III
362 GROUPES ET Séries:* ^
Tierce , Androgamie , Fidélité simple. Quarte > Cr jptogamie , Infidélité simple. Quinte , Delpbigamie , Infidélité composée. Sixte , Phanérogamie , Fidélité composée.
Je n'examine ici que des couples et non des masses. Notre analyse va se borner à mettre en scéoe la partie carrée.
Daphnis et Chloé , Tityre et Galatée , sont deux couples de parfaits amants qui s'aiment en accord de tierce , en fidélité simple , car chacun d'eux est fidèle à sa moitié.
Leur amour est un lienanifro^ame, puisqu'il met en jeu de part et d'autre les deux ressorts du tableau (347 ), ^ Affinité matérielle par copulation ou lien des sens ; Affinité spirituelle par céladonie ou lien de cœur.
Tant que les deux pastourelles sont fidèles chacune à son pastoureau , et ceux-ci réciproquement , l'accord esl une tierce amoureuse , lien trimode (357).
Or, la fidélité des amants étant sujette au variable , surtout parmi ces couples de partie carrée , il arrive bientôt que Chloé fait secrètement une infidélité à son Daphnis , en faveur de Tityre ; on n'en dit mot ni à Daphnis ni à Galatée; mais l'accord est changé; ce n'est plus une tierce où tout est réciproque: il y a infidélité simple, puisque la tricherie se borne à un seul couple. Ces deux fraudeurs sont en lien de quarte , par double emploi de l'amour chez un couple, et emploi simple chez l'autre; accord cryptogame et tétramode.
Peu après, Daphnis et Galatée , qui étaient restés fidèles quelques jours de plus, s'avisent aussi de faire brèche au contrat , et s'aimer en secret , sans en rien dire à Titvre et Chloé qui commettent la même peccadille. Voilà donc . les deux couples de tourtereaux devenus parjures : leur .
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alnoar est parvenu à la quinte ou accord delphîgame et penîamode, ioBdélité composée, où le double emploi d*amour est réciproque.
Etcoqfime tout se découvre avec le temps, nos couples de fraudeurs ne tardent guère à se prendre en faute les uns les autres. Pour faire la balance des torts , chacun accommode / vu qu'on est à niveau de tricheries el qu'on, n'a rien % se reprocher. Tout s'arrange moyennant quel* ques verbiages sur la perfidie , et on entre en accord de sixte , où chacun connatt les infidélités respectives , les doubles emplois d*amour. Là-dessus s'établit un nouveau lien , qui &dmet tacitement cet accord phanérogame , cet équilibre de contrebande amoureuse où chacun a trouvé son compte.
Ainsi finissent tous les quadrilles de tourtereaux, et ces réunions de société honnête où il arrive qu'en dernière analyse chacun des hommes a eu toutes les femmes, et chaque femme'a eu tous les hommes.
Telles sont les quatre phases de liens cardinaux en amour. Les deux dernières s'appellent orgies; elles ne sont que secrètes en accord de ^mn^e; elles deviennent orgies franches en accord de sixte, bien que le quadrille soit censé n^ avoir pas môme d'intimité copulative , et se borner à des liens de cœur ,> permis par la morale et les saines doctrines.
Pour abréger sur la définition , je n'ai appliqué ces quatre accords qu'à des couples et non à des masses. L'accord devient beaucoup plus étendu et plus brillant, si on l'applique h des masses au lieu de couples'. Dissertons sur cet effet en amitié, puisque les amours de masse ne sont pas admis en morale civilisée , quoique bien pratiqués par tant de compagnies fardées de morale. D'ailleurs, les
SM G110UPE$ JET sâuiSS.
accords d'amour devant ô.tre bannis de l'AfisociaUoD simple, objet de ce-trahë, je n'en parle qp'aula^it qolils peayent concourir à faciliter les définition&i
AcCORiyS CARDINAUX d' AMITIÉ.
3^^. TÛTiQ^ (m AmvAOPBiLiE , accord Trvmd^
Ou* a beaucoi^ célébré en amitié le lien de tierce » comme ranûtié do Thésée et Pîrilbons» d'Oroste et Pylade; oe lien n'est brilUnt .qn^'fliGitant qu'il s'étaie d'une aeiloQ» et qu'il tèml Taffiniltédé wacMro à celle de fonction indnfttrîette^ Xhésée et ]RirM(^49 étme^it en affinité d'action I par ligue pouf lesfail^hér4)lqtt^; il^ étaient de même en affinité de cftr^ctère (347), s'étant prifr4'amitié à la suite d*un combat singulier , où ils furent étonné» respectivement de.lenr bravouri^.
