‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 63 sur 184 · CHAPITRE Vlll. — r-KS HASES DE LA VAF.EUR OBJECTIVE · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll. — r-KS HASES DE LA VAF.EUR OBJECTIVE

ISûus savons que la première de ces tendances se manifeste à nous à chaque pas.

Vu la multiplicilé et l'expansibilité indéfiniment grande de nos besoins et de nos désirs, les richesses que nous voudrions posséder sont, pour la plupart, limitées en quantité. Si même la nature nous procurait abondamment les matières premières et si elle se montrait vraiment inépuisable, ce qui n'est vrai que pour de rares cas, l'appropriation des diverges espèces de richesses, ainsi que leur adaptation à l'usage humain, nous coûteraient encore des efforts que nous avons l'habitude do considérer comme le « coût » indispensable de leur acquisition.

Nous ne pouvons pas nous procurer tous les articles de consommation aussi facilement que l'air que nous respirons et, cependant, cet air, comme le disait Hegel, nous avons à le chauffer dans notre poitrine, c'est-à-dire à le gagner par notre effort. La matière est rebelle et ne nous est pas absolument soumise : les matières élémentaires doivent être appropriées, manipulées et transformées généralement, avant de pouvoir être utilisées par l'homme sous une forme quelconque. C'est seulement par le travail que les matières élémentaires obtiennent une valeur d'usage et, avec celle-ci, une valeur d'échange.

La tendance à évaluer les biens d'après leur valeur de production, c'est-à-dire d'après leur coût d'acquisition, devait donc nécessairement naître parmi les hommes. Le travail comme coût d'acquisition est l'élément réel avec lequel l'homme collabore à la création des richesses, et il est évident que, dans la plupart des cas, cet élément aura une influence décisive sur leur échange objectif.

Cependant, bien que le travail soit le seul élément que l'homme puisse apporter dans la création des richesses et que, par suite, — ce travail étant considéré généralement comme un sacrifice de force vitale et de liberté, — les hommes soient enclins à baser la valeur d'échange des richesses sur leur valeur de production, il est non moins clair que la valeur de production

Kit l'AUT. III. — VALliLR OlUliCriVIi. CONSI DKU ATIONS GKNKH ALICS

el la valeur d'échange ne doivent pas ôlre identiliées, puremeiil et siiiiplemenl.

En délinitive, nous n'attachons une valeur à un article de consommation (]uelconqi]e que parce que cet article pourra servir à la Halisl'action de noR besoins et de nos désirs ; c'est pour cette raison seulement que nous donnerons notre travail pour nous le procurer.

Si donc deux richesses did'érentes ou — ce qui est plus évident encore — deux quantités d'une même richesse sont nécessairement produites avec le même coût de travail ou de capital, n,)us serons seulement enclins à les traiter dans l'échange comme équivalentes, lorsque nous les considérons également comme équivalentes au point de vue de la consommation directe. D'autre part, lorsque deux produits nous semblent posséder la même valeur d'usage, nous éprouverons encore une tendance à les considérer dans l'échange comme équivalents, malgré la diftérence éventuelle qui pourrait exister dans leur coût de production.

Cette vérité nous a [laru évidente lorsque nous avons parlé des vins du Rhin ou de Champagne comparés au vin ordinaire et qui, malgré des frais de production sensiblement égaux, pouvaient avoir une valeur d'échange très différente ; la même idée s'est encore vérifiée dans le cas où deux quantités égales de blé, produites sur des terres de différente fertilité, c'est-à-dire avec une dépense différente de capital et de travail, avaient cependant une valeur d'échange sensiblement égale.

-Nous n'aurons donc plus à nous occuper de cette hypothèse de l'école marxiste que des qua7itités égales de travail indisjiensablesà la iwoduction de différentes richesses créent 7iécessa'vement des valeurs égales, pourvu seulement que les choses créées soient « utiles » en un sens quelconque et possèdent une « valeur d'usage » quelconque. A ce point de vue, la théorie de la valear-de-travail, poussée à de telles c 'nséquences, est condamnée par les faits de la vie pratique.

Gomment et dans quelle proportion collaborent la valeur de

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