SYNTHÈSE ROUTINIÈRE
PROLOOOE.
AUX. UOllM^S PRESSÉS DE JOUIR^
« Nous arrivons enfin au tableau de cet ordre socié- » taire qui y selon les paroles de Molière ,
Doit être tout confit en douceurs et plaisirs.
» Nous yoilà délivrés des éternels prolégomènes, dont il » a fallu boire le calice jusqu'à la lie, pour se rendre apte ^ Â l'initiation; maintenant, plus d'obstacles; nous n'au- » rons è lire qu'une théorie facile , charmante , et nos » études vont devenir un sentier de roses. »
Ainsi raisonnera un lecteur qui ne saura pas faire la différence des préparatifs du plaisir avec le plaisir même. Les gens pressés de jouir voudraient qu'un arbre donnât le fruit avant les feuilles, et que le livre qui enseigne le»
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voies du bonheur, fût une étude aussi agréable que les biens qu'il doit donner*
Un bal y un opéra, un festin, nous divertissent; mais les travaux qui ont préparé cette fête , n'ont pas été des plaisirs. Ainsi, quelque délicieux que soit -le régime sociétaire, la théorie qui doit nous l'enseigner n'a rien de récréatif par elle-même. Elle ne doit charmer que par la justesse des calculs sur l'ordonnance de ces passions tant méprisées , et qui pourtant sont , de toutes les œuyres de Dieu, la plus parfaite, la plus sublime.
Un écrivain de profession saurait semer de fleurs ce brillant sujet ; mais j'ai prévenu qu'on ne doit attendre *de moi que le talent d'inventeur, et non celui de rhéteur. N'est-ce pas assez servir les hommes , que de leur apporter l'objet de leurs désirs^ l'art de s'élever promptement à la richesse et au bonheur? Quels faibles soldats que ceux qui s'effraieraient d'un peu d'étude pour obtenir un tel bien !
Vouloir que le livre qui résout ce grand problème soit encore un livre d'agrément^ n'est-ce pas imiter un freluquet qui refuserait un trésor de cent mille ducats , en disant que le sac est de grosse toile rousse , et qu'il n'acceptera cet or que dans une corbeille ornée de falbalas?
C'est un tort général en France, que de confondre les inventeurs avec les spéculateurs qui écrivent pour amuser. Lorsqu'il s'agit de l'utile , on doit envisager le fond , et non la forme d'une théorie. La seule idée qui doive ici préoccuper le lecteur, c'est de vérifier si vraiment l'ordre des Séries passionnelles a la propriété d'élever la richesse aux degrés indiqués (40), Au triple effectif et décuple relatif en assoc« simple; Au quintuple effeet. et vingtuple relat. en assoc. mixte;
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Aa septople effeei. ei trentuple relat. en assoo. composée.
On doit chercher ici des calculs et non des phrases : le problème n'est pas d'orner l'esprit , mais de remplir la bourse. Manque-t-il d'ècritains qui ne s'occupent qu'à récréer le public ? II pleut du bel esprit enFrance , comme des laTemeols dans Poureeaugnàc : mais ce qui manque, en fait de livres , c'est celui qui enseignerait l'art de s'enrichir subitement. Lorsqu'en6n ce secret est livré, quelle inconséquence d'exiger que le traité prenne le ton flatteur de ces fariboles oratoires, de ces systèmes insidieux dont les auteurs , loin de songer à enrichir le public , ne veulent que s'enrichir à ses dépens.
Ramenons donc les esprits dans la droite voie, et observons-leur que plus ils sont impatients de jouir, plus ils doivent rechercher, dans la théorie qui va les satisfaire, des calculs rigoureux et non des fleurs de rhétorique. Loin d'exiger de moi le talent des orateurs et des beauxesprits, ils devraient se méfier de mon livre, s'il se présentait sous ces formes. Un lecteur judicieux, qui ne veut ^le des inventions utiles , fait peu de cas de ces illusions oratoires: il exige, avant tout, des raisonnements, des principes , des preuves; il veut être convaincu et non pas entraîné. Ce n'est donc point ici l'appât du style qu'on doit chercher, mais la garantie qui natt de calculs réguliers en preuve et contre-preuve.
Que chaque civilisé nous dise à quelles fatigues il se soumettrait pour obtenir le bénéfice annoncé ! Qu'on propose à l'homme dont le revenu ne s'élève qu'& mille francs , une corvée de deux années pour prix de laquelle on lui garantira une fortune de trois mille francs de rente, et des agréments décuples de ceux dont il jouit; vous
HÈ PftOLOGCE.
verrez notre civilisé souscrire à toates les tribulations, s'expatrier, courir aux Antipodes , braver les naufrages, les guerres, les intempéries. Et cet homme qui, pour tripler sa fortune, s'exposerait pendant deux ans à pareille corvée , doit-il trembler d'étudier deux volumes pour atteindre à son but, à la richesse?
<t Non, vraiment , réplique-t-il : si on était sûr de tripler sa fortune, on étudierait deux cents volumes, au besoin. Mais, dit le lecteur, quand j'aurai étudié vos deux tomes de théorie , me donneront-ils le moyen de former un canton sociétaire , sans lequel on ne peut pas opérer l'avènement du monde social à l'Harmonie? Trouverai-je dans vos deux volumes la somme de trois à quatre millions de francs, avance nécessaire pour cette fondation? Y trouverai-je le moyen d'influencer les souverains, les ministres et les riches personnages qui peuvent être actionnaires et fondateurs! >
Sans doute on trouvera ici cette voie, d'influence : quiconque entoure les rois et les grands, aura des moyens assurés de les déterminer à fonder le canton d'épreuve ; il suffira qu'il fasse valoir auprès deux les avantages suivans , entre cent autres :
Extirper tous les germes de révolution :
Assurer au fondateur un empire, un césarat ou
l'omniarchat :
Libérer de dette publique la nation fondatrice : Tripler d'emblée le produit effectif de l'industrie : X Concilier la vertu avec la cupidité.
Celui qui aura bien compris la théorie de l'Attraction et du mécanisme sériaire , saura déniontrer à un monarque , à un ministre, la facilité d'arriver à tant de biens par la fondation d'un canton sociétaire. Il saura , par ub