‹ Théorie de la valeur [microform], réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 28 sur 39 · SOCS · texte numérisé non relu

SOCS

Si dans l’échange dos marchandises l’intérêt du producteur devait seul être satisfait, la valeur d’échange de celles-ci devrait coïncider, en définitive, sous le régime de la concurrence libre et -énérale, avec leur valeur de produeüon sociale. Les théoriciens qui ne regardent dans la science économique (lue le cùté de la production auraient ainsi entièrement raison. Dans les cas que nous avons spécialement examinés lors de notre analyse de la valenr-de-travail suhjccti\e, la valeur d’échange coïnciderait généralement avec la valeur de production personnelle aussi longtemps que la concurrence ferait défaut. Enfin, dans le cas où les consommateurs dépendraient absolument, pour la satisfaction de leurs besoins ou désirs, d’un seul producteur ou de quelques producteurs peu nombreux et unis entre eux, le prix de marché pourrait prendre aisément le caractère d’un prix de monopole. Dans le dernier

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THÉOIUE DE I.A VAEEi n

cas, ce prix do iiioiiopolc pourrait encore s allacher, il est vrai, U la valeur do production (personncllo ou sociale) celleci restant toujours un éléino.nl essonliel dans la constitution delà valeur d’échange et du prix, mais il pourrait facdonicnt la surpasser selon le bon gré des producteurs.

Si, au contraire, l’intérêt du consoinmalour comptait seul au marché, ce sont les économistos représentants de la théorie utilitaire moderne (jui auraient raison i 1 utilité des richesses ou bien leur simple aptitude a servir dans la consommation humaine, en rapport avec leur l'arete relali^e, seraient les seuls éléments constitutils de leur valeur. La théorie de la valeur d’échange et du prix de marche devrait être basée dans ce cas sur la théorie de la valeur d usage des richesses.

Les circonstances du marché, telles cpi elles se présentent h nous dans le rapport de l’ollre totale a la demande totale et effective dechac|uc catégorie de marchandises, nous montrent, cependant, que nous avons à tenir compte des conditions qui se posent des deux cotes, de la part des producteuis et de celle des consommateurs. Le producteur demande un mini mum de compensation, en Tabsence duquel il se soustraira a la production, ne trouvant plus couverts ses propres frais. Le consommateur, de son coté, demande pour chaque sphere particulière de la production qu’un article ne lui donne pas une valeur d’usage moindre que celle qu’il pense trouver, au même prix, dans une sphere voisine; au cas contraire le consommateur ch. rdiera la satisfaction de scs besoins ou désirs dans cette sphère voisine de la production.

' La demande du consommateur a ce sujet est moins absolue et moins coercitive que celle du producteur, l.orsqu au marché h‘S propres frais de production du producteur ne sont plus compensés, celui-ci doit nécessairement cesser de produire, tandis que, d’autre part, la possibilité pour le consommateur de s’adresser à une autre sphère de la production pour la satisfaction de scs besoins ou désirs, reste toujours limitée.

En outre, nous devons tenir compte du fait que la très grande partie des non-possesseurs parmi les hommes sont confrainls à échanger, autant en qualité de producteurs que do

TUÉOUIE DE LA VALEÜU

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consommateurs; ils y sont forcés par la dure nécessite de la \ \c. Comme producteurs ils doivent trop souvent, dans la société actuelle, vendre leur tra\ail a tout prix s estimant heureux de trouver encore un emploi quelconque a leur activité ; même dans le cas le plus lavorable, la liberté de leur choix est toujours très restreinte* Comme consommateurs désirant échanger leur salaire contre des aliments, des habits, etc., leur libre-arhilre s’exerce aussi dans un domaine très limité ; ordinairement ils n’ont même pas la po.ssihilité de rechercher si, en dehors des prix de marche qui s imposent dans leur voisinage immédiat, les rapports entre 1 olTre et la demande leur sont plus lavorables. Nous passons encore sous silence certaines mesures coercitives telles quel obligation qui peut leur être faite de se procurer leurs marchandises dar\s des établissements déterminés (le Truck-Systeni),

De nos jours, la demande des articles de chacfue espèce ne précède donc pas nécessairement, comme on 1 a souvent supposé. l’olTrc qui, à son tour, s’adapterait à elle ; très souvent c’est au contraire l’oflre qui crée elle— même la demande et en détermine la grandeur.

