EXCÉDENT
d'importation
d’exportation
Il résulte de ce tableau que tout de suite après la guerre, le commerce d’exportation de la France a pris un développement considérable. Il a dépassé en importance tout ce qu’il avait produit auparavant, et a donné en deux ans, ce qui ne s’était pas encore vu, un excédent d’exportation su r l’importation de 518 millions de francs.
Si le contraire avait eu lieu, nul doute que le règlement de l’indemnité de guerre n’eùt rencontré des difficultés énormes, et c’est une circonstance des plus heureuses que pet excédent d’exportation se soit produit pendant ces deux années critiques ; mais il est loin d’expliquer l’abon-
RAPPORT SUR LU PAYEMENT
dance des lettres de change qui sont venues s’offrir au Trésor.
11 faut, d’ailleurs, faire entrer, dans le compte que nous sommes obligés de faire, le résultat de l’année 1871, et ce résultat annule absolument celui des deux années 1872 et 1873.
En 1871, les importations l’ont emporté de 694 millions 200,000 francs sur les exportations, ce qui absorbe la totalité des 518 millions d’excédent d’exportation des deux années suivantes ; et si, pour être complet, on ajoute à l’excédent de 1872-1873 l’accroissement de valeur des marchandises réexportées après admission temporaire, on n’arrive encore qu’à un chiffre inférieur à celui de 694 millions, qui forme le déficit de l’année
Quant à supposer une situation antérieure favorable à la France et la constituant créancière de l’étranger par une sorte de report d’une année sur l’autre, au moyen des crédits constamment ouverts en France et renouvelés au profit des acheteurs étrangers, il est impossible de s’arrêter à cette hypothèse, qui n’a aucune vraisemblance. L’Angleterre est créancière du monde entier, cela esL un fait certain; mais il est difficile de croire que la France joue dans les affaires de marchan-
l’indemnité de guerre
dises, comme l’Angleterre, et avec la même ampleur, le rôle de banquier du monde.
Nous donnons, d’ailleurs, ci-dessous deux tableaux résumés présentant le mouvement des marchandises et des métaux précieux de 1827 à 1873.
Il en résulte un excédent d’exportation de marchandises de 3 milliards 597 millions de francs, et un excédent d’importation de numéraire de 6 milliards 692 millions de francs, dont la balance représente la France comme débitrice et non pas comme créancière de l’étranger.
Nous ferons plus loin des réserves sur l’exactitude des tableaux de la douane, en ce qui concerne le mouvement des métaux précieux; mais ces réserves ont pour objet l’atténuation qui, à notre sens, existe dans la valeur de l’or importé ou exporté.
Les autres éléments du compte entre la France et l’étranger, c’est-à-dire les placements français en fonds étrangers et les créances à recouvrer sous forme de coupons, qui ont joué un si grand rôle depuis quelques années, ne peuvent pas changer le sens des tableaux que nous publions, parce que si, d’un côté, la France a été souvent et pour de fortes sommes créancière de l’étranger pour coupons d’intérêt, d’un autre côté, elle a justement
RAPPORT SUR LE PAYEMENT
employé cette nature de créance et les autres à faire de nouveaux placements au dehors, placements qui n’ont pas discontinué de 1860 à 1870, et qui ne peuvent pas avoir laissé aucun disponible à la date dont nous nous occupons, c’est-àdire en 1871. Nous verrons plus loin qu’il n’en a pas été de même en 1871, 1872 et 1873; mais ce serait anticiper sur la suite de ce rapport que d’entrer à cette place dans des explications à ce sujet.
On doit donc reconnaître que, ni la situation antérieure des crédits pour affaires de marchandises, ni le mouvement des marchandises de 1871 à 1873, n’expliquent la quantité de change trouvée, si à propos, pour faire l’opération des cinq milliards. Le mouvement de 1872 et 1873 a facilité l’opération; il l’aurait entravée s’il avait eu lieu dans un sens contraire, mais il ne donne pas la justification d’un portefeuille égal à celui que le Trésor a pu acquérir.
11 faut toutefois remarquer que, pour la facilité qu’on a eue à acheter des changes, le montant brut des exportations a joué un rôle, indépendamment de la balance entre les exportations et les importations.
La différence de 176 millions entre les importa-
lions et les exportations de 1871 à 1873 est donnée, en effet, par la comparaison entre 1$ milliards t,
737 millions de francs d importations et i4 mil- l, f ** t liards 561 millions d’exportations.
S’il a été exporté pour 10 milliards et demi de marchandises, il a été possible de puiser dans les effets créés pour régler cette masse de transactions une grande quantité de valeurs que le Trésor s’est appropriées, sauf à laisser au commerce et à la banque le soin de chercher dans des opérations de métaux, de titres, de circulation, de crédit, les moyens de liquider une partie des transactions inverses qui, pour 10 milliards 700 millions, ont eu pour objet des importations de marchandises.
■Ce qu’il fallait, avant tout, c’était un grand marché de change pour pouvoir y puiser les effets dont
Trésor avait besoin et ce grand marché a existé par suite du développement considérable de nos ex-/ tu»C-, portations.
Mais en dehors de cette grande activité que les exportations ont donnée au marché du change, le mouvement international des affaires de marchandises ne donne pas la clef de l’opération faite par le Trésor français.
RAPPORT SUR LU PAYEMENT
COMMERCE EXTÉRIEUR (Commerce spécial)
IMPORTATIONS
EXPORTATIONS
Excédent des