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Concluons et reconnaissons dans nos deux guidesv rivaux d'impéritic , deux bambins scientifiques également ignorants sur la nature composée de Dieu et de l'homme r et sur le mécanisme composé de toute relation, Libre Arbitre ou autre, qui s'établit de l'homme à Dieu. Elevonsnous au-dessus des vues rètrécies de nos deux pédagogues : spéculons en sens composé , sachons concilier et faire marcher de front les droits de Dieu et de Thommev. Pour en assurer l'essor réciproque, est-il d'autre voieque les Séries passionnelles, où l'Attraction est toujoursde concert avec la Raison pour fonder l'équilibre des. passions sur l'affluencc dés plaisirs.
Je ne me suis point arrêté aux subtilités de l'école sur le Libre Arbitre. Je ne les ai lues ni ne dois les lire , mon
objet n'étant que de réclamer en faveur de Dieu, qu'on veut compter pour rien en Libre Arbitre et spolier et paralyser en comprimant les ressorts sociaux dont il est moteur. L'effet de celte violence est comparable à celur d'une partie où l'un des joueurs entrave son partenaire. Il ne reste plus d'intrigue et de charme ni pour l'un nï pour l'autre; et telle est la situation de Dieu dans ses rapports avec ce Globe où nos sciences l'ont forcé à abandonner la direction active du Mouvement. Il n'intervient que passivement , par l'entretien des ressorts passionnels que l'homme ne peut pas détruire, mais que Dieu ne peut pas* diriger en harmonie tant qu'on ne loi accorde pas sa moitié de régie, sa garantie de libre concours avec la raîsoi» humaine , concours qui ne peut s'établir que par la synthèse de l'Attraction ou mécanisme des séries passionnelles.
Objection : « Si Dieu est assez généreux pour concéder , moitié à la raison humaine dans la direction sociale des
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globes, il ne devrait pas lui concéder tout, comme il paratt le faire, en accordant a la raison cette faculté d'éliminer Pieu de la direction active \ il aurait dû se ménager des moyens d'amener la raison à résipiscence. »
Un tel argument rentre dans le système du fatalisme. La raison humaine y serait assujettie, si elle ne jouissait pas de la plénitude d'option entre le concert avec Dieu ou l'isolement de Dieu. Elle est toujours à temps de revenir à cette alliance, et les égarements de raison dans un siècle n'interdisent pas au siècle suivant le retour à des opinions plus sensées. Ainsi Dieu, dans cette exclusion, conserve des chances d'intrigue nécessaire à sa 10 e . passion, la Cabaliste; il conserve les alternats nécessaires à sa 11 e . passion ou Papillonne ; elle serait entravée si tous les globes marchaient d'un même pas à l'harmonie, ou restaient à perpétuité en subversion, quand l'esprit philosophique les y a engagés. Enfin Dieu conserve les chances de Composite nécessaires a sa 12 e . passion, car sur cette masse d'environ 1/8 des globes qui dévient de la bonne voie et tombent dans l'arbitraire philosophique, il en est toujours bon nombre qui reviennent successivement à l'équilibre. Quant aux autres , les voies de retour ne leur étant pas fermées et le progrès du luxe exigeant deux de chercher de plus en plus une issue des misères de limbe sociale , tout est disposé de manière à intriguer le Mouvement au suprême degré pour Dieu et pour l'homme, sans jamais anéantir le Libre Arbitre de l'un et de l'autre, malgré les entraves temporaires qu'il peut éprouver et qui tournent toutes au préjudice de l'oppresseur.
En effet, qui est-ce qui porte la peine de cette entrave? Elle pèse légèrement sur Dieu, et violemment sur l'homme qui la cause. Dieu n'éprouve d'autre contre-temps que
d'abandonner la partie sur un globe , sur un tourbillon , sur un univers qui diffèrent à admettre son intervention, admise avec joie par des milliards d'autres univers ; mais l'homme est lésé sept fois plus, en ce que l'entrave, qui n'est que négative pour Dieu, devient positive pour l'homme. Celui-ci n'a pas la faculté de s'isoler de la gestion d'un monde social mal géré ; il est réduit à y souffrir, et cette peine frappe sur les 7/8 des hommes, car on en trouve à peine 1/8 d'heureux. Nous travaillons donc à notre supplice par le refus d'admettre Dieu pour moitié dans la résie du Mouvement \ \ est assez dédommagé de nos refus par l'adhésion de tant de milliards de globes et d'univers, qui font leurs délices de vivre sous son code social et de partager avec lui le sceptre du Mouvement dont il a l'insigne bonté d'offrir moitié à la raison humaine , toujours admise à accepter ce partage, dès qu'elle sera désastres où elle se plonge en voulant gouverner seule sous la tutelle des philosophes et des théologiens, dont les dogmes, sous diverses formes, ne sont toujours que la sagesse humaine excluant et opprimant Dieu et l'Attraction.
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Du Libre Arbitre de r nomme , en simple et en composé t en positif et en négatif.
