‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 105 sur 184 · CHAPITKE XIII. LA VALEUK UC PRODUCTION CAPITAL1STI · texte numérisé non relu

CHAPITKE XIII. LA VALEUK UC PRODUCTION CAPITAL1STI

possible d'établir ici un taux de dépréciation juste et uniforme que l'on puisse considérer comme entrant entièrement dans Jes frais de production. « Parfois, nous fait remarquer par exemple le rapport américain, une machine peut continuer dans son ensemble à servir, tandis que des parties importantes peuvent devenir hors d'usage. » (1). Même dans des usines bien dirigées, la méthode employée pour établir un taux déterminé de détérioration des machines diffère grandement. Le Département du Travail a estimé que le meilleur moyen d'éviter ici toutes les difficultés était encore de comprendre les réparations comme frais de production.

Dans l'enquête américaine, Vassurance, à son tour, n'a pas été rangée parmi les éléments positifs et tcniversels proprement dits des frais de production. 11 est vrai que beaucoup d'entrepreneurs préfèrent supporter eux-mêmes leurs risques, tandis que d'autres les transfèrent aux compagnies d'assurances. En tout cas, ces frais sont réellement, comme le dit le rapport américain, « d'une grandeur variable et souvent inconnue » (2). Mais celle difTicultî, une fois encore, atteste la possibilité de dresser une statistique comparative rigoureuse plutôt qu'elle n'affecte les conditions de notre analyse théorique. En général, c'est selon l'industrie et l'entreprise particulière étudiées que nous jugerons si, et jusqu'à quelle hauteur, la prime de l'assurance doit être considérée comme entrant dans les frais généraux exigés par la production d'une marchandise.

11 en est de même des redevances dues aux propriétaires du sol, telles qu'elles sont d'usage dans l'exploilalion des mines de charbon et de fer, des carrières, etc., et lorsque les travaux sont entrepris par d'autres que les propriétaires. Ces redevances, assurément, ne sauraient être considérées comme des frais positifs et universels attendu que, variant avec. les situations locales, elles doivent encore correspondre nécessairement à la somme que l'exploiteur compterai comme intérêt de son capital,

(1) Voir Sixth Annual Report, loc. cit., p. 11.

(2) Loc. cit., p. 13.

272 l'ARTlK IV. LA VALEUit DK l'HODUCTlON

s'il (Hail lui-même lo propriétaire du sol. Si, cependant, ces droits ne peuvent ôlre compris rationnellement dans une statistique comparative, parmi les éléments constitutifs, positifs et universels des frais de production, il est non moins sûr qu'ils se présentent comme des dépenses propres à influencer les prix de vente des produits ou le profit.

Enfin, les frais de transport des marchandises depuis l'établissement industriel jusqu'au lieu de la livraison franco, doiventils être comptés parmi les éléments positifs des frais de production? On pourrait prétendre que ces frais font partie des dépenses nécessaires à la vente, et non, à proprement parler, à la production des articles de chaque industrie. Pour une statistique comparative où il faut déterminer d'avance ce que l'on comprendra sous le terme de « frais de production », les difficultés sur ce point se multiplient encore. Les produits de nombre d'établissements sont livrés « franco en fabrique » ; d'autres à des distances et des points tellement différents, que l'on ne peut plus trouver de base fixe pour des calculs comparatifs à ce sujet. Pour notre analyse théorique, pourtant, nous avons sans contredit à compter avec ces frais de transport. N'oublions pas que nous devons considérer la valeur de production des marchandises comme un élément réel et parfois prédominant dans la constitution de leur valeur d'échange et leur prix de marché. Nous avons donc à compter avec tous les frais qu'exigent le transport et la circulation de ces marchandises, jusqu'au moment où elles passent dans les mains des consommateurs. Pour notre but^ nous ne saurions donc oublier aucun des frais nécessités par les marchandises depuis le moment où elles sortent de la fabrique jusqu'au moment où la valeur se réalise dans les prix de marché. Nous reviendrons tout à l'heure aux frais de transport et de circulation pour examiner particulièrement jusqu'à quel point ils entrent dans le coût de la production avec lequel nous devrons compter au marché.

Tout ce que nous venons de remarquer montre combien il est difficile, même pour une seule entreprise industrielle, de déter-

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