En traitant dans le deuxième tome de cet ouvrage du salaire d’oinricr, nous aurons à tenir compte du cas de nécessité dans lequel le non-possesseur peut se trouver au marche en qualité de producteur ; mais nous devons déjà, dès a présent, dans notre analyse de la valeur d’échange et du prix de marclié, prêter notre attention a la deuxième nécessité dont nous venons de parler, celle (pii concerne le con.sonimateur.

Nous devons donc, de prime abord, nous élever contre 1 exposé de l’échange tel (ju’il nous est généralement donne par la théorie utilitaire moderne et d’après lequel ce seraient des êtres humains parfaitement libres dans lèurs actions qui se rencontrent au marché et qui s’ollVent mutuellement les uns aux autres leurs propres articles, tout en agissant d’après leurs évaluations et préférences libres et en demandant tous de recevoir en échange des articles d’autre espèce que les leurs et représentant pour eux une utilité plus grande (i).

(i) M nolmi-Ba>veik, luir cveinple, admcl que lecbangeur sc comportera an uiarclié d’après lis règles suivantes :

THEORIE DE LA ViLELR

La collccli^lté des consomnialeurs de tout un pays ou de plusieurs pays niènic, peut parfois être tenue au niarolie dans une dépendance semblable a celle que nous venons d’indiquer pour le consommaleur particulier ; il en est ainsi relativement à des caté/^mrics de marchandises dont la pi oduction et le commerce sont déjà monopolisés; la dépendance, dans ce cas, sera ])lus grande à mesure que la marchandise est moins facile à remplacer par des articles des sphères voisines de la produclion et delà consommai ion. Cette dépendance, nous le verrons dans un chapitre suivant, peut meme mettre les consommateurs dans rimpuissancc complète, partout où il s’agit des premières nécessités de la vie matérielle. C’est pour celle raison c|ue les monopoles de la production, du commerce et du transport de plusieurs marchandises entre les mains d’en I repreneurs particuliers coalisés, renferment un danger profond de futures révolutions sociales.

Si l’on considère maintenant non plus une seule marchandise monopolisée, mais la collecli\ilé des marchandises de catégories voisines, correspondant toutes à des besoins ou dé-

« I® Il ne fera gônêralemenl des échanges que dans le cas oh l'échange lui apporte qnetgiie avantage*, a® il voudra plutôt échanger avec un grand avantage fjuavec un petit avantage ; 3® entin, il voudra plutôt échanger avec un petit avantage que de ne pas pouvoir échanger du tout. 9 [Kapilal und Kapitalzins, Ionie II, livre III, cliap. 11, § i, p. ao'i).

M. a, nahirellement, ouldié le point capihil : c’est que IVc/um-

geur voudra même échanger avec perle, s*il ne peut pas faire autrement et se voit dans ta nécessité de faire des échanges pour pouvoir exister. Ceci s’applique au producteur en ce qui concerne ses produits une fois fahric(ués et destinés à être vendus ; cela s'applique également au consommateur lorsqu’il ne trouve au luarclié que des catégories très s[»cciales du marchandises à des priv dé- Icriiiinés. LVehangeur, dans de tels cas, préférera de denvmaux le moindre.

Que Ton remarque surtout le procédé tout à fait remartjuahle par le<|uel M. Hohui hiclic de mettre sa théorie en concordance avec la réalité. 11 consiste {I définir a propos, — cl celle définition caractérise toute son école, — le fait d’échanger < avec avantage ». L’auteur écrit : « cela veut dire, évidemment, (jue l’on échange de fai;on à ce qu’avec les biens reçus l’on obtienne une utilité plus grande pour son I>ien-être que celle à laquelle on renonce avec les biens cédés. » De celle façon, tout ouvrier, en elfet, échange « avec avantage », comme producteur et comme consommaleur, tant (pie cela lui sauve du moins la vie pure cl simple. D’après la mémo théorie, si l’on veut, on peut encore ronsidénîr qu'un voyageur « échange avec avantage », lorsque placé jxir des brigands devant ralternative « La bourse ou la vie », il achète la vie.

