E XI
Est-ce assez réfuter ces contradicteurs qui se disent classiques et modèles? Je suis donc classique bien plus queux ^ car je les nais sans cesse avec leurs principes qu'ils refusent de pratiquer. Je pourrais» après cela, m'étayer des miens, notamment des 5 attributions de Dieu,
Radicale , Direction intégrale du mouvement.
( Economie de ressorts.
Pivotale , Unité de système.
Preuves les plus fortes et les plus régulières qu* on puisse donner (II e , tome, 3 e . notice) : mais elles sortiraient du classique admis, et j'ai dû me renfermer ici dans les principes reconnus.
J'invite, sur ce sujet, à lire la 3°. notice(II e . tome). On en conclura qu'il existe nécessairement un calcul sur l'Attraction passionnée , et que lors même que je ne l'aurais pas découvert, les philosophes n'en seraient que mieux te-, nus à s'occuper enfin de celle importante étude. Ils peuvent, Dieu merci, s'en dispenser : jamais invention ne fut plus certaine; c'est là le véritable sujet de leur haine contre moi. Ils sont en secret désolés de voir cette palme enlevée par un intrus. Mais pourquoi , en 5,000 ans de tâtonnements, leur science est-elle restée novice au point de ne savoir pas faire le 1 er . pas en travail classique, négliger de classer avant tout, LE MOUVEMENT, ses 5 divisions primordiales en EFFETS et en CAUSES (53).
Aussi, que de stérilité, de nullité dans leurs études de la nature! ils nous vantent ses beautés, sa voix éloquente, les leçons sublimes qu'on puise dans le grand livre de la nature , et ils ne savent pas nous expliquer une ligne de ce grand livre. Je vais signaler celle ignorance , dans
Justice distribua vc.
Universalité de providence.
une petite note d'analogie (x, ci-dessous) ou théorie des causes en mouvement. Je n'y prendrai pas, comme eux, le vol sublime de l'aigle ; mon vol ne s'élèvera qu'à la hauteur des poules et canards; je mettrai en scène des sujets modestes, les choux et les raves, qui nous fourniront encore matière à expliquer ce mystère de l'analogie, dont les philosophes nous rebattent les oreilles, sans en aborder le calcul ni en expliquer un seul hiéroglyphe.
NOTE \. Sur Vanalogie ou théorie des causes.
Ouvrons le grand livre de la nature. S'il est vrai que tout soit lie' en système du mouvement, comment les poulets et canards se lient-ils à nos passions ; quels effets en depeignent-ils ? On nous dit que le coq est l'emblème du sultan dans son sérail ; c'est faux ; un sultan n'est ni homme d'esprit , ni galant ; or le coq représente l'un et l'autre caractère. L'e'normité de parures et de chairs qui jaillissent de son cerveau , dénote le travail d'intrigue chez un ambitieux doue de vigueur et de beauté, courtisant toutes les femmes et les faisant servir à ses vues de fortune.
Ce rôle n'est pas praticable dans les petites villes ou les femmes ne peuvent rien. Mais à la cour et dans le grand monde, celui qui sait s'emparer des femmes obtient par leur canal un rapide avancement. Tel fut Emmanuel Godoï, prince de la Paix, qui acquit une fortune estimée 400 millions , et n'avait pas le sou à son début.
Un tel homme tient communément a beaucoup de femmes dont il tire parti. C'est donc un amant faux, banal, égoïste; de lk vient que la nature donne au coq des nuances toutes fausses, pas une des couleurs du prisme si pures sur le faisan doré qui est , comme tous les faisans , un emblème d'amour sincère , peu ingénieux en intrigue. Aussi les faisans ont-ils une tête assez peu ornée.
Le canard est emblème du mari subjugué, ensorcelé, ne voyant que par les yeux de sa femme. Aussi la nature lui a-t-ellc
fait don d'une extinction de voix , image de ces maris qui n'ont pas le droit de parler contre l'opinion de leur femme. La canne , au contraire , est une criarde impitoyable , comme le sont les ménagères acariâtres , qui font trembler le mari et la maison entière.
("/est d'ordinaire par l'industrie qu'une femme captive un mari et se rend pre'cieuse à ses yeux. Aussi la canne portc-t-cllc les couleurs du travail , le gris terreux ; tandis que le mâle est bien moire, cossument vêtu, par analogie au mari subjugué que l'épouse laborieuse dégage de tous soins de ménage , et qu'elle sait eboyer et dorloter pour établir son autorité.
Un tel mari est beureux dans son illusion : aussi la tête du canard mâle est-elle baignée dans l'illusion ou couleur verte. Mais c'est une illusion fondée sur la fausseté, sur les préventions d'amour et de fidélité ; et par analogie ce vert est partout encadré dans le noir , couleur de la fausseté.
Le canard mâle est tolérant pour ses rivaux : on le voit attendre patiemment son tour et vivre en fraternité avec les autres amants ; en quoi il est l'image des époux débonnaires et remplis de procédés pour les amis de madame. . .
Une singularité dans les canards est que , malgré le contraste de moire sur le mâle et couleurs ternes sur la femelle , tous deux ont en commun une parure de sept plumes d'aile chatoyantes en bleu faux. C'est l'emblème du faux amour qui les unit, et dont le triple ressort est dépeint en détail par les 5 pétales de l'iris. Amour matériel simple , j Coalition conjugale en intérêt, \ Voyez III, 216. Lien de paternité. )
De Ta naît un amour d'espèce neutre , et encore très-vif comme toutes les affections neutres, mais qui n'est point l'amour pur, dégagé des considérations d'intérêt. Aussi leur aile a-t-elle un bleu faux.
