‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 60 sur 184 · CHAPITRE Vil. THEORIE DE LA V AFJ'UR-DETRAVAIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil. THEORIE DE LA V AFJ'UR-DETRAVAIL

humain ou qu'il soit par exemple un procédé chimique — vaut auiant qu'un autre, pourvu que les résultats se valent. Et la doctrine de Marx sur ce point serait encore inexplicable, si nous ne nous rappelions pas qu'il confonil constamment la valeur (Rechange avec la valeur de production des marchandises.

Ce n'est que dans l'analyse spéciale de la valeur d'échange que nous pourrons examiner alleulivement l'iniluence qu'exercent les forces naturelles et leur application scientifique sur la valeur objective. Mais nous pouvons poser déjà le principe fondamental de notre échange moderne comme il suit :

Supposons qu'un article de consommation puisse être produit ! des quatre manières suivantes :

a) A la main avec des outils primitifs ;

h) Par la petite industrie ;ivec ap[)licaliou de vapeur, ou d'un moteur à pélrule, gaz, beiizine, etc. ;

c) Par la grande industrie avec vapeur ou électricité comme force motrice :

d) Occasionnellement avec application immédiate et simple d'une force naturelle, comme la chute d'une cascade.

Si — l'usure des outils, des machines, etc., prise en considération — le coût de la production s'élève par unité (^mètre, hectolitre, etc.) de l'article en question à des taux que l'on pourra désigner successivement par ^x, 'ix, '2x, tt x, il faut, tout d'abord, savoir si la quantité des produits de la première catégorie (a) est encore nécessaire à la totalité des besoins humain , c'est-à-dire à la demande lolale et effective ; dans ce cas les quantités des trois autres catégories (6, c, d), pourront obtenir le môme prix-courant que les quantités de la première :.qu ntités du même article, mais qui sont produites dans les conditions les moins favorables.

Il parait certain que les fabricants de l'article exan)iué, ayant produit dans les conditions les plus favorables, par exemple, avec des coûts de production désignés ci-dessus par -Ix ou x, })euvent livrer leurs marchandises à des prix plus modérés qu'-

l.id l'Airr. III. — VxVMîun ou.ii'.ci ivi-:. considkmai ions (iknkkaijcs

ceux qiu! doiviiil [tr(>[)oser leurs conciirrenls ; comme rions le verrons dans le conranl de cel oiiVr<?ge, i's peuvent Hiire baisser les prix-coiiranl de l'article en question, tout en faisant encore des profits considér.'ibles. Mais, il n'en reste pas moins évident que la valeur d'échange de leurs marchandises exprime tout de môme autre cliose, non seulement que la quantité de travail individuellement dépensée au cours de la production, mais encore que la (pianlité de travail sociab-meiU nécessaire à la produnlion. Cette dernière (juantité, en < (let, se rapfiOfte aux conditions de la production et non pas à celles du marché (Voir noire chapitre suc la valeur de production sociale).

Ce n'est que dans le troisième tome de Sun Capital que Karl Marx a développé ces principes fondamentaux de l'échange moderne pour les produits agricoles ; aussi sa théorie de la rente foncière, comme toute la théorie de l'échange développée dans ce troisième tome, est-elle en contra iiclioii singulière mais définitive avec la théorie de la valeur-de-travail que coniient le premier.

Dans le cours du présent volume, de même que dans notre troisième, traitant plus particulièrement du ()rofit d'entreprise, nous aurons à nous occuper encore de pus près de c-elte contradiction Elle consiste, mentionnée brièvement, en ceci que la théorie de la valeur développée dans le premier tome du Capital fait en principe du « capital variable », dépensé en salaires, la seule source de profit, tandis que, dans le troisième tome, la grandeur du profit dépend du montant du capital entier — capital dit <> variable ■• et capital dit « constant ».