TIlÉORlt: DE LA VALEUR

sirs semblables, le consommaleur sc trouvera dans la même dépendance pour la plupart des cas. La liberté du choix et de l’action subjective selon le jiropre intérêt matériel immédiat se retourne au marché en nécessité et en coercition objective. Jus({u’à cjucl point cela s'appli([ue-t-il aux producteurs, voilà ce (pii s’est montré à nous jusc|u a 1 évidence dans notre analjse de la valeur de production. Une pareille conclusion s’impose maintenant en ce (pil rei;ardc les consommatinirs.

Nous avions à étudier le principe que nous venons de formuler, principe du reste dont antérieurement nous avions d('jà parlé en passant, avant de jiouvoir pénétrer dans la constitution de la valeur d’échange et du prix des marchandises. Et nous faisons donc remarquer expressément que le hoino (ecouomiciis que l’on a vu au marché, cet être « poursuivant comme unupie but le maximum de bien-etre materiel », ne pimt plus ('Ire pour nous ([u’ime pure abstraction. C’est non seulement parce que l’homme est toujours plus (ju’un homo a-conomicus (voir la préface de cet ouvrage), mais aussi parce (jue la recherche du maximum du blen-èlre matériel reste toujours une notion générale, dont la signification varie avec

les condil ions sociales dans lescpielles l’homme se voit placé.

Nous nous verrons donc toujours obligés de bien envisager avant tout le milieu où se trouve placé \c homo wconomicus. Et dans notre élude de l’achat et de la vente des marchandises au marché, nous serons incessamment rappelés au lait particulier que nous avons à nous placer dans la société réelle dominée par des rapports capitalistes de production et de consommation. Dans cette société, nous ne l’oublierons pas, les transactions entre acheteurs et vendeurs s’accomplissent tout anlremcnl qu’elles ne le feraient si les besoins et désirs des uns et des autres pouvaient se manifester librement.

Caractérisons maintenant à notre tour, pour compléter la crili(pie (pie nous avons exercée antérieurement sur la théorie utilitaire, le phénomène de l’échange des marchandises tel qu’il se présente à nos yeux dans notre société cajiitaliste moderne.

Voici ce ([ue nous avons à constater : généralement l’ach(?tcur ne se présente pas au marché capitaliste avec l’esprit

TllÉOUIE PE LA VA LEUR

rempli de cerlains prix préélablis corrospondanL aux besoins ou désirs personn<*ls cpi’il espere salislairc par chacun des articles (pi’il désire. Au contraire, dans la socii*té moderne il trouve les prix fixés d’avance par les producteui's qui sc basent pour leurs calculs sur les Irais de production des ipiirchandises. L’acheteur fait son choix subjectif paiini ces marchandises selon ses propres besoins et désirs, autant du moins, qu’il a le choix libre. I^ar ce choix subjectif, le consonimaleur peut réagir, a son tour, sur la \aleur d (‘change el le prix de marché. L’influence subjective qu’exerce chaque consommateur en parliculier parait généralement une quantité négligeable, piTcisément parce qu’elle dépend d’une seule personne. Lorsc[ue, cependant, nous regardons la collectivité des acheteurs et leur demande totale de chaque article, celle influence exercée par les consommateurs devient d une importance réelle.

Selon ces principes généraux la valeur de production restera toujours, pour la très grande partie des articles d’usage journalier, 1 élément essentiel dans la constitution de la valeur d’échange et la fixation du prix de marche, tandis que, d’autre part, la valeur d’usage n’exerce d’ordinaire dans ce cas qu’une Inlluencc secondaire et modifiante. Le phénomène contraire ne se présentera au marche capitaliste qu’exceptionnellcment ou pour certaines categories bien déterminées de marchandises. Que Ion se rappelle notre chapitre sur les bases de la valeur objective et ce (|ue nous y avons dit sur les diverses caU'gories des richesses.