En nous dépeignant Dieu comme un maître terrible, èlayè de démons, de brasiers et de serpents, on nous a donné do lui des idées si fausses , que les esprits répugnent généralement à spéculer sur la bonté de Dieu, sur ses intentions généreuses et libérales, telles que je viens de les décrire : aussi le siècle s'est-il jeté dans l'irréligion par dédain pour les enfers et serpents dont on arme la Divinité. 11 en est resté de fâcheuses traces, un penchant à isoler Dieu de toute coopération sociétaire avec l'homme. De là vient que des lecteurs ne goûteront pas la thèse du Libre Arbitre présentée en dépendance réciproque de Dieu et de l'homme , et partage d'intervention comme je viens de le faire; il convient peut-être mieux de traiter le sujet humainement, sans faire mention du concours de la Divinité. Souvent une question gagne à être envisagée sous plusieurs faces, et nous pouvons restreindre celle-ci à l'hommo seul.
Dans cette hypothèse , le Libre Arbitre se divisera en simple et en composé : simple, s'il n'opte que pour la raison seule ou la passion seule : composé, s'il opte pour toutes deux, s'il parvient a une raison coïncidente avec l'Attraction passionnée.
Quelques sybarites riches, heureux et prudents, peuvent se donner ce plaisir de Raison et Attraction coïncidentes. On voit de ces hommes tout occupés à calculer leurs jouissances par poids et mesure , habiles à se ménager une série judicieuse de plaisirs et assez exercés pour parer aux astuces et [ aux vides ] de la société. Us se
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prouvent à eux-mêmes et aux autres qu'ils sont des prodiges de raison, mais d'une raison positive ou épicurienne qui s'accorde avec le jeu des passions et n'intervient qaer pour les seconder et raffiner. C'est une raison composée? ou combinée avec l'Attraction : c'est en6n le but de la naturc , but que ne remplissent point la philosophie et far théologie, qui conseillent d'aimer les privations parce qu'elles ne savent pas nous donner les richesses. ERes nous conseillent donc une Raison négative et simple, ou Raison isolée d'Attraction.
On trouve la sagesse positive chez quelques heureux dur siècle , dans le cas où ils possèdent santé, richesse et prudence en pays de pleine paix et d'abondance. A défaut delà sanlè et de la richesse, ils pourraient avoir une raison stoïcienne ou compatible avec les privations : ce serait une raison simple divergente et non pas convergente avec les passions. Elle ne serait plus un Libre Arbitre composé, mais une scission raisonnôe de la Raison avec l'Attraction, enfin un élat moral négatif et simple, triste lot que nous alloue la philosophie sans nous laisser de liberté sur le choix du mieux, qu'on n'obtient que par la richesse.
Quant à l'épicuréisme raisonné, qui est vraiment un Libre Arbitre composé, il est trop certain que la multitude n'en jouit pas. Elle n'arrive pas môme à l'état moral ou liberté simple divergente. J'excepte quelques vieillards opulents, pour qui les glaces de l'âge transforment en plaisir une modération raisonnée. Quantaux jeunes gens que la fougne de l'Age ne pousse qu'aux excès , ils ne tardent pas à payer cher l'usage du Libre Arbitre simple, et je dis simple chez eux, puisqu'il est essor d'Attraction sans concours de Raison.
Ceci n'a trait qu'à la classe riche. On voit qu'elle a quei-
XXXVliï DU LIBRE ARBITRE.
que* lueur* de Libre Arbitre composé, et quelle ne jouit du simple que pour son malheur» puisque la dominance de liaison n'est qu'un pis-aller de la vieillesse et la dominance d'Attraction qu'un écueil pour la jeunesse.
De là naissent les dogmes de circonstance au sujet du Libre Arbitre. On ne veut pas le contester à l'homme. Ce serait tomber dans les préjugés de fatalisme, confondre le crime avec la vertu , et faire passer sur Dieu la responsabilité des torts de l'homme. Pour éviter ces écarts, la science a recours aux libertés négatives. A force de sophismes , elle transforme en plaisirs nos privations et nos servitudes : elle nous apprend que le Libre Arbitre doit nous conduire à faire ce qui nous déplaît et ne pas faire ce qui nous platt. La philosophie et la théologie nous prouvent que le vrai républicain et le vrai chrétien doivent être en guerre avec leurs passions , être les bourreaux d'euxmêmes pour agir selon Dieu et selon la raison.
La théologie oublie que selon ce dogme , Dieu , à titre de distributeur de l'Attraction, tomberait dans le double vice d'impéritic et de persécution, s'il distribuait aux créatures des penchants incompatibles avec leur Libre Arbitre attraclionnel. Quant à la philosophie, elle oublie qu'on lui demande les libertés positives, et non les négatives qu'elle décore du nom de Raison , classant au rang de mal toutes ou presque toutes les jouissances positives : en quoi elle est bien secondée par la théologie (i).
