PRÉFACE DE LA TROISIEME ÉDITION FRANÇAISE XI
a cessé cle l’être, c’est par la volonté des gouvernements c’est-à-dire en raison d’une politique financière dont les gouvernements ont l’initiative et la responsabilité. La monnaie d’argent n’est pas exportable parce qu’elle n’est plus acceptée au dehors pour sa valeur nominale. Dans les pays où ces conditions se réalisent, on peut dire qu’il n’v a pas de véritable monnaie ; il n’y a plus que des assignats garantis par des lingots d’argent, des warrants créés contre le dépôt d’une marchandise en baisse, sur laquelle il y a toujours eu depuis quinze ans plus d’offres que de demandes.
Les changes dénoncent très nettement cet état de choses; ils le crient tout haut; on ne peut étouffer leur voix. M. Gosclien a dit, 29 ans avant que ces faits se produisissent, que les changes trahissaient cette catégorie de fraude monétaire en
oscillant dans des limites qui atteignent plus de 8 pour 100. Quand la prime de l’or ou le change, monte ou baisse de plus de 8 pour 100, on peut être sûr qu’il y a dans le pays attacpué, une dépréciation de la circulation. Aucune des autres causes de variations, y compris la spéculation, ne peut produire un écart supérieur à 8 pour 100.
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Ce qui se passe aujourd’hui, est une confirmation éclatante de la justesse de l’observation de M. Gosclien.
Les Banques nationales de l’Union latine qui ont de l'argent dans leur encaisse, ne doivent en tenir aucun compte, au point de vue de l’avenir des relations extérieures et des moyens de conjurer les crises. Pour elles, leur masse d’argent est comme une mine inexploitable, par impossibilité de se servir du produit qu’on en tirerait. 11 n’y a plus que l’or qui compte; le surplus est une marchandise warrantée, sans valeur fixe et sans marché.
Si par malheur les Banques nationales, effrayées de cette situation, et jugeant comme d’autant plus précieuse la partie de leur encaisse qui est en or, prenaient des mesures ou en réclamaient du gouvernement, contre l’ exportation de cet or, la situation deviendrait malheureusement très claire. Le pays, n’ayant plus de monnaie exportable ou ce qu’il a d’exportable ne pouvant plus l’être, du fait de l’administration ou des lois, tomberait dans les inconvénients d’abord et ensuite dans les désastres du papier-monnaie. 11 ne faut jamais oublier