‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 50 sur 184 · CHAPITRE Vil. LA TIIKOKIE UTILITAIRK · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil. LA TIIKOKIE UTILITAIRK

Entre les limites que donne l'analyse précédente, le prix réel se tixe en raison de l'habileté personnelle, de la ténacité, de la ruse et de la force persuasive, etc., des vendeurs et des acheteurs.

Du commencement à la fin, tout cet exposé rappelle les conditions précapitalistes de production, alors que les hommes produisaient pour leur propre usage, n'apportant au marché que les seuls articles qu'ils avaient en excédent et auxquels ils attribuaient, par conséquent, une moindre utilité'limite qu'aux quantités consommées par eux-mêmes (1). Toute cette conception de la production et de la distribution contraste essentiellement avec les principes fondamentaux de la vie sociale moderne. L'ouvrier salarié de nos jours, travaillant au métier à tapisserie, polissant des diamants, ou servant le marteau- pilon à vapeur, ne saurait être considéré comme possédant une sura-

As - - - 220 +

Ag — — = 210 —

Ag — — = 180

Aj — — = 170

Personnes disposées à la vente

florins

B^ évalue son cheval = 100

Bb — — =r 200 +

Bfi — — = 215 -

Bg — — =260

[i) « Chaque producteur, ne produisant que quelques articles peu nombreux mais surpassant fortement, en quantité, ses besoins personnels, a donc surabondance de ses propres produits, tandis qu'il manque de tous les autres ; il attribuera donc une moindre valeur subjective à ses propres produits et une valeur relativement liaute aux produits étrangers... » etc. (Bôhm-Bawkrk, loc. cit., p. 359.)

122 rAUT. 11». VALliUH UlUliCTlVK. CDNSIDKRATIONS GENERALES

bonflance des marchandises qu'il produit et y attachant par conséquent une moindre utilité-limite.

Celte théorie, qui n'a pas d'application possible pour les producteurs immédiats dans notre vie sociale, pour les ouvriers salariés modernes, est également fausse par rapport aux modernes entrepreneurs capitalistes.

L'idée même que l'actionnaire d'une compagnie de chemins J de fer, les propriétaires d'un atelier de diamantaires, d'un atelier ' de tissage ou d'une aciérie sont des personnes qui, éventuellement, produisent plus de marchandises que n'en exigent leurs i propres besoins, — de sorte que V utilité-limite de leurs produits * se trouvant diminuée, ils désirent les porter au marché, — celte idée est bien naïve.

L'entrepreneur moderne peut, avec autant d'exactitude que possible, tenir ses livres de recettes et dépenses, mais Vutilitélimite que pourraient avoir, pour sa personne et relativement à ses propres besoins, les articles qu'il produit est une chose qui, communément, lui est parfaitement indifïérente, 11 pourrait être un moderne roi des porcs en Amérique et cependant mal digérer le jambon, comme on l'a dit de M. John Jones à Chicago ; il pourrait être abolitionniste et ce que les Anglais appellent teetotaler tout en s'occupant d'empoisonner ces concitoyens avec l'absinthe et le genièvre. La tempérance du grand distillateur d'Amsterdam, M. Lucas Bols, est proverbiale.

Ce n'est que par une méconnaissance des bases de notre vie sociale actuelle que les représentants de la théorie utilitaire ont pu être amenés à exposer les transactions entre consommateurs et producteurs de la manière qu'ils l'ont fait.

Le producteur tenant compte de l'utilité des marchandises qu'il porte au marché ne s'occupe généralement, dans la société actuelle, que de l'utilité qu'elles auront pour d'autres que lui, pour les consommateurs qu'il espère trouver. Il doit bien compter avec l'utilité, puisqu'il y est obligé par les consommateurs eux-mêmes. Mais il ne connaît celle utilité qu'en grand et en général et non pas, ordinairement, pour chaque consommateur

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