Si nous avons mis en relief le caractère capitaliste du marché actuel, c’est que nous avons voulu le distinguei expressément des marchés tels qu’ils se présentent encore à nous dans les conln-es isolées et peu développées au point de vue capitaliste où certaines mœurs et coutumes anciennes innucncenl encore les transactions d('S hommes et souvent meme mettent l’action générale du coût de production a rarrière-plan. Le marché capitaliste, que nous considérions ici, se distingue non moins catégoriquement de certains marchés que nous rencontrons même dans les contrées les plus développées au point de vue capitaliste pour certains

articles comme vieux livres et vieux habits, objets rares, etc., et où l’ancien commerce avec son système du marchandage a continué d’exister. Ces dernières espèces de marchés font revivre pour ainsi dire une phase transitoire entre les mai clies qui se font parmi les peuples primitifs, ou la ea/cHr dusage reste rélémenl prédominant dans la constitution de la ^aleur d’échange et la fixation des prix, et le march(‘ cajiitalistc moderne où c’est généralement la valeur de production qui joue ce rôle. Ce que nous caractérisons ici par les mots de péiiode transitoire se rapporte à un système d échange appliqué encore par plusieurs peuples asiati([ues el meme européens en ce ([ui concerne des catégories de marchandises pom lesquelles le marché est revêtu d un caractère entièiement capitaliste dans les pays de civilisation moderne. Ce vieux système de commerce représente des siècles entiers dune civilisation pré'capitalisle et parmi les mœurs et coutumes aptes à influer ici sur la concurrence cl le commerce entre les hommes, nous devons citer au premier rang les usages religieux (i). Le marchandage qui se pratique pendant toute cette période de civilisation doit être compris comme un système de tentatives de la part des acheteurs et des vendeurs pour pénétrer la valeur d’usage attribuée par chac'un d’eux aux articles (pii entrent en jeu; 1 aspirant achcteui lachcia, par ce système de marchandage, de masquer et de diminuer aux yeux du vendeur la valeur d’usage qu’il attribue à I objet désiré par lui ; le vendeur, de son coté, s’appliquera à dm iner cette valeur d’usage et à la faire augmenter encore par sa façon de « faire l’article ». 11 est tout naturel que le minimum indiqué par le piopre coût de production ou le [)iix de revient continuera d’ordinaire a s imposer au vendeui.

La doctrine utilitaire nous amène de préférence aux marchés de cette espèce que nous ne connaissons plus, dans 1 Luropc occidentale, les Etats-Unis ou 1 Australie, que pour certaines catégories de marchandises au sujet dcsquelh‘s la valeur d’usage joue un rôle essentiel ; ces marchés ont disparu, à notre époque, pour la très grande partie de nos aiticles

Voir les i6o et i6i de cct ouvrage.

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TIIKOniE DE LA VALEÜI\

d’usage journalier. ?ious ne pouvons pas nous ctonner, — le fait est simplement intéressant, — que ce soit dans l’école aulricliienne, que la doctrine utilitaire ait atteint de nos jours son plein développement, pas davantage aussi de cet autre fait que le marché où nous renvoie un économiste comme M. lîôhm-Bawerk soit un marché de chevaux.

Dans le prix de marché des marchandises exprimant leur valeur d’échange en marchandise-monnaie, nous ne rencontrons que le résultat final de toutes les infiuences qui se produisent au marché et ce résultat final, naturellement, ne nous révèle pas quelle partie de la valeur d’échange est due à rinlluence exercée par la valeur <le production, quelle autre à l’action de la valeur d’usage. En tous cas, l’action exercée par la valeur d'usage fin marche capitaliste est mal éclaircie par rimag<^ suivante, si fréquemment emplovée : les variations dans le rapport de l’olïrc et de la demande, dans lesquelles se rellètenl les inllucnccs dilTérentes de. la valeur d’usage feraient seulement osciller au marché la valeur des marchandises au-dessus et au-dessous du niveau fixe trace par la valeur de production. A condition de tenir compte des variations subies par la valeur de production elle-même, cette image pourrait servir sans grand inconvénient pour certaines catégories de marchandises dont la valeur d’échange montre au marché la plus forte tendance à coïncider avec la valeur de production ; elle ne peut pas s’appliquer à ces autres catégories ([ue nous avons étudiées dans notre chapitre sur les hases de la valeur objective, catégories pour lesquelles c’est plutôt la valeur d'usage ({ui se présente comme l’élément essentiel et prédominant dans la constitution de la valeur d’échange et la fixation du prix de marché.

