infhrence. Mon but, au contraire, est de partager l'affront entre les deux partis ; prouver aux soi-disant libéraux qu'ils sont dupes d'avoir donné dans un système qui n'est autre que l'obscurantisme travesti , et prouver aux illibéraux qu'ib sont également dupes de n'avoir su inventer aucune des mesures du vrai libéralisme ou philantropie collective , qui aurait voué à la risée le libéralisme partiel , celui des sophistes.
Si notre siède est dans une ignorance complète sur ce qui louche & la liberté (1'®. partie, 2*. notice, chap. 5, 6,7), dont 0» a tant raisonné depuis plusieurs mille ans, doit-on s'étonner qu'il régne pareille ignorance au sujet du libéralisme qui est la plus récente des controverses ? Pour en découvrir les voies, en tout ou en partie, il eût fallu des esprits enclins à la justice : les trouve-t-on en civilisation ?
L'on y voit des génies sophistiques appelés publicistes ,
272 EITRODUCTIOR.
spéculant, disent^Ui, sur le bonheur des nations; en s^ l-on jamais vu un seul qui méritât le titre de Philantropb UNITAIRE , soiêhaitanf le bien de P humanité entière , ians excepter lee Barbares et Sauvages (qui , après tout , font partie du genre humain , quoique nos philosophes ne daignent pas les comprendre [non plus queles femmes] dans feurs plans de libéralisme partiel?
Aucun écrivain , parmi les soi-disant philanlropes, ne s'est rallié à ce principe de charité tmkaire, bonheur applicable à tons les peuples et admissible par tous les souverains.
Loin de là r on n'a vu régner de tout temps chez les publicistes qu'un ègolsme révoltant , une insouciance coupable sur le malheur « du peuple y des femmes et des Sauvages et Barbares ; > et j'en vais citer pour preuve une opinion du divin Platon , grand hiérophante des illusions philosophiques, vrai patron de la science.
Platon remerciait chaque jour les Dieux de trois choses ; de ce qu'ils l'avaieni fait naître
Libre et non Esclave*, Homme et non Femme»
Grec et non Barbare!
Pfaton, dans cette action de grâces, est triplement égoïste r analysons sa triple perversité.
1^. Il remercie fes Dieux d'être ne libre; c'est avouer qu'il regardé les esclaves comme très-malheureux; et puisque lès Dieux, en lui donnant la liberté , lui ont départi les dons du génie, fa prétention à régénérer le monde social , il se confond lui-même et. décèle son* ègolsme en négligeant toute recherche sur Faffiranchissement des esclaves qui composaient alors la majorité du peuple.
2^. Il remercie les Dieux d'être honune et non femme :
EtTRODVCTIOR, 273
c'est encore avouer qu'9 plaint la condilion des femmes et qu'il les juge malheureuses en civilisation» elles [le sont plus encore en Barbarie et en Sauvagerie], C'était à lui, politique social, d'aviser aux moyens d'améliorer leur sort; jamais il ne s'en est occupé : 2>, taebe d'égoïsme,
Z^. Il remercie les Dieux d'être né Grec et non Barbare. Il croit donc les barbares malheureux! Il est coupable de ne rechercher aucuu moyen pour les arracber à la barbarie^ et les élever à la civilisation où il voit un bonheur qui alors ne s'étendait qu'au 100®. du genre humain, dont les Barbares et Sauvages formaient au moins les 99/100.
Voilà donc le grand prêtre de l'antique philosophie convaincu de triple égolsme , tort qui s'étend à tous ses collègues anciens et modernes, tous coupables de la même insouciance, et négligeant, même à présent, toute re* cherche pour améliorer le sort des Femmes, des Barbares et des Esclaves , dont op a manqué en plein Taffranchissèment.
Au portrait du divin Platon , accolons celui du divin Caton, tracé (11,391). L'opinion de ces deux saints du paganisme entrait en balance avec celle des Dieux mêmes; et qu'étaient^ils , sinon des égoïstes comme le sont tous les régénérateurs, gens qui ne voient la vertu que dans leur intérêt, personnel? Aristote dit, qu'il ne sait pas quelle vertu peut convenir à un esclave; et cependant les esclaves formaient les 3/4 de la population : comment un champion de vertu ne oondamne-t-il pas cette civilisation qui , selon lui , oblige à défendre l'exercice des vertus à l'immense majorité des hommes? C'est bien peu de chose que la sagesse de ces prétendus philantropes , quand on^ en vient é la scruter et la disséquer.
Lorsqu'on voit le génie social dirigé par de tels égols^
274 EI.T1IOIMIGTIOH.
tes, feot-il s'étonner qu'on ne déooune aucane Yoie de bonheiBT générât? Il est dair qoele genre hunuîn est trahi par ses prétendus amis , les fenx c philantropes , » tels que Platon et Caton , gens qui ne songent qu'à se louer d*»^ Toir échappé au malheur du grand nombre , et semblent dire au peuple ce que le renard dit au bouc laissé dans le puits :
Tâcbe de t'en tirer , et fais tons tes efforts. Tels sont les philantropes civilisés : ils veulent, disentils, le bonheur, la liberté, mais pour qui? Pour eux et quelques affidés cabalistiques. Ils sont encore ce qu'ils étaient au temps de Platon, un conciliabule d'aigrefins, ne songeant qu'à leur bien-être, gens dont on a très-bien dit :
Platon fut sarnommé divin ; Il était , dit-on , magnifique ; G*est qu'il régalait de son vin La cabale philosophique.
Le tort de l'âge moderne est de ne point s'occuper à opposer aux philosophes une classe de publîcistes unitaires, [philantropes réels] spéculant sur le bien de tous, sur le plein libéralisme que j'ai défini au début de cet article , et dont une des conditions est de concorder en tout sens avec les vues do l'autorité ; car, qu'y a-t-il de libéral dans des prétentions qui ne tendent qu'à bouleterser le monde social , mettre les parlis aux prises , aigrir les ferments de guerre civile? Tel est le fruit qu'on retire des dogmes de philantrophie civilisée, lorsqu'on les met à l'épreuve.
En réponse à ces doctrines eïronées, examiDons quels pouvaient être- les emplois du vrni libéralisme, appliquée à l'ordre actuel, aux ménages incohérents, cultivant sans association, pratiquant le travail morcelé. DèipoMrons
B&TmoBUCTioif. 275
qu'en coDsiruîsaDt sar eeite base vicieuse» on pouvait déjà élever u& édifice de demi-bonbeur ou g^rahtisiie » qui est (lutr. 33 ) la période moyenne entre l'état civilisé et l'état sociétaire.
La demi-associatioB est collective sans être individuelle, sans réunir ni les terres ni les ménages en gestion combinée. Elle admet le travail morcelé des familles ; mais elle établit entre elles des solidarités ou assurances corporatives, étendues à la masse entière, afin qu'aucun individu ne soit excepté du bienfait des garanties.
Ce principe est méconnu des philosopbes qui ne s'occupent que de dispositions non applicables à la masse : par exemple, ils s'obstinent sur les droits électoraux qui excluent toujours un nombre immense d'individus. Etendez la prérogative d'éligibilité aux hommes qui possèdent 100,000 fr., le propriétaire de 50,000 fr. réclamera à juste titre , et se dira aussi bon citoyen que celui qui en a 400,000. Admettez la classe de 50,000 fr., vous enten* drez réclamer celle de S5,000; et ainsi de suite.
Et si, pour l'intégralité du bienfait, vous étendez l'éli* gibilité à tous les sujets, le peuple vendra son suffrage pour un écu, selon l'usage des vertueux républicains de Rome , et la nation sera en proie aux trouble» civils» Cette inconsé<pience domine dans toute notre politique» De là Il est évident que les philosophes ne spéculent que sur desmesures non susceptibles d'unité et d'intêgraliié , sans toucher à l'objet principal ou garantie de travail et de mi* ninram qu'ils ne savent point nous procurer. Ils sont donc hors des voies du vrai libéralisme , qui a pour condition: pivotale l'unité ou extension des garanties & la masse intégrale des individus liés par le pacte social , même aux plus pauvres.
276 EKTRODUCtlOir.
Je n'examinerai pas ici la série d'inyentiooî» qu'il y avait à faire en ce genre ; je me borne à en indiquer deux, dont Tune relative à l'ordre politique était du ressort des académies de province ; l'autre qiû touche à l'ordre matériel, était du ressort des artistes. Cette division nous fournira deux articles : un sur les garanties de l'agréable et on sur les garanties de l'utile; choses que la philosophie sépare, et qui sont inséparables dans le système de la nature , où le bon et le beau doivent sans cesse marcher de front. C'est ce que je vais démontrer dans les deux parties de cette Extroduction.
Toutefois je dois prévenir que les questions de garantisme formant une théorie trés-étendue , si j'en traite ici deux, ce ne pourra être qu'abréviativement etpar forme d'argument des coutumes de 6®. période , à l'exposé desquelles suffirait à peine un volume égal à celui-ci. On ne lira donc dans cet article que deux aperçus de garantie et non pas deux traités; remarque nécessaire, en réponse au reproche d'insuffisance de détails^ et d'accusations superficielles.
CITER. Garanties politiques sur Tctile.
Le but vraiment utile que doivent se proposer avant tout les sociétés savantes , c'est l'extirpation de l'indigence , l'art de prévenir le mal ; car Tidée de réprimer ne conduit qu'à des mesures violentes et illusoires, comme lès dépôts de mendicité ; on en a souvent fait la remarque. i " -
Le remède préservatif serait d'assurer au peuple, du travail en cas de santé, et des secours, un minimum social, en cas d'infirmité. Ce problème, qui n'^est qu'an
BitROBtrctioA. 377
jeu d'enfaDC dans fètat sociétaire, détient, dans l'état morcelé , beaucoup plus yaste qn'oa ne Ta cru. Il exige an quadrille de garanties corporati?es sut chacune des quatre passions cardinales , et sur la pirotale : AmMim, Àmûié, Amour, FamiUiême, X UmtéisM£.
On ne s'est occupé jusqu'ici que des garanties d'ambilion , que des droits d'avancement aux fonctions diverses, et du libre exercice de l'industrie , qui est dégénérée en licence anarcbique dans certains genres , et en monopole dans d'autres.
Le seul fruit qu'on ait tiré jusqu'à présent de ces garanties d'admission aux emplois et à l'industrie , ç*a été de nous démontrer que Tordre civilisé tombe en cercle TÎcieux sur ces deux libertés.
i^. L'admission aux emplois devient illusoire : il s'élève tôt ou tard une caste privilégiée de droit ou de fait , qui s'empare des bénéfices et des honneurs. Sous Bonaparte on vit les républicains envahir les titres de comtes et de ducs, et les fonctions lucratives. L'admission générale n'est donc en civilisation qu'un leurre , tendant à favoriser une cabale qui envahit tout. Le libre exercice est de même un leurre en industrie ; car il n'aboutit qu'à appauvrir la masse en multipliant les agents parasites , et assurer le bénéfice au fourbe de préférence à l'industrieux.
Je ne prétends pas pour cela que le libre exercice d'industrie et la libre admission aux emplois ne soient des garanties désirables; mais que la politique a méconnu les dispositions dont il (allait étayer ces deux garanties, pour empêcher qu'elles ne devinssent illusoires.
En industrie le procédé de garantie réelle eût consisté à établir la maîtrise proportionnelle graduée ou concurrence réductive. C'est une disposition dont je ne puis,.
878 EXTEOMICTlOlf.
faale d'espace , donner le plao ; inoo objet ici n^ètant que de disserter sur la branche qui était de compétence des académies provinciales ou sociétés agricoles. Il existe tant de rameaux dans le système des garanties ( 6®. période ) qu'un Yolume de cette dimension ne suffirait pas à les foire connaître. Je ne reux que préluder sur quelques branches, et notamment sur une garantie d'unité. Je glisserai sur les quatre titres cardinaux, qui seront réduits à de courts paragraphes.
