‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 49 sur 184 · CHAPITRE Vil. LA TllÉoRlli UTILITAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil. LA TllÉoRlli UTILITAIRE

malion y sont généra.\emen\. produits pour le marché el que ces articles n'ont pas ordinairement une valeur d'usage pour leurs producteurs. C'est pourquoi, — aussi bien dans l'école autrichienne de Menger-Bôhm que dans l'école anglaise de Stanley Jevons ou l'école française de Léon Walras, — tous les utilitaristes font de la production et de l'échange dans la société capitaliste un tableau en grande partie imaginaire, en contradiction formelle avec la vie réelle. Ces écunoinisles veulent nous faire croire qu'au marché moderne il se rencontre une légion d'hommes qui tous ont dans l'esprit l'idée d'une utilité-limite (le Grenznutzen de M. Bôhm-Bawerk) attachée aux marchandises qu'ils portent eux-mêmes au marché et à celles qu'ils désirent se procurer en échange.

L'échange même, supposent-ils, sera rendu économiquement possible, quand deux personnes différentes auront évalué leurs marchandises autrement et dans un sens inverse, comme ils disent (1).

Dans l'échange isolé, comme l'explique M. Bôhm-Bawerk que nous suivrons ici de préférence, le prix se fixe dans un espace dont les limites sont indiquées en haut par l'évaluation

(1) « Il résulte de ceci une règle importante : Véchange n'est économiquement possible qu entre des personnes qui évaluent la marchandise et la m.archandise nutnéraire autrement et même en sens opposé. » (Bohm- Bawerk, Kapital und Kapitalsins, tome II, livre III, chap. II, ii, p. 358.)

" Comment déterminerons-nous à quel point l'échange cessera d'être profitable? Cette question doit comprendre nécessairement et le taux de l'échange et les degrés d'utilité. Supposons, pour un moment, que le taux d'échange soit approximativement dix livres de blé pour une livre de bœuf : si, pour le corps des commerçants possédant du blé, dix livres de blé sont moins utiles qu'une livre de bœuf, ce corps désirera poursuivre l'échange. Lorsq je l'autre corps possédant du bœuf juge une livre de viande moins utile que dix livres de blé, ce corp.-* désirera de même continuer l'échange. Celui-ci continuera donc jusqu'à ce que, chaque partie ayant obtenu tout le bénéfice possible, une perte d'utilité résulterait d'une prolongation des opérations. » (W. Stanley Jevons, The Theory of Political Economy, chap. iv, pages 95-96 ; cf. trad. franc, p. 164.)

IliO FAUT. III. VALliUU OUJECllVIi. CONSIDKRATIONS GENliUALES

subjective de la marchnndi8e du cAlé de l'acheteur, en bas par son évaluation du côté du vendeur.

Lorsque plusieurs aspirants acquéreurs se trouvent au nnarché en face d'un seul vendeur, le tauachfahigste Beiverber, c'est-àdire le concurrent qui fait les oflres les plus avantageuses, évaluant au plus haut prix la marchandise désirée par rapport à la marchandise numéraire, restera acheteur ; et le prix oscillera entre l'évaluation de l'acheteur comme maximum et celle de la personne qui, après lui, avait fait les offres les plus avantageuses, comme minimum, — abstraction faite encore d'une autre limite mininia qui résulte constamment de l'évaluation de la marchandise de la part du vendeur.

En cas de concurrence unilatérale des vendeurs, là où différents aspirants-vendeurs ne rencontrtsnl au marché qu'un seul acheteur, le phénomène contraire se présente. Tandis que tout à l'heure les limites étaient restreintes vers le haut, elles se restreignent ici vers le bas.

En cas de concurrence bilatérale de vendeurs et d'acheteurs, enfin, le prix courant des marchandises est limité et déterminé par les évaluations subjectives des deux couples-limites {Grenzpaare) qui se forment avec la réserve que la limite la plus étroite est toujours de rigueur (1).

(1) Voir Bùhm-Bawerk, loc. cit., pages 361-373. Quant au dernier cas posé, la détermination du prix courant en cas de concurrence bilatérale des acheteurs et des vendeurs, M. Bôlim-Bawerk nous présente le schème suivant : il suppose qu'une dizaine d'aspirants-acheteurs, évaluant « un cheval » à une valeur variant entre 300 florins et 150 florins, rencontrent au marché aux chevaux une huitaine d'aspirants-vendeurs, évaluant de même leurs animaux à différentes valeurs variant de 100 à 260 florins.

Pour la commodité du lecteur nous indiquons dans ce schème le couplelimite dont les évaluations forment les limites intérieures par le signe de — , celui dont les évaluations indiquent les limites extérieures pur celui de -I-.

Personnes disposées à l'achat

florins

A, évalue un cheval = 300

Ao — — =280

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