‹ Théorie de la valeur [microform], réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 6 sur 39 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

COSSIDÉU.VTIONS GÉNÉRALES SUR LA VALEUR D USAGE COMME VALEUR SUBJECTIVE

Tous les biens peuvent être comparés les uns aux autres relativement à leurs c|uantiles et qualités ; aussi peut— on partir, pour faire cct te comparaison, de diiïérents points de vue selon les propriétés ou qualités des biens qu on envisage, et qui servent de base à la comparaison. Un de ces points de vue est leur aptitude à satisfaire certains besoins ou désirs bumains, — c’est-à-dire leur « utilité » ou du moins les propriétés et qualités qui les rendent propres à notre

usage (i).

(i) « Quand je parle de besoins, c’est là le litre sous lequel se rangent les choses les plus différentes et, à ce point de vue, leur caractère commun les rend mesurables, » (Hegel, Philosophie du Droit, S 63, Addition.)

Sur l’idée d’une « mesure » pour la valeur des choses, voir plus haut lanalyse de la notion de valeur.

2U TllEOlUE DE LA VALEUK

Tous les Liens, — économiques ou non-économiques. — sont plus ou moins aptes à « servir» l’hoiumc et à lui être « utiles ». Nous avons vu que dès que les choses perdent ce pouvoir, elles cessent d’étre ran*;écs parmi les richesses humaines et sont rayées du nombre des Liens. Une mine d or épuisée on un soulier usé n’oni plus de \aleur et cela dans tous les sens du mot. S’ils ont encore ([uelquc valeur par rapport a une autre desllnalion <|uc celle de mine ou de vêlement, — le soulier par exemple comme a guenille» servant encore de matière première pour une industrie quelconque, — cela dépendra de nouveau de leur utilisation possible à cette nouvelle destination.

La seule aptitude des choses ù satisfaire des besoins ou des désirs humains ne suflit pas pour leur accorder de la valeur d usage. La nolion de valeur d usage est en délinilive, économique et. — selon ce qui a été dit plus haut dans nos considérations générales sur la valeur. — il est évident (pi’elle suppose rexistencc d’un rapport économique entre la chose évaluée et un liommc ou bien une collectivité d’hommes.

landis que, par la qualification « d’utile » ou par la supposition que les biens peuvent servir à notre usage, nous n exprimons pas autre chose que l’aptitude générale des biens a satisfaire nos besoins ou nos désirs, nous ne pouvons parler au contraire de la valeur d'usage d'une chose que lorsqu’tm sujet, ^ — homme seul ou colleclivité d hommes, — s’est mis ou pourra se mettre en rapport avec elle cil ([ualilé de consommateur,

La définition générale de la valeur d’usage se Ibrmulc donc comme il suit : c est l intérêt quiine chose peut avoir dans la consommation pour un homme (pielcompie ou une collectivité d hommes par son aptitude à satisfaire certains besoins ou désirs humains,

11 résulte de celte définition que, lorsque le rapport social et économique dont nous venons de parler n’existe pas pour des raisons extérieures, on ne parle pas, communément, de la valeur d usage d’une chose, bien que son aptitude à servir 1 homme dans la consommation soit incontestable. 11 en est

THÉOUIE DE LA VALEUR

ainsi de nombre de biens non-économiques que 1 homme n’utilise, pour ainsi dire, qu’accidenlelleinent, mais au sujet desquels, dans les autres cas, on ne saurait parler d un rapport d’usage. Ainsi, la lumière du soleil, la pluie, la mer comme telle (à distinguer d une quantité quelconque d’eau de mer que l’on emploie par exemple pour la labrication du sel) appartiennent à cette catégorie. Bien que leur utilité pour la vie végétale ainsi que pour la vie et la santé des hommes et des animaux soit hors de doute et doive meme être considérée comme infiniment grande, nous ne parlons point, généralement, de la valeur d usage de la lumière du soleil, de la pluie, de la mer. 11 en est autrement pourtant dès que rhonune peut approprier ces richesses naturelles (i).