Après tout, nous ne pouvons que nois étonner de ce que l'étro te théorie de la valeur-de-lravail de Uodbcrtus et de Kail Marx n'ait pas é(é combattue plus décidément du côté communiste ; et l'on se demande avec une stupéfaction réelle comment le premier lome du Capital de Marx a pu être considéré, parfois, comme la Bible du mouvement socialiste-communisle. Puisque ce n'est pas le travail hiunaiti seul, mais aussi les agents naturels (matières premières et secondaires et fQrces

CllAiMTIiK Vil. THÉORIE DE LA VALKL' R-DE-TRA VAU, l."»7

nalorelles), dont l'action commune crée en somme les richesses, ru)us avons U) molif le plus décisif pour condamner l'onlre capilalisîe de la sociélé. qui ne saurait être défendu que par un appel à Sun droit d'existence historique. Or, les mêmes considérations qui pourraient ainsi servir à sa défense, montrent en même temps que, la civilisation se perfectionnant progressivement et les conceptions ^lu droit so développant toujours parmi les peuples modernes, l'avenir prochain ne saurait appartenir qu'à un ordre social et juridique dans lequel la propriété cormnune lies moyens de production et de consommation occupera une place toujours plus imporlaiite dans la vie sociale des hommes.

Relevons encore le fait que, dans la production des richesses, les dépenses de matières naturelles et de forces naturelles doivent aussi bien être considérées comme « coût de production » que les dépenses de travail. C'est là une vérité fort mal comprise.

La théorie de la valeur-de-lravail — et nous pensons particulièrement ici aux argumentations de flodbertus — conçoit le travail dépensé comme étant le coût de production, pour la raison que le travail appliqué à la production d'un certain article de consommation ne peut pas, à la fuis, être appliqué à celle d'un autre. Ce travail est donc à considérer comme un sacrifice d'efforts et de liberté individu» lie du travailleur. Seulement, par rapport aux d()ns de la nature, ceux-ci n'étant pas iné[»uisabli s, les mêmes considérations se reproduisent, et ce n'est pas seulement relativement au travail humain, mais auss à ces dons de la nature que nous avons à compter avec des sacrifices.

Les agents naturels avec l'aide desquels se créent les lichesses, ne nous sont accessibles, pour la plus grande [>arlie, qu'eu quantités limitées, tandis que ceux qu'on peut considérer comme inépuisables, tels que l'air ou l'eau, ont cessé précisément d'appartenir aux biens économiques pouvant posséder une valeur d'échange et obtenir un prix.

Or, là où les richesses naturelles sont en quantités limitées,

I "iS l'Airr. m. — valicur oi?.ii;ctive. considkrations gIiimîrales

loul proii licteur prend incessamiiienl, par le l'ail do la [)ri)(Juclion môme, des éléments à un tiésor commun, — éléments ae pouvant pas servir à la fois à quelijue autre production ou à une autre consommation directe. Ceci est d'autant plus important que les richesses en question sont moins abondantes et pour cette raison plus recherchées.

Le sol qui est occupé par A dans un but de production, ne saurait être choisi, dans un même but utile, par B ; les mines de charbon épuisées par notre génération actuelle et les forêts déboisées par elle> ne peuvent plus servir aux générations futures.

Aussi, les produits agricoles, blés, etc., ijue la terre donne par une culture, rationnelle, les quantités de houille ou de bois exlrai'es des mines ou des forêts, ne peuvent-ils être considérés comme des richesses fcur lesquelles les producteurs puissent faire valoir seuls un droit de propriété, résultant du seul fait qu'ils se sont servis des éléments naturels disponibles.

Le travail humain qui s'appli(^ue à la production du blé, de la houille, du bois, ne saurait être identifi*'' avec ces produits mêmes, malgré la tendance connue, qui se révèle, au marché des marchandises, par la coïncidence de la valeur d'échange de nombre d'articles de consommation avec leur valeur de production.

four toute production il y a lieu de parler d'un « accaparement » de certains agents naturels par les producteurs et, en dernière analyse, par les consommateurs (1).

La revendication formulée par Rodbertus, que le travailleur

(1) Nous nous joig-nons entièrement aux observations suivantes que, dans son livre : Kapital und KapilaUins (tome 1, cli. xii, 2, A. p. 464), M. Bôhm-Bawerk a faites sui- celte thèse : « Nous économisons la force originale du travail, comme le dit Rodbertus à bon droit, « parce que ce travail, limité par le temps et la force, se consume en même temps qu'il se dépense, et parce qu'il est, enfin, une spoliation de notre liberté. » Cependant, ce ne sont là que des motifs incidents et ce n'est pas encore le dernier motif pour notre conduite de bon économe. En définitive, nous économisons le travail limité el fatigant parce que, par une administra-

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