‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 142 sur 184 · CHAPITRE XVJ. — VALEUR DES BIENS « COMi'LÉMENTAlRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVJ. — VALEUR DES BIENS « COMi'LÉMENTAlRES

que comme ferraille. Mais on ne doit jamais confondre la « valeur de substitution » attachée à la nouvelle machine avec le prix de marché représenté par elle en dehors de l'entreprise industrielle. En effet, sil'on voulait calculer la valeur d'un établissement industriel, agricole ou commercial d'après son inventaire réel, ou même en comptant le matériel comme neuf et acheté au prix-courant, il est certain que, pour la majorité des établissements, cette valeur resterait sensiblement inférieure à leur valeur d'échange réelle, — celle qu'on leur accorde à la Bourse.

5. Dans un ensemble de biens productifs, nous pouvons généralement distinguer les éléments purement matériels: sol, bâtiments, machines, matières premières et secondaires, etc., des éléments qui représentent le travail. Parmi ces derniers se rangent aussi bien les éléments du travail manuel que ceux du travail intellectuel : direction des affaires, administration, surveillance, etc.

La valeur possédée par un ensemble de biens productifs en plus de la somme des « frais » de ses éléments constitutifs (l'achat des matières premières et secondaires et du travail humain, l'usure des machines, etc.), doit être attribuée, d'après ce que nous avons exposé au paragraphe i, à la combinaison tout entière.

Dans l'ordre social actuel, cet excédent de valeur est accaparé d'ordinaire et mis arbitrairement au compte de certains des éléments plus ou moins engagés dans la production.

L'exposé de ce procédé d'accaparement, si étroitement lié à la constitution de la société, demandera toute notre attention dans un tome suivant de cet ouvrage où nous aurons à l'examiner dans son fonctionnement intime.

Dès à présent, nous en noterons les traits caractéristiques suivants :

Le sol, élément matériel de la production, est remplacé, dans l'œuvre d'accaparement dont nous venons de parler, par le propriétaire du sol qui n'a pas pris, en cette qualité, la

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moindre part à la production, mais qui e'esl placé historiquement entre le producteur et le moyen de production.

A côté du propriétaire comme accapareur de valeurs, se présente l'entrepreneur (ou les entrepret)eurs) qui participe à la production, soit directement en qualité de directeur, soit indirectement en qualité d' « ac'.ionnaire ». A ce dernier titre, son rôle est analogue à celui du propriétaire foncier.

A la théorie de la valeur des biens complémentaires telle que nous l'avons exposée dans les pages précédentes, sont étroitement liés des problèmes très importants. Cette théorie — comme M. Bôhm-Bawerk l'a fait remarquer à bon droit — nous fournit la clef du problème de la répartition des richesse? (1). Les conclusions dérivant des théories que présente la doctrine utilitaire sont celles que nous retrouvons à ce sujet dans toute la science économique « officielle o. Il est évident que nous nous distinguerons de ces économistes autant par les conclusions que par les principes.

En eJQTet, tous les produits sont créés, comme le dit M. Bôhm- Bawerk, — n'exprimant ici, du reste, qu'un des principes les plus élémentaires de la science économique, — par la collaboration des trois « facteurs de production » complémentaires : travail, sol et capital (2). Parmi eux, cependant, le sol et le capital sont au nombre des éléments matériels participant eux-mêmes, il est vrai, à la production, mais dont les posses-

(1) « La théorie de la valeur des biens complémentaires nous donne la clef d'un des problèmes les plus importants et les plus difficiles de notre science : c'est le problème de la répartition des richesses, telle qu'elle s'accomplit, sous la forme actuelle de la société, avec le régime d'une concurrence plus ou moins libre et avec la détermination des prix selon une entente réglée par contrat entre les parties. » {Loc. cit., p. 285.)

(2) « Tous les produits sont créés par la collaboration des trois « facteurs de production » complémentaires, travail, sol et capital. Si donc notre théorie dégage la part du produit commun que nous devons économiquement à chacun d'entre eux et la part de la valeur commune que nous attribuons à chacun, elle explique, en même temps, les motifs profonds qui décident de la hauteur des honoraires obtenus respectivement par chacun des trois facteurs. » (Ibid.)

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