On ne voit pas de la tête du canard , comme de celle du coq, jaillir des esprits animaux , crêtes , appendices et huppes : la tête d'un mari ensorcelé travaille peu , elle est des moins fécondes en efforts d'imagination» et son emblème doit avoir la tête dégagée d'excroissance.
Il est pourtant une espèce de canards huppes ; mais leur huppe est une surcharge , une parure insipide et dépourvue de grâce , comme celle de l'oie. Ils représentent les maris clairvoyants et bien moins heureux que les aveugles. Ces maris perdent l'illusion et l'amour neutre : par analogie , la nature ôtc le vert moire' de tête et le bleu chatoyant d'aile à ces canards huppés , emblèmes des maris chez qui trop de pénétration fait évanouir le charme de l'état conjugal qui exige une foi vive et un parfait repos d'esprit sur le chapitre de la fidélité et du maniement d'argent.
Il est une 5 a . espèce de canards , celui de Barbarie, chez qui les excroissances de chairs se font a contre-sens de celles du coq. Elles occupent le front et le pourtour des yeux. Celte espèce dépeint le mari confus et reconnaissant l'énormilé du piège conjugal ou il est tombé. Mais l'espace nous manque pour ces détails ; je n'ai pas même donné le quart de ceux qu'exigerait le canard ordinaire , qu'il faudrait examiner pièce à pièce comparativement avec le coq et la poule.
J'avais préparé de jolis détails sur les choux et les raves. Le chou en pommé est hiéroglyphe de l'amour mystérieux qui s'enveloppe de centuple voile. En chou-fleur il représente l'amour libre qui , dans la jeunesse , est un océan de fleurs. Les amours étant une source intarissable de caquets , il faut par analogie que le chou soit urte source de bruyants zéphirs , échos des vilains caquets d'amour.
Les raves , légume chéri des vrais philosophes , représentent la grande famille agricole , depuis le paysan jusqu'au sybarite. La petite rave ronde peint l'homme opulent qui , à la campagne, effleure l'agriculture ; la petite rave pivotante peint ce même homme légèrement agronome. Toutes deux, par analogie, figurent dans leur état naturel aux tables des gens riches dont elles sont l'image.
Le navet représente le cultivateur exercé, le fermier instruit, et la grosse rave épatée peint le lourd paysan : aussi n'est-elle faite que pour lui , et nullement admissible aux bonnes tables oU figure encore le navet , plus délicat , plus susceptible de préparations culinaires.
Cette allégorie s'étend aux autres légumes de même genre. La
carotte représente l'agronome raffiné , très -instruit ; aussi estelle un produit précieux, employé dans la confiserie et la méde* cine , légume utile a tout , et fournissant même par sa feuille un précieux fourrage. Il faudrait y ajouter le céleri, emblème des amants champêtres ; les saisiûs , panais, etc. ; mais l'espace manque. J'ai voulu seulement signaler l'ignorance générale sur la charmante science de l'analogie , et les gasconnades scientifiques de gens qui , s'extasiant sur le grand livre de la nature, la voix éloquente , etc. , ne savent pas expliquer une ligne de ce grand livre. Ce ne serait pas un tort , s'ils ne se liguaient pour étouffer la science de l'analogie , qui est un rameau de celle de l'attraction* Tant qu'elle n'est pas connue , la nature n'est pour nous qu'un corps sans aine. Promenez- vous entre les orangers , les marronniers et les tilleuls, vous ne savez pas même quelles passions,, quels caractères dépeignent ces arbres. D'où vient donc cette? manie des philosophes , de nous vanter l'analogie universelle dont ils ne veulent pas que le public prenne connaissance dans ma théorie; gens pétris de petitesse , qui , n'ayant rien su découvrir du vaste système de la nature , veulent en étouffer le traité à son» apparition ?
L'homme est, disent-ils, miroir de Vunivers ; et cependant ils blâment a chaque instant dans l'homme les tableaux de l'univers , notamment les maladies. Vous entendrez tous les pères et mères , quand leur enfant souffre de la dentition , dire que le bon Dieu aurait bien dû épargner cette souffrance à ces pauvres enfants. On n'entendra pas une mère harmonienne dire pareille absurdité. Elle saura « que l'espèce humaine, pour » s'élever de l'industrie simple à la composée , devant tomber de ». l'état libre ou sauvage dans l'état barbare et l'esclavage , ce » qui est pour la multitude une extrême calamité, il a fallu que » Dieu la représentât dans l'enfant qui passe de la nourriture » simple ou liquide a la composée ou solide , par acquisition des » dents. • La transition doit être douloureuse, par analogie à la cbute en esclavage.
Sans celte fidélité d'analogie , comment pourrions-nous étudier la nature ? Nous n'aurions aucune voie comparative. Si l'esprit philosophique peut créer le matérialisme , Dieu par emblème *
dû créer la maladie de la pierre , image de ce matérialisme , Tune des plus terribles calamités du monde social , qu'il éloigne de l'élude des destinées en détruisant l'espoir en la Providence. Ainsi toutes nos maladies se rapportent à quelque effet de mouvement social. On n'a su expliquer aucune de ces analogies , et on nous vante l'éloquence du grand livre, de la nature. 0 charlatauerie scientifique ! Elle est d'autant plus fâcheuse , que ïa parfaite connaissance de l'analogie nous enseignera tous les antidotes naturels des maladies, goutte, pierre, hydropliobie , épilepsie et autres qui sont rebelles aux efforts de l'art, mais qui n'ont pas moins leur antidote naturel à déterminer par calcul intégral de l'analogie. Voyez en noLe, ci-apres, celle du Perroquet.