De prime abord nous avons discerné les deux notions de

(i) M, Vo:i Boiim-Haweuk, {Kapilal und Kapiinlzins, l. Il, chap. i, S i* , avec nuuibre (raulres ccononiîsles, ne met ici en jeu (|uc la rareté des choses (pii, naturellcmenl, comme nous le verrons encore, excixe une iniluence esscnlielle. Mais il a le tort Je ne compter qu avec elle et il se laisse entraîner à des constHjuenccs singulières :

« Vis-à-vis des biens, prtiicnd-il, qui sont ieulemcnt ulileSj IVconoiue pratique se comporte avec négligence et indilTérenco » {toc, rit., p. i4s.)

C’est peu probable, Téconome pratique sc gardera bien de le^ faire. l)e plus, la grande majorité des richesses, sans exception, doivent être c(jnsidérées comme « seulement utiles ». Au même litre que « la coupe d eau, puisée à la source », dont parle M. Bôbm, elles peuvent être remplacées plus ou moins les unes par les autres, du moins dans une vie sociale plus ou moins réglée. Plus tanl, nous aurons encore l’occasion de faire remarquer que \cs frais de production influent encore ici sur la valeur d’usage. Pour le moment, cependant, nous n’avons qu’à récuser celle observation si peu fondée de M. Bôbm ainsi que cette autre qu'il en déduit ; « Pratiquement, pour notre bien-être, do tels biens ne sont que des zéros et nous les traitons en conséquence » {toc, cit.), La conclusion à laquelle alxnitit Paulcur est la suivante : « Tous les biens out de rulililé, mais ils n’ont jkis tous de la valeur. Pour que la valeur prenne naissance, il faut (jue la rareté accompagne rnlilité ». IPoù l’on peut déduire, comme le jiensc M. Bôbm : « Tous les biens économiques ont de la valeur, tous les biens librement accessibles (tille freien Onter) sont des non- valeurs » (toc. ciL, p. i Vi'. On voit que celte théorie n’exprime pus à fond la dllférence entre « utilité » et « valeur » et nous amène à des conclusions réellement fausses, .le peux choisir un cabinet de travail exposé au midi pour pouvoir jouir de la chaleur du soleil, et j’établis ainsi un rapport d’usage entre celle chaleur cl ma personne. Jci>eux aussi prendre des bains de mer pour me forliber ; dans l’un et l’autre cas ce n’esl pas précisément la « rareté » de la chaleur du soleil ou de l’eau de la mer qui me séduisent. La chaleur et le bain ont cependant pour moi une certaine valeur, bien que toutes deux puissent cire pour moi « librement accessibles ».

THÉOUIE DE LA VALEUR

6^sot/i et de ainsi que les noüons plus ou moins paral-

lèles d'êire aide ou de pouvoir servir à V usage des hommes.

Ces deux séries de notions, — celle de besoin et d'nliliié d’une part, de désir et eVapiitude à servir de l’autre, — ne se confondent pas entre elles ; mais pour notre analyse nous avons à compter avec toutes les deux.

Pouvoir scri’/r à /lo^re Hsaye est la notion la plus vaste, la notion générale. Elle n’exprime que la seule aptitude des lûens à être cmplovés par l’homme de manière à satisfaire un désir humain; elle s’appli(juc égahïmcnt au cas où le consommateur considère ce désir comme tel, comme désir ou caprice meme et au cas où le consommateur juge son désir bien londc et le considère comme un besoin personnel urgent. Avec la notion d* utilité c\u\ a un sens plus restreint que la précédente, se combine en meme temps un jugement sur la légitimité ou la non-légitimité du désir et sur la question de savoir si un besoin humain réel lui sert de base.

Ce jugement sur la légitimité ou la non-légitimité peut dÜTérer d’après la personne qui juge, ainsi que d'après les circonstances particulières dans lescjuellcs se fait la consommation. 11 peut diflérer de mémo d’après le point de vue d’où l’on juge l’utilité, fait ([ui a amené encore certains auteurs à distinguer dilTéreiitcs sortes d’utilité : utilité purement économique, utilité morale, etc.

Des bijoux, des bibelots, des Heurs exotiques, des boissons alcooliques possèdent des qualités spéciales qui les rendent propres à l’usage de nombre de gens. Quanta alfirmer qu’ils possèdent de Vuliliié, c’est un point sur lequel on peut être d’opinion très dillérente.