Garantie communale contre T indigence. Je renvoie à la Gn de l'article ce qui touche aux principes, et je débute par traiter des moyens : c'est la méthode le plus à portée du grand nombre des lecteurs. Je vais spéculer sur l'extension d'un procédé qui se trouve en plein accord avec le goût du siècle. On tend visiblement à propager les assurances : nous voyons se multiplier en tout sens les compagnies d'assureurs; c'est un acheminement au régime garantiste^ ou association des masses pour le soutien des intérêts individuels.
L'objet le plus digne d'assurance est le produit agricole. On assure un vaisseau contre les risques de corsaires et forbans; pourquoi n'assurerait-on pas Tagricul* lure en nuisse contre les corsaires de toute espèce qui la spolient y et principalement contre les commerçants? Rattachons cette idée à un principe généralement admis, et déjà énoncé (II, 225).
« La civilisation y par instinct, par besoin urgent et
> non par génie , a su établir dans une seule branche de
> relations industrielles, dans la konnaib, une garantie
> contre les fourberies du commerce : elle reconnatt donc » en principe cpe la fausseté commerciale tolérée en-
> trave la circulation et spolie la masse industrieuse. »
KXtwwiCJton. 279
Poisqu'oD a obyîè à ce yîce dans les rdmtions moné-* taires, pourquoi ne pas atiser à l'extirper dans tout Tensemble des relations industrielles? Cette réforme sérail le premier pas A faire en garanties sociales , dont les sophistes raisonnent sans cesse* L'imtiatiYe est prise en système monétaire; il fallait étendre, et généraliser Topération , l'appliquer à tout le régime commercial , jui n'est qu'une collusion de corsaires dépouillant l'agriculture sous prétexte de faire circuler. La circulation n existait-elle pas en i 788 , où le commerce employait quatre fois moins d'agents et de capitaux qu'aujourd'hui?
Signalons bien la lésion et la duperie de la pauvre agriculture ; ètayons^nous de faits récents.
Je lis dans un discours prononcé au Corps législatif, en novembre 1831 , qu'une seule maison de Londres a gagné en telle occasion trois millions sur telle branche d'agiotage autour de laquelle sont groupés tous les Juifs de l'Europe ; sur les reports de la renie» M'est-ce pas Tagriculture qui paie les bénéfices de tous ces corsaires nationaux ou étrangers ? K'était-ce pas à elle à provoquer l'invention d'un régime commercial différent, qui mit un terme aux pirateries de ces écumeurs sociaux ? Il faut qu'elle couvre de ses deniers toutes les rapines des agioteurs- qui, pour doubler le mal (selon la loi de mouvement bi-composé), distraient tout le numéraire, le concentrent dans les arènes d'agiotage où il aflloe à bas prix, tandis que le cultivateur n'en obtient qu'à un taux usuraire pour des exploitations utiles.
C'est contre cette double plaie que les sociétés agricoles des provinces devaient provoquer la recherche d'une garantie : elles devaient se mettre en scission avec
280 EXTRODUCTlOlf.
la doctrine des économistes , la dénoncer d'après ses résultats notoirement yicieux et contraires au but que se propose la science même.
Ces académies n'ont pas considéré que les sophistes ne s'attachant qu'à flatter les yices dominants , agiotage ou autres, on n'obtiendra pas d'inventions utiles si on ne les provoque pas, si on n^en signale pas l'absence. Or» les 400 académies d'arrondissement voyant de prés les plaies de Tagricullure , et n'étant point co-partageantes des intrigues mereantiles des capitales , c'était à elles h dénoncer le désordre du mécanisme industriel.^ commencer NÉGATIVEMENT l'attaque du système mercantile , et stimuler le génie à l'attaque positive» par invention d'un régime commercial qui pût donner des résultais .opposés à ceux de l'économisme » assurer à l'agriicullure: la pleine jouissance de son produit ». la garaiitir;eoitf re.l0$ distrac^ tiens et absorptions (II» 219»^jS^, iaracièré); contre les énormes pillages du conunerce et: de Tagiotage.
La philosophie » en déclamant contré de&apgmentations d'impôts qui s'élèvent & quelques millions.» ne dit mot sur les exactions des sangsues de UBQurse».qui souvent» en un seul mois, enlèvent.30 millions là l'agriculture (en France, et proportionnément en d'autrios empires). Lorsque l'impôt subit une augmentation motiVée» celui qui la paie peut se consoler en pensant que ce versement est employé » au moins en: partie» é solder des agents civils et militaires. Mais touiat tes tributs prélevés par l'agiotage et le commerce » loin de solder aucun agent utile » ne servent qu'à élever indéfiniment le nombre des parasites commerciaux. (Je les nomme parasites du moment oà ils excèdent le nombre strictement nécessaire, le 10®. de la quantité actuelle; encore sptés cette réduction seraiènt-ils para-
CftTROtiOCPlO!!. 281
sites s'ils jouissaient da droit de libre mensonge et propriété intermédiaire.)
Qa'avait à faire le monde agricole dans cette conjonctare? C'était de s'emparer du commerce, envahir ses bénéfices , l'anéantir par une opération que lui-même appelle écrasement. Les marchands ne s'occupent qu'à s écraser respectivement : tel est l'effet de la libre con*currence. Il fallait qur f agriculture écrasée par leurs menées usât de la liberté^ de commerce , et les écrasât à son tour par une opération que je nonmierai comptoir communal actmmairef maison de commerce et de manutention agricole, exerçant l'entrepôt et faisant des avances de fonds au consignateur. Ledit comptoir affecté à des subdivisions de i500 habitants au moins serait pourvu de jardin , grenier, cave , cuisine et manufactures communales : au moins deux.
Quelle devait être l'organisation de ces établissements? C'est de quoi je ne traiterai pas dans cet article, où je ne veux qu'indiquer les principaux avantages du comptoir communal actionnaire qui aurait, entr' autres propriétés, celles de
Séduire de moitié la gestion domestique des ménages pauvres et même des moyens;
Payer à jour fixe, par anticipation et sans frais, les impôts de la commune;
Avancer des fonds au cours le plus bas à tout ctiAtvateur dont les domaines présenteraient garanties;
Procurer à chaque individu toutes les denrées indigènes ou exotiques au plus bas prix possible, en F affranchissant des bénéfices intermédiaires que font les marchands et agioteurs;
Assurer en toute saison des fonctions lucratives à la
SM Exnowctum.
doêêt mdifenU, de$ oeeupatiùns variéeêf e$ êom ex€i$ ni iiyétion, $aU à la culture, soit aux ateUer$.
L'étabUftienenl doni il s'agit, le Garaaiisiiie comonunal 9 a èlè pretseoU m $enê général ei en 9m$ partiel.
TeDUlire en aena général : on seatil le besoin de se* courir la elasse pautre des campagnes, lorsqa'oD réserva , sous le nom de eomnmnauXf des bois et pâturages afléctés au pauvre comme au riche* U est reconoo i|tte c'est une opération malentendue que le pauvre dévaste les communaux » et qu'ils sont gérés au plus mal^ On a donc , dans cette opération d'utilité générale , manqué le moyen de secourir le pauvre*
On a bien mieux échoué dans les tentatives partitUe$, comme les banques territoriales et autres compagnies qui, feignant de secourir l'agriculture et le petit propriétaire , ont été convaincues d'usure vexatoire, de préi & 17 pour 0/0 l'an. Le génie actuel n'est fécond qu'en ce genre d'inventions.
Ces divers secours et cent autres seraient fournis par le comptoir communal actionnaire. Supposons*le formé, sans nous arrêter aux détails d'organisation. C'est un yaste ménage qui épargne au pauvre tous ses menus Iravaux. Ce pauvre possède un petit champ et une petite vigne; mais coaunent peut*il avoir un bon grenier, une bonne cave, de bonnes futailles, des instruments et agencettients suffisants ? Il trouve le toui au comptoir communal : il peut y déposer, moyennant une provision convenue, son grain et son vb, et recevoir une avance des 9^ de la valeur présumée. C'est tout ce que désire le paysan , toujours forcé de vendre à vil prix au moment de la récolte. Il ne craindrait pas de payer l'intérêt d'une avance; il le paie toujours à 12 pour 0/0 aux usuriers :
ft&fftOMctmii. 2SS
è bèitira le compUàt qui lui aVMCera à 6 pour 0/0 l'an » tan de ooditiaroe , eo lui épargnant les frais de mani»* t«ntîon; cêw un petit cnltifateur se troufera payé au eorapioir pour ftire sans fournstures Tottyrage qu'il aarait lait gratuileBient chez hiî , avee firaîa de fournitures. En
Il a consigné an compiotr sa récolle , ?ingt quintaux de grain eideux muids de Ttn : ce n'est pas hii qui fournil les sacs» les futailles, les chariots et animaux pour conduire au marché : sa recolle faite et consignée , il traYaîUe à journée pour le comptoir , et il se trouve payé tool en soignant son blé et son vin qui gagnent en yaleur ; car on les réunit à une masse de grab » & un foudre de même ^alilé : on peut même lui épargner les soins de cuv^rie^ et recetoir sa vendange selon les évaluations d'usage.
Le trayail , pour garantir le grain des rats et charançons et pour manutentionner quatre ou cinq foudres» ne s'élève qu'au 10*. de ce qu'il serait dans une foule de petits ooénages dont le comptoir emploie accidentellement les plus pauvres dans ses greniers, caves, jardins et ateliers. Ils oe peuvent en aucun temps y manquer d'occupation , ei c'est pour eux un bénéfice d'autant plus notable, qu'en consignant au comptoir, ils ont beaucoup de temps de reste, par épargne de manutention et même de cuisine ; car ils obtiennent , lorsqu'ils ont consigné des denrées , un crédit quelconque à la cuisine communale , et imitent nos petits ménages qui prennent chez le traiteur pour épargner les frais.
Le comptoir s'approvisionne de tous les objets de consomoiation assurée ; étoffes communes » denrées de première nécessité et drogues d'emploi habituel. En les tirant des sources , il peut les donner é petit bénéfice aux
284 EXTRODtfCTIOV*^
consignateurs , leur en exhiber les comptes d'achat et de frais. Ces avantages son^aatant d'amorces à la consigna- Uon : si le comptoir est bien organisé^ il doit, en moins de 3 ans ^ métamorphoser tout le système agricole en demi-association ; car il sera recherché du riche comme du pauyre : tout riche briguera l'avantage d'y être actionnaire votant; le petit consignateur non actionnaire y «ura, en séance de Bourse, voix consultative sur les chances de vente; l'actionnaire opinera sur les ventes et achats.
Rien n'est plus agréable au campagnard et surtout au paysan que les assemblées d'intrigue commerciale. C'est un charme dont il jouirait chaque semaine au comptoir communal, en séance de bourse, oA l'on communiquerait les avis de correspondance commerciale , et où l'on débattrait sur les convenances d'achat ou de vente. Le paysan, quoique peu enclin aux illusions , convoiterait avidement la gloriole d'actionnaire délibérant sur les achats et ventes du comptoir communal , ou tout au moins le rang de consignateur à voix consultative. Les paysans tiennent chaque dimanche la bourse, à la porte de l'église, avant ou après la grande messe ; ils la tiennent dans les marchés et cabarets, où ils s'épuisent en informations et caquets sur l'état des affaires, sur la hausse et la baisse des denrées : ils auraient au comptoir une véritable bourse , et s'empresseraient , pour y figurer , de devenir actionnaires ou consignateurs, ou l'un et l'autre.
L'initiative de cette fondation aurait bien convenu aux bourgades qui ont un monastère vacant. Elles auraient pu facilement t'adapter au service du comptoir communal; d'autant mieux que le$ religieux construisaient avec beaucoup de soin les greniers et les caves , avaient de grands
ErrftoracTioN. 285
jardins , chose nécessaire audit établissement » el de yastes salles trés-conYenables pour des réonions et pour € trois » manufactures dont le comptoir doit être poonrUt afin de fournir en hiyer comme en été des occupations yariées à la classe pauyre» ne pas la dégoûter du trayail par Funiformité qui régne dans nos ateliers publics ou particuliers ; monotonie tout-à-fait opposée au yœu de la nature y qui yeut de la yariété «n industrie comme en tontes choses.
