LIVRE I. St
Il f&udra se tenir en garde contre cet éblooissenient que doit causer le contraste du mal au bien. D'ailleurs, ceux qu'offusquerait l'excès de iionheur attaché à la 8e . période , pourront fixer leur attention sur la 7» ., décrite à r£pi««ctton , et même sur la 6*., GaraïUïsme , dont je donnerai la théorie annoncée à l'Extroduction (269).
Quant au sujet qui nous occupe, il est certain qu*on est tombé dans VéhUmissement par Véclat des perspectives d'Association. L'extrême richesse qn elle promet désoriente un observateur habitué au spectacle des misères dyilisées : ce contraste est devenu un obstacle général aux recherches , et c'est la 2». des inadvertances excusables. Pour en apprécier le vice , comparons-la à quelqu'autre prévention de même genre aujourd'hui dissipée, celle de la boussole.
Pendant 4000 ans on désespéra de découvrir une boussole nautique ; on ne songeait pas même à la chercher, et les navigateurs, quoique victimes des naufrages, s'étaient habitués à les considérer comme fléau sans remède. Combien d'entre eux durent accuser la Providence, faute de ce guide matériel , dont la découverte était si facile I Maintenant que nous le possédons, nous sentons combien les marins deTyr etCarihage, qui en étaient privés, auraient été dupes s'ils eussent refusé de croire à l'annonce de cette découverte, qu'on pouvait faire dès lors conmie on Ta faite au 12e. siècle. Si quelqu'inventeur eût apporté ce fanal aux T)riens , en se flattant de diriger les vaisseaux dans l'obscurité comme eu plein midi, queUe eût été leur folie de répondre, avant l'essai : Cela est impossible; tant de bonheur n'est pas fait pour les marins!
Notre siècle tombe dans ce vice au sujet de l'Association , dont il a dit avant la découverte et dont il dira encore aujourd'hui : Cela est impossible ; tant de bonheur n'est pas fait pour les hommes. Telle fut en 1 804 la conclusion du physicien de Paris qui avait énuméré dans des articles de journaux les avantages immenses que produirait l'Association d'un millier de villageois. Après s'être extasié sur cette énormité de bénéfices, il fliûssait, selon l'usage, par de stériles doléances, et le refrain d'impossibilité , si cher aux Français ( * ).
Les esprits modernes tombent sans cesse dans ce tort, dès qu'il s'agit de spéculation utile au genre humain ; on se dispense de toute recbercbe
( * ) Bonaparte les en avait un peu corrigés ; mais ils l'ont repris de plus belle : Us ont conservé de sofi administrcAion tout ce qu'elle avait de mauvais , entre autres la fiscalité ; ils ont rejeté le peu qu'elle avait de bon Impropriété bizarre de la civilisation ; elle croit se perfectionner par. des changements administratifs, et de chaque régime elle conserve ce qu'il y a de vicieux , entant des vices nouveaux sur les anciens , et chantant la perfectibilité de la raison.
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avec le tafant mot ivossini; et s'il s'agifsait de quelque baHferoe métaphysique, de quelque misérable subtilité sur les apercepUons de sensetUm de la co^itUm de la volUion, Von Terrait tout le monde nyant en émoi ; chacun r^Nmdrait à l'enyi ses torrents de lumière sur des fd* tilités dont l'ordre social ne peut tirer aucun avantage.
$i j'ayais donné dans cetéblonissement; si, au lieu d'employer Tingtdeux ans au calcul de l'Association , j'avais dit, selon le refkvin des Français : Cela serait trop beau, donc cda est impossible, la théorie d'Association serait encore à découvrir. La secte des impossibles on impossibilistes a fait bien du tort au genre humain ; je ne crois pas qu'à en existe de plus dangereuse ; elle est à coup sûr la plus vicieuse du monde savant.
Plus une opération dont on ignore les moyens nous est démontrée utile , plus on doit présumer que Dieu, convaincu de cette utilité , aura avisé aux moyens de la réafiser. Cette persuasion serait un puissant stimulant aux recherches ; mais , pour penser de la sorte, il faudrait un siècle rdlgienx, pourvu d'espérance en Dieu, et de foi en l'universalité de sa providence. Je sais combien ces idées de ftH et d'espérance en Dieu sont décréditées dans notre siècle de perfectibilité philosophique; mais quelle sera sa confusion, quand il verra que cette Association , qui lui semblait impossible à cause de la magnificence des résultats, est précisément l'ordre pour lequel Dieu a distribué les règnes soumis à notre industrie , et surtout les passions si rebelles à tontes nos théories de morcellement industriel I
Éblouissement, découragement, apathie et abandon de toute recherche, tel est, en peu de mots, le caractère du génie moderne, sur tout problème qui sort du cercle de ses lumières. Ce vice a retardé une foule de découvertes, entre autres celle de la boussole, que les Chinois possédaient ndlle ans avant nous.
Quelques-uns voient avec raison, dans cette insouciance des corps savants , dans leur rehis de provoquer les découv^^s, une jalousie anticipée, une crainte de se voir éclipsés. Hais à ne considérer leur indolence que comme découragement, il aura été d'autant plus fâcheux à l'égard de l'Association, qu'à défaut de la découverte entière, on pouvait saisir des parcelles de théorie, ainsi que je le prouverai à la suite du I*^ livro, À l'Episection qui traite
Des approximations régulières ou Sérigermie, 6 i;2 période;
Et au traité des approximations ambiguës ou garantisme , 6«. période , sur lequel j'ai préludé àl'Extroduction (289).
h(An de tendro au moins par degrés à ces découvertes, la p(riitique s'égu^ait de plus en plus sous la bannière des philosophes, tout engoués du morcellement industriel, d'où ils ne voient naitre pourtant que le»
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7 fléaux lyiiibique8(504); résnltats iaéritables du système social, tant (|u1] opérera sur des familles incohérentes qui ont tontes les propriétés apposées à celles des Séries , et qiâ sont à ladesUnée sociétaire ce qu'est la cbeniUe au papillon.
Eh I pourquoi Dieu nous 'aurait-il donné ces désirs de règne de la justice et de la vérité, d'Harmonie sociale, d'un bonheur fondé sur la richesse et les plaisirs? Pourquoi aurait-il assujetti l'esprit humain à spéculer sans relâche sur ces divers biens, s'il n'avait pas préparé les voies pour nous y conduire? Dieu ne distribue à chaque espèce d'êtres que les attractions qu'elle peut et doit satisfaire ( II, S04 ). S'il donnait, soit à l'homme, soit à l'animal, des attractions inutiles ou nuisibles, il serait tyran de la nature et non pas souverain équitable. Il doit donc nous avoir ménagé les moyens d'élever l'humanité entière aux biens qu'elle désire, aux trois buts d'attraction (II, 239), où l'on ne peut atteindre que par le régime sociétaire.
Il serait depuis longtemps découvert, si la science eût rempli ses devoirs , abordé les brandies d'études hitactes. C'est le délit sur lequel il faut attaquer les détracteurs; on est sûr de les battre en se retranchant dans leur principe d'EXPLOBiTiONGBNÊBiLi; en leur disant : Voilà la l^e., la seule théorie qui ait paru tur VAstociatUm; si vous la récusez, iftveniez un procédé plus sûr que la Série pass, ; sinon, avant de le suspecter, attendez-en Vèpreuve.
514 ASSOCUTIOH COMPOSÉE.