Plutôt que de nous servir de l’image Indiquée, nous pouvons dire que la valeur d’échange des marchandises doit être considérée comme la rhnllnnle des deux infiuences qui se font valoir simidtanément au marché : valeur de production et valeur d’usage. Pour la très grande partie des articles d'usage journalier c'est, dans notre vie moderne, la valeur de ])roduction et pour d’autres catégories déterminées de

THÉORIE DE l.V VALEUR

denrées la valeur d’usage, qui sc présentent à nous comme la force dominante.

Pour pénétrer plus avant dans 1 analyse de la Aaleui d tchange nous devons maintenant nous rendre au marché, afin de pouvoir examiner de plus près les résultats finaux de l’échange, c’est-à-dire les prix définitivement fixés.

Nous n’ouhlierons pas le principe fondamental ([ui s’applicpie à cha((<ie marché : des quantités égalés de maichandises égales se vendent généralement au même prix, malgré les "dillérents frais de .production (pi’clles jieuvcnt repiîsenter et malgré l’utilité dilTérente qu’elles peuvent posséder pour leurs acheteurs. C’est du marché capitaliste, dominé par la libre concurrence entre acheteurs et vendeurs

que nous parlerons.

Examinons d’abord la situation du marché dans le cas ou la valeur de production des marchandises possède encore le

CiU'iictcrc de valeur de l^a^all priiuitive.

Dans le chapitre traitant de la valeur-de-travail sociale, nous avons mi que le temps nécessaire à la production d un ouvrage de tabletterie N, peut être très variable, l’objet^ étant fabriqué, par exemple, successivement en 70, ho, 00 ou /io heures, selon les circonstances plus ou moins favorables de la production. Et nous avons dû conclure, lors de notre analyse des dilTérentes dépenses 'personnelles de travail laites par les producteurs, que nous avions à distinguer la une valeur-de-travail sociale reposant sur la quantité de travail socialement nécessaire à la production de 1 article en question. Nous avons trouvé ensuite que cette ([uantité coïncidait avec la 'quantité de travail personnellement nécessaire à la production du même article dans les conditions teclinupies les plus favorables, pourvu seulement ([uc ces conditions soient accessibles à tous les producteurs. Cependant, nous voyions déjà en même temps qu’au marché la valeur de travail ne se réaliserait pas nécessairement d'une favon correspondant nettement au coût de production socialement nécessaire que

TIIEOUIE UE LA VALELH

représente un produit. A celte occasion déjà, la valeur de production se distinguait par nature de la valeur dV'change. C’était seulement, comme nous l’avons remarqué, dans le cas particulier où les quantités de l’article A labriquées dans les conditions techniques les plus iavorablcs (conditions accessibles à tous) suflisaicnt au marclié pour couvrir la demande totale et elTcctive sans surpasser sensiblement celte dernière, que la valeur de production sociale devait se réaliser purement et simplement dans la valeur d’échange et le prix de marché de cet article.

Supposons cependant que les rapports du marché soient tout autres pour l’article N et que la quantité de cet article fabriquée sous les conditions leclmicjues les plus Iavorablcs (conditions accessibles à tous) soit décidément Insuflisante pour satisfaire la demande intensive de semblables ouvrages de tabletterie. Supposons que la demande totale et ellectivc exige entièrement et constamment pour être satisfaite que toute la provision de l’article fabriqué dans des circonstances de production beaucoup moins favorables (par exemple avec Go heures de travail par exemplaire de l’article N au lieu de 5o heures), soit également portée au marché. Pendant toute la période où ces rapports continueraient à régir le marché, la valeur <réch(mge de 1 article N serait représentée par Go heures de travail et non par 5o heures. C’est-à-dire que, pendant toute cette période, un exemplaire de l’article A serait considéré au marché comme équivalent à toute marchandise d’autre espèce pouvant également réaliser au marclié Go heures de travail.