Le comptoir communal » dans son organisation , se rapprocherait autant que possible des procédés harmoniens : il pourrait ayoir à son compte des cultures et des troupeaux y selon les moyens dont il serait pourvu, et il donnerait toujours à ses agents , même les plus pauyres , une portion d'intérêt sur quelques produits spéciaux, comme laines, fruits, légumes, etc. , afin d'éyeiller en eux cette activité , cette sollicitude industrielle qui naît de la participation sociétaire, les préserver de Finsouciance qui caractérise les salariés civilisés.
Telle est la première entreprise qui aurait dû fixer l'attention des sociétés yonées au soutien de l'industrie agricole , comme sont en France les 400 académies d'arrondissement. Elles en ont médité quelques menus détails ; telle est l'entreprise de fermes ewpérimewtaUs qui échoueraient comme toute affaire confiée à des salariés. Il faut amener un canton à une ombre d'association sur l'ensemble du mécanisme , sur la culture , la fabrique , le commerce , et surtout la cuisine et le soin des enfants , choses infiniment dispendieuses pour le villageois , en ce qu'elles détournent du trayail les femmes les plus aptes à y intervenir.
Les esprits, au lieu de s'occuper de ces fondations
386 EXTAOMCTIOll.
vrameot fibéraies, et GBÎre en ce genre quelques ietiie'tires , se laîssent entraîner à un iamKbéralîsoie qui , sans rien imagiDar pour le iieu 4u peuple , ne s'aceupe qu'à harceler le gonremetnent , et protéger les agioteore dont souvent un seul , pour prix de menées sid>vôrsiTes de Yh^ dustrie, perçmt sur elle eh ^m noie autant que hii ooMent Eir MX AMs tous les ministres d'un empira Un ministre semble dispendieux parce qu'il reçoit un traitomeni de i 00,000 (r. dont il consomme plus de moitié en frais de représentation obligée. Il semble, à entendre les gioseurs y que le traitement de sa ministres surcbai^e l'agriculture ; quand il est éyident qu'un agioteur gagnant en un seul mois 3 milKons en bénéfice de report, perçoit sur l'agriculture le traitement que coûteraient six ministres pendant iO ans ; ou, si l'on veut, il gagne en un mois auteirt q^e 60 ministres en un an. Ajoutons à ce parallèle qw les ministres sont des fonctionnaires indispensables , et que l'agioteur n'ejst qu'un vamtour social , uniquesM^nt ooeopé à faire le mal.
Il est donc certain que la science n'a pa9 su constater les véritables plaies de l'industrie : ce devait être la ^tacbe des nouvelles académies. Elles devaient, dés leur début» foire scission avec les sciences politiques , en dénoneer les résultats évidemment vicieux, et eppeier le gtoie â la recherche de quelques moyens différents de ceiix des sophistes de capitale , coopérateurs-dupes des piraterîas du eommeree.
Je les dis cùopératmrê^dmfeê : ces deux expreasions doivent être aooolées; car les savants font îei le rOle du chat de la fabjie, se brûlant pour .tirer d«i Isn lei ,aiarrMs qui sont mangés par le singe. Les savants, aaAS entrer Jans aucun partage des bénéfipQs de l'agioleur, sont
£XTR0raCT10K. f87
dapes de leor ébloaissement, et se Uenneot assez honorés de sa pretectioD. Les académies de proyinoe ^i n'ouï rien à briguer en ce genre^ devaient signaler le yiee du système commercial , et prendre le rôle que fi'ont pas osé oa pas su prendre les savants de capitale.
Je supprime le plan d'organisaiion du comptoir ; il eiigérait au moins 90 pages. Insistons seulement sur Yob-senrance de Fun des principes de frai libéralisme^ posés (272).
On trouve ici triple accord avec le gouvernement.
jo. P^ncepUtm facile de FimpôU Les comptoirs, arrivés à leur pleine organisation , le lui payent à jour fixe et en masse. L'administration épargne les frais de per^ ception qui, en France, peuvent s'élever pour les campa-* gnes à 100 millions sur 140. Les comptoirs fournissent de l'emploi aux agents fiscaux retirés et cumulant leur pension avec le bénéfice des nouvelles fondions.
2^. La ceesatûm de fmdigenee et du vagabondage. Les comptoirs ont des moyens d'occuper lucrativement et agréablement tout le peuple, de lui procurer une douce existence , et de subvenir aux besoins des infirmes; il ne reste ^isuite à secourir que les pauvres des villes : on en verra plus loin les moyens.
3<>. L'accroissement du produit. Il sera démontré que cette organisation l'élévérait pour le itaoins à moitié en sus , et que 4a France, au lieu dd 4 milliards et demi , en produirait 7 par entrée en Garantisme. Ce serait servir les vues de tous les gouvernements.
Le comptoir communal n'est qu'une des garanties indiquées (272) pour antidote contre l'indigence. 11 reste à parler des 4 garanties cardinales , qui doivent intervenir concurremment avec la pivotale ou comptoir unitaire.
288 £XTRomicTioif.
Cette garantie étant celle qui s'applique aox groupes , 2^ foyer d'attraction, ils doivent y intervenir tous quatre,
1^. En titre d^ambUwn. J'ai observé (255) que la garantie d'admission aux emplois et à l'exercice de toute industrie devient un moyen illusoire en civilisation. Il n'en est pas de même lorsque l'état social passe à la période 6^. y Garantisme : toutes les ccHporations indus-, trielles ou autres y sont engagées solidairement pour secourir leurs indigents , dont le comptoir seul opère déjà une si grande réduction.
20. En titre JC amitié. L'ordre garantiste établit des engagements entre les enfants et les amis. C'est encore une disposition impraticable dans l'ordre actuel , où l'on pouvait seulement introduire les iestamenis libéraux; innovation dont les académies d'arrondissement devaient prendre l'initiative.
C'est un plaisant libéralisme que celui qui vent tout pour les siens et rien pour d'autres. Telle est la coutume des testaments civilisés : on donne tout à sa famille, comme si nulle autre classe n'était digne de libéralité. Le sacerdoce a eu -le bon sens de s'élever contre cet égolsme fiimilial, et engager les testateurs à des dispositions moms exclusives, des legs à la paroisse, aux hospices » aux monastères.
Les prétendus libéraux devaient propager cette disposition en sens amical, et amener l'usage des legs aux classes de leur ressort, aux corporations de savants et artistes, aux communes pour travaux publics et embellissements. Un célibataire ou marié opulent dont la laroilie est dans Taisance devient impardonnable de ne tester que pour elle : voici le modèle d'un testament libéral, tel que devrait le faire un millionnaire^
EXTRODUCTION. S89
IPlan d*iiii leurtameiit libéral de l»1MO>OMI fr.
Aux amis 300,000 f,
A la famille et aux branches pauvres. . 400,000
libéralité collective, A la paroisse. ....... 65,000 \
Aux hospices 70,000
Aux pauvres connus 75,000
A la commune 80,000 ) 500,000
c Aux travaux communaux. > 75,000
Aux sciences 70,000
Aux arts 65,000
C'était aux philosophes à provoquer ces <lispositions vraiment libérales. C'était surtout aux 400 académies nonvdle^nent créées en France, paralysées par défaut de dotation, et obligées de recourir à une cbétive cotisation à laquelle se refusent moitié des sociétaires : aussi sontelles :dans rknpossîbilité de rien entreprendre ; et si on les acGQse de n'avoir mis aucune matière sipr le t^ipis, elles pourront répondre qu'elles n'ont pas eu de quoi acheter un tapis.
L'opinion est étrangement faussée en tout ee qui touche aux idées libérales testamentaires ; en voici un exemple récent.
Un riche célibataire de Belgique, le comte de Mérode, mourut il y a quelques années à Bruxelles , et laissa aux hdpitaus^ toute sa fortune , s'élevant à deux millione de fr.: action trés-louable en apparence; mais l'est-elle en réalité ? Donner deux millions aux hospices , et rien aux pauvres, ni aix amis, ni aux parents, ^t-ce agir honorablement ou follement? H. de Mérode, en faisant cette
HT. i3
290 EXTRODCCTION.
disposition, prouve qu'il était méconleat de sa famille; tant de parents donnent des sujets de plainte ! Mais si tefs parents sont gens à oublier, doit-on oublier tout ce qui est digne de souvenir? N'a-t-on donc ni amis ni pauvres» à secourir?
L'esprit philosophique ne voit le monde que dans la fa- ^nïlle ; et comme une famille de collatéraux est quelquefois trés-perfide , très-ingrate , le célibataire se persuade volontiers qu'il faut s'isoler de tout , pour n'être pas dupe des collatéraux. De là naissent les testaments ab irato, comme celui de M. de Mérode. N'avait- il donc pas en Brabant quelques parents de branche dédaignée , quoi- ,^u'honnête ? Un millionnaire manque-t-il de parents pauvres et méconnus, qu'il devrait aider selon la charité? N'avait-il point d'amis pauvres , de concitoyens honorables et nécessiteux? II. en est foule à Bruxelles , «i l'on en croit les gazetiers du pays.
Autre considération : M. de Mérode éîait-il Vandale , dénué de sollicitude pour les sciences et les arts, pour les intérêts et besoins de sa commune? Questions oiseuses pour des civilisés; ils ne connaissent que les partis extrêmes ; toujours à l'antipode de la justice distributive , compromettant la vertu même par l'usage désordonné qu'ils en font . <l'est surtout dans les testaments qu'on voit régner cet abus.
Si le défunt eût voulu agir avec quelque régularité, il aurait distribué gradativement aux diverses corporations que je viens de nommer. Telles <sont les impulsions qu'aurait dû donner une philosophie vraiment libérale, et dont elle ne s'est jamais occupée : aussi les testaments, qui devraient être un des puissants ressorts d'esprit libéral , ,ne sont-ils le plus souvent que des monuments d'ègoIsoM
EXTROmiCTlOH. 391
et ^e daperie» surtout en France, où les amis, les sciences, tes arts,ia commune et les pauvres sont ■ oubliés plus qu'en aucun pays.
Les 400 sociétés agricoles nouvellement fondées pouvaient remontrer l'opinion sur ce point. Elles devaient, tout en servant les intérêts généraux, chercher à se faire doter selon la méthode indiquée à la table 4>récédenle^ suggérer à leurs associés opulents cette disposition , ^n prendre collectivement ou partiellement la résolution., créer enfin les testaments libéraux. Toutes seraient déjé dotées depuis 4 ans qu'elles existent ; mais les idées libérales dont chacun se targue sont ce qu'il y a de plus étranger aux réunions civilisées.
J'ai dû m'appesantir sur ce sujet, parce que les testa* ments libéraux de fait sont branche des garanties amicales qu'il faut allier au comptoir communal pour arriver à l'extirpation de l'indigence. On ne saurait trop signaler la série d'erreurs et d'omissions commises sur ce problème, sur cette indigence que la science môme qualifie et opprobre étemel de la civilisation. Achevons sur le demi-reméde ou demi-association , et sur les garanties dont elle doit, en 6®. période , s'étayer contre l'indigence.
30. En titre de famëlieme. L'ordre actuel , en voulant donner au lien de famille une prééminence absolue sur les trois autres , n'est parvenu qu'à le subordonner aux trois autres ; car on protège le célibataire qui est un être voué aux cabales ambitieuses, aux débauches amicales , aux amours illicites.
11 eût fallu protéger .le lien de famille par des mesures efficaces , dont la première était l'impôt de célibat progressif, tablé (88, 89), affectant par degrés le revenu
392 EU&ODOCTION.
el rhoirie du célibataire. Il est bizarre qu'une iégidalion, qui se dit protectrice du mariage » donne pleine latitude à des sybarites qui se dispensent de toutes les charges de Fétat de famille ; inconséquence digne de la civilisation!