Un homme quclcon<|ue peut considérer comme satisfaisant un besoin humain tout naturel et raisonnable les parfums et les couleurs de certaines Heurs précieuses, qui caressent l’odorat et la vue ; un autre pe.ut en juger tout autrement. De mémo l’opinion d’une seule personne peut dillérer aussi bien d’après la quantité et l’origine des Heurs, que d’après la circonstance dans laquelle elles se présentent.

Pouvoir servir à Tusage de riiomme est donc, pour une

chose, la qualité nécessaire et sultisante pour qu un rapport économique s’établisse entre elle et 1 homme et pour que la chose puisse posséder ainsi une valeur d’usage, tout ce qui en possède une n’est j)as nécessairement utile et peut êtic meme, dans certaines conditions, absolument nuisible au bien-être définitif du consommalcur, comme il arrive par

exemple pour l’opium ou l’absinthe.

Pouvoir servir à l’usage humain, voila la notion a laquelle nous sommes renvoyés en définitive, (juand nous recherchons si un objet possède ou non une valeur d usage. La valeur d’usage ayant un caractère purement économique, on doit la considérer, au point de vue de sa seule existence, comme indépendante du jugement que 1 on peut porter sur la légitimité de l'iisagc.

Les deux notions : avoir une valeur d usage et servir à lusage humain sont donc plus près Tune de 1 autre que ne le sont la première et la notion de Viitililé.

Lorsque, cependant, nous cherchons a estimer la quantité de la valeur d’usage, lors([u’il est question non-seulement de la simple existence, mais du degré de cette valeur, 1 utilité exerce le plus souvent une influence essentielle.

Parfois, en même temps que l’ulilité d un bien diminue, nous voyons baisser aussi sa valeur d usage, quolqu il nous soit aussi facile qu’auparavant de nous en servir. Le plus ou moins de valeur d’usage d’un aliment ou d’une boisson, par exemple, ne s’cxpfi([ue pas par le simple fait de leur usage, mais principalement par le fait plus spécial que cet usage est plus ou moins utile; l’utilité d’une chose tmgmcnlant ou, ce qui l'cvient au même, notre connaissance de ses caractères utiles SC complétant, sa valeur d’usage augmente en même temps ; Inversement, l’utilité d’une chose diminuant ou bien un cai’aclèrc nuisible étant nouvellement découvert en elle, sa valeur d’usage diminuera aussi, bien que la chose continue à pouvoir être einplovée.

De même l’aptitude à être employé et même rutililé proprement dite ne variant pas pour un bien considéré isolement, sa valeur d’usage peut cependant diminuer, si, a cote de lui, on découvre d’autres biens, propres au même emploi et mon-

TIIÉOUIE DE LA. VALEÜU

liant la même utilité, mais qui oITrent, en même temps, de nom eaux avantages. Les derniers biens sont rendus prélerables au premiers ; et leur apparition fait baisser immédiatement la valeur d’usage de ceux-ci.

Le [daline aurait moins de valeur, dans son em|)Ioi pour les pointes de ])ara tonnerres, des que Tou aurait trouve un autre métal plus facile à obtenir et aussi propre ou plus propre à la même destination. Pour choisir un lait réel : La garance comme teinture a jierdu en valeur d’usage depuis la fabrication des couleurs d’aniline, tout en conservant les propriétés et qualités par lesquelles elle peut servir a riiomme.

Le phénomène inverse peut aussi se produire : La valeur de certains biens peut augmenter lorsque d’autres qui répondaient aussi bien ou mieux aux mêmes besoins ou désirs humaiiïs cessent de leur faire concurrence, parce qu’ils sont devenus trop rares et trop dilliciles à obtenir.