On ne rencontre point, ^nciiifili^ailionf. ces andrafhi' fies franches en lien de cara^ére et dtacJÂon ; Ton n'y trouve guère que desi^ aiptiés si^bversivesL/ en conflit de ressorts. ^
Deip: jeunes gea$ wim senibl^l grands ajogis; c'est parce que l'up des den^ t^e purti de l'autre » coufUse sa s(nuç san$ i^ention de Téponseit^ Peux voi0ii^iLnous sem* bleni grande auiis; c'est ^açceqne l'un des deux veut oblenir pour son fils la fille de l'^^^Ient voisin.. Dans tou$ «es liens on peut voir affinité de caractère , o^s non jP^s alBnité d'action, puisq^p l'un d^giiîse le lien d'action, et l'autre n'en a point.
Bcef , les a^iti^.eiJA «WrP^d 4^ Ueroe ou andrpphjlîes , d4jjk eiffc^^BÀvemenlriifie^ p^ir^w 4^ cnnp?P% qn^ej^uffl^ le sont biw p]ja& agîp^jfpd'bni; pprmi» i/^^ inasse^.^ QjçnpnçoH
donc  J^s y çhj^Eç'hec , e)r|iasai(ui§iéil|uwwM^« ph>^ i^^
à rencontrer.
4*^. Quarte, HtiKiUi»mLiE, accord THromode. ' C'est on lieti des plu» gais et toBt à fait 'Contemârfe à dérider lescivHisès, sarldQt en réunion naiflbpeme. On ne peut te rencontrer qii'en sociMé libre et payante, ooHiiM otte pension de table. Pour l'équilibrer en qnarte^ il faut y téunir, qniJM un lien de cnractèfe» trms divisions ; par exenipte :
Genifé aiaif , les corjrphées lenaiit le dé , .' 5.
Getire miite, les^nojeifs cewrifessansprélention, 4.
Genre passif, les faibles 'en bardots, gens badines, 3. J'attribue cet accord à tme table de pension , parce qn'il ne.petti se rencoiMrar,
i^. Ni a«n iaUes de faniKe , on tout est glacial.
fp. Ni aux tables d'hôte , où régne la Mfiance.
3<>. Nt aox tables d'étiquette ^ sans 'cordialité.
40. Ni même aux tables amkales fortuites , où les trois distinctions de genre et les gradations de facétie ne sont pas établies.
On ne peut rencontreir cette série de trois groupes ^eheioiBnés en genre amical , >que da«s "une table de pen-^ stomnires habrtoés et pletnemeot libres^
Il y a grande diffferenee entre la cordialité d^on piqoe^ ntfm aasembié/pour itfie seule séance / on la même so.-' eiéié Toe après' une réonion hablUlettede trois ittois. L'amitiè était tonte Inenreillanle le premier jour; on ne badianit personne f enfin on était en accord ée it^x^ cal-^ iective. Mais après trois mois d'habitudes formées » le ton de cette table sera toot à fait difiérent , et l'on pourra y trourer les trois divisions indiquées plus haut, si c'est table de jennes boorgeeis; car aui tables .militaires, la facMe ne pont gcAaë s'étabHr > non pfcn qu'acit tabie^^ de vieHiards^
Dès qae le classement de rieurs » de badines et de mixtes, est organisé, la rënnion prend un ton fort difièrenl de eelui qu'elle avait au début; elle passe
De l'accord de tieree ou identité de caractère et d'action entre deux masses, à l'accord de quarie ou identité d'action entre trois masses , avec contraste de caractère entre deux des trois masses, et accord par une tierce partie. Môme effet peut avoir lieu entre trois individus.
Si je poussais plus loin les dissections et les parallèles, si j'y ajoutais des réunions de quinte et de sixte, on m'accuserait de tomber dans lès subtilités analytiques* J'en reste donc à l'accord de quarte , car on ne trouve guère de quintes ni de sixtes amicales en civilisation, surtout entre des masses ; mais on y trouvcencore des. accords de quarte , et qui sont d'un tel charme que ceux qui ont été habitués de pareilles réunions , en conservent toute la vie d'agréables souvenirs.
Quiconque a fréquenté ces réunions reconnaîtra sans peine l'erreur des définitions données sur Famitîè, que la morale nous dépeint comme une passion fade et sentimentale : c'est au contraire une affection joyeuse, bruyante, facétieuse /dans les trois liens de quarte > quinte et sixte. Elle est encore très-ardente en lien de tierce çùmposée, jeu des deux ressorts (347) : iln'a rien*de'ces fadeurs que prête la morale à ses insipides modèles, qui ne sont communément qu'en accord de prime , à un seul ressort.
