‹ Théorie de L'unité UniverselleChapitre 54 sur 74 · Les architectes , servilement révérencieux pour l'anti · texte numérisé non relu

Les architectes , servilement révérencieux pour l'anti

unité , ont craint d'imaginer des ordres nouveaux en hautes dimensions. Ils ont admis le septenal ou toscan , et le sizainal ou rustique a base enfouie ; mais ils n'ont pas osé dépasser le dizainal oo corinthien.

Si j'examinais ici les bâtiments de Paris , je prouverais qu'il en est les trois quarts d'estropiés par fausse hauteur des colonnes. Le palais des députés exigerait du douzainal : son immense fronton écrasant douze colonnes , leur donne un aspect d'ordre huitainal ou dorique, appesanti encore par les cinq guichets de prison placés derrière. J'estime que 12 diamètres et même 12 1/2, ne seraient que la proportion des colonnes avec les localités et la perspective. En général , pour les accouplées , il faudrait du douzainal, et souvent du treizainal ou octavien pour les quadruplées.

Au reste , pour indice de faussement du goût, il suffit de dire que la démolition mercantile du charmant hôlel Tbélusson a trouvé des apologistes. Il formait , outre sa beauté , un triple étage de points de vue avec les édifices Montmartre. Il ne manque plus, après cela, que de vendre le Louvre a quelque ami du commerce , qui le démolira sous prétexte de prolonger la rue du Carrousel. Ensuite on dira comme les journaux : « Il n'y a rien » de perdu; on en a conservé les plans lithographies. »

. . . La politique suit l'impulsion, et se prive des découvertes pour obéir à l'usage qui est de n'y croire qu'autant qu'il plaît aux journaux de les annoncer, et de ne provoquer que celles qui peuvent convenir aux intérêts des coteries scientifiques.

— Les sciences et les arts se plongent dans l'abîme pour y entraîner leurs ennemis et étouffer le génie inventif. Voyez la note M, oïi il est prouvé en détail qu'ils gagneraient DIX en sachant semer, en sachant perdre UN sur un seul point, sur l'amourpropre, oîi ils pourraient encore mettre les rieurs de leur côté, et badiner la civilisation même qu'ils ont dupée.

NOTE Y. Sur l'immortalité et la transition.

D'où vient que les civilisés ont une si grande frayeur de la mort, et la considèrent comme un très-grand malheur ? C'est qu'ils

n'ont connaissance ni du local ou va leur âme , ni du moule ou corps qu'elle reprendra , ni de ses fonctions futures , ni du mode de transition.

H n'y a de fâcheux dans ce voyage que la douleur. Quant a la mort , c'est un réveil inquiétant sans doute , sous le rapport religieux , par la crainte de n'être pas au nombre des élus. Mais laissant à part les méchants et leur punition , nous ne parlons ici que des bons, et du sort futur dont la science aurait du leur donner les notions qui entrent dans le cadre de la physique.

La V 9 . était celle des corps éther-aromaux que reprendront nos âmes, et du séjour ultra-mondain. On n> sur ce sujet aucune idée régulière , parce que la science n'a pas su classer les éléments en quadrille régulier, avec pivot et analogies (II, 248).

Terre, amitié. Air, ambition.

Eau, famille. Arôme, amour.

FEU. UNITÉrSME.

Le haut monde céleste , nommé l'autre monde , étant au nôtre dans la différence du composé au simple, est bien mieux pourvu de force, de longévité et d'intelligence que le bas monde terrestre. Il emploie pour ses corps les deux éléments actifs et subtils, éther et arôme. Il laisse au bas monde les deux éléments grossiers et pesants , terre et eau , qui forment les corps de la lourde espèce humaine, plus pesante encore en intellectuel qu'en matériel.

Quant au feu, à titre d'élément pivotai, il est commun aux deux sortes de corps, mais en degrés différents; car nos corps cismondains sont hors d'affinité avec le feu , dont ils ne supportent que 52 degrés en chaleur et 24 en boisson. Les transmondains seront incombustibles a très- haut degré , et pourront fonctionner dans l'intérieur brûlant de la planète.

Les corps des deux mondes , quoique formés chacun de 2 éléments dominants , participent aussi des 2 autres ; car nous vivons de la partie inférieure et grossière de l'air, qu'on nomme atmosphère, et nos corps ont un courant aromal très -constaté par IV dorat du chien qui reconnaît au pas l'aromc de son maître entre mille autres. Par contre, les corps de l'autre inonde emploient aussi quelques molécules subtiles de ter^e et d'eau.

Nos âmes, en passant et repassant de l'un à l'autre monde, comme de la veille au sommeil t font la même opération que l'homme qui se couche et se lève. Au coucher, il a quitté les vêtements souples pour une pesante enveloppe dite couverture , matelas; et au lever, il reprend les vêtements souples. Ainsi notre âme, en arrivant dans ce bas monde , a pris l 'enveloppe de pesanteur, le corps terre-aqueux; et retournant dans le haut monde, elle reprend le corps éther-aromal ou subtil. Ce double corps affecté à nos âmes coïncide fort bien avec les opinions de nos sages, qui recommandent de ne pas croire la nature bornée aux moyens connus , et de considérer le mouvement comme image et répétition de lui-même.