(i) Nous l'avons deja dit, les manuscrits de Fouricr sont des brouillons c'erits currente calamo, que l'auteur n'eût pas publiés sans les refondre et les condenser. Nous reproduirons ici une re'flexion marginale qui se trouve en face du paragraphe auquel est ftttûcli^c eCl te note j lollc (T^uc Octto xc^i^.^ion osL o L'irise dtiiis le uj a*
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On pourrait là-dessus inviter ces deux sciences à se concilier sur les définitions du bien et du niai. On leur observe que ce qui est bien dans un siècle ou dans un pays a été mal dans un autre siècle et dans un autre pays, en dépit <les principes qu'on dit éternels. Il est prouvé que l'anthropophagie, l'adultère, le suicide, l'inceste, ont été vertus et le sont encore dans certains pays. Il n'y a pas si longtemps que c'était une yerlu en France de dénoncer son père et de l'envoyer & l'échafaud. Il faudrait donc, avant de raisonner sur le bien et sur le mal, que nos savants parvinssent à s'accorder en définitions. Ils en sont plus loin que jamais. Un siècle qui se vante de chercher la vérité et qui prône le commerce simple ou libre exercice du
nuscrit , pour donner une idée du style abréviatif , aussi serre qu'original , dont Fourier fait souvent usage dans ses cahiers. Voici cette reflexion assez curieuse :
Créent une iib. nég. coin p.- va pour vieillard de goûts tranquU p' . savant insouciant non ego car voudrais voyager publier cartes ego aime sobriété par besoin fuis monde par mépris de sa fausseté.
L'emploi fréquent de mots accidentels, latins ou italiens, dans les manuscrits de Fourier, donne souvent a la phrase , comme dans cette occasion , une concision extraordinaire. Cette courte phrase , en effet , exprime les idées suivantes :
La Philosophie et la Théologie ne cherchent à créer qu'une liberté doublement négative ( négative composée ). Un vieillard glacé par luge, un savant insouciant, peuvent se résigner à ce genre de liberté , mais non l'homme en possession de la plénitude de ses forces «t de son activité. Quant à moi je suis \ iolemutent tourmenté par le goût des voyages et des travaux géographiques; mais la modicité de mes ressources ne m'a jamais permis de satisfaire ma passion dominante. J'aime la sobriété par besoin ; je préférerais un ordinaire convenable au maigre diner de mon restaurant à 23 sous. Si je fuis le ©onde , c'est que je préfère encore à la fausseté qui y règne et qui m'est odieuse , les privations de la solitude.
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mensonge , on tel siècle est-il admissible a opiner sur ce qui est bien ou mal , quand par le fait il érige en bien la pratique du mensonge et de toutes les astuces ?
Passons-leur cette absurdité, et admettons que lo bien et le mal soient des connaissances fixes comme la géométrie 5 il restera à demander pourquoi, si nous avons le Libre Arbitre , nous sommes punis par Dieu et les hommes quand nous optons pour le mal moral», plus attrayant que le bien moral. Nous nous trouvons donc dans le cas d'un affamé à qui l'on dirait : c Je te permets de manger ce * pain, mais si tu en manges une miette, je te brûle la » cervelle. » Celui qui traiterait de la sorte un malheureux pressé par la faim, pourrait-il se vanter de lui avoir donné le Libre Arbitre? Loin de là, il n'aurait fait qu'ajouter la contrainte au besoin , et doubler la souffrance par l'aspect du bien désire.
Telle est, dans l'ordre civilisé et barbare, la situation des 7/8 des hommes. La religion, dont on leur conseille l'usage , n'est pour eux qu'un raffinement de supplice , qu'une contrainte ajoutée au besoin : et le Libre Arbitre, en cas qu'on veuille en admettre l'usage, n'est qu'un garant de supplice en ce monde et en l'autre : car en cédant sans raisonner à l'impulsion naturelle ou attrayante, nous serons suppliciés; et en cédant à la raison qui nous ordonne de résister à nos passions, nous éprouverons double tourment , contrainte et besoin.
Cherchons hors de nos sociétés quelques notions plus recevables sur le Libre Arbitre.
Un chef sauvage à qui le roi d'Angleterre adressait celle question: « Vos sujets vous obéissent-ils bien? » répondit: t Pourquoi non? je leur obéis bien moi-même. » Ce chef, dans sa réponse mille fois plus sage que le bel esprit de
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nos moralistes , nous donne la solution du problème du Libre Arbitre. Il doit être réciproque, et ne peut exister qu'autant que les deux éléments passion et raison sont en convergence ; qu'autant que les inférieurs ont le droit de désobéir dans le cas où le commandement du supérieur irait contre leur vœu : c'est donc au supérieur à ne commander que ce qui leur platt collectivement et individuellement. S'il observe cette règle, il sera obéi : s'il n'est pas obéi , c'est qu'il aura enfreint la condition de satisfaire la volonté collective et individuelle.
Je sais combien de tels principes sont inadmissibles en Civilisation : aussi ai-je dit qu'il fallait chercher hors de celte société pour découvrir un emploi collectif du Libre Arbitre.
Du moment où l'on met enjeu la contrainte, les châtiments, pour faire exécuter un ordre, il ne remplit aucune des conditions de Libre Arbitre, et si on veut nous persuader que Dieu ou la loi nous donne cette prérogative, il faut d'abord supprimer les enfers, les gibets et autres voies coërcilives, borner les ressorts du Mouvement aux deux éléments indiqués , savoir : l'impulsion directe ou adhésion irréfléchie, qu'on nomme Attraction, et l'impulsion indirecte ou adhésion réfléchie, qu'on nomme Raison positive , convenance de plaisir calculé.
