Théorie des belles-lettres
La première édition de cet ouvrage a paru en i885. Dans la seconde (1889), deux points importants étaient largement retouchés : les relations de l'art avec la morale et l'unité invariable des principes de goût. Cette fois, c'est la question de l'idéal que je me suis efforcé de mettre dans un jour plus complet et dans un ordre plus pratique (livre II, chapitre m). Hors de là, rien que de légères additions.
Des personnes fort bienveillantes se sont étonnées qu'un travail de cette nature ait pu obtenir la bonne fortune de se présenter trois fois devant le public. Me pardonnera-t-on, à moi, de m'en réjouir, et non pas, je l'espère du moins, par vanité d'auteur? N'ai-je pas quelque droit d'en conclure qu'un assez bon nombre desprits n'en sont pas encore à une invincible horreur du sérieux; qu'ils goûtent surtout la pensée maîtresse du livre, cette vérité manifeste, élémentaire en soi, mais si aisément oubliée ou même si étrangement méconnue jusque parmi les croyants? Exprimant l'âme et contribuant à la faire, la littérature obéit aux lois essentielles de l'âme; sa valeur, sa perfection propre, sont, avant tout, la valeur, la per-
/c tion m zprimêe. Par suite, l'enseigne-
ment littéraire bien compris ne peut manquer d'être, et le plus naturellement du monde, un apostolat véritable. La Théorie des belles-letthes ne prétend pas dire autre . et, si elle n'est pas absolument inutile, c'est par là.
1 5- avril 1900. Saint jour de Pâques.