11 est donc entendu (pic la valeur d’usage des choses [)out varier, leurs <|ualités intrinsèques restant invariables ; il s’ensuit <pic la valeur d’u.sage ne saurait être idenliliée simplement aACC le pouvoir des biens de servir à notre usage. Nous devons généralement conqiler en même tcnqis et avec les inlluenccs qu’exprime la notion d’utilité par rapport à chaque bien en particulier et à ses propriétés intrinsèques cl avec la concurrence des dilTércnts biens répondant au même usage.

r.omme nous venons de le reman[uer, les deux notions expriment d’un coté certaines (jualilés inlrinsè(pi(‘s et objectives des biens et de l’autre un rapport sidijeclif entre lesbiens et le consommalenr. Aussi le simple pomoir de servir à Tusago et rulililé peuvent-ils être également modiliés en premier lieu par toute variation de ces (pudités intrinsiupies des biens, telles qu’elles e.xlslenl en eux et telles ipi’ellcs nous sont connues ; ensuite par tout changement dans les besoins et désirs humains au\([uels répondent ces biens (i).

(i) L(’s représeiiUints de la doctrine ulililairc moderne, dans leur analvse de la valeur d’usage des l>ieiis, t)nl trop ncglij:é les premiers facteurs indi- (jués ici et trop exclusivement tenu compte seulement des clmngemenls dans les besoins personnels tles consomniatcnrs et d;.ns la rareté des biens. II clair (]ue cola a fortement inlluencê toute la Ibcorie de la valeur « Ikv ces

Une nouvelle deslinalion trouvée pour les richesses peut immédiatement inlluer sur leur valeur d’usage ; elle peut de même donner une certaine valeur d’usage à des objets qui autrefois étaient mis de coté comme des non~i^aleurs et dont ccriaines propriétés n’étaient pas utilisées par les hommes. Lot emploi, inconnu auparavant, leur accorde donc dès lors une place parmi les richesses lminain<*s.

La lisière du drap, traitée autrefois en non-valeur, sert a riicure présente à des industrie.s particulières. Les liorliculleurs et citllivalcurs d’oignons de Heurs en Hollande jetaient autrefois aux ordures les Heurs de jacinthes et de tulipes ; depuis quelques aimées ol par suite surtout de raniélioraliou d('s moyens de transport, ils les ramassent soigneusement pour les apporter en bompielsaux marchés voisins.

11 n’est pas moins évident ([uo la valeur d’usage des biens augmente ou diminue avec raccroissement ou la diminution des besoins du consommateur. Dans certaines conditions anormales, — ladiselie par exemple lorsdu siège d\me\illc, — les premières denrées alimentaires peuvent obtenir une va-

économisles. Ils n'auraienl pas pu, sans doute, construire leurs figures matliématbpies et nous présenter leurs calculs plus ou moins ingénieux, pour c\jirimcr les évaluations personnelles, s’ils avaient du compter encore avec les propriétés et qualités infiniment dilTérenles de toutes stules de biens, ainsi qu’avec la connaissance que nous en avons. Tout à fait remarquable, a cct égard, est le procédé de M. Huiim-Rawhhk, qui, |>our mettre en évi<leucc que la valeur d’échange objective des denrées rcjKJse sur des évaluations personnelles, nous amène à un plaisant inarebé de cbcvaiiv, oii se rencontrent des acheteurs et des vendeurs qui ont cbaciiu devant les yeux un ebilTrc correspondant a la valeur qu’ils atlribuont à « un cheval », Pour que le jeu de ces évaluations iToi’i jtrovienl le prix de marché oIkmssc convenablenienl aux pre.scriptions do la lliéorie, rauleur part, entre autres conditions, de la supposition singulière, que tous les clievaiix offerts soient « do la même qualité » (KapiUil and Kapilalzins, tome II, livre III, cbap. ii, § i, page aiij. Plus lard, dans notre critique spéciale des diirérenles théories de ia valeur, nous reparlerons de ce bi/arre marché.

M. SiANLKY Jevüns a un j>rocédé plus tacilo de déiuonslraliim. Quand il veut nous exposer la valeur des clioses en tant (]u’elle repose sur des évaluations personnelles, il choisit de préférence « de l’eau ». Ne pouvant plus se servir de ce bien favori au marché proprement dit, il le remplace par « du blé » et « du bœuf d, en faisant abstraction, naturellement, des qualités respectî\es de ces denrées allnicnlaires. — C’est du blé et du Isruf punnuent abstraits, ce (pii cadre à merveille dans ses ligures ci ses formules malbéuiatiques.