On objectera que les Civilisés, abrutis par la pauvreté, n'ont aucun discernement en affaires sociales, et que la raison consiste à les violenter pour leur propre bien. Je le sais ; et j'ai observé, en parlant des jantes larges, de l'unité monétaire, etc., qu'on ne connaît pas encore l'emploi régulier des contraintes utiles ; mais, d'après ce principe , les Civilisés n'ont donc pas de Libre Arbitre ou l ont au moins ils ne l'ont qu'en négatif, ils n'ont que l'optioo
XUI DE LIBRE ARBITRE
du moindre mal : souffrir l'indigence et la faim pour éviter les gibets et les enfers.
Le problème étant d'arriver au Libre Arbitre positif et composé, il est clair que h Civilisation ne peut nous le donner et nous ne l'obtiendrons que par l'issue de Civilisation et l'entrée dans un Nouvel Ordre social qui , assurant au peuple l'aisance, le luxe, les plaisirs, et par suite le goût du bon ordre, l'attachement au Régime (de Vindustrie attrayante), dispensera de recourir a la contrainte.
Si les voies coercilives conduisaient la multitude à son but, au bonheur composé ou destination de l'homme, telle qu elle est définie dans le prologue, on pourrait approuver les deux sciences philosophique et théologique d'avoir comprimé le Libre Arbitre et l'avoir, à force de sophismes, restreint à l'essor négatif: mais au lieu de bonheur composé elles conduisent l'immense majorité au malheur composé, résultat constant des Sociétés civilisée et barbare, et ne nous assurent pas même l'exercice de la Raison, l'un des deux éléments du Libre Arbitre. Elles ne peuvent pas s'entendre sur la fonction de celte Raison dont elles modifient sans cesse les oracles dans leurs innombrables codes et systèmes. Leur contradiction est pire encore quant aux résultats, puisque ces codes nous donnent tout le contraire de ce que la Raison philosophique nous avait promis, n'opèrent partout que la permanence des fléaux.
C'est donc à bon droit que l'homme se plaint d'être plus malheureux que les animaux qui, étant destinés à l'Attraction simple ou Passion pure , jouissent du plein essor et du Libre Arbitre : tandis que nous, destinés au Libre Arbitre composé ou essor combiné de la Passion et de la Raison, gous ne jouissons ni de Tune ni de l'autre. Quelques ex-
DC LIBRE ARBITRE. XUfl
ccptions, bornées au plus à 1/8 des hommes, ne servent qu'à constater l'exclusion générale.
Ces considérations n'ont pas échappé aux savants , qui ont escobardè autant que possible sur ce problème du Libre Arbitre. Quelques-uns pourtant, et notamment Voltaire , ont fait sur cet asservissement des hommes et sur les vues de Dieu relativement au bien et au mal, des arguments très-forts et auxquels la science civilisée ne saurait répondre.
L'embarras des savants naft de ce qu'ils n'envisagent le mouvement qu'en sens rétrograde. Le voyant parvenu &
4 e . umoe ou Civilisation , us en concluent qu il ne peut pas s'élever plus haut et ne spéculent que sur la carrière déjà connue. C'est raisonner comme celui qui aurait dit, avant l'expédition de Colomb : t J'ai fait mille lieues dans * l'Atlantique, je me suis avancé plus loin qu'aucun autre » navigateur : je n'ai pas découvert de nouveau continent : > donc îl n'en existe pas. » Chacun aujourd'hui saurait lui répondre : c \ ,000 lieues n'ont pas suffi ; retournez et » faites-en 2,000, 3,000 au besoin. » Tel est le tort des Civilisés : ils ne trouveront rien de satisfaisant sur le problème du Libre Arbitre ni sur toutes les questions du Mouvement social, tant qu'ils voudront se borner aux échelons connus , aux quatre limbes Sauvagerie , Patriarcat , Barbarie, Civilisation. Nous allons, en spéculant sur la continuation de l'échelle, réfuter leurs sophismes contre le Libre Arbitre composé ou libre exercice de la passion et u6 la raison comomees.
Divisons l'examen en rétrograde et extrograde : nous comprendrons dans la partie rétrograde l'état présent et passé du Mouvement social, et dans l'extrograde l'état futur, les sociétés à venir.
XL1V DU LIBRE ARBITRE
Du Libre Arbitre en carrière rétrograde*
Tant que nous sommes en limbes obscures, dans les cinq périodes sauvage , patriarcale , barbare , civilisée et garantiste même, nos passions nous poussent plus ou moins au mal. Or, si l'intention de Dieu est que nous ne commetlions pas le mal et que nous soyons réprimés, contenus par le frein des lois et de la religion, il semble avoir voulu notre asservissement, et nous paraissons fondés à lui reprocher un état de choses qui ne nous laisse pas autant de liberté qu'aux animaux en qui l'essor libre de la passion n'est point un vice, et qui jouissent vraiment du Libre Arbitre simple, ou passion sans raison. Pourquoi l'espèce humaine , qui est leur supérieur, n'a-t-ellc pas comme eux le droit do se livrer à ses passions, et pourquoi Dieu lui en a-t-il donné d'assez vicieuses pour <fu'il soit nécessaire de la priver du Libre Arbitre? En nous donnant pour ressorts sociaux la Passion et la Raison, pourquoi ne nous a-t-il pas donné la Raison en dose proportionnée â la Passion, mais au contraire en (quantité) si faible qu'elle équivaut à zéro chez la multitude, et même chez les savants, qui parlant sans cesse de modération et de raison , n'en ont pas l'ombre dès que leur passion est émoustillée?
