CHAP. XVIH, — INFLUENCE DES TRUSTS ET MONOPOLES
offrent au marché une quantité q de ieur marchandise à un prix de monopole/), la situation du marché tend à s'exprimer dans la formule suivante :
pq — qr > p'q' — ç'/-'.
Dans cette formule, r exprime les frais de production d'une unité de la quantité </ de la marchandise, et r' les frais de production de q' . Si la différence entre q et q' n'est pas importante, on a )'' = r. Mais — et c'est précisément ce phénomène que les représentants des grands trusts s'appliquent à mettre en lumière — il est possible que les frais de production d'une unité (mètre, litre ou kilogramme, etc.) d'une marchandise diminuent à mesure que la quantité produite augmente.
Cependant il est évident qu'il existe toujours une certaine limite au-dessus de laquelle l'accumulation du capital et la centralisation de la production sur une échelle plus vaste ne mènent plus rationnellement à la diminution des frais de production d'une marchandise.
La situation devient un peu différente, lorsqu'une combinaison capitaliste arrive avec l'excédent de sa production dans des régions étrangères où, malgré sa supériorité technique évidente, elle rencontre néanmoins une concurrence sérieuse de la part de l'industrie indigène et même de l'industrie mondiale. Sa supériorité technique peut lui permettre, dans ce cas, de dépasser de beaucoup ses frais de production, lesquels restent toujours à l'arrière-plan pour laisser une prédominance sensible à la valeur d'usage des produits, Mais la combinaison trouve cette fois des limites à sa gourmandise par le prix de marché national ou mondial tracé conformément à la loi générale que nous connaissons. Elle ne saurait « saigner à mort » les consommateurs qui dépendent de ce marché extérieur.
Normalement — peut-être après une période de lutte acharnée contre la concurrence étrangère, période pendant laquelle les prix peuvent descendre bien au-dessous même des frais de
production de toutes les parties en présence — la combinaison tâchera de tenir ses prix aune hauteur suffisante pour empêcher tout juste ses concurrents d'approvisionner régulièreuient le marché.
Faisons observer que tous les cas successivement étudiés ici aousle régime du monopole, cadrent avec la théorie générale eiposée dans notre chapitre sur la fixation de la valeur d'échange et du prix de marché. Ici encore, les cas infiniment variables qui peuvent se présenter dans la vie sociale réelle, ne peuvent que mettre en relief les grandes lignes de notre théorie qui y trouve précisément sa complète justification.