32 THÉOIUE DE LA VALEÜU

leur d’usage surpassant de bcaucotip leur valeur ordinaire.

Certains articles dont l’usage s'attache à une saison particulière, conune des vêtements d’hiver on d’èté, perdent avec celte saison leur valeur d’usage, qui ne leur revient qu’avec elle. Le fait que, dans tous les cas mentionnés, les altérations que subit la >aleur d’usage des biens influent essentiellement sur leur valeur d’échange sera particulièrement examiné K dans le présent ouvrage.

Dans notre analyse de la valeur d’usage des biens nous f aurons à distinguer la valeur d*usatje personnelle de la valeur

t> (riisarje sociale ou générale.

Il est é>ident que le plaisir ou l’avantage qu’une perj sonne X peut tirer d’un objet <|uelconque, un tableau, une

[ statue, ou d’une denrée en quantité déterminée, de l’eau, du

j; fer, de l’or, etc., est à distinguer dv celui qu’une aggloinéra-

I lion d’hommes, un petqde entier, ou bien toute une généra-

tion humaine ])cuvent tirer de l’ensemble de ces denrées : eau, fer, or, etc., ou meme d’objets particuliers, comme les tableaux et les statues de certains maîtres.

Les propriétés des richesses auxquelles est du ce plaisir ou cet avantage et ((ui sont la base de leur valeur d’usage, sont I de même à distinguer selon que les richesses servent à un

seul individu, ou bien à une collectivité d'hommes. Quand nous estimons ([uc /Vau, le fer, Tor, possèdent une grande valeur d’usage pour la race humaine entière, notre jugement se base sur le fait ([ue le pouvoir de ces richesses à satisfaire certains besoins ou désirs humains n’est pas limité à un seul individu quelconque ou à un petit nombre d’individus. C’est donc la généralité et la communauté des besoins ondes désirs qui confèrent ici à la valeur d’usage des richesses en question, considérées dans leur ensemble, son caractère général.

Nous pouvons nous placer au même point de vue général quand nous comparons le pouvoir de servir a l’usage humain ou rutililé d’une certaine catégorie de richesses aux mêmes qualités d’une autre catégorie. Nous pouvons, par exemple, estimer que le fer est plus utile que l’or, juger l’eau potable apportée par la conduite d’eau d’une ville bien supérieure à l’eau de pluie consci'vée dans les citernes. En jugeant ainsi,

théorie de IA VALEUR

c’est la notion des besoins généraux que nous visons et la valeur d’usage dont il s’agit ici est luw mleiir d' usage générale ou sociale. Nous pourrions la distinguer parle nomde valeur d'usage objective, de cette autre valeur, dont nous venons de parler et qui est strictement personnelle et subjective; dans ce dernier Sens c’était, en elïet, la personne du consoiuniateur immédiat et la signification que celui-ci pouvait attacher personnellement à un objet quelconque ou à une certaine quantité (un kdogramme, un litre) d’une denrée déterminée, qui décidait de la valeur. Aussi la valeur d’usage personnelle ou subjective variet-elle avec les besoins personnels du consommateur immédiat et peut-i'lle varier, par consé([uent, avec les circonstances momentanées d’abondance ou de disette dans lesquelles eelui-ci se trouve La valeur d'usage sociale ou objective, au contraire, correspondant à la totalité disponible d’une richesse, et se rapportant également à la totalité des consommateurs ne peut varier qu’avec les besoins éventuels de cette collectivité dont chaque individu n’est qu’une partie.

Cependant la notion de valeur d’usage exprime déjà d ellemême un rapport subjectif :’'rapport du consommateur à une riebesse consonnnée. Peu importe, à ce point de vue, de savoir si le consommateur est une personne déterminée, ou bien une collectivité d’individus, ou encore, dans le sens le plus large du mot, le genre binnain entier.

Tenant compte de ces considérations dans notre analyse générale de la valeur, nous pouvons donc définir la valeur d'usage personnelle : valeur subjective, considérée dans un sens individuel et la valeur d’usage, sociale : valeur subjective considérée dans un sens général.

Nous avons à examiner de près ces doux notions particu lières de la valeur d’usage dans les chapitres suivants.

Page 1