Pour donner une idée de la force et de la beauté du corps subtil , observons que l'arôme est ce qu'il y a de plus fort dans la nature matérielle. Il soulève et agite les Alpes et l'Atlas par des tremblements. Sa vélocité nous est assez connue par le fluide électrique, les tonnerres, et par la rapidité de la lumière qui parcourt en une minute 4 millions de lieues. Tous les arômes n'ont pas celle activité ; mais leur marche est hors de toute comparaison avec la lenteur de nos corps terre-aqueux , vraies tortues en mouvement.

Quant a la beauté, un corps est d'autant plus susceptible de luxe, que la matière en est plus subtile. On peut en juger par l'aile d'une mouche , qu'on voit à la loupe diaprée des plus riches couleurs; cette aile est pourtant une substance bien ténue, bien légère : les corps aromaux , plus légers encore, séparent d'autant mieux de l'éclat des couleurs.

Leur séjour habituel comprend toute la planète , mais plus particulièrement les 2/5 supérieurs de l'atmosphère; plus, la coque aérienne, dite réflecteur. Chaque planète , aux limites de son atmosphère , est entourée d'une coque aromalc aussi lisse qu'une glace , et comparable à une bulle de savon. Cette coque peut seule réfléchir la lumière : sans elle, une planète serait terne comme un caillou. La lune même, quoique astre mort et sans atmosphère, a un réflecteur, mais mat et sans éclat. Aussi ne donne-t-elle qu'une lumière blafarde et hideuse, qu'il est bien urgent de rem : placer par celle d'un aslre vivant.

La coque aérienne est spécialement le champ des relations publiques ; l'industrie des corps éther-aromaux s'exerce plus activement dans la haute atmosphère d'en? iron 10 lieues d'épaisseur placée sous la coque. Ils y planent et voguent en tout sens comme des oiseaux et poissons ; ils exercent de même sur la masse et le centre de la planète qu'ils peuvent parcourir à volonté. Mais ce parcours est un travail , tandis que le voguement sur la coque et le planement dans l'atmosphère sont un plaisir.

Ainsi ils ont sur nous l'avantage de goûter, sans fatigue , le charme d'un mouvement très-rapide. Ils ont aussi celui de l'impassibilité , absence de douleur, état d'iCHTvo-NÉVRiSME , dont on voit le germe chez nos poissons , car ils sont fort peu sensibles à la douleur.

Quant aux autres plaisirs , ils ont tous les nôtres , et à bien plus haut degré que nous; par exemple, en sens de goût : l'élément aromal se prête bien mieux aux saveurs que les éléments terre-aqueux , dont les produits n'ont de saveur qu'autant qu'ils en ont reçu de l'arôme solaire. Aussi étaient-ils insipides, plats ou aigres en 1816.

Les ultra-mondains tirent une foule de saveurs tant des autres planètes que de l'intérieur de la terre dont ils exploitent les sucs. Leur industrie étant, avec la nôtre, en rapport du composé au simple , ils exploitent l'intérieur et l'extérieur, leur planète et les autres. Sans cet état de choses , il n'y aurait pas de lien entre l'industrie des mondes et de leurs habitants , et la philosophie ne serait pas fondée à dire que tout est lié dans le système de l'univers. Cela est vrai à la lettre , mais seulement des corps en mouvement composé ou corps éther-aromaux. Notre industrie , nos plaisirs , sont bien miroir des leurs , mais en mode inférieur et très -borné.

On peut donc rassurer nos Sybarites, Gastronomes et autres, qui dédaignent l'autre vie dans la crainte de n'y pas trouver la table mise : elle y sera servie avec une tout autre splendeur qu'en ce monde. Il en sera de même de tous les plaisirs , amour ou autres. Par exemple, de la vue : les ultra-mondains communiquent très-bien par télescopes et télégraphes avec les grandes planètes, Jupiter, Saturne et Soleil , dont ils reçoivent chaque

jour les nouvelles , comme on reçoit à Paris celles de Londres ou de Rome.

C est donc une charmante perspective que cette vie future : elle n'a de fâcheux que la transition ascendante, appelée la MORT , qui perdra tout ce qu'elle a d'odieux , quand la philosophie daignera consentir à étudier les transitions qu'elle proscrit sous le titre de trivialités. La transition descendante , appelée naissance ou accouchement, est aussi une trivialité; cependant clic est inévitable. Des philosophes ne veulent pas qu'on en parle dans une théorie du mouvement : hé , maudit philosophe ! comment peux-tu exister et renaître sans les deux transitions dites Naissance et Mort ? Il faut donc admettre l'élude des transitions , triviales ou non , dans un calcul régulier et intégral sur le mouvement. Les exclure , c'est imiter l'homme qui voudrait ne pas admettre le fumier dans l'agriculture, parce qu'il est trivial , et ne pas admettre les médecins dans le corps social , parce que leurs fonctions sont triviales. Je reprocherai souvent aux philosophes de Paris cette grossière bévue.

