‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 44 sur 184 · CHAPITRE V. LA VALEUR d'uSAGE SOCIALE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. LA VALEUR d'uSAGE SOCIALE

liées ainsi par des coalitions de grands capitalistes, il y en a [ilusieurs qui pourvoient aux premières nécessités de la vie humaine.

Nous aurons encore à examiner de près ces coalitions de grands capitalistes à la fin de ce volume et plus tard, lorsque nous exposerons la théorie générale du capital et du profit. En ce qui concerne la valeur d'usage sociale des richesses, nous nous contentons ici défaire remarquer que, partout où ces coalitions dominent entièrement la production d'un article quelconque, pouvant régler ainsi complètement l'offre totale de cet article et influer sur la demande par la hausse des prix de marché, les richesses peuvent obtenir une valeur d'usage sociale tyranniquement accrue, correspondant à des prix de monopole tyraniiiquement maintenus ou haussé?.

On sait que — grâce à des opérations de ce genre et aux spéculations financière» qui se fondent sur elles — la marchandise par laquelle s'exprime la valeur d'échange de toutes les autres, l'or, possède déjà en réalité une valeur fictive, valeur d'usage et valeur d'échange fictives. Celte valeur, dépendant essentiellement du rapport entre la provision d'or que les monopoleurs mettent à la disposition du monde et la demande totale d'or (demandes du métal comme moyen d'échange et comme matière première de certaines industries), est une valeur fictive et artificielle en tant que la rareté du métal est maintenue à un niveau déterminé par la haute finance et les grands propriétaires de mines d'or (1).

Sous l'influence de ces coalitions de grands entrepreneurs, propriétaires de mines, rois des chemins de fer et monopoleurs de matières premières, un phénomène semblable s'est réalisé

(1) On sait quelle importance a, pour le marché des actions de mines d'or, la politique suivie par les dirigeants de l'exploitation, d'accumuler de fortes réserves du minerai, qui assurent tout à la fois plus de régularité dans les résultats d'année en année, et plus de constance dans les dividendes. Voici, divisés par groupes, les chiffres des réserves faites en 1909 et 1908 dans l'Afrique du Sud, selon une statistique dressée par

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déjà, on est on train de se réaliser, dans diverses branches de production nationales ou internationales.

le South African Journal (citée e. a. par le Financial Neics du 3 mai 1910 et par le Petit Temps du 8 mai 1910; :

Réserves de minerais en tonnes :

Eckstein-Wernlier. Beit ?8.060,200 22.960,800

Consolidated Gold Fields 9,004,300 7,292,700

Farrar Anglo-Frencti 9,544,300 9,916,700

J.-B. Robinson 3,970,500 3,509,100

Newmann 3,137,400 2,605,400

Albu 3,141,200 3,100,200

Barnato 3,810,400 4,090,002

Goerz 1,227,200 1,308,700

Si, malgré tout, la valeur d'échange de l'or a diminué constamment depuis plusieurs années — fait qui se manifeste par une tendance à la hausse de tous les articles qui s'échangent contre l'or — c'est que le perfectionnement de la technique et des procédés du travail ont permis aux industriels de traiter avec bénéfice des minerais de plus en plus pauvres et dont on possède des montagnes entières, en sorte que les trésors naturels en sont inépuisables.

Dans le dernier quart de siècle, la production de l'or a quadruplé. Naturellement on ne s'aperçoit pas de la diminution de la valeur (valeur d'échange) de l'or par son prix, une pièce de vingt francs française, ou un sovereign anglais ayant toujours le même poids légalement établi. Mais on s'en aperçoit à l'échange de l'or contre d'autres marchandises ; car, si l'or vaut moins, il faut en donner plus pour acheter coton, charbon, viande, etc.

Ceci est rendu d'autant plus manifeste par le développement de la grande industrie et du grand commerce, qui ne peuvent plus compter avec de simples pièces d'or. Dès le début de notre siècle, le trésorier de la United States Rubber C°, Charles R. Flint, pouvait écrire : « Le montant de» affaires dont les transactions s'opèrent de nos jours par le crédit, aux Etats-Unis, est plus de deux mille fois plus grand que celui des aflfaires traitées en or et en argent. Aussitôt que l'extension du commerce prend de grandes proportions, il est impossible de faire les transactions sur la base d'un échange réel en monnaie. Au lieu de cela, tous les moyens d'échange sont utilisés. Traites et chèques sont les principaux moyens employés aujourd'hui dans le monde commercial. Il arrive rarement que de la monnaie réelle passe de main en main, o (Charles R. Flint, North American Reineiv, New-York, mai 1901, pages 671-672.)

Depuis 1900, le progrès s'est assurément accentué encore dans ce sens ;

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