Dieu a-t-il donc voulu nous priver du Libre Arbitre en nous privant a peu près de l'un des deux éléments qui doivent y concourir, et donnant à l'autre, à la Passion ou Attraction , une intensité désordonnée qui oblige à la tenir en compression perpétuelle chez les peuples industrieux, civilisés et barbares, et non chez les sauvages ?
Ainsi, lorsqu'on se borne, en Mouvement social, à envi-
DU LIBRE ARBITRE» XLV
sager la carrière rétrograde, le présent et le passé, on esl indoit à penser, ou que Dieu ne veut pas le Libre Arbitre dans les sociétés industrielles, ou que Dieu ne veut pas l'industrie s'il veut l'exercice du Libre Arbitre. ,
De ces deux opinions, la deuxième est inadmissible, car l'abandon de l'industrie, ennous ramenant à l'état sauvago, rend bien le Libre Arbitre aux hommes qui sont réellement libres en Sauvagerie, mais non pas aux femmes qui forment moitié de la population et qui sont comprimées chez les Sauvages; et d'ailleurs les hommes n'y jouissent que de la liberté politique et non de la liberté passionnelle. Quelques sauvages ont des lois très-rigoureuses contre l'adultère et autres essors de passion, qu'ils punissent par des supplices légaux chez les hommes ainsi que chez les femmes.
On ne peut donc pas conclure que Dieu ait voulu fonder le Libre Arbitre sur l'abandon de l'industrie, car les hommes sauvages sont entravés sur plusieurs passions, et leurs femmes le sont presque sur toutes.
Il reste à disserter sur la première proposition : Dieu semble interdire le Libre Arbitre oux Socieles industrieuses , puisque la compression des 7/8 de leurs membres est nécessaire, et que le i/S privilégié, qui comprime les 7/8, est encore entravé lui-môme dans une foule de passions, les grands n'ayant pas, à beaucoup près, le libre essor des leurs, et s'en plaignant amèrement jusque sur les trônes.
C'est ici que nous allons sentir l'inconvénient de ne spéculer que sur les âges rétrogrades ou carrière de limbe, dont l'analyse mène à conclure que Dieu ne veut de Libre Arbitre ni pour les Sociétés inertes ou sauvages qui n'en jouissent pas, ni pour les Sociétés industrieuses qui en
XtVI DU LIBRE ARBITRE.
{ineptes] quand on les allaque sur ce résultat ! elles sont «n Libre Arbitre ce qu'elles sont sur tous les points : la perfectibilité en paroles et l'absurdité en action; mais au risque ce reaiies nécessaires u iaui retracer leurs cotes faibles sur ce sujet.
Nos théologiens et philosophes n'ayant découvert aucun moyen de concilier les deux impulsions élémentaires <ki Libre Arbitre , savoir i I Attraction qu'on nomme le mal , et la Sagesse qu'on nomme le bien , nous réduisent ^iu Libre Arbitre simple, ô l'option pour l'un des deux «éléments , option qui constitue l'homme en état de guerre
«la un» a» a m I m ha a T"\ | a., I *i lui m JV t*v% /■% •
jjtîrillaliclllt' urct J /Il U Cl cIVtîC ILll-iIlt IIju •
1°. Avec Dieu , puisque l'Attraction vient de Dieu, et que la Sagesse venant de l'homme veut exclure l'Attraction ou impulsion divine, en comprimer au moins les 7)8, ce qui est comprimer le tout en thèse de Mouvement ;
2°. Avec lui-même , puisque la Sagesse qui vient de l'homme est un océan de contradictions , d'où l'on voit naître, dans une seule ville, à une seule époque, 278 opinions divergentes sur une seule question*
Ainsi , en proscrivant l'Attraction , nous tombons sous la tutelle d'une prétendue Sagesse fort éloignée du Libre Arbitre ; car elle ne peut s'accorder ni avec Dieu, ni avec l'homme , et n'admet l'impulsion ni de Dieu, ni de l'homme. Jugeons-en par une courte analyse de ses deux branches, théologie et philosophie : l'une en guerre avec l'Attraction, l'autre en guerre avec l'Attraction et la
La théologie, qui nous défend l'usage de la Raison par le précepte : de fide est ( c'est article de foi ) , nous in-
f Ar ,i;> misai l'nl./ili-nnnn & 1 ' < M w n n i \ , t-, Ainsi c au s n»A
«cran aussi i oocissance a i Attraction. Ainsi, sous pre-
DU LIBRE ARBITRE. XLYH
texte de donner tont à Dieu , elle ne laisse rien ni à Dieu, ci à l'homme. Cependant elle prétend venir de Dieu : mais comme il y a des théologiens par centaines et que chacun a produit et produit encore des sectes rivales qui
toutes les religions civilisées» barbares et sauvages» vien*~ ncnt de Dieu, l'esprit de Dieu n'est qu'incertitude et contradiction, et que Dieu ne veut pas le Libre Arbitre de l'homme, puisque, dans les 9/i Ode ces religions, il dévoue les mécréants aux brasiers éternels ; ce qui n'est plus leur laisser libre option , liberté de jugement.
