CHAPITRE Xlir. LA VALEUR DE PRODUCTION CAPITALISTE 2G
rêl Be figure donc plus dans l'inventaire ou dans les comptes de l'enlreprise. « L'honnme qui [)aye un large intérêt doit se conten. ter d'un profit moindre. S'il emprunte son capital, il fait diminuer la marge de son profit. » (1 ).
Considère' ainsi, l'intérêt entre donc dans les bénéfices, mais ne fait pas partie des frais de production des marchandises. Et le rapport américain éclaircit cette théorie par l'exemple caractéristique suivant : a Certains fabricants dans différentes industries ajoutent, par exemple, 6 0 0 de l'immeuble et du matériel entier, aux frais de production en répartissant le montant sur la production totale de l'année. Lorsque, dans un tel cas, les marchandises se vendent à ce coût, le fabricant prétend qu'il n'a pas fait de profit, tandis qu'en réalité il en a fait 6 0 0 et ces 6 0 0 constituent une compensation de l'intérêt qu'il aurait obtenu de son capital s'il l'avait engagé dans une autre direction. » (2). Caractéristique est également le fait suivant que relève ce rapport : et La plupart des fabricants de fer et d'acier de l'Europe et tous ceux chez qui les recherches se sont étendues en Amérique, se sont trouvés considérer leur établissement comme libre de charges dès l'origine, et ils ont formulé ainsi leur avis : la seule influence que la valeur de l'immeuble et du matériel peut avoir sur le coût de la production, s'exprime en dépenses pour réparations et non pas en un intérêt ajouté aux éléments positifs des frais. » (3 .
La dépréciatio7i du matériel qui a justement attiré l'attention de tant d'auteurs désirant évaluer les frais de production d'une marchandise, constitue un obstacle réel aux recherches statistiques. Le Déparlement du Travail à AVashinglon n'a pas eu seulement des motifs théoriques pour ne pas la ranger parmi les éléments positifs et itniversels des frais de production ; il a été influencé dans la pratique par l'opinion de plusieurs fabricants. A propos de la dépréciation, on ne saurait formuler de
(1) Sixth Annual I^eport, loc. cil., p. 9.
(2> Ibid.
^3) Loc. cit., pages 9 et 10.
270 PAI\T1E IV. LA VALEUR Dli PIIODUCTION
règles fixes généralement apijlicables ; la première difficuUé est la diversité des industries et des procédés de fabiication, mais il y a également à com[)ter avec plusieurs influences secondaires. La question de !a dépréciation de l'immeuble et du matériel ne [)eut pas être séparée de celle de leur entrelien et l'un peut même considérer en théorie que la compensation de l'une équivaut aux dépenses de l'autre. Ce qui rend ici les recherches particulièrement difiiciles dans la pratique, c'est que les directeurs des établissements industriels montrent souvent une tendance naturelle à compter la dépréciation du matériel proportionnellement au profit réalisé, plutôt que selon sa vérilable importiince ; dans ce cas, le montant ainsi calculésera haut dans les années de grands bénéfices, et inversement. Par celte méthode, les frais de production pourraient être considérés comme directement proportionnels à la prospérité de l'établissement.
Eu outre, même pour ceux qui prennent une part immédiate à la direction d'une entreprise industrielle ou commerciale, il est excessivement difficile de distinguer rigoureusement, dans les comptes de leur entreprise, entre les dépenses qui sont nécessaires aux agrandissements et celles qui doivent assurer la conservation de l'immeuble et du matériel. Pour celui qui reste en dehors de l'organisation intérieure d'un établissement, il est généralement impossible de faire cette distinction. En règle générale pourtant, — voilà comment le Département du Travail a résolu ce problème, — les réparations doivent être comprises parmi les frais de production, tandis que les a grandissenients ou les frais dépeiisés à l'accroissement de la productivité d\ni établissement doivent être ^OJisidérés comme ime augmentation du capital (1).
En ce qui concerne les machines, la détérioration dépend, nous le savons, de tant de circonstances, — les unes se rapportant à la machine même, les autres à son usage, — qu'il est im-
(\) Voir Sixth Annual liepoi-t, toc. cit , p. 11.