40. En titre d'amour. Tout est manqué en garanties sociales , si on ne parvient pas & établir le quadrille de garanties cardinales, amitié, ambition, famillisme et amour. On ne doit pas négliger celles d'amour, notamment sur la virginité , la paternité et rindemtaité de eé* libat féminin, sujets plaisants, si l'on veut ; mais l'amour n'en est pas moins une des 4 roues du char social ; il doit avoir ses garanties comme les trois autres passions cardi* nales , d'autant mieux que sans les garanties d'amour on manque celles de famUljSi;ne .
D'ailleurs, les relaticHis d^amour prendraient une teinte moins astucieuse, moins libertine, lorsque la fondation des comptoirs communaux , en répandant l'aisance dans les dernières classes , aurait facilité les mariages et prévenu la prostitution, effet inévitable de l'indigence.
Ce n'est pas ici le Heu de traiter des garanties d'équité en relations amoureuses ; il faudrait sur ce sujet préluder par une analyse des faussetés et vices du systèmenctiiel: c'est à quoi j'ai consacré les Inter-^Liminaires de ce tome (51), qui ne traitent la question que négativement, andysant la fausseté des amours civilisés et les vices qui en résultent : j'ai 4û me borner à faire sentir la nécessité d'ioventer cette garantie complètement négligée , et pourtant indispensable pour arriver à la solution du plus grand problème que se soit posé la politique civilisée , celui d'eilîrper la mendicité.
EXTROBUCTION. â93
INTRA-PAUSE. — Paisque te fléau de l'indigence ne peut cédei! qu'aux garanties sociales dont on rêve rétablissement, indiquons quelle était la marche k suivre eu mécanique civilisée , pour exUrper l'indigence. Chacun n est pas familiarisé à la méthode naturelle , procédant par les 4 soUdariiéê cardmaUs et la pwotale. Donnons un canoTas de garantie plus k portée des sophistes.
Leur politique ne cherche les garanties que dans le régime administratif et judiciaire ; ce sont précisément les deux objets dentelle ne devait pas s'occuper. Si l'on prétend y toueher , le gouvernement doit craindre avec rai-* son des machinations contre ses intérêts. L'attention des politiques devait se porter sur deux autres points, où régne une fausseté au moins égaie , et peut-être plus grande ; il s'agit du conunerce et des amours soit conjugaux , soit illicites : le commerce et l'amour sont les deux branches de nos relations où la fausseté est le plus dominante^
Et comme les usages civilisés s'opposent à ce qu'on médite un changement dans le régime amoureux, c'est donc dans le commerce que la politique doit porter la réforme , et tenter l'application des garanties de vérité et autres. J^en ai disserté aux ehap. 7 et 8 de la î^^. partie (II» 177, 197 ), et pour complément, je donne ici un aperçu de l'opération qui doit établir une garantie de vérité commerciale et de circulation directe.
Je n'ai voulu , dans cet article, que laire envisager l'immensilé de la tAche à ceux qui cherchent les voies de bien social dans le régime du morcellement mdustriel. Notre politique , en rêvant et essayait des garanties combinées avec le travail morcelé , entreprenait un travail effrayant dont elle ignore tout à fait la marche; car les 4 garanties.
Sd4 KXTRoavcTicm.
sans Tappui dû comptoir eommunal, n'auraieiit pas été eifieaces , et il eât fallu des efforts soaienos pendaiii an siècle pour les établir seulement à demi»
L'opération eât été moins lente et même assez rapide, en l'étayant du comptoir communs^ ; mais loid d'en afoir aucune idée, les esprits s'engageaient de plus en plus dans' le procédé contraire, ou encouragement de l'agiotage : d'où il suit que le siècle, avee ses jactances de perfectionnement , recule devant le but qu'il se propose-, et tend de moins en moins à Fextirpation^de l'indigence.
Mais quand il serait entré dans la bonne yoie , celle des 4 garanties cardinales, il eût faHu encore plusieurs générations arant de donner consistance à cette réforme. Quels travaux d'Hercule et quel sujet d'effroi , quand on songe à la facilité de fonder la 7^. période. Harmonie simple,, qui, sans étendre les épreuves à un empire, et en se bornant à un petit canton d'une moitié de lieue carrée, va , sans la moindre commotion , changer d*une année à l'autre la face du mondes ; contenter à la fois les rois et les peuples, absorber tous les paflis, et réaliser en richesse et en vertu cent fois plus de bienfaits que les romanciers n'en eussent osé rêver !
Comment te siècle u'est-il pas confus de sa manie de rêver le bien , se repattre dB romans philantropiques , au lieu d^exigerdes inventions, des moyens d'amélioration compatibles avec l'expérience t
Je citerai, Post-Logue, tom. sniv.» un bizarre exemple de ces utopies désordonnées; un poète {DeUlk) qui rêve la métamorphose de tous lès grands seigneurs en apothicaires ; vision digne d'un enGleur dé mots qui n'a su que chanter l'imagination d'autrui , sans rien imaginer de son chef. Sans doute il faudrait dans- les villages ou cantons
EXTRODVCTiOH. â95
ime pharmacie oharitable, exempte d'astace mercantile, et ne spéculant pas sur la crédulité des paysans,, toujours dupes des carabins de campagne et de leurs mauvaises drogues l mais quel ridicule de vouloir confier pareil établissement au seigneur » incompétent sous triple rap^ portl
1<>. Il n*est pas expert en astuces commerciales , et ne peut pas s'aventurer en achats de drogues pharmaceutiques, denrée qui prête le plus à la fraude mercantile.
i9. Pendant son-séjour de 10 mois à la y\\le , ou même de 6 moi», la pharmacie du chAteau péricliterait , essuierait des avaries, et serait inutile aux villageois, à moins qu'on ne pût les décider à- n'être malades que pendant les vacances et séjours du seigneur.
3^. Il serait trompé en gestion comme en aefaat, grivelé par ses commis de pharmacie , dupé par les paysans achetant à crédit-, impatienté et dégoûté dés le l^^ semestre.
En outre , celte rêverie de pharmacies seigneuriales et métamorphose des seigneurs en apothicaires philanlropiques , est ridiculisée de fait par le vœu des seigneurs qui ne tendent qu'à grever le paysan de redevances , lui enlever par des droits féodaux bonne partie de ses récoltes, et laisser au commerçant, au praticien et au financier, le soin de ravir au villageois ce que le seigneur n'aura pas absorbée
Ainsi toutes ces visions morales, comme la pharmacie poétique de Delille , deviennent autant d'inepties quand on les examine de prés : leur vice commun est de vouloir fonder le bien social sur le régime civilisé ou travail morcelé,, et de ne pas s'élever à comprendre qu'il faut^
S96 EXTRotftcf ion..
pour arriver aà bien public , des inventions en régime sociétaire»
Tous ces plans d^ëtablissenients pfittantropiqaes seraient réaiïsés par le comptoir commonàt, dont je me réserve d'indiquer rorganisation» bien différente de celles des compagnies civilisées, surtout en graduation de l'échelle d'actionnaires. Ledit comptoir aurait parmi ses travaux une pharmacie sur laquelle il bénéficierait honnêtement, tout en rendant au villageois de précieux services.
Il en serait de même de cent autres bienfaits^ sociaux qu'on perd le temps à rêver : ils ne peuvent nattre que des procédés sociétaires, et non du trayail morcelé. Or, le premier, le plus petit germe d'association agricole, c'est le COMPTOIR communal, initiative et ébauche de lien sociétaire, roie la plus prompte pour entrer en Garantisme ou 6®. période. Cette recherche était donc la tftche de savants qui ont la prétention d'atteindre aux garanties sociales, sans sortir du régime de travail morcelé et de ménages incohérents : mais où trouver des savants qui veuillent consacrer leurs veilles à des inventions utiles , quand il est si facile de s'illustrer par le sophisme t
ULTER. — Garanties matérielles sur FagrëaUe.
Ne perdons pas de vue le sujet de cette discussion, l'analyse des routes que le génie civilisé devait suivre pour arriver au bien social , sans inventer l'ordre sociétaire ou mécanisnïe àes Séries pass. Il s'agit de démontrer que l'excuse d^iâadvertance et de voiles d'airain n'est point admissible i qu'il j avait poar atteindre au bat d'autres
BXTROlM^OtlOlt. â97
totifes qiie l'inveotion du régime sociétaire ; qa'oD pouvait arriver au demi-sociétaire ou garantisme, voie plus lente , à la vérité , mais qui en quelques siècles aurait conduit au port où on atteindra en un an par l'épreuve de la Phalange simple.
La nature^ fidèle au système des contrastes, nous avait ménagé pour arriver aux garanties des voies de luxe comme des voies d'économie. J'ai traité, en Citer ^ de l'utile ou voie économique, tenant à un essor solidaire des 4 groupes ou passions affectives, et au commerce DIRECT ; je vais traiter, en Ulter, de l'agréable , des voies fastueuses, tenant à un essor combiné des 5 passions sensitives.
Les plus influentes sont le goût et le tact , maïs la nature a établi son plan sur l'essor combiné de toutes cinq, et sur leur amalgame avec runitétsme ou passion foyère.
C'est par la garantie de visuisme ou plaisirs de la vue qu'on devait débuter. Cette jouissance est la moins accréditée des cinq : les civilisés, regardant comme superflu ce qui touche au plaisir de la vue , rivalisent d'émulation pour enlaidir leurs résidences nonunées villes et villages, dont l'embellissement unitaire aurait conduit & une garantie d'essor des 5 sens. Ce plan était du ressort des arts, comme le précédent était du ressort des sciences .politiques. Recherchons comment les arts pouvaient, par la voie d'embellissement et de salubrité, conduire par' degrés à l'Association.
Ici c'est par l'agréable que nous allons tendre & Tutile ; dans Tarticle précédent, c'était par Futile qu'on marchait & ragréable.^La nature pass. est toujours composée dan s sa marche , procédant toujours en direct et inverse,. euY rmt ainsi double voie d'avènement à ce bonheur se-
S98 EXTRODUGTIOir.
' cial dont on l'accuse de noas fermer les rouCes en nous opposant des voiles d'airain.
C'est un vice général parmi nos sciences que de dédaigner l'agréable, et croire qu'on ne doit songer qu'à l'utile. Celle opinion est une des mille erreurs que je désigne sous le nom générique de simplisme : nous pouvions également atteindre à FAssociation et aux garanties sociales par Y agréable f dont le principal moyen eût été la construction et distribution méthodique des édifices; problème d'ulilité presqu' autant que d'agrément , car de cette bonne distribution dépend la salubrité qui n'est pas médiocrement utile.
Je vais prouver que l'Association naîtrait de l'état des choses, dans une ville construite sous le régime de garantie sensitive sur la beauté et la salubrité. Le moyen politique ou comptoir communal s'adapte en l^^". ordre aux campagnes; le moyen matériel ou construction méthodique s'adapte phis spécialement aux villes. Ainsi l'initiative d'association pouvait être donnée par les partisans des cités comme par ceux des campagnes.
Le reproche s'adresse principalement aux architectes, qui ne s'attendaient pas à être impliqués dans les torts de ta civilisation : ils y sont grièvement compromis ; on en va juger :
Souvent onbâtit des vilfes nouvelles , soit en pfan général, comme Philadelphie, Manheim, etc., soit en plan additionnel et lié à une ancienne ville , comme Nancy- Neuf, Marseille-Neuf. Aucun des princes fondateurs ni de leurs architectes n'a su s'élever aux constructions d'ordre garantistè , qui pourvoit à l'utile et à l'agréabto cumulativement.
Il est pour les édifices des méthodes adaptées â^ chaque
KILTRODUOTION. 299
période' sociale, selon le tableau ( II, 33): je n'en citerai qae 3.
En 4^. période, la distribution barbare, mode confus. Intérieur de Paris, Rouen, etc.; rues étroites, naaisons amoncelées sans courants d'air ni jours suSisanls, disparate générale sans aucun ordre.
