CHAPITRE m
Admiiiistration interne et UMges domestiqnes.
Il semble qu'en bonne méthode je devrais d'abord enseigner comment on forme et distribue les Séries industrielles , comment on les fait manœuvrer de manière à s'entratner par plaisir au travail. Cette étude est bien celle dont j'occuperai spécialement les lecteurs; préalablement il convient de jeter un coup d'œil sur l'ensemble des dispositions domestiques d'une Phalange.
Elles sembleront , au premier coup d'œil , arbitrairement imaginées , vu leur opposition à nos usages : mais quand on connaîtra le mécanisme des Séries dont je commencerai à parler dès cette l^*®. section, l'on se convaincra qu'il n'y a rien d'arbitraire dans les dispositions
UVRE I. SECTION 1. iiS
indiquées, et qu'elles sont exactement le yœu de la masse et de toutes les classes de fortunes.
En donnant à ce traité d'Assoc. coup., le titre de Synthèse routinière, je suis dispensé de méthode rigoureuse. Qu'on ne s'arrête donc pas à me demander pourquoi je distribue la Phalange en 16 tribus plutôt qu'en 12 ou 20? On connaîtra plus tard les convenances de cette division. Les lecteurs doivent se considérer ici tomme gens qu'on introduit dans un vaste palais où ils ne seraient jamais entrés : avant de chicaner l'architecte surla distribution des parties, ils doivent prendre connaissance du tout : à défaut , ils s'exposeront à élever inille arguments saugrenus , qu'ensuite ils seront forcés de désavouer.
Par exemple » tout Français habitué à la suffisance philosophique, et, selon Palissot, « pensant que rien n'é- » diappe à ses yeux pénétrants , i croira opiner judicieument , en me disant : c Vous divisez la Phalange en 16 » tribus d'âges ; c'est un moyen de déplaire à toutes les
> femmes. Elles n'aiment point à manifester leur âge ;
> même la plus prude répugnera à déclarer au public « qu'hier elle est entrée dans la cinquantaine, et qu'en 9 conséquence elle prend place dans la tribu de 50 ans. » Là-dessus notre aristarque croira avoir élevé une objection victorieuse. Quel sera son étonnement quand il verra que ces tribus d'âges sont au contraire un moyen de dissimuler les âges, et de donner â la femme qui atteint 40 une place parmi celles de 30, si tel est son bon plaisir!
On ne saurait trop le redire ; il faut laisser au pilote le soin de conduire la manœuvre , et de donner aux commençants les instructions convenables sur la formation d'une Phalange.
444 ASSOClATKm COMPOSÉE.
L'organisation interne sera dirigèo dam k$ premiers temps par une régence oa conseil » composé des actionnaires les plus notables par leurs capitaux et ledrs connaissances industrielles oo scientifiques. Les femmesy s'il s'en trouYC de capables , devront y interrenir comme les hommes ; elles sont » en Harmonie , de niveau avec les hommes dans toute aOaire d'intérêt» sauf les lumières nécessaires.
L'Harmonie ne peut pas connaître de communauté ni rétribution collective à des sociétés familiales ou conjugales ; elle est obligée de traiter avec chacun individuellement , même avec les enfants au-dessus de 4 i/i ans , et de répartir à chacun en raison des trois facultés, travail, capital et talents. [Enfant paie son loyer. ]
Il est loisible aux parents , aux époux , aux amis , de mettre en commun ce qu'ils possèdent , comme on le voit en civilisation ; mais la Phalange dans ses relations avec eux ouvre au grand livre un compte à chacun , même k l'enfant de 5 ans. Ses bénéfices ne sont point donnés au père ; et l'enfant, dés l'âge de 4 1/3, est propriétaire des fruits de son industrie , ainsi que des legs , hoiries et intérêts que la Phalange hii conserve et garantit sans frais jusqu'àsa majorité,fixéeàl9ou SO ans, au jour où il passe de la 6^. inhut jouvenceaux et jouvencelles; à la 7®. tribu I adolescents et adolescentes.
Après avoir évalué , en monnaie courante , les terres , machines, matériaux, meubles et fournitures quelconques apportées par chaque sociétaire , on les représente ainsi que les capitaux versés , par 1 728 actions transmissibles et hypothéquées sur les meubles et immeubles du canton, sur le territoire, les édifices, troupeaux, ateliers, etc. La régence délivre à chacun des actions ou coupons d'action.
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en éqohraieni des objels qu'il a fournis. Ou peut être sodëtaire sans être adiomiaîre ; oa peut aussi être actionnaire extérieur sans être sociétaire exerçant. Dans le deuxiéme eas, on n'a pas de droit sur les deux portions de revenu affectées au travail et au talent.
