‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 61 sur 184 · CHAPITRE Vir. — THÉORIE DE L.V VALEUR-DE-TRAVAIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vir. — THÉORIE DE L.V VALEUR-DE-TRAVAIL

doit avoir le produit t()tal de son travail, ou sa valeur sans aucune déduction, n'est pas plus soutenable de ce puinl de vue communiste et d'après « l'Idée puro de la Justice » {die reine Rechlsklee) à laquelle il se réfère, que ne l'est l'ordre juridique capitaliste de nos temps modernes. Cette revendication est aussi peu logique qu'inapplicable dans la vie sociale compliquée de nos jours, où c'est seulement par exception que Touvrier fabrique tout seul un objet entier et où même, d'ordinaire, le produit total du travail de chaque travailleur, en particulier, n'est pas calculable.

Ensuite, le système colle. tiviste de Karl Marx, qui réi-ulle rationnellement de sa théorie de la valeur, n'est pas plus soutenable que l'autre.

Dans un chapitre foit connu, à la lin du premier tome de son Capital, chapitre intitulé : « Tendance hist(jrique de laccumu- 1 ilion capitaliste », Marx considère « l'appiopriation capitaliste» comme « la première négation de la propriété privée individuelle foin.'ée sur le travail individuel ». Mais il n'a [as caracfélise celle propriété privée comme constituant, à son tour, la négation de la propriété communiste primitive se soutenant sur le travail et la consomm ition en commun.

Marx a donné, dans ce passage, toute son attention à l'exnropiiition par le cjpitiliste moderne de ce qu'il appelle le^ «pro-

tion peu économe à son égard, nous aurions à subir une perte de bienêtre. Précisément le même motif nous amène à économiser également toute autre cbose utile, dont nous ne saurions être privés ou que nous ne saurions perdre sans subir de même une perte de jouissance, étant donné que celte chose n'existe sous nos mains qu'en quantité limitée. Il en sera ainsi, soit que cette chose s'appelle force originale ou non, et qu'elle ait coûté, ou non, de la force originale travail. » Les conséquences communistes qui déroulent rigoureusement de ces prémisses, vis-à-vis des « couches naturelles de houille » et de tous les autres dous lie la nature dont nous parle l'auteur à cet endroit, ces conclusions, M. Bohra-Bawerk n'a pas suies tirer. Nous avons f>ris la liberté de les tir'.,-r pour lui, car nous sommes d'avis que ce n'est pas au.x. entrepreneurs capitalistes à prendre individuellement la responsabilité de l'exploitation raisonnable des trésors communs de l'iiunianité.

hill l'Alil. III. VALEUH (ili.lKCriVK. CONSIDKMA'I'IONS OKNKIt A I.KS

(lijcleurs immédiats », propriétaires libres des moyens de Iravai! q l'ils menaient eiix-mémos en œuvre, « le paysan, du sol qu'il cultive, l'artisan, de l'outillage qu'il manie, comn)e le virtuose son instrument ». Mais Marx n'a pas prôlr' la même attention au l'ail historique que ces « petits producteurs indépendants » étaient des « expropriateurs » eux-mêmes, s'étanl empare's chacun d'une partie des richesses naturelles générales, et accaparant ainsi, à leur propre profit, une partie de la propriété .ie tous. Il n'a pas non plus observé que nulle part dans l'histoire, sous le régime industriel des petits producteurs inde'pendants, le « peuple travailleur », dont Marx nous décrit l'expropriation successive, n'a été le représentant de toute la population laborieuse restée, au contraire, pour la grande ma^se, en servitude. L'aperçu historique >\ue Marx a donné de l'accumulation capitaliste est aussi incorrect et incomplet du point de vue historique, que la conclusion à laquelle il parvient est scientifiquement imparfaite.

Cette conclusion est conçue comme il suit : « Mais la production capitalieleengendresaproprenégationavecla nécessité d'un phénomène naturel. C'est la négation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa pro!)riélé individuelle, fondée sur les acquêts de l'ère capitaliste, sur la coopération et la possession commune de la terre et des moyens de production produits par le travail. » [Dièse stellt mchl das Privateigenthuin nnedei- her, zvohl aber das individ'uelle Eigenihum aicf Grundlage der Errungenschaft der kapilalislischen Aéra : der Kooperation luid des Gemembesitzes der Erde iind der durch die Arbeit selbstproducirten ProdnkUonsmittel. (1) ]

Ce que Marx qualifie ici de « propriéié individuelle, fondée sur les acquêts de lère capitaliste », ne saurait constituer qu'une situation transitoire dans la civilisation humaine. Ce n'est pas, en tout cas, la « négalir.n ., complète du mode d'appropriation

(Ij Karl Marx, Das Kapital, t. I, cl.ap. xx.v, p. 790; cf. trad. Iranc, p. 342, col. 2.

CHAPITRK Vil. — TirÉORIE DK LA VALKUR-UH TRAVAIL 1(>1

et de production capitalistes actuel, et de l'ordre juridique moderne fondé sur lui.

Ce qui va se développer avec la nécessité d'un phénomène .'laturel n'e^t pas, en définitive, la propriété iiidividuelle sur la bise de la possession commune des moyens de production, le sol y compris, moyens qui seraient séparés des autres richesses. Ce qui va se développer dans les siècles futurs, c'est la consoimnation individuelle sur la base de \di propriété communiste. Dans son développement lent mais conliim, cette dernière n»; saurait étaldir une séparation nette et catégorique entre le sol et les autres moyens de production, d'une part, et les articles de consommation, de l'autre.

Cornélissen 11

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