Evidemment le principe exposé Ici pour les articles de consommation tombant dans le domaine de la simple valeur de travail conserve également sa force pour le marché capitaliste développé, pourvu du moins qu’il y ait libre concuri'ence entre productciu's et consommateuis.

C’est ce meme principe que devait déjà constater \ on Thüncn, agronome pratique lui-niémc, dans son étude sur l’inlluencc exercée par le prix des grains, la richesse du sol et les impôts sur les systèmes de culture. En ce qui concerne le blé il a formulé la conclusion suivante :

« Le prix du grain doit être assez haut pour que la rente foncière d’une exploitation qui supporte les plus hauts frais de production des grains et de livraison au marché, mais dont la culture est iudispensahlc à la consommation, ne tombe pas au-dessous de o (i). n

Pour les articles iuduslricls le même principe s’impose. Aux Etats-Unis, — abstraction faite de toutes les spéculations de bourse auxquelles nous reviendrons tout à l’heure, — une \onne du standard Steel rails ’powMx'd oITicicllemeut cire fabriquée, eu 1889, au prix de 33 dollars, franco en bibrique (3) ; il est évident pourtant, qu’en réalité, chaque établissement fabriquant des rails d’acier a ses frais de production particuliers et que les divers frais qui sc présentent ainsi peuvent encore dilïércr de beaucoup les uns des autres. Dans la meme statistique, ligurcul treize établissements fabriquant des rails d’acier. Parmi ces treize établisseineiits il y en a deux qui sont situés aux Etats-Unis mômes. Ils fabriquaient une tonne de rails d’acier de 3.34o livres Pun ^le n« i), avec 24-7<)9 dollars de frais de production ; l’autre (le n" 2), avec 37.(187 dollars de frais. Dans le dernier cliill're ne sont compris ni les appointements des emploxés et du personnel de bureau ni les impôts (3).

(i) Vos TuiisEs, Der Isolirle Slaal, tome I, sect. i, § a/i, tract, franç., p. 197.

(a) « Le Département a reen des infonnalions précises relativement aux. frais nécessaires à la fabrication de rails d’acier dans plusieurs des plus grands clablissements amt Etals-Unis ; aussi lauteur (du rapport) conslale-l-il sans rombre d'un doute que, dans ces clablisscmcnls, le coût de production des standard Steel rails est acluellcmcnt. et a été depuis quelque temps, îi quelques cents prés, de 21 dollars par tonne, en fabrique » (Sixth Annaal Report of lhe Commissioner of Lalwr, Washington, p. 168).

(3} Voir /or. a/., p. iGG. Pour IVUiblissemcnt n** i,la période d’étude était du i5 au 27 juillet 1889, pour le n“ 2, du i®** janvier au 3i décembre 1889, Nous rappelons que c’est encore le marché capitaliste sous le régime de la libre concurrence que nous suivons. C’est principalement en décembre 1898 et dans la première partie de l'année 1899 que se sont organisées les combinaisons qui ont dédnilivement mis sous leur contrôle l’industrie américaine du fer et de l’acier. Avant ces dates cependant des ententes temporaires ont été conclues déjà entre plusieurs grands fabricants, Cf. le Bulletin U* 2.9 du Département da Travail à Washington, de juillet rgoo. Le lecteur y trouvera (aux pages 8 1 3-8 1 4), une liste des prix mensuels de fonte de 1er, blocs d’acier, rails, etc., de 1889-1899, qui sont intéressants à comparer.

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|.a raison tic l’cvistencc de Iclles dlllcrcnccs en frais de prodnclion pent èlrc facile à comprendre. Le rapport que nous citons dit, par exemple, îi propos de l’industrie des rails d acier ;

« Ceux tiui fabricpicnt des rails d’acier à litre d article secondaire dans leur entreprise réservant plus de soins peutêtre à d’autres produits, ne pourront pas fabrujucr. probablement, une qualité-étalon de Go livres par yanl pom moins que la somme notée pour rétablissement n° 2, c est-a-dirc

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