Or ça , réplique-t-on , si ce bonheur futur est vrai , comment se fait-il que Dieu nous en ait donné si peu de notions ? Cela était nécessaire. Chacun concevrait du dégoût pour la vie civilisée, qui n'est agréable qu'aux riches : c'est pourquoi Dieu a jugé bon de subordonner ces nouvelles lumières a l'invention de la science qui , nous ouvrant l'issue de la civilisation , nous assurera dès ce inonde un sort si brillant, que les biens garantis dans l'autre n'empêcheront pas l'humanité de se plaire dans celui-ci.

D'ailleurs, ce bonheur ultra-mondain est considérablement rédimé pour l'instant , par l'état de subversion aromalc ou se trouve la planète, subversion qui ne peut finir qu'avec le chaos civilisé, barbare et sauvage. Il en résulte, pour les ultra-mondains comme pour nous , une foule de privations et d'entraves.

D'abord le retard des créations qui auront lieu pour l'un et l'autre monde; ensuite l'état vicié des sucs de la planète, puis le désordre de la basse atmosphère, dont le clavier éolien % les vents , sont transformés de zéphirs en ouragans. Une foule d'autres dommages naissent du prolongement de l'état civilisé, et frapperont de confusion nos philoiophes quand ils arriveront dans I. i

•Vautre monde. La ils se reprocheront amèrement d'avoir étouffé la découverte dont l'épreuve aurait terminé à la fois les malheurs des deux mondes. Quant aux partisans de la philosophie, i& ne seront pas moins confus de reconnaître que leur science , avet ses rabâchages de libellé, avait fini par asservir l'état civilisé a la plus plate des tyrannies, à celle d'une secte d'écrivains mercantiles étouffant toutes les découvertes utiles pour soutenir leur commerce de livres. Au reste, le premier sentiment de chacun , en arrivant la-haut , sera un profond mépris pour le monde faux et absurde dont il se verra délivré , et qu'il envisagera comme un mauvais rêve dont on chasse l'idée au réveil.

Dans cette note sur l'immortalité, je me suis borné à dissiper l'erreur primordiale ou crainte de manquer dans l'autre vie des plaisirs sensuels. Avant d'aller plus loin sur les détails de la vie future, il faudra établir les notions par degrés, selon le tableau (72), prouver d'abord que les attractions sont proportionnelles aux destinées. Quand on aura vu cette vérité démontrée dans une grande phalange a mécanisme complet d'attractions, c'est-à-dire a 810 caractères de clavier général, avec les demicaractères au nombre de moitié en sus ; lorsqu'on aura reconnu dans cet étrange mécanisme , que Néron est aussi utile que Socrate, que Dieu a bien fait tout ce qu'il a fait , et que toutes les attractions sont distribuées avec une suprême justesse , on sera en état d'étudier la nature , et d'abord les analogies qu'elle fournit dans les 4 règnes. (Note A, et III, 212). On déduira de celte étude nos vœux généraux sur l'autre vie, et les indices qu'en donne l'analogie. Ensuite on passera à la théorie transcendante et surtout aux transitions jugées triviales par la philosophie, et aux autres branches du tableau (72). Après quoi on pourra se convaincre que les philosophes de Paris, habitués à ne travailler que d'imagination et ne spéculer que sur le trafic de bel esprit, avaient grand tort de mesurer tout a leur aune, et traiter de jeu d'imagination ma théorie de l'immortalité avant de la connaître.

Eux-mêmes, que nous ont-ils appris sur ce point ? Leur philosophie au vol sublime ne rêve que balance , contre-poids , garantie , équilibre ; comment ne s'est-elle pas élevée à l'idée d'une balance des deux mondes, par intervention de lame alternant de

l'un à l'autre corps , comme on voit le corps alterner de la veille au sommeil , toute balance étant composée de trois fonctions ? ( Voyez ci-dessus les passions distributives. )

Au lieu de dérouler à nos yeux cette belle carrière des existences futures , cette munificence de Dieu envers nous (II, 519), quelles lumières nous a données la philosophie moderne ? Ses doctrines d'athéisme et de matérialisme. L'antique philosophie était déjà bien mesquine dans ses idées de la vie future ; mais clic était modeste et ne vantait pas son vol sublime , comme la moderne qui , sur la question de l'immortalité de 1 ame , est vraiment pitoyable. Faut-il s'étonner que, ne sachant rien expliquer sur nos

destinées en ce monde et en l'autre , elle se montre si jalouse des inventions, si active à en dérober la connaissance au public ? Elle verra

(note AV) combien elle s'abuse sur ses vrais intérêts à

cet égard.

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