‹ Théorie de L'unité UniverselleChapitre 6 sur 74 · DO LITRE ARBITRE» XXXI · texte numérisé non relu

DO LITRE ARBITRE» XXXI

en balance, conlre-poids , équilibre, garantie, et qui ça secret ne rêvez qu'usurpation et despotisme, apprenez en fait de balance et d'équilibre à ménager les droits respectifs. Vous ayez cru, les uns que Dieu était tout, et l'homme rien : les autres que Dieu n'était rien, et l'homme tout : c'est effet d'orgueil chez un parti et bassesse chez l'autre. Pour yous élever aux théories d'équilibre, diminuez moilié de l'orcueil Dhilosonhinue et moitié de la bassesse théologique -, vous arriverez à concevoir que l'Atlraction doit entrer en balance avec la Raison : que l'homme doit être associé et non valet de Dieu dans la régie du mouvement, sauf le pas honoriGque ou tombée de balance qui appartient à Dieu.

Tant que vous déclinerez ce principe d'équilibre , cette balance et répartition d'influence entre Dieu et l'homme» yous serez inhabiles à concevoir les lois de l'équilibre passionnel qui est un jeu de mouvement dans lequel la raison» humaine doit [figurer, concourir avec l'action de Dieu]; s'il nous laisse des chances nombreuses, entre autres celle des retards ou accélérations de découverte , celle de franchir plusieurs Périodes et cumuler plusieurs créations, celle d'entraver par notre Libre Arbitre et abus de Raison les opérations aromales de la planète, du tourbillon et de son univers; si, dis-je, Dieu nous accorde cette infinité de chances, il est clair qu'il veut jouer avec la raison humaine une partie égalisée où les deux athlètes soient respectivement intrigués l'un par l'autre ; où la créature comme le créateur aient des moyens divers d'essor pour la cabaliste, la papillonne et la composite. Comment concevoir que Dieu soit juste et heureux s'il prive les créatures des moyens d'influencer le Mouvement! Tout ne sera, je l'ai déjà dit, que despotisme, prédes-

mCttl DU LIBRE ARBITRE.

tmationet fatalité. L'Etre suprême, témoin des malheurs de notre Globe, pourra donc se dire à lui-môme : c C'est moi qui ai voulu la perpétuité de ces infâmes sociétés civilisée, barbare et sauvage : de ces raffinements de souffrance des hommes. • Tant de cruauté est-elle présumante dans la Divinité? Mais si vous admettez qu'un créateur juste et bon doive gémir de tant d'horreurs , n'est-ce pas admettre qu'il a inventé pour la régie des sociétés un ordre fortuné qu'il désirerait voir établi, et que son vœu est entravé par quelque erreur de la raison humaine, à qui il confie portion de la régie du mouvement ? Dieu créa les ressorts, les douze passions; mais il laisse à l'homme le soin de les développer, en ménageant les droits respectifs de Dieu et de l'homme , en laissant égale part à l'Attraction et à la Raison. Tel devait être le sujet de nos études sur le Mouvement social. 11 fallait en raisonner comme des sciences, où nous faisons intervenir par moitié l'industrie humaine, mais pour féconder et non pour entraver la nature.

Quel rôle jouez-vous, philosophes et théologiens, dans celte étude de la Destinée sociale et de la répartition de fonctions entre Dieu et l'homme? Vous, théologiens, figurez dans les rapports avec Dieu comme le pâtre qu'on fait asseoir à la table d'un grand seigneur, et qui dans sa slupeur ose à peine se placer sur le coin d'un fauteuil , {perd contenance et présence d'esprit); vous, philosophes, y figurez comme le démagogue Chabot, qui, introduit en dêputation chez Louis XVI , ne voulut pas ôter son chapeau devant le monarque. Excès pour excès, on ne saurait dire lequel est le plus ridicule : il faut partager îa palme, et c'est le parti que je prendrai toujours dans ies conflits entre la philosophie et la théologie.

Page 1