Le bénéfice aimuei, après inventaire, est divisé en trois portions iné^es et rétribué comme on l'a déj& dit : 5/12 au travail manouvrier, AI12 au capital actionnaire, S/lâ aux connaissances théoriques et pratiques.
Chacun peut , selon ses facultés , participer aux trois classes de bénéfice comulativemrat ou séparément.
Comme chargée de la comptabilité , la Régence lait à chaque sociétaire pauvre l'avance de vêtement , nourrir ture et logement d'une année. On ne court aucun nsque é cette avance , car on sait que les travaux que le pauvre exécutwa par atln^ion et partie de plaisir, excéderont en produit le montant des avances à lui faites; et qu'après inventaire » la Phalange en solde de compte sera débitrice de toute la classe pauvre à qui elle aura foit cette avance de minimum > qui comprend ,
La nourriture aux tables de 3®. classe , à cinq repas par jour;
* Un vêtement décent, et les uniformes de travail et de parade, ainsi que tout l'attiraii industriel de culture et manufacture ;
Le logement individuel d'une chambre avec cabinet^ et l'accès aux salles publiques , aux fêtes de 3® . cJasse et aux spectacles en 3*** loges.
Pendant les premiers temps oà la Phalange n'a pas eneore de récoltes, la Régence est chargée de l'achat des sttbsntanoes ; mais la gestion en est confiée aux séries gastronomiques.
446 ASSOCUTIOR COMPOSEE.
Si la Phahnge esl composée de 4500 personnes, on peut estimer qu'il y en aora, quant à la TÎe animale , 900 en 3a. degré \ 300 en 2^. | classes abonnées*
100 en i«r. )
50 en commande ou diére non abonnée.
Ainsi la coisine on préparation alimentaire entretient cinq Séries de genre , parce qu'il faut ajouter aux quatre genres ci-dessus , un 5^., qui est la cuisine des animaux, trèsHMxnbreux et fort bien traités en Harmonie. (Voyez page 48.)
Les préparations dans chacune des classes annoncées comportent trois subdivisions de sexe. On prépare pour les hommes, les femmes et les enEamts , ce qui exige dans chaque degré trob cuisines distinctes et assorties aui goûts de chaque sexe , qui sont trés-diSérents, les femmes n'ayant pas les goûts des hommes, ni les enfants ceux des pères et mères.
En conséquence, les trois sexes ont communément leurs tables et salles distinctes, sauf la faculté de réunions partielles oucollecUTes qui ont lieu quelquefois à déjeuné ou à soupe : mais le dtné étant un repas où les trois sexes discutent sur leurs cabales gastrosophiques et ont chaque jour une thèse d'ordre à débattre , il est d'usage que les sexes ne s'y confondent pas. Ils n'en sont que mieux intrigués à leurs tables respectives, et plus gais aux rénnions du soupe, qui n'ayant rien de scientifique admettent h confusion des sexes.
Les enfants ne dînent pas aux tables des pères. Cette coutume usitée parmi nous troublerait à la fois les études et les plaisirs des uns et des autres. On a assez le temps de se rencontrer & table dans les deux petits repas,
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le délité et le goûté ; mais les deux repas moyens , dé'jeûné et soapé , ainsi que le piyotal ou dîné , sont dîstribaés plus méthodiquement et d'après le vœu de l'attraction ; car tout est libre dans ces distributions , elles se conforment toqours au Yœu des passions strictement analysé 9 et dont nous ne pouvons pas juger dans l'état aetael où tout le jeu des passions est faussé. Un père de famille dira , en lisant cet aperçu : « Mon plaisir est de > dtner avec ma femme et mes enbnts» et, quoi qu'il ar- » rive, je conserverai cette habitude qui me plaît. > C'est fort mal jugé : elle lui plaît aujourd'hui , faute de mieux ; mais quand il aura vu deux jours les coutumes d'Harmonie , et qu'il aura mordu à l'hameçon des intrigues et cabales de Série , il voudra dîner avec ses comités cabalistiques, et renverra au bercail la femme et lés enfants, qui de leur côté ne demanderont pas mieux que de s'affranchir du morne dîné de famille.
L'Harmonie n'admettant aucune mesure coercitive, les travaux à faire y sont indiqués et non pas ordonnés par r^éopage , qui est conseil suprême de l'industrie. Il se compose des officiers supérieurs de chaque Série, et n'raerce qu'à titre de consultant passionnel. Ses opinions et décisions sont subordonnées au vœu de l'Attractioq , chaque Série étant maltresse de statuer librement sur ses intérêts industriels. Ainsi l'Aréopage ne peut pas ordonna la moisson , la fauchaison; il déclare seulement que telle époque est opportune , d'après telles observations météorologiques ou agronomiques ; là-dessus , chaque Série opère selon sa volonté, qui ne.peut guère différer de l'Aréopage , puisqu'il est puissance d'opinion.
448 4SS0C1AT10H COVPOSiE.