En 5®. période, la distribution civilisée, mode simpliste en méthode, ne régularisant que l'e^Uérieur où il ménage certains alignements et embellissements d'ensemble : telles sont diverses places et rues des villes comme Pétersbourg, Londres, Paris, qui ont des quartiers neufs, construits en système obligé pour les particuliers qu'on astreint à suivre tel plan extérieur. Les tristes échiquiers, comme celui de Philadelphie , sont un des vices capitaux du mode civilisé.
En 6®. période , la distribution garantiste,. mode composé , astreignant Yintérieur comme Y extérieur des édifices  un plan général de salubrité et d'embellissement , k des garanties de structure coordonnée au bien de tous et au charme de tous* C'était une chance de perfectionnement social dont on aura peine à croire les conséquences et l'étendue. SI un architecte eût su imaginer un plan de ville assujettie aux convenances que je viens de stipuler, si cet architecte eût réussi à faire adopter le plan à l'un des princes qui ont b&ti une nouvelle ville , même petite comme Carisruhe, le monde social se serait élevé de la période 5.^. , civilisation ,. à la- période 6?. , garantisme , par la seule influence des édifices d'unité composée, et leur aptitude à provoquer par degrés les liens sociétaires.
Ainsi uu architecte , qui aurait su spéculer sur-le mode composé, aurait pu, sans s'en douter et sans y prétendre, devenir le sauveur da monde social; faire à lui seul ce
300 EXTftODvrCTioir.
que tous Tes aigles de la politique n'ont pas su faire, et ouvrir aux humains une des seize [ vingt-huit ] issues de civilisation (II , 142). Il falfait bien que la nature assignât aux arts quelquintervention dans l'affaire de THannonie : elle a dû choisir celui des arts , qui peut c le plus pour » satisfaire les 5 sens cumulativemeirt : on verra que c'est l'architecture.
Malheureusement, parmi tant d'artistes doués d'an goût très-délicat, il ne s'^est rencontré que des simplistes, inhabiles à concevoir un plan de convenances générales dont je vais donner une légère idée.
naii d*aiie wSlle de «*• Période»
On doit tracer 3 enceintes.
La 1'®. contenant la cité ou ville centrarer
La S®, contenant les faubourgs et grandes fabriques;
La 3®. contenant les avenues et la banlieue.
Chacune des 3 enceintes adopte des dimensions différentes pour les constructions^ dont aucune ne peut être faite sans l'approbation d'^un comité d'Ediles, surveiHant l'observance des statuts de garantisme dont suit l'exposé.
Les 3 enceintes sont séparées par des palissades, gazons et plantations qui ne doivent pas masquer la vue.
Toute maison de la Cité doit avoir dans sa dépendance, en cours et jardins , au moins autant de terrain Taeant qu'elle en occupe en surface de b&timents.
L'espace vacant sera double dans la S®» enceinte ou local des fattbourgs^ et triple dans la 3®. enceinte nommée banlietÂe.
Toutes les maisons doivent être isolées et former façade régulière sur tons les côtés, avec oitiements gradués selon les 3 enceintes, et sans admission de murs mitoyens nus.
EXTROBQGTfOH. 301
Le moindre espace d'isolement entre 3 édifices doit être au moins de 6 toises ; trois pour chaque , on dayantage ; mais jamais moins de 3 et 3 jusqu'au point de séparation et [bas] mur mitoyen de clôture.
Les clôtures et séparations ne pourront être que des soubassements» surmontés de grilles ou palissades qui devront laisser à la vue au moins 2/3 de leur longueur» et n'occuper qu'un tiers en pilastres et palissades.
L'espace d'isolement ne sera calculé qu'en plan horizontal 9 même dans les lieux où la pente serait très-rapide.
L'espace d'isolement doit être au moins égal à la demihauteur de la façade devant laquelle il est placé » soit sur les côtés » soit sur les derrières de la maison. Ainsi une maison dont les flancs auront dix toises d'élévation jusqu'à la corniche , devra avoir en vide latéral au-devant de ce flanc un terrain vacant de 5 toises » non compris celui du voisin qui peut être de même étendue. Si deux maisons voisines ont, Tune 10 toises de haut et l'autre 8 toises y il y aura entre elles 4 et 5 » total 9 toises d'isolements et terrain vacant, partagé par un soubassement à grille ou palissade.
Pour éviter les tricheries sur la hauteur réelle comme les mansardes et étages masqués, on comptera pour hauteur réelle du mur tout ce qui excédera l'angle du 12«. de cercle (angle de 30 degrés), à partir de l'assise [supposée] de la charpente.
Les couverts devront former pavillon., à moins de frontons ornés sur les côtés. Ils seront garnis partout de rigoles conduisant l'eau jusqu'au bas des murs et audeissoiis des trottoirs.
Sur la rue, les bâtiments jusqu'à Fassise de charpente ne pourront excéder en hauteur la largeur de la
302 BXTRODUCtIOH.
me : si elle n'a que 9 toises de lai^e , on ne pourra pas élever une fa^de à la hauteur de 10 toises, la réserve de 45 degrés pour le point de vue étant nécessaire en façade. (Si l'angle du rayon visuel était plus obtus, il en serait comme des palais de Gènes ou du portail Saint- Gervais; pour les eiaminer il faudrait faire apporter un canapé et s'y coucher à la renverse. )
L'isolement sur les côtés sera au moins égal au bui^ tiéme de la largeur de la façade sur rue. Ainsi entre deux maisons, l'une de 40 toises de front et l'autre de 48-, l'isolement sera en minimum de 5 pour Tune et 6- pour l'autre; total 11 toises ; précaution nécessaire pour empêcher les amas de population- sur un seul point.
L'espace d'isolement ser^ double en cour fermée et en (ace des bâtiments comme rotonde ou autres, qui circonscriront plus des 3/4 du terrain. Ainsi, dans une rotonde ou cour fermée dont les édifices auraient 10 toises de haut , la largeur de la cour ou le diamètre de la rotonde sera de 10 toises au moins dans la Cité , et plus encore en 2®. et 3®. enceintes.
Les rues devront faire face ou à des points de vue champêtres, ou à des monuments d'architecture publique ou privée : le monotone échiquier en sera banni. Quelques-unes seront ceintrées, [serpentées, ] pour éviter l'uniformité. Les places devront occuper au moins 1J8 de la surface. Moitié des rues devront être plantées d'arbres variés dans chacune.
Le minimum des rues est de 9 toises; pour ménager les trottoirs , on peut , si elles ne sont que traverses 4 piétons, les réduire à 3 toises, mais conserver toujours les 6 autres toises, en clos^a^onné, ou planté et palissade.
Chaqjue rue doit aboutir 4 m point de vue pittoresque.
IXT&OBVOTIOII. 303
iiionament public ou particulier , montagne , pont , cascade ou perspective quelconque.
Je ne m'engagerai pas plus avant dans ce détail , sur lequel il y aurait encore plusieurs pages à donner pour décrire l'ensemble d'une ville garantiste. Hais nous n'avons ici qu'un résultat à envisager; c'est la propriété inhérente aune pareille ville, de provoquer l'association dans toutes les classes, ouvrière ou bourgeoise , et même riche.
Remarquons d'abord qu'on ne pourrait guère construire de petites maisons; elles seraient trop coûteuses par les isolements obligés. Les riches seuls pourraient se donner cet agrément ; mais l'homme qui spécule sur des loyers serait obligé de construire des maisons trèsgrandes , et pourtant très-commodes et salubres, à cause de la double distance exigée en cour fermée.
Dans ces sortes d'édifices, on serait entraîné, sans le vouloir, à toutes les mesures d'économie collective d'où naîtrait bientôt l'association partielle : par exemple , si l'édifice réunit cent ménages , on n'y fera pas 20 pompes qu'exigeraient 20 maisons logeant chacune 5 ménages. Ce sera déjà une économie des 19/20^'. ou de 9/1 0^., en supposant la pompe et ses auges de plus forte dimension.
Autant la police de propreté est diOBcile dans des maisons resserrées et obstruées, comme celles de nos capitales, autant elle est facile dans un édifice où les espaces vacants maintiennent les courants d'air. On éviterait donc ici,. par le lait, les vices d'insalubrité; avantage de. haute importance.
La distribution indiquée ne provoquera les inventions sociétaires que par concurrence entre les grands édl-
304 ExtKowiCTim»
fices dont elle se composera. S'ils o'ètaieoi qu'en nombre de 4 ou 5 maisons & 100 ménages, comme on les peu! trouver dans Paris ou Londre», ces réunions éloignées les unes des autres n'auraient aucune émulation économique.
Mais si ladite yiHe contient 100 vastes maisons toutes vicinales et distribuées de manière à se prêter aui éeonomies domestiques, elle verra bien vite ses habitants s'eiercer sur cette industrie , qui commencera nécessairement sur l'objet important pour le peuple, sur la pré* paration et fourniture des aliments. On verra 2 ou 3 des cent ménages s'établir traiteurs; on en verra d'autres spéculer, en d'autres branches, sur les fournitures de la maison.
Ainsi s'organisera la division du travail , qui , une foi» introduite dans la cité ou enceinte centrale , se répandra bien vite dans les deux enceintes de faubourg et banlieue, où l'obligation de double et triple espace en terrain vacant nécessitera d'autant mieux les grandes réunions. ( Voyez l'article précédent sur les espaces vacant». )
Du moment où la coutume d'association domestique sur la nourriture serait adoptée dans les grands édifices de la cité , elle se répandrait dans ceux des faubourgs , et surtout dans ceux de la banlieue , qui ajouteraient aux combinaisons d'économie alimentaire , celles d'économie agricole.
Il en est du bien comme du mal ; et si l'on dit à bon droit, un mal ne va pas sans un autre (184), abjfout abynum invocat, on peut dire dans le même sens, un bien ne va pas sans un autre : l'association en économies alimentaires amènerait dés le lendemain celle en combinaisons agricoles.
£XTllOIMICTlOir. 305
Elle donnerait de même naissance à plusieurs dispositions sociétaires inconnues aujourd'hui 9 comme la communication conyerte en corridor on rue--galerie , qui est un puissant acheminement au régime sociétaire, unissant toujours Futile et Fagréable.
Dans les distributions précitées 9 le bien-être corporel serait ménagé autant que les agréments* de la vue. Ces yastes édifices , [à Tayantage d'être] bien aérés par l'isolement garni de plantations, [réuniraient leur salubrité « les communications intérieures et couyertes] : ils satisferaient le tact autant que la yue : ce seraient déjà deux sens contentés dans une yille d'ordre garautiste. Elle servirait un 3®. sens non moins important, celui du goût. Je prouverai c plus loin > que les combinaisons alimentaires, sources d'énormes économies , s'établiraient à l'instant dans une ville distribuée de la sorte. *
Aux 3 sens favorisés par cette construction , joignonsen un 4®., celui de l'odorat. Il est lésé à chaque instant dans les c maisons » infectes et les rues étroites de civili^ sation. Au lieu des jouissances de l'odorat, on ne rencontre dans nos villes que l'opposé ; des cloaques ou ramas d'immondices, une humidité, une infection perpétuelles : j'en atteste ceux qui ont fréquenté les quartiers de populace dans Lyon et Rouen. La civilisation entasse des immondices même sur les points dont on vante la beauté. J'ai vu à la porte de Nancy des ramas de fumier et des mares : le fumier à côté d'un arc triomphal n'offensait que la vue ; les mares insalubres nuisaient à la santé ou tact. Le génie civilisé est intelligent à blesser tous les sens.
J'en ai cité quatre : vue , tact , goût , odorat , que favoriserait ce genre de construction , nommé archUecture
306 EXTROOVCTION.
eompoiée, [unitaire] ou de 6®. période : Toule^ 5«. sens, y trourerait de même sa garantie (0, tout étant lié dans le système de la nature : tâchons de nous initier à quelque branche des mystères , et bientôt nous en aurons pénétré le système entier , quel que soit « le point > par où nous aurons su nous introduire.
Je n'ignore pas combien la propriété composée, dont j'établis ici le principe, structure coordonnée au bien et au charme de tous, est en aversion aux civilisés; combien l'égoTsme a de tout temps aveuglé sur les bénéfices d'une telle disposition : mais nous ne spéculons ici que sur une seule épreuve, une ville neuve où personne ne serait obligé à se fixer.