La philosophie, qui dénonce le système oppressif de sa rivale, est-elle moins intolérante? n'a-t-elle pas aussi ses articles de foi? ses risibles assertions sur l'existence de la liberté , là où l'homme n'a pas le droit de manger quand la faim le presse? En voulant étouffer l'Attraction ou impulsion divine, elle la remplace par une Raison qui sanctionne tous les actes de tyrannie, pourvu qu'ils soient fardés de beaux verbiages. L'une fait au nom de la Raison ce que l'autre fait au nom de Dieu. Toutes deux approuvent qu'on envoie au supplice le malheureux qui, pressé par la faim, dérobe un pain dont l'Attraction, écho de Dieu , lui fait une loi do se nourrir.
Voilà donc la science divisée en deux sectes primordiales qui, sous divers masques, ne veulent reconnaître ni Dieu ni la Raison dont elles se disent les interprèles , et punissent en pratique ce Libre Arbitre qu'elles promettent en théorie.
D'où naît ce conflit d'absurdités? De ce que chacune des deux spécule sur le simple qui n'est pas applicable à l'homme ( sinon en rclai du composé ). Chacune s'attache à une prétendue Sagesse divine ou humaine, qui tou-
XLTIH DU LIBRE ARBITRE
jours exdut l'Attraction et borne le Libre Arbitre à un seul de ses deux éléments. C'est l'anéantir : car en principe de Mouvement : « Tout mécanisme essentiellement com- » posé, qu'on veut réduire au simple, n'arrive point au i simple, mais tombe en composé subversif ou conflit de > ses deux éléments. » C'est une règle qui nous expliquera toutes les absurdités civilisées, dont je renvoie l'examen à la touche du duplicisme ( pivotale mineure ).
C'est assez prouver que pour arriver au Libre Arbitre composé et surtout positif, ou liberté d'option sur les jouissances, le problème est de développer combinément l'Attraction et la sagesse ou Raison ; et, pour y réussir, il n'est d'autre voie que de déterminer un Nouvel Ordre social où les deux ressorts soient compatibles. C'est sur * quoi n'ont pas voulu spéculer les deux sectes qui se disputent le sceptre de l'opinion. En conséquence elles ont mis en scène le Libre Arbitre simple ou option pour l'un des deux ressorts , pour la raison philosophique ou religieuse, à l'exclusion de l'impulsion divine. De là naît le cercle vicieux que je viens d'analyser, et qui ne laisse à l'homme aucune liberté , à Dieu aucune influence directe sur l'ordre social.
Pour démontrer que Dieu désire nous assurer le Libre Arbitre composé, il faut raisonner sur la carrière extrograde, sur les périodes sociales plus élevées en échelle que la Civilisation et autres limbes obscures.
DU LIBRE ARBITRE
Do Libre Arbitre en carrière extrograde.
Ce n'est pas au début de l'ouvrage que j'aurais pu traiter un problème aussi inabordable pour des Civilisés que celui du Libre Arbitre composé et positif. Il fallait préalablement dépeindre le Nouvel Ordre de choses où ce bienfait peut être accordé à l'homme, cet état d'Harmonie passionnelle oû les plaisirs étant innombrables et les travaux métamorphosés en plaisirs par les rivalités et appâts industriels des Séries, le plus pauvre des hommes jouit à chaque instant d'une option de plaisirs. Dans leur distri - , bu lion et graduation, il a besoin d'un exercice continuel de sa raison , afin de pouvoir aborder à la masse de jouissances , et les rehausser Tune par l'autre au moyen d'un judicieux enchaînement. On vient de lire les tableaux de cet Ordre , et l'on peut juger maintenant combien il est impossible, en spéculant sur la Civilisation, de concevoir aucun essor combiné des deux éléments du Libre Arbitre, Attraction et Raison, qui, dans ce Nouvel Ordre, se prélent un appui mutuel , au lieu de se contrecarrer comme aujourd'hui par effet de la pauvreté qui limite les jouissances à 1/8 du corps social.
Tant qu'on ignore celle Destinée heureuse que Dieu réserve à l'homme, on ne peut, je l'ai déjà dit, spéculer que sur un Libre Arbitre négatif et simple , c'est-à-dire une option pour le moindre mal et pour l'un des deux éléments, favorisé au détriment do l'autre. Tel est notre sort en Civilisation.