D'ailleurs, si les tons ne variaient pas dans les divers degrés d'amitié, où en seraient les Harmoniens» obligés de varier au moins douze fois par jour les séances et les tons de groupes (on en verra la preuve à la fin du chapitre 3)? Leurs réunions deviendraient bien. fastidieuses, si le ton de l'amitié y était toujours le même , toujours
f>learnichaiit de tendresse poar le bien de la morale douce et pure.
Ces assemblées uniformes en couleur sembleraient bientôt aussi fades que les raves de Cincinnatus et de Phocion. La muscade même , selon Boileau , devient insipide quand on en met partout. Convaincus de celle vérité, les Harmoniens s'appliqueront à se ménager, sur chacune des douze passions , toutes les variétés possibles en sept degrés de gamme et en mixtes. Us n'y parviendront que par une exacte connaissance des tables d'accords , et du procédé d'opération qui leur assurera les moyens d'établir à chaque instant des accords puissants et variés, là où la civilisation, avec ses momeries fraternelles, ne sait pas même établir le lien de prime , le plus faible de tous.
Hauts accords. Transition 7"^^.
Ultraphilie, Ultragamie, accord Heptamode.
« Les deux ressorts en engrenage dans une autre passion. »'
Dans toute gamme passionnelle , un accord heplamode ou 7>>«. est toujours une sorte de déviation, un empiète- •ment sur les attributs d'une autre passion. Par exemple , en amour , il y a ultragamie entre deux femmes saphien^ nés. Ce lien sort des attributions de l'amour qui com-^ prennent tes unions bisexuelles (339). Dans ce cas , les deux ressorts de l'amour engrènent dans ta passion d'a-mitiè ou afiection unisexuelle. Etablissons la définition sur l'amitié.
V Ultraphilie on amitié en accord de 7°^®. se compose des liens de charité purement philantrophique , sans affinité de caractère ni d'action. Tel est , en collectif, le dévouement des pères de la Rédemption qui vont quêter
S68 caouPES et siuis.
et Toyager poor le rachat des capliEs abandonnés par fa chrétienté dans les bagnes des Barbaresques. On peat ranger dans cette calègprie les religieux du Moni-St.- Bernard , qui se consacrent à sauver les voyageurs ^arés dans les neiges ; les sœurs hospitalières vouées au soin des malades.
Cette charité collective est un emploi bétérogèoe des ressorts d'amitié. Dans ce noble dévouement à des êtres inconnus^ il n'y a ni affinité de caraeièrt, maf/inUé d'aetiion. C'est une tRansition de l'amitié & une passion non encore définie , è lunitéisme , sujet du chapitre soi* vaut (Pbilautropie universelle» accord omnimode X }.
L'accord de 7"^. est celui qui Ke eiitre eux les qàaêre groupes et les fait engrener par déviation d'em{doi des ressorts. C'est un. accord de haute transition, jeu d'une passion qui sort du cercle de^es emplois» et engrène dans les fonctions d'une autre.
Cet engrenage est bien figuré dans 4es analogies de vinaigre et noctambtde (table 357). Le vinaig^» liqueur infiniment ultle» s'éearle des emplois de.la ganuse vineuse» en ce qu'il est non potable comme le verjus; ,el de nème la vue noctambule sort de l'éohette des emplois possibles à r homme dans son état naturel, puisque le ooctambiile voit sans le secours des yeux, et malgré lècartou interposée Cette propriété à'éeart iïe jfammeest eoowiuiie à tous les accords de 1^"^.^ et en général k toutes les transitions.
Nota. En traitant des quatre accords cardinaux» je n'ai pas mentionné leurs analogies avec les modifiQations du raisin. L'aOinité graduée est si visible » à l'inspection du tableau, que j'ai cru inutile d*y donner un paragraphe de comparaison^
J'ai négligé de même l'application des quatre essors de
CAOtPES Et SBRIBS. ^9
m^ iKNiiinèB <H>>-èlétRéiiiaires ; le «ij^et nous «toraH menés Irap loin, il ciMiTieal ée le réserver aax sèciièm qui Iraileront êpèeisileiiient de TsMlyse des sens et de leurs accords en tous échelons.
Il noQs reste à traiter de Taceord ptyotaf oa êmnimode et unitaire» aceord de si haute importance» qne j'ai dû lui donner un chapitre à part. Il «est but de Dieu ei de rhomme » ressort 'essentiel de .cetlé unké i q« est l'objet de tûutei les utopies de nos sophistes iAodemes , aussi éloignées dea théories d'unité, que la cifilisatio» l'est delà pratique de véf itér