Supposons que Louis XIY , au lieu de bâtir le triste Versailles, eût construit à Poissy une ville d'architecture composée (avec un port à vaisseaux , les sinuosités finissant â Poissy ), chacun aurait voté l'imitation , parce que les dispositions garantistes une fois effectuées plaisent â ceux même qui s'y sont le plus opposés. Aucun proprié-
(i) Avant de pourvoir aux plaisirs de Fouie , comme la correction des chanteurs faux et des oreilles fausses , il faudrait d^abord aviser au nécessaire , et délivrer Toreille des citadins de tant de bruits désolants , comme ceux des magasins de fer , ouvriers en métaux , crieurs mercantiles , apprentis de clarinette , et autres bourreaux de l'ouïe. Tous ces inconvénients sont prévenus en architecture composée, et celui du fracas des voitures y est rédoit il peu de chose, par des [portions] de voie non pavées. Une ville distribuée en grandes maisons isolées peut en affecter quelques-unes aux ouvriers k marteau , travaillant dans Tintérieur d*une cour fermée. Toutes les harmonies naissent l'une de Tautre; il suffit, je Tai dit plus haut, d'en savoir inoculer le germe, Tun des 16, quel quHlsoit.
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taire deyille ne voudrait consentir aujourd'hui à remplacer ses murs par des grilles ou paKssades sur soubassement; il y gagnerait pourtant cent fois plus qu'il n'y perdlrait , car il jouirait de la vue de cent jardins. Il en est de même detoutesles autres dispositions cent fois plus avantageuses qu'elles ne paraissent oirtreuses : mais pour en juger il eût fallu une ville d'essai.
J'ai dây selon le plan énoncé au début, citer deux voies de garantie, une d'essor pour les ^affectives par le comp^ toircommunud, uni aux corporations garantes eue titres ; une d'essor pour les 5 sensitives par l'arckiiecture eom'posée. Cette 3®. voie est fort longue, et exigerait un demi-siècle au moins : j'en cite ailleurs de plus expéditives , notamment celle des- garanties sur le mariage (Inter-Lim., 51).
La Providence, ayant prévu que les esprits civilisés ne^ foncés dans l'égoYsme auraient peu d'aptitude aux découvertes de garantie sociale en travaux utiles , a dû leur ménager des voies de succès en travaux agréables, d'abord celle de visuisme ou d'architecture unitaire ,. qui s'allie bien aux convenances des grands , et qui aurait séduit tout prince fastueux. Louis XIY n'y aurait pas résisté un instant.
Ceux qui ont bâti Nancy , Versailles , Manheim , Carisruhe et tant d'autres villes neuves , auraient accédé volontiers à un plan qui leur eût garanti célébrité et utilité à la fois. Je dis Célébrité, car le fondateur d'une ville distribuée selon la méthode ébauchée dans cet article, aurait eu le double honneur de frapper de ridicule toutes les autres capitales par le parallèle des agréments de la sienne, et de métamorphoser subitement le monde social ; car indépendamment du charme sensuel quaurait excilé la
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nouvelle YÎIIe y od y aarait tu nattre foule d'ècoDonûes domestiques; elles auraient obtenu l'adhésion générale et déterminé Tentrée en garantisme.
Gomment potre siècle, tout occupé de luxe et de beaux arts, a4*il manqué cette facile issue de civilisation» Varehùeeture combinée ? Il y était poussé par sa friyolifcé même, par son penchant pour les raflSnements. En voyant une ville ainsi distribuée , le refrain de gniak Pauis se serait changé en celui de fi db Paris.
Sept classes étaient stimulées à cette innovation : l^. les architectes spécialement ; 2o. les artistes, par goût du beau; 3<>. les administrateurs sous le rapport de la salubrité ; 4^. les citoyens par besoin de la propreté ; S<^Jes sybarites pour l'agrément ; 6<>. les économistes par vues sociétaires; 7o. les moralistes par vues charitables; X enfin , les souverains par amour-propre^
Le vice qui les a détournés de celte conception, c'est l'esprit de propriété simple qui domine en civilisation, U n'y régne aucun principe sur la propriété composée, ou assujettissement des possessions individuelles aux besoins de la masse. On sait fort bien reconnaître ce principe en cas de guerre : on n'hésite pas à raser, incendier tout ce qui gène la défense ; on ne donne pas 24 heures de répit , et on y est bien fondé , parce qu'il s'agit de l'utilité générale devant laquelle doivent tomber les prétentions de Tégolsme et de la propriété simple , vraiment illibérale.
Les coutumes civilisées n'admettent plus ce principe, lorsqu'il s'agit de garanties autres que celles de guerre ou de routes et canaux. Chacun oppose son caprice au bien général; et là-dessus interviennent les philosophes, qui ioutiennefU les libertéi individueUes aux dépens deê
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eoUeetweê, et prétendent qu'un citoyen a des droits imprescriptibles au mauYais goût , à la violation des convenances publiques.
Tel est le principe de la propriété simple , dr<ril de gêner arbitrairement le$ intérêts générauxpaur eatiê faire les fantaisies individuelles. Aussi voit-on pleine licence accordée auK vandales qui prennent fentaisie de compromettre la salubrité et rembellissement, par des constructions grotesques y des caricatures, quelquefois plus coûteuses qu'un beau et un bon bâtiment. Souvent ces vandales , par une avarice meurtrière , construisent des maisons malsaines et privées d'air , où ils entassent économiquement des fourroilliéres de populace ; et l'on décore du nom de liberté ces spéculations assassines. Autant vaudrait autoriser les charlatans qui, abusant de la crédulité du peuple , exercent la médecine sans aucune connaissance. Ils peuvent dire aussi qu'ils font valoir leur industrie , qu'ils usent des droits imprescriptibles.
On a reconnu la nécessité de limiter ces prétendus droits en médecine comme en fortification , de les sid)ordonner aux convenances générales ; ainsi , le principe de propriété composée, déjà introduit dans le régime des monnaies , est de même établi en constructions militaires et administratives (routes, canaux et fortifications). Si on l'eût étendu aux Constructions civiles et particulières , c'en était fait de la civilisation ; elle serait tombée en un demi-siècle, et le genre humain se serait élevé au garantisme par la seule impulsion de ce luxe que réprouve la malencontreuse philosophie , ce luxe qui pourtant est i*"". foyer d'attraction.
Insistons contre ces faux principes de propriété simple et licence de mauvais goût. Il s'agit de prouver que I9
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natare nous avait ménagé , en agréable comme en utile , en calimls de luxe comme en calculs d'économie , àes issues de civilisation que nous n'avons su découvrir en aucun sens , parce que la philosophie qui nous dirige ne vent suivre aucun de ses bons principes (II» 129), entre autres le 5®. (II, 132)» ne pas croire la nature bornée aux moyens à nous connus»
Ces principes l'auraient conduite à spéculer sur l'essor du luxe collectif et les convenances collectives, puisque la faveur accordée aux convenances individuelles n'a depuis 3000 ans engendré que le désordre.
Un indice de l'esprit faux et de l'impéritie qui régnent à cet égard , c'est qu'aucune loi n'a stipulé des obligations RELATIVES, cn fait de salubrité et d'embellissement. Par exemple , qu'une ville achète et abatte quelque tlot de masures qui masquaient 4 rues, il est certain que les maisons des 4 côtés adjacents à cette tie acquerront beaucoup de valeur ; l'air y circulera mieux; elles auront au-devant de leurs façades , au lieu d'un vilain masque , une place ornée d'arbres et fontaines ; elles auront donc gagné considérablement à cette démolition, et accru leurs loyers en proportion. Elles devront, en bonne justice , partage de bénéfice à la commune qui leur aura de ses deniers procuré cet accroissement de l'utile et de l'agréable , cette transition du mal au bien.
Cependant aucune loi ne les astreint à l'indemnité de moitié du bénéfice obtenu. Loin de là; le propriétaire favorisé par cette amélioration ne léguera pas une obole à la commune qui l'aura enrichi, et si elle lui deauinde quelque subvention , quelque part au bénéfice , ne fûtrce que d'un quart , il répondra ironiquement : c Je ne vous ai pas prié d'abat I re ces maisons qui masquaient la mieDiie ;
ElTRODÛCTlON. 311
Je De VOUS dois aocXioe indemnité pour yos dépenses d'embellissement. »
Ces lacunes de législation communale prouvent l'enfance du génie civilisé sur tout ce qui touche aux garanties; il ne tend qu'aux raflBnements d'égolsme et de fiscalité. Faut-il s'étonner qu'il n'ait su faire aucun pas dans la science des garanties, dont pourtant il sentie besoin, car il en radote à chaque instant : les verbiages de garantie, contre-poids, balance, équilibre, ne cessent de retentir dans les écrits des politiques et économistes, qui comptent pour rien les intérêts collectifs, et qui pourtant se disent libéraux.
S'il existait quelque sollicitude pour le bien collectif, aurait-on tardé jusqu'à ce jour à établir une police générale de salubrité et d'embellissement? Le soin en est laissé aux caprices des communes , dont les chefs le plus souvent sont des réunions de Vandales, et n'ont de penchant que pour le mauvais goût , considérant l'embellis* sèment comme chose inutile.
Cette lacune est en partie imputable aux artistes qui n'ont su ni rectifier l'opinion sur ce point, ni inventer le régime d'architecture composée; lacune d'autant plus fâcheuse , que cette invention était une des issues les plus directes de civilisation , celle qui pouvait le mieux cadrer avec les distributions par ménages incohérents.
Le tort principal de nos régénérateurs*est de vouloir, en vrais simplistes qu'ils sont, organiser l'utile sans l'agréable ou l'agréable sans l'utile, et n'aller qu'à l'excès dans l'un et l'autre genre. Par exemple, ils prodiguent les dépenses quand il s'agit d'embellir une capitale : sous le régne de Napoléon ils avaient projeté une rue Impériale qui, s'étendant du Louvre à la Bastille, aurait coûté cent
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millions en achat de maisons % non compris les frais de reconstruction des façades. Cent miluons étaient peu de chose quand il s'agissait de flatter bassement Napoléon ; et ces mêmes .hommes si prodigues pour la ville de Paris ne voulurent pas laisser construire à Lyon S péristyles de 8 colonnes détachées, sur les façades de la place Bellecour, la plus grande de l'Europe. Une ville de 160,000 habitants leur paraissait indigne d'attention; ils lui défendaient toute apparence de luxe ou même d'élégance, et Lyon fut obligé de se borner à des colonnes tracées , à des ouvrages d'une mesquinerie pitoyable sur une place immense.
Pourquoi l'architecture n'a-t-ell.e pas conçu, en système général , le plan que chaque particulier sait concevoir pour son domaine et sa résidence? Il orne les avenues de l'édifice , il le dégage d'alentours immondes : ce qu'on fait pour l'édifice d'une famille aisée , ne devraitK>n pas le faire pour une ville où résident plusieurs milliers de familles? Comment cette spéculation vraiment libérale a*t-elle échappé aux partisans du libéralisme? C'est, diront-ils, qu'elle tient au luxe, qu'elle exige un grand kixe : il est vrai ; mais la nature qui nous attire ( II , 239) au Luxe et aux Groupes , ne serait-elle pas en contradiction avec elle-même , si elle ne nous ménageait pas des voies de bonheur social dans l'essor du luxe collectif ou solidaire «,qw est cehii de l'architecture combinée , et dans l'essor des groupes solidaires, dont le lien est le comptoir. communal , base des garanties?
J'ai traité la question en sens politique. Citer, et en sens matériel, Ulter. Cette 2®. preuve m'a paru nécessaire à dissiper les préventions régnantes contre le beau matériel considéré comme frivolité , et à prouver qu'en
EXTRODUCTIOBT. 313
dépit des sîmpiisles, la roule des garanties solidaires ainsi qoe de tout bien social est eomfoêée; qu'on peut j arrÎTer par les voies du>beau cemme par les ?Y>ies du bon, et qu'on est à Fopposé des méthodes de la nature , quand on veut séparer le beau et le bon , qu'elle fait constamment marcher de /ront dans les dispositions sociétaires.