Mais si l'on veut envisager le Mouvement en sens extrograde, s'élever au delà des Sociétés connues, raison-
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lier sur le mécanisme des Séries passionnelles, tous les problèmes de bonheur social deviennent des jeux d'enfants , et rien n'est plus facile que de développer en plein accord l'Attraction et la Raison , s'élever ainsi à la jouissance du Libre Arbitre composé et positif*
Jusque-là toutes les subtilités de l'école ne sauraient répondre aux arguments sur le malheur de l'homme , sur la malfaisance apparente de Dieu et sa préférence pour les animaux, que nous voyons pourvus d'un bonheur suffisant, selon leur Libre Arbitre, tandis que le monde civilisé ne cesse de gémir sur l'étendue de ses malheurs.
Destiné à l'équilibre composé, au Libre Arbitre composé , l'homme depuis 5,000 ans no s'étudie qu'à chercher des lois d'équilibre simple, qu'à restreindre ses prétentions, au lieu de s'essayer dans un champ plus vaste que cette Civilisation qui réduit le mécanisme domestique au-dessous même du minimum : car , en supposant que l'homme soit destiné à vivre par familles , au moins faudrait-il, selon la nature et le Libre Arbitre , laisser à cette famille toute l'extension possible en admettant toutes ses branches. Notre système , au contraire , la limite au couple conjugal et privilégié. On peut le défier d'atteindre à une plus forte réduction ; et des hommes qui fondent ainsi leur mécanisme social sur l'entrave absolue des passions, veulent disserter sur le Libre Arbitre, nous prouver son existence !
Il règne dans les Séries passionnelles, parce que l'abondance de plaisirs, concurremment offerts, suffit à modérer la passion déjà calmée par une heure de jouissance. Il y a, dans un tel ordre , alternat de la Passion et de la Raison , balance et contre-poids de l'impulsion divine ou Attraction qui règne dans le cours des séances, et de l'in>
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pulsion humaine ou Raison qui en gradue la distribution de manière à prévenir les excès par la rapide succession et le contraste judicieux des plaisirs. C'est le seul moyen démettre sans danger l'Attraction aux prises avec la Raison.
S'il y a rareté de plaisirs, l'Attraction, trop longtemps privée, se change en fougue déraisonnable, et de là vient que, parmi nous, l'excès règne non-seulement dans tes séances de plaisir, mais dans les distributions de plus longs, termes qui s'étendent aux âges (extrêmes). Aussi voit-oi* beaucoup de gens qui, à 60 ans, veulent mener le train de vie qui ne convient qu'a 30 : excès inhérent à la rareté des plaisirs civilisés, qui ne sont jamais répartis de manière à satisfaire l'imagination en temps et lieu convenables.
Quand la balance et l'option seront régulièrement établies sur une période quelconque , séance , journée , semaine, mois, année ou phase de la vie, il y aura Libre Arbitre dans l'impulsion divine ou directe, qui est l'Attraction, et dans l'impulsion humaine ou indirecte, qui est la Raison. Celle-ci n'aura plus la tâche impossible de modérer l'Attraction , mais seulement de l'éclairer et de la diriger dans les options et graduations de l'affluencc de plaisirs qui sera offerte. La Raison alors sera écoutée* parce qu'elle servira et raffinera l'Attraction. Aujourd'hui qu'elle essaie de l'entraver elle est foulée aux pieds 5 il n'y a donc entre elles d'autre moyen de concert que le mécanisme des Séries, qui les rend nécessaires l'une à l'autre dans la répartition des plaisirs.
Dans ce Nouvel Ordre, il y aura une légère supériorité du côté de l'impulsion divine , en ce que l'Attraction aura l'initiative. Les options et décisions de la Raison ne seront qu'une capitulation avec l'Attraction, mais enfin ce sera
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lin exercice de la raison humaine, en concurrence avec l'impulsion divine, pour raffiner nos plaisirs et nous laisser l'honneur de partager avec Dieu la direction de notre individu et de nos sociétés.
Et dans ce régime d'où naîtra tant de bonheur, n'est-il pas juste que la balance penche pour l'autorité divine ou Attraction? Et, puisque dans tout Mouvement il faut une tombée de balance, qui existe déjà parmi nous dans les proportions physiques et numériques des sexes, peut-on douter que dans nos relations avec Dieu, dans la direction du Mouvement social, la tombée ne doive, pour noire bien même, appartenir au Suprême (Pondérateur), avec qui il nous semblera si doux de partager la régie sociale, quand nous connaîtrons le sort heureux qu'il nous a préparé ! Mais Dieu, aussi généreux que nous sommes imprudents, ne veut ni d'une confiance aveugle ni d'une autorité absolue, et il nous a ménagé dans les Séries passionnelles un partage réel d'autorité, une entremise permanente de la Raison concurremment avec l'Attraction. II ne veut, dans cet Ordre (équilibré), que le faible surplus de tombée nécessaire à assurer notre bonheur, qui serait nécessairement compromis du moment où la raison humaine, sujette à l'erreur, viendrait à surpasser en influence l'impulsion divine ou Attraction.
