CHAPITRE VI, INTRODUCTION llo
production et l'objet produit. Sans décider encore de quelle espèce seront les rapports en présence, nous pouvons dire dès maintenant que le nouveau rapport objectif mettra en relation deux ou plusieurs de ces rapports subjectifs dont nous venons de marquer le caractère.
Dès que la valeur des marchandises se présente à nous comme valeur objective, nous pouvons remarquer le phénomène suivant : c'est seulement à un moment donné et en un lieu spécial que sont véritablement constants les prix de tous les articles qui, au premier coup d'oeil, nous paraissaient fixés d'avance. Les valeurs servant de base aux prix de marché, lorsqu'on y regarde de près, sont, quoique valeurs objectives, tout aussi sujettes à des changements continuels que les valeurs subjectives. Nous avons l'intention d'examiner à la fois et la grandeur de la valeur objective et ses variations en analysant pour cela la nature de la valeur objective des richesses. C'est le but que nous poursuivrons jusqu'à la fin de ce volume.
Quant aux variations continuelles de la valeur objective, elles ne pourront être intelligibles, en définitive, qu'après que nous aurons examiné de près, dans les chapitres sur la valeur d'échange, les causes fondamentales des oscillations du marché. Nous verrons clairement alors que les facteurs agissant ici sont en partie les mêmes que ceux dont nous avons déjà étudié l'influence sur la valeur subjective des richesses.
Eu premier lieu, nous aurons à examiner les bases de la valeur objective. Ces bases connues, les variations que la valeur subit pour les richesses de différentes espèces s'expliquent facilement.
Pour élucider le sens que nous attachons à notre examen nous aurons recours à une comparaison :
La hauteur du baromètre et le mouvement continuel de ses élévations et abaissements indiquent la pression de l'atmosphère ; de même les prix du marché indiquent la pression de la valeur objective des diverses richesses.
Les oscillations du mercure, cependant, n'expriment que
1 I (i VAUT. 111. ^ — VALEUa OBJECTIVE. CONSIDERATlOiNS GÉNéRALES
les rariatio7is de la pression atmosphérique, mais elles ne sauraient nous expliquer la nature de celte pression. Nous n'apprenons rien à ce sujet en constatant que le niveau du mercure tombe de 78 à 70 cenlim^Hres; ces oscillations ne sauraient donc nous apprendre pourquoi, à un moment donné, c'est-àdire sous une pression déterminée de l'atmosphère, le niveau du mercure s'arrête à cette hauteur de 76 centimètres et non pas au-dessus ou au-dessous. Pour apprendre la cause de ce dernier phénomène nous devons recourir à ia théorie de l'équilibre, ce qui nous permet de faire abstraction, pour un moment, des oscillations du mercure,
La théorie de l'équilibre nous renvoie à la recherche de la pesanteur spécifique du mercure que nous avons à comparer à celle de l'air ; c'est ainsi que, finalement, nous comprendrons comment, à un moment donné, une colonne de mercure d'une hauteur de 76 centimètres fait équilibre à une colonne d'air ayant la même base que le mercure du baromètre et dont la hauteur se perd avec l'atmosphère dans l'infini.
Nous aurons à suivre une marche semblable en entreprenant la théorie de la valeur objective. En voyant au marché des richesses déclarées équivalentes, — îi?i mètre de drap, U7i kilogramine de beurre, deux décagramtnes d'argeiit, etc., — nous avons à rechercher de même la pesanteur écono7niqice spécifique ou, pour mieux nous exprimer, la valeur spécifique des denrées, draps, beurre, argent, etc.
Par l'examen de la nature et des origines de cette valeur spécifique, nous pourrons ensuite nous expliquer la nature et les causes des variations auxquelles elle est sujette.
Cette recherche, cependant, est tout autre que celle de la pesanteur spécifique des corps qu'étudie la physique. Par tout ce que nous avons déjà appris de la valeur des richesses, nous savons que l'examen de sa nature est essentiellement difficile à cause de sa complexité. Cela lient à ce que, dans toute expression delà valeur d'une chose par une autre chose, nous avons