Fir^AL. — Devoirs des AcadAnies de second ordre.
Plus on s'engage dans les recherches sur les garanties sociales, plus on apprécie l'avantage d'éviter, par le facile essai d'une Phalange sociétaire, ees longues opérations dont la plupart eoûteraient un demi-siécle , et dont l'ensemble n'exigerait pas moins de SOO mis pour en or- ^niser le système complet.
Cependant la perspective de 2 siècles n'aurait rien d'effira^ant pour gens qui ont perdu de 25 à 30 siècles en vains efforts pour échapper au malheur; et, puisqu'ils ehercbaîent des garanties sociales, il est nécessaine de leur expliquer sur quelles opérations elles devaient reposer ; combien ils ont été mal dirigés d£»s eette recherche , abusés sur les vrais principes de la garantie qui exige des solidarités colle<)tives , dont on n'a aucune idée en civilisation!
Quoique ces garanties^ ^ent la route la phis longue pour s'élever au lien sociétaire, il faut faire sentir k la raison modeipne son tort de les avoir manquées, et la convaincre que son prétendu perfelïtionnement, loin de conduire au bonheur par les voies les plus courtes, celles* de l'Association , ne nous ouvrait pas même les voies de lenteur qui auraient depuis longtemps acheminé au but, si on eût su les discerner dans Athènes et Rome. III. 1 4
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Chez les modernes, cette tâche coDcernait spéciale* ment les sociétés qui ne sont pas impliquées dans les torts de la science ; telles sont en France les 400 acadé-r mies d'arrondissement, dites sociétés d'agriculture. Elhss ont vu depuis leur fondation en 1818 le cultivateur phi» que jamais victime des fluctuations d'agiotage, die la baisse des grains ou abondance dépressive, etc., etc. Or, comment remédieraieot-elles à ces fléaux politiques, lorsqu'elles ne peuvent pas même combattre les fléaux matériels subalternes, comme celui des chenilles, qui n*ont jamais été plus nombreuses que depuis qu'on Leur a opposé en France 400 compagnies de restauration agricole?
£n se fondant sur l'insuffisance des moyens connus , contre les desordres soit matériels, comme la destruction des forêts, le déchaussement des pentes et tarissement des fontaines; soit politiques, tels que le tauxusuraire des fonds prêtés au cultivateur, l'abondance dépressive, etc., ces académies élevaient déclarer qu'il y a , par le fait • erreur notoire et impéritie dans les sciences qui régissent le mécanisme industriel; qu^on doit suspecter en masse leurs doctrines , recourir à quelque science neuve et quelque procédé neuf pour atteindre au bien.
Diverses fois j'ai observé que l'initiative d'avénement au bien doit être l'aveu du mal ; que si personne n'a le courage de le constater, on ne s'occupera point à en chercher le remède. Loin de là; plus l'agriculture soufre du vice de l'usure , plus la science est occupée 4 favoriser l'agiotage et le système commercial qui enracine l'usure. C'est d'abord contre ce désordre que les 400 académies protectrices de l'agriculture devaient solliciter l'inven^ tion d'une garantie.
EXTRODUCTION. 315
Combien d*aatres garanties n'ayaient-elles pas à provoquer! Q.n en sent le besoin à chaque pas dans le systèuM civilisé : j'ai cite plus haut celle des testaments libéraux ; c'était encore aux nouvelles académies à mettre en crédit cette louable innovation et prêcher d'exemple.
C'est surtout contre l'influence colossale de l'agiotage qu'elles devaient se prononcer. Le cultivateur, après avoir longtemps conservé ses grains , ses liquides avilis » est à la fin victime d'une menée d'agioteurs qui les lut soufQent à la veille d'une hausse projetée , et qui » une fois nantis de tous les forts approvisionnements , déclarent le lendemain la hausse de 35 pour ^/q. Ainsi , tout le bénéfice de 3 et 3 ans d'bdustrie et de soins passe entre les mains des parasites , pour le bien du commerce»
On ne connaît, dira-t-on^ point d'autre mode de circulation : cela est-il surprenant ? On n'en a point cherché. Personne n'a eu le courage de constater le mal, de déclarer qu'après tant de pompeuses théories sur les garanties, il n'en existe aucune pour l'agriculture.
A la vérité, cette déclaration eût exigé une apostrophe aux sciences dites incertaines, qui donnent toujours en résultat le contraire de ce qu'elles ont promis en théorie. Ce rôle discourtois ne plaît à aucune compagnie ; chacune veut flatter les sophismes dominants : faut-il s'étonner qu'elles n'arrivent qu'à une complète stérilité , et qu'en se vantant de libéralisme, on n'ait pas môme su atteindre au demi-libéralisme , & la demi-association , dont le comptoir communal est la base , et au demi-bonheur so-^ cial qui se compose du mécanisme complet des garanties, dont toutes , excepté les assuranfses et la monnaie , sont inconoues en civilisation?
Une brillante carrière s'ouvrait aux 400 académies si
51 6 EXTRODVCTION.
elles eussent voula adopter un caractère » se créer un rôle quelconque. L'amour-propre les y stimulait; on les installa sans leur assigner une obole de dotation : celles de Paris ont un budget annuel de 400,000 fr., et les 400 sociétés provinciales n'ont pas 400 sous de rente fixe« Que faire en pareil cas ? D'abord se procurer le nerf de la guerres Elles devaient opérer comme cet usurpateur qui, débutant avec une armée dénuée de tout , dit à ses soldats: c Vous n'avez ni vivres ;, ni munitions, ni habits; il 9 faut passer sur le corps de Tennemi, «t vous aurez tout » en abondance: » ainsi firent^ik.
Tel devait être le plan des 400 cohortes de roture aca* démique. Elles devaient se dire ; On nous laisse dans le dénûment, tandis que la nobleese philosophique obtient dans Paris un budget de 400,000 fr., les tivcurs de la Cour et des grands. Créons^nons des ressources à ses dér pens ; enlevons*lui le sceptre de l'opinion ; attaquon$ ses dogmes déjà décrédités et suq)eots & tous les gou-* vernements.
Rien n'était plus aisé que cette conquête : traçons le plan de l'attaque en sens négatif et positif.
Négatitehent. Il fallait s'étayer de l'avis des philosophes mêmes (voyez les 9 devises de cet ouvrage), pour dénoncer leurs 4 sciences coiiime foulant aux pieds les principes et régies qu'elles nous imposent (II, i29), abusant le monde social , et sacrifiant de plus en plus l'agriculture à l'agiotage. Il fallait dénoncer cette nmladie de langueur , dit Montesquieu, ce venin caché (fà favoriae incessamment les prc^és du mal , et lui fait faire di» pa$ en avant lorsque le bien en fait un/ Plu» on oppoae au mal de théories et de lois restauratrices, plus les désordres industriels vont croissant : les forêts dédtaenjt
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rapidement; les capitaux vont de plus en plus s'engouffrer dans les arènes d'agiolage» dans le tripot des effets publics. L'agriculture est d'autant mieux dédaignée et dé-^ noèe de ressources , payant à douze pour cent le numé-^ raire que l'agioteof obtient à trois pour cent.
En se fondant sur ce progrés évident du mal , on devait, je le répète, conclure à l'abandon des 4 sciences philo^ sophiques d'où il est né, et à la recherche d'une nouvelle toienee propre à balancer l'influence du commerce, à ramener les capitaux à l'agriculture, et àcombattre ce tenin CACHÉ (le morcellement industriel), qui donne au mal une activité décuple de celle du bien , en vices matériels comme en politiques.
Telle devait être l'attaque négative : elle n'exigeait qu'un petii mémoire , un factum de 50 pages contre les 4 sciences métaphysique, morale, politique et économique, fautrices du mal , et n'y opposant d'autre remède que des commotions populaires , dont le résultat est d'envenimer les plaies.
Positivement. Il fallait faire ce que les philosophes ne savent que rêver ; mettre en vogue les dispositions vraiment libérales, dont ils n'ont jamais su proposer aucune^ On devait commencer par les testaments libéraux; les provoquer par de bonnes impulsions et des exemples : toutes les académies d'arrondissement seraient déjà dotées. & l'heure qu'il est , si elles eussent recouru à cette m^ure (i).
(i) L'acadëmie dont j*€tais membre a perdu depuis son plus riche sociétaire, D. d*A. , homme jouissant de eo»000 fr. de rente , et n*ayant qu^un enfant : il pouvait bien liguer \ la société d'arrondissement une année de son revenu, \ payer par rhëriiier
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Quant à celles qui dépendent de la législation , comme l'indemnité d'hoirie et de revenu à percevoir sur les eéli" bataires ( 88 ) en faveur des pères de femille nécessiteux, il était aisé de solliciter ces lois et tant d^autres dont la demande aurait honoré les académies d'arrondissement , et prouvé que si celles de la capitale savaient bien dire, celles de petites villes savaient lien faire.
Au lieu de prendre cet essor noble , de savoir se créer un rôle, qu'ont fait les nouvelles académies? Elles se sont tratnées sur les pas de celles de Paris , adoptant sur te papier de vastes plans d'explorations scientifiques. C'a été la montagne en travail, et depuis 4 ans d'existence aucune des 400 n'a donné signe de vie.
Récapitufons leurs devoirs , car on contracte des devoirs en s'asseyant au fauteuil; les académiciens n'en sont pas plus exempts que toute autre classe de citoyens, surtout quand la réunion étant immense, et présentant un effectif de 22,000 immortels, autorise l'opinion à espè-
en 5 ans , à 20,000 fr. par terme, charge insensible pour Vhéritier qui aurait eu encore 40^000 fr. k dépenser par chacun des 5 ans.
Moyennant quelques legs semblables, bornés à un an du revenu , chacune des '400 sociétés se serait pourvue peu k peu d^un capital de 5 à 400,000 fr. , somme nécessaire k acheter et organiser une ferme expérimentale. Sans ce levier, rien de phis illusoire qu'ime société d*agricuUure; ce n*est pas avec des discoors (ju^on peut convertir le paysan et le dégager de ses vicieuses routines. Il fallait lut montrer la sagesse en action ; il allait concevoir qu'en agrîcuhnre , comme en toute affaire , en ne peut rien sans capitaux , et aviser k s*en procurer par les testaments de vrai libéraUsme , dont la moindre initiative aurait entraîné 2i rimitation.
Ë^TRODUCTION. Sl9
rer , lant de leur génie que de leur nomlre ^ des services efficaces et des conceptions neuves. Ils avaient à combattre en agriculture quatre vices radicaux faisant partie des neuf fléaux lymbiques (Il , 120).
1^. L'indigence du cultivateur, toujours Victime des besoins d'argent , des extorsions de l'usurier , et hors d*état de pourtoir aux dépenses utiles qu'exigerait une eùltore soignée. Contre un tel vice , il est évident que lé seul remède était la réunioh sociétaire , sur laquelle oh voit les seuls Anglais faire des tentatives qui , avec le temps , auraient pu réussir.
99. La fourberie commerciale: les fluctuations de prix causées par l'agiotage, les falsifications de tous comestibles et de toutes denrées ; fraudes qui allouent tout le bénéfice au commerce, découragent d'autant la consommation et la production.
3<^. Les progrès d'intempérie: elfô s'accroît chaque année , et la science ne fournit que des projets illusoires contre des calamités réelles ; que dés jactances de perfec^ tibilité , contre une détérioration alarmante des clima*^ (ures (^ voyez Noie A)é
A^. Le cercle vicieux : la fatalité ou plutôt l'impéritie sociale qui neutralise toutes les mesures de restauration. Un code rural ou forestier est-il mis en vigueur , il en résultera un accroissement de dégâts! une invention estelle faite par les chimistes, elle devient entre les mains du comniefce un' nouveau moyen de tromper le public et déâaturer lés produits de l'industrie 1 le cercle vicieux qu'on voit domine^ dab^ les rameaux du système agricole, se retrouve aussi à la base. On voit les 2 méthodes, grandes et petites cultures, conduire par diverses voies à Textrèmer indigence ; en Angleterre , par la multiplicité des grandes^
ôSO fXTBODUCTionr.
fermes ; en France» par l'exlrème subdivision des propriétés rurales.