On peut maintenant apprécier la justesse des plaintes élevées sur le parallèle de l'homme et de l'animal dont nous déplorions à bon droit de ne pas égaler le bonheur, l'exercice du Libre Arbitre. Il restait à savoir que notre* bonheur doit êlre double du sien, savoir : libre exercice d'Attraction et de Raison coïncidentes. Nos sages, pour avoir voulu les faire agir en divergence et nous fcorner à jouir d'une seule, nous ont ôtô l'exercice de
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l'une et de l'autre, en les armant l'une contre l'autre : effet nécessaire du Mouvement simple, qui, appliqué à l'homme, produit toujours la duplicité d'action, parce que les ressorts élémentaires des passions humaines étant composés en tout sens , dés qu'on veut n'en faire jouer qu'un seul à l'exclusion de l'autre, on établit le conflit de tous deux; et c'est l'erreur perpétuelle de nos prétendus sages, toujours aheurtès à spéculer sur l'essor simple et la simple nature, qui est attribut de l'animal et non pas de l'homme.
Récapitulons. Sous le rapport de l'unité : quelle unité trouvera-t-on dans les deux méthodes simples que nous proposent la philosophie et la théologie? méthodes identiques au fond, malgré le contraste de moyens : car elles ne sont, sous diverses formes, qu'une répression de celui des deux ressorts qui vient de Dieu.
La philosophie veut limiter le Libre Arbitre au ressort purement humain, à l'emploi de la Raison. C'est une scission manifeste avec Dieu : c'est l'exclure d'intervenlion et sans pour cela faire régner la Raison ni le Libre Arbitre, dont on ne voit aucune trace en mécanisme civilisé.
L'autre science, la théologie, met en scène des révélations divines qui nous condamnent à souffrir, par raison, des privations en ce monde. C'est mettre Dieu en scission avec lui-même , puisqu'il est créateur de l'Attraction qui nous stimule incessamment. Ce sont deux systèmes schismatiques avec Dieu : l'un repousse l'intervention divine en déclinant les droits de l'Attraction qu'il veut soumettre à la morale répressive , l'autre ne fait intervenir la Divinité qu'en sens absurde et outrageant pour elle : car il la suppose armée contre son propre ouvrage, s'efforçant i. C
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de comprimer l'Attraction qu'elle a créée, et voulant que l'homme se ligue avec Dieu pour opprimer cette impulsion dont Dieu protège l'essor chez les autres créatures. Supposer à Dieu ces vues insensées dans sa régie du Mouvement social , n'est-ce pas être en pleine scission avec lui?
Et si I on considère que ces deux méthodes anti-unitaires n'aboutissent qu'à entretenir les 7 fléaux (Indigence, Fourberie, Oppression, Carnage, Intempéries outrées, Maladies provoquées, Cercle Vicieux), et nous priver en tout point du Libre Arbitre, quel sens faut-il attacher aux verbiages d'Unité dont s'affublent les deux science», et comment douter que dans une théorie d'Unité réelle, il ne faille s'isoler de ces deux sentiers d'erreurs, et spéculer sur le Libre Arbitre comme sur tous les ressorts du Mouvement passionnel, en emploi composé convergent des deux éléments, l'Attraction et la Raison?
Quelle réplique opposer à ce principe , maintenant que la découverte du calcul synthétique de l'Attraction démontre qu'il ne peut exister hors des Séries passionnelles ni règne de la Raison, ni essor de l'impulsion divine ou Attraction, ni Libre Arbitre de l'homme, ni Unité de l'homme avec Dieu et le système de l'Univers!
Du reste, à quoi bon s'appesantir sur ces prétentions de Libre Arbitre dans noire Civilisation, où l'homme n'a pas la Wbertè de manger quand il souffre de la faim et qu'il •je voit entouré d'une affluence de comestibles étalés pour la provoquer? Un dogme qui se rit à ce point de l'évidence mérite-t-il les honneurs de la réfutation? Et qu'y avait-il à dire jusqu'à présent sur le Libre Arbitre , sinon de s'étonner de la contradiction apparente de Dieu , qui , accordant ce bienfait aux astres et aux insectes, le refuse
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à l'homme seul? Voilà l'énigme expliquée par le parallèle du Libre Arbitre simple que Ton veut inutilement introauire en t iivuisaiion , ei au compose, qui n esi applicable qu'à l'Harmonie. On a vu combien elle est facile à organiser, et combien cette fondation s'accordera avec le Libre Arbitre unitaire. L'issue de l'abîme nous est ouverte , hâtons-nous d'en sortir, et, pour terminer par un dictum moral , c ne perdons pas à discuter sur le Libre Arbitre les moments destinés à en jouir. »
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Classement des Libertés vraies et Illusoires.
Ne craignons pas de multiplier les tables. Sans celte précaution , il ne reste souvent d'une lecture que des notions confuses. Une table vient à propos à la suite des débats , pour classer et graver dans la mémoire divers détails dont les lectures n'ont laissé que de vagues souvenirs.
Nous n'avons que quatre modes à envisager dans l'essor de« libertés. Leur classement bien précis mettra fin à toutes les controverses politiques et théologiques sur les libertés. Le problème se borne à décider lequel des quatre modes assure le plein bonheur , et il n'y aura pas à hésiter sur la décision.