Incidit m ScyUam dum vuH vùare Carybdim.
X Enfin, LA DUPUCiTi d'actior : elle est aotoiredans tout le système agrieole. Oo' croit perfectionner par les défrichements ^ et Ton ne fait que bftter la ruine. Tout est perdu quand le matérief est perdu , quand les forêts , les sources, les dimatures sont en déclin rapide i.On ne yoîI dans notre système agricole que perfeetionnemeni théo^ tique et détérioration pratique. C'est la duplicité d^action la plus choquante; et pourtant c'est le résultai constant de nos sciences écononû^es et politiques , aussi naalenconlreuses en^ agriculture qu elles Tont été en finances el en garantie de droits naturels; science» qui n'aboutissent
qu'a GARANTIR AU MAL UN PROGRÈS DÉCUPLE DE CELUI DIT
BIEN. Il est force de le redire cent fois, puisque tous les^ discours académiques ne tendent qn^â dissimuler cette Térité , pour dispenser la science de recherches sur le remède , le procédé sociétaire.
Ce%X ainsi que les 460 académies auraient pu envisager feur tâche, si eHes eussent voulu procéder franchement & l'ouvrage ; eonstaterles plaies de Tagriculture, sans tenir compte des illusions répandues par les sophistes..
Mais cette, méthode eût offiènsé ta philosophie et l'agiotage : qu'importe? ne sont-ce pas les deiUL ennemis de» gouvernements? ne sont-ils. pas tous iotér^sés 4 combattre les sophistes et les agioteurs? Si Ton tremble de rencontrer Tennemi , on ne doit pas prendre le» armes ; et si 22,000 académicîeDs n'entrent en scène que pour éviter le combat, leurs fauteuils ne seront pour eux que 22,000, brevets d'obscurité..
ÈttuoBtction. Sâi
Combien il leur eût été (icile de se signaler d'emblée , en fondant , par op{K)8ition à la mesquinerie parisienne et à ses prix de 300 fr., un prix prorinciai de «aîronle mt/2e fr.y dÎTisible par 10, 20 et 30,000 Tr., à 3 compétiteurs! prix à décerner chaque année à trois traités ou procédés d'économie pratique et compatible avec l'expérience. Il n'en eût coûté que 3 fr. par académicien : c'eût été faire de grandes choses avec de. petits moyens. Bien maladroits sont ceux qui ne savent tirer aucun parti d'une armée scientifique de vingts-deux mille hommes dociles à Tin» fluence d'en haut !
Si leurs chefff ou fondateurs eussent été aptes à conce^ voir un plan d'ensemble, ils auraient reconnu qu'il fallait, en pareille cohue, spéculer sur le non^re^ sur les opéra-* tiens de mode infiniment petit, qui sont un des grands et brillants ressorts de la nature.
Ils n'ont sa imaginer aucune opération : en dignes Français , ils n'ont vu de toutes parts que de Vimpossibi^ /àe^; tandis que, sans tribut de génie, leur masse de 32,00t):eût été un garant de succès colossal. Je ferais Ift gageure de leur indiquer 22 opérations , toutes dans le sens du gouvernement, et dpnt la. moindre aurait donné aux académies de Pontoise et Beaune, Quimper^Gorentin et Briyes-la-6aillarde , un relief qui eût éclipsé subitement les faux brillants des rivaux de la Capitale.
Tel est le plan qu'ils auraient dû suivre ; je laisse à d'autres le soin de le revêtir du fard oratoire et du vernis des convenances. Je n'ai point l'art des caméléons littéraires , mais seulement celui des inventeurs.
Cet article, ainsi que ceux qui traiteront des garanties, sont la meilleure réfutation du faux libéralisme défini à rinter-Pause (II, 383). J'ai montré les routes du vrai dans
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ces garanties sociales ou réunions solidaires , si négligée^ des sophistes. On y voit que l'Association est l'unique voie dé régime libéral ; qu'elle seule peut réaliser les biens que rêvent la philantropie et la charité; que le monde social ne peut s'élever par degrés au vrai libéralisme , qu'autant qu'il s'élève par degrés à l'Association , et que de toutes les jongleries la plus impudente est celle des rhéteurs qui se disent libéraux en prêchant la subdivision des ménages, dépourvue des solidarités sociales qui sont l'unique procédé d'amélioration conipatible avec l'industrie non sociétaire (271 ).
J'ai indiqué à l'Inter-Liminaire (188) la première de ces solidarités , celle que la charité devait suggérer à tout homme vraiment soucieux de l'intérêt des pores de famille, et qui aurait acheminé à beaucoup d'autres. Je renouvellerai à ce sujet le reproche déjà adressé (271) au parti nommé illibéral ou anti-libéral; c'est de n'avoir pas avisé à suppléer ses antagonistes en provoquant l'établissement des solidarités sociales , et de n'avoir , comme les Platon et les Aristote , spéculé que sur l'égoKsme, caractère commun à tous les partis civilisés , vice qui leur a fermé de tout temps et leur aurait fermé de plus en plus la voie des inventions en politique sociétaire.
Loin qu'on y tendît en ce qui touche au matériel oo architecture combinée, nous voyons les principes de propriété simple , d'enlaidissement et d'insalubrité , dominer plus que jamais : et quant aux solidarités cardinales mentionnées à TUlter, notre siècle absorbé par l'agiotage, l'esprit mercantile et les fureurs de parti, incline de moins en moins à ces conceptions de bien social. Tant il est vrai que la civilisation , avec ses momeries de per-
EXTRODtCTION. 323
feciibilitë el de garanties fictives, s'éloigne incessamment de la Yoie des garanties réelles ! C'est on corps usé et vieilli qui , essayant tour à tour les divers traitements , les orviétans philosophiques et féodaux» accélère sa ruine, et ne réussira pas mieux que Jésabel ,
A réparer des ans l^irréparable outrage.
La civilisation a fourni sa carrière, bien longue et trop longue pour le monde social } elle est affaiblie et minée par seize germes de dégénération récente , qui constatent sa chute de virilité en caducité ( Epilogue } : elle ne pourrait désormais que décliner rapidement ; elle n'a d'autre voie de salut que d'échapper à elle-même.
Et pour y parvenir, il eût fallu, au lieu de créer 400 sociétés chargées implicitement de perpétuer l'indigence ET LA FOURBERIE , seuls fruits qu'ou puisse obtenir des méthodes civilisées; il eût fallu, dis-je , créer seulement 4 sociétés chargées de découvrir d'autres voies d'amélioration que celles des 4 sciences incertaines , dont le monde social ne recueille en tout sens que les neuf fléaux lymbiques.
Mais comment un siècle, qui n'a pas encore le bon sens de distinguer entre la vraie et la fausse nouveauté , s'éléverait-il à la recherche de la vraie , tant qu'il ne sait pas poser en principe que le monde social étant évidemment dupe de la philosophie et de la civilisation, il faut échapper à Tune et à Tautre ? C'est une vérité que ne lui feraient entendre ni 400 ni 4000 académies ; tout enfoncées dans les voies de la philosophie, engouées du morcellement industriel, et du mensonge garanti ou libre cancurrenee^ anarchie commerciale.
On pourrait souhaiter à notre siècle autant de bon sens
334 EXTROMTCTtOlf.
qu'en ont les tyranneaux d'Asie, qui payent un bouflfbn pour leur dire la vérité en plaisantait. Le 19^. siècle de* yait titrer des bouffons scientifiques , chargés de lui dire toute vérité utile aux intérêts du gouvernenient. Quelques volumes de vérités
Sur les astuce comooierciales (II, 219);
Sur rimpéritie philosophique (II, i29, 207);
Sur les vices de Tindustrie morcelée (174, 191 , 199)^ auraient bien mieux servi les gouvernements, que de» académiesdocilesà transigeravec le sophisme etTagiotage,
Siècle de erétinisme politique , si tu ne sais pas , avec tes subtilités et tes torrents de fausses lumières, voir Fabtme de misères où te plonge la civilisation , et prêter Toreille à une proposition d'épreuve de rÂssociation, e^est vraiment toi que le Psatmiste a prophétiquement désigné ; c'^e^t Thoroscope de ta sottise et de ta duperie qu'il a tiré dans ce verset , devise exacte de Thébêtemeni politique des modernes ::
Àures habent et non. audient ; Oculos habent et non videbunt /
COHn^ËHEnTS ET BECTinCATIOHS.
Cet article de noliom accessoires àeiail emplojer 5 feuilles pour lier les divers sujets, et en reméimorer le lecteur. D'autres articles ont gagné du terrain , et erioîei réduit A une deDiî-feu|lle serait trop superficiel si je rappliquais aox « deux premières parties. > Je me bor-, nerai A examiner quelques portions de la f*. partie. Intermèdes et PÎTots.
Ihtrobuctioii. Article l^r, Eq traitant des iMUtire* d'Association faites ta Angleterre , il eût cooreoii de mettre en parallèle , d'une part , les trou ùotes fayitalci commises A Nen-Lanark (Intr.,5), et d'mire part le««p< conditions de travail sociétaire attrayant (loir,, tti); e«f deux laUeans auraient d& être placés en regard.
K les Anglais ont reconnu, comme il est dit (bir., S,. ■ que l'état actuel des classes pauvre et ouvrière ne pt^- " van\ plus continuer , il fallait trouver dp* rmnfdiH »C- 1 caces en créant dans ces classes 'i--- htlnii^'-. ..jr»- » laires , - quel doit èlre leur cmpriïii'-rnp f/ ^ •» j--- » procédé sociétaire , en considérant 'j ;■■ :> ,, .jf>^-l'extinction subilede leurdetle! Aïiv k ".-r.: -.j ■■,■ — ^ millions et demi pour un H^LJitv^sm * ^» 1 la mètliode Owea. if^^m •rtntj
Art. 2 (Intr., 29). II effleure de grandes questions qui exrgeraient des chapitres spéciaux. Le tableau des pé^ riodes sociales {Ib., 23) aurait dû contenir une échelle de 32 périodes, dont 16 en vibration ascendante, et 16 en descendante ; plus , les 2 pivotales ou centrales. Hais je ne veux pas , dans cette première livraison , traiter des harmonies transcendantes i je n'y aï affecté que la note E (241 ), suffisante (sauf achèvement} à convaincre que la théorie d'unité universelle est pleinement découverte.
La dtialité d'essor du mouvement (Intr., 56) aurait exigé aussi un chapitre à part : c'est uue vérité frappante et à laqueire il est difficile de familiariser les civilisés. Cependant, l'unité du mouvement devient une thèse inexpli-^ cable pour quiconque ne part pas de cette base , et je ne vois pas qu'aucun de nos auteurs s'y soit rallié.
La perspective de prochaine culture de l'Afrique (Intr . i 45) est encore un avantage sur lequel j'ai glissé trop brièvement. Si les sucres de l'Inde Orientale peuvent déjà être livrés à 4 sous la livre , ceux d'Afrique seront encore moins coûteux ; et peut-être ai-je estimé trop haut {Ib.) la future valeur du sucre, en l'assimilant, poids pour poids , à la farine de froment ; j'incline à croire qu'il aura moins de valeur, quand toute la zone torride sera populeuse et cultivée avec la perfection harmonienne.
Evitons dans ce débat les illusions de richesse nationale réfutées {Ib,, 49) , richesse bien vaine sans les deux conditions assignées à ladite page : on ne doit jamais les perdre de vue ei| théorie de bonheur social.
La fausse nouveauté (II, 182). J'invite les lecteurs bénévoles à se pénétrer de la distinction établie (Intr., 55 et 56) sur la fausse et h vraie nouveauté, dont l'une donne le mot au